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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 14:21

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Paris, Vendredi 23 décembre 2011

2012 sera-t-elle l'année d'une correction... pour l'humanité ?
Bill Bonner


▪ En termes astronomiques, l'année est déjà terminée. Nous avons passé le solstice d'hiver. Les jours s'allongent. Mais selon le calendrier grégorien, il nous reste quelques jours en 2011. Nous serons ensuite confrontés à une nouvelle année. De nouveaux défis. De nouvelles crises. Et de nouvelles opportunités. 2012 sera-t-elle l'année où la race humaine entre dans un ralentissement... un retournement... une correction ?

L'époque avance. Les opinions aussi.

Les investisseurs avaient hâte de se positionner sur les actions, mardi. Ils pensaient que la crise de la dette européenne était résolue. Et l'immobilier était en hausse aux Etats-Unis. Mais le lendemain s'est révélé décevant -- comme si les investisseurs avaient oublié les raisons de leur excitation.

Cela a été la même chose toute l'année. Un jour, les investisseurs sont certains que la reprise est au coin de la rue... puis ils dépassent le coin en question et se rendent compte qu'il n'y a rien.

Lorsque 2011 a commencé, la plupart des gens s'attendaient à une reprise. A présent, ils savent : il se passe autre chose. Quelque chose de plus compliqué... de différent du schéma récession/reprise auquel ils sont habitués.

S'ils regardaient d'un peu plus près, ils verraient que chacune des reprises, depuis les années 80, a été un peu plus faible que celle qui l'a précédée. Les autorités luttent toujours contre les retournements de la même manière : avec des politiques budgétaires et monétaires contra-cycliques. Chaque fois que la production baisse, la Fed réduit les taux d'intérêt. Cela abaisse le prix du crédit, ce qui fait généralement redémarrer l'activité -- avec de nouveaux investissements et de nouvelles embauches.

Mais le crédit n'est guère différent du reste du monde de l'économie. La loi du déclin de l'utilité marginale s'y applique aussi. Le premier dollar que l'on emprunte se revèle payant : on le met au travail pour construire des entreprises nouvelles, plus productives. Par la suite, les emprunts sont moins efficaces... et ils finissent par ne plus fonctionner du tout.

On peut expliquer cela en partie par le fait que les emprunts sont d'abord faits dans un but très productif... puis dans un but moins productif... puis ne produisent plus rien du tout. Quand on emprunte pour dépenser, il n'y a aucun bénéfice. Zéro.

Enfin, la récession de 2001 a été accueillie par une réponse musclée de la Fed -- des taux d'intérêt bien plus bas et un budget fédéral lourdement dans le rouge. Mais la reprise a été la plus faible jamais enregistrée. C'était une reprise "sans emploi" ; les entreprises ont été inhabituellement lentes à réembaucher.

Aujourd'hui, 10 ans plus tard, nous avons une nouveauté : une non-reprise sans emploi ! Les gens commencent à se poser des questions. Que se passe-t-il vraiment ?

A la Chronique Agora, nous savons depuis longtemps que la Grande Correction n'est pas une récession ordinaire. Nous ne savions pas ce qu'elle corrigeait exactement, mais nous avions une liste de possibilités.

Corrige-t-elle le boom du crédit entamé après la Deuxième Guerre mondiale ? On le dirait bien... Le crédit, dans le secteur privé, baisse depuis 2008.

Corrige-t-elle le marché haussier des actions entamé en août 1982 ? Jusqu'à présent, il n'y en a guère de signes... mais nous pensons que c'est bien le cas. Les gens réaliseront tôt ou tard que les profits des entreprises ne peuvent pas se développer quand le crédit se contracte.

Corrige-t-elle la puissance de l'empire américain ? Oui... peut-être... mais c'est une longue histoire, pour un autre jour...

Corrige-t-elle le système monétaire centralisé et fondé sur la confiance et la devise papier, mis en place par Richard Nixon en 1971 ? Pas encore. Au contraire, la dette américaine -- libellée dans ces dollars papier -- est plus respectée que jamais. Mais nous avons le sentiment que ce sera corrigé avant que cette crise ne se termine.

On a également appris cette semaine que la BCE s'était alignée avec la Fed et d'autres banques centrales pour lutter contre la crise de la dette en... oui... en créant plus de dettes. Et plus de monnaie papier. Elle prêtera quelques centaines de milliards d'euros supplémentaires aux banques.

Ces dernières sont censées accorder de nouveaux prêts et racheter d'anciens. Plus spécifiquement, elles sont supposées prendre l'argent des banques centrales et l'utiliser pour acheter de la dette gouvernementale, afin d'empêcher que les conséquences néfastes de tous ces excès se fassent sentir (..)


On espère que pendant ce temps, la croissance économique va enfin se remettre en marche. La croissance, pensent les autorités, est la "moyenne" à laquelle les économies développées vont revenir... ce qui augmentera le PIB et les recettes fiscales, réduisant les déficits et les dettes.

Mais si la croissance elle-même était corrigée ?

▪ Si la période allant de l'invention du moteur à vapeur à l'invention d'Internet n'était pas "la normale", mais "l'anormal" ? Si la "décennie perdue" que nous venons de traverser était en fait la moyenne... l'habituel... la chose normale ? Et si -- après trois siècles -- nous venions tout juste d'y revenir ?

Jusqu'à il y a deux semaines environ, nous pensions que les êtres humains n'existaient que depuis 100 000 ans. Les archéologues supposent maintenant qu'en tant qu'espèce, nous existons depuis deux fois plus longtemps.

Vous savez ce que ça veut dire ? Que notre taux de croissance -- déjà négligeable -- est en fait moitié moindre. En d'autres termes, il n'a pas fallu 99 700 ans aux humains pour inventer le moteur à vapeur, mais 199 700. Et si, aujourd'hui, nous n'étions pas en route pour la nouveauté... mais pour l'ancien ? Si la Nouvelle Ere était en fait l'Ancienne Ere... où la croissance et le progrès sont inconnus ?

Voyons voir... la personne moyenne de 1750 vivait mieux que la personne moyenne de 100 000 av. J.-C., disons. La personne de 100 000 av. J.-C. vivait dans une caverne, ou peut-être dans une tente en peau. La personne moyenne de 1750 vivait dans un taudis. Il y avait de belles maisons aussi, bien entendu.

Au 18e siècle, les humains avaient déjà découvert les arches et les colonnes... les dômes... ils ornaient la pierre de sculptures élaborées... depuis des milliers d'années. Mais la plupart des gens n'avaient pas accès à ces monuments. Ils vivaient dans ce qu'ils pouvaient construire avec ce qu'ils avaient à disposition -- généralement du bois ou de la boue.


Ils vivaient de ce qu'ils pouvaient cultiver... soit de leurs propres mains, soit avec l'aide d'animaux domestiques. Ils chassaient le gibier... ou obtenaient leur nourriture grâce à leurs propres troupeaux.

En 100 000 av. J.-C., les gens étaient des chasseurs-cueilleurs. La vie n'était pas si épouvantable, cela dit. Au moins les gens vivaient-ils au bon air, sans embouteillages ni télévision.

Mais le progrès entre 200 000 av. J-C. -- année où l'on pense désormais que l'humanité a émergé --... et 1765, quand Watt a produit son premier moteur... a été extrêmement lent. Sur une année, il était quasiment négligeable... imperceptible. Sur des milliers d'années, il n'y avait que peu de progrès, de quelque sorte que ce soit -- ce qui se reflétait dans une démographie statique, avec des niveaux de bien-être statiques eux aussi.

Puis, après 1765, le progrès a décollé comme une fusée. Au cours des 200 ans qui ont suivi, les vies des gens dans les pays développés, et la population humaine dans son ensemble, ont radicalement changé.

Il a fallu 199 700 ans pour que la population humaine passe de zéro à 125 millions. Mais au cours des 250 années suivantes, elle augmenta d'environ six milliards de personnes. Tous les cinq ans approximativement, elle ajoutait l'équivalent de toute la population mondiale en 1750. Le "progrès" a rendu cela possible.

Les gens avaient bien plus à manger. De meilleures conditions sanitaires. De meilleurs moyens de transport, qui éliminèrent de nombreuses famines en rendant possible l'expédition de grandes quantités de nourriture dans des régions où les récoltes avaient été mauvaises. La dernière grande famine en Europe occidentale s'est produite au 18e siècle, après de mauvaises récoltes. Après ça, les famines du monde développé ont été intentionnelles -- causées en grande partie par des politiques gouvernementales.


Le progrès a aboli la faim. Il a permis une immense augmentation démographique. Et il a apporté une hausse des salaires réels et du niveau de vie.

Dès la fin du 20e siècle, les gens considéraient le progrès et la croissance du PIB comme acquis. Les gouvernements s'endettaient, comptant la future croissance pour s'en sortir. Idem pour les entreprises et les ménages. Tout le monde comptait sur la croissance. Les dépenses et les politiques fiscales étaient basées sur l'encouragement de la croissance.

L'énorme développement du gouvernement lui-même était rendu possible par la croissance économique. Après tout, comme nous l'avons vu dans notre Théorie du gouvernement, en dehors de ses fonctions essentielles, le gouvernement est soit un parasite, soit superflu. Plus l'économie-hôte est riche, plus on a de gouvernement.


Aujourd'hui, on trouve bien peu d'actions, obligations, plans municipaux, budgets gouvernementaux, prêts étudiants, programmes de retraite, projets immobiliers, entreprises, campagnes politiques, programmes de santé ou compagnies d'assurance ne dépendant pas de la croissance. Tout le monde attend que la croissance se reprenne... une fois que cette crise sera derrière nous.

La croissance est normale, pensent-ils.

Et si ce n'était pas le cas ? Si c'était un événement qui ne se produit qu'une fois tous les 100 millénaires, grâce à l'énergie bon marché ?

Rendez-vous en 2012 pour en savoir plus...

 

Retrouvez-nous en ligne sur :
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http://www.la-chronique-agora.com

 


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commentaires

Didier BARTHES - Jean-Christophe VIGNAL 24/12/2011 11:19


Evidemment la croissance est un phénomène particulier, forcément limité dans le temps sur un monde fini. Quant à l'explosion démographique, elle constitue bien
entendu la principale menace, celle qui, si nous n'y faisons pas face, rendra inutiles tous les autres efforts en matière d'environnement.

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