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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 22:26




NEW YORK –

Le système financier
du monde riche
risque l’effondrement.

Les Bourses chutent presque tous les jours, les marchés monétaires et du crédit ont fermé à mesure que leurs spreads de taux flambaient, et il est encore trop tôt pour dire si les nombreuses mesures adoptées par les États-Unis et l’Europe endigueront l’hémorragie de façon durable.

Pour la première fois en soixante-dix ans, on a craint une ruée généralisée sur le système bancaire, alors que le système bancaire parallèle ( shadow ) (les courtiers-négociants, prêteurs hypothécaires non-bancaires, les SIV et les conduits, les fonds spéculatifs, les fonds de marché monétaire et les entreprises de private equity ) risque la ruée sur ses dettes à court terme.

Du côté de l’économie réelle, toutes les économies avancées – qui représentent 55 % du PIB mondial – sont entrées en récession avant même les chocs financiers massifs qui ont débuté l’été dernier. Les économies avancées vivent donc maintenant une récession, une crise financière sévère et une grave crise bancaire.

Les marchés émergents n’ont initialement été liés à ces problèmes que lorsque les investisseurs étrangers ont commencé à reprendre leur argent. La panique s’est ensuite étendue aux marchés de crédit, aux marchés monétaires et de change, mettant en exergue la vulnérabilité, dans de nombreux pays en développement, des systèmes financiers et des entreprises, qui avaient connu des explosions du crédit et avaient fait des emprunts courts en devises étrangères. Les pays à la balance courante déficitaire et/ou aux finances publiques très déficitaires, et aux dettes en devises importantes ont été les plus fragiles. Mais même ceux qui connaissent les meilleurs résultats – comme le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine – risquent aujourd’hui un atterrissage violent. De nombreux marchés émergents sont confrontés au risque d’une grave crise financière.

La crise est provoquée par la plus grande bulle du crédit et des actifs de l’histoire. L’endettement et les bulles ne se sont pas limités au marché immobilier américain, mais caractérisent aussi ceux d’autres pays. En outre, au-delà du marché immobilier, des emprunts excessifs de la part d’institutions financières et de certains segments des secteurs privés et publics ont été contractés dans de nombreuses économies. Par conséquent, une bulle immobilière, une bulle hypothécaire, une bulle de capitaux, une bulle de titrisation, une bulle du crédit, une bulle des matières premières, une bulle des private equity et une bulle de fonds spéculatifs sont toutes en train d’éclater en même temps.

L’illusion que la contraction économique aux États-Unis et dans d’autres économies avancées serait brève et peu profonde – une récession de six mois en forme de V – a cédé la place à la certitude qu’il s’agira plutôt d’une récession longue et prolongée, en forme de U, qui pourrait durer au moins deux ans aux États-Unis et pas loin de deux ans dans la plupart du reste du monde. Et, étant donné l’augmentation du risque d’un effondrement financier systémique mondial, la perspective d’une récession en L longue d’une décennie – comme celle qu’a connue le Japon après l’éclatement de sa bulle immobilière et boursière – ne peut être exclue.

La déconnexion croissante entre des actions politiques de plus en plus agressives et les tensions du marché financier est effrayante. Quand les créditeurs de la Bear Stearns’ ont été renfloués à hauteur de 30 milliards de dollars en mars, l’amélioration boursière et sur les marchés monétaire et du crédit a duré huit semaines. Quand le Trésor américain a annoncé le sauvetage des géants de l’hypothèque Fannie Mae et Freddie Mac en juillet, l’embellie a duré juste quatre semaines. Quand le sauvetage de 200 milliards de dollars de ces entreprises a été entrepris et leurs 6 billions de dollars de dettes reprises par le gouvernement américain, l’embellie n’a duré qu’une journée.

Jusqu’à l’annonce des récentes mesures des États-Unis et de l’UE, il n’y avait eu aucune amélioration. Quand AIG a été renflouée à hauteur de 85 milliards de dollars, le marché a chuté de 5 %. Puis, quand le plan américain de sauvetage de 700 milliards de dollars a été approuvé, les marchés ont connu une nouvelle chute de 7 % en deux jours. Alors que les autorités américaines et étrangères prenaient des décisions politiques de plus en plus radicales à partir du 6-9 octobre, les marchés boursiers, des crédits et monétaires n’ont cessé de chuter, jour après jour.

Les récentes mesures vont-elles assez loin ? Quand les politiques mises en œuvre ne fournissent pas de réel soulagement aux acteurs du marché, on sait alors que l’on est à deux doigts d’un effondrement systémique des secteurs financiers et des entreprises. Un cercle vicieux de désendettement, de dégringolade des cours des actifs et des appels de marge est en marche.

Nous ne pouvons donc pas exclure la possibilité d’une faillite systémique et d’une dépression mondiale. Comme nous l’avons vu ces derniers jours, il faudra, pour éviter un désastre, un grand changement de politique économique et une action très radicale et coordonnée de toutes les économies avancées et des marchés émergents. Cela signifie :

• une nouvelle série rapide de réduction des taux d’intérêts d’au moins 150 points de base en moyenne, mondialement ;

• une garantie globalisée temporaire de tous les dépôts, pendant que l’on fait la différence entre les institutions financières en faillite qui doivent être fermées et celles qui sont en danger mais encore solvables qui doivent être partiellement nationalisées et recevoir des injections de capitaux publics ;

• une réduction rapide du fardeau de la dette des ménages insolvables, précédée par un gel temporaire de toutes les saisies ;

• une provision massive et illimitée de liquidités aux institutions financières solvables ;

• une provision de crédits publics dans certains secteurs du privé afin d’éviter une crise de refinancement des dettes à court terme pour les entreprises solvables mais en manque de liquidités et les petites entreprises


• une impulsion fiscale gouvernementale directe et massive qui comprenne des travaux publics, des dépenses d’infrastructure, des allocations chômage, des réductions d’impôts pour les ménages les plus modestes, et des prêts aux gouvernements locaux à court de liquidités ;

• un accord entre pays créditeurs aux balances courantes excédentaires et pays débiteurs aux balances déficitaires afin de maintenir un financement méthodique des déficits et un recyclage des excédents des créditeurs afin d’éviter un réajustement déréglé de tels déséquilibres.

Faute de mettre en œuvre ces actions radicales et coordonnées, nous risquons un krach du marché, un effondrement financier mondial et une dépression globalisée. Les mesures adoptées par les États-Unis et l’Europe sont un début. Maintenant il faut terminer le travail.

http://www.project-syndicate.org/print_commentary/roubini8/French

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commentaires

Eva R-sistons 29/01/2009 23:07

Merci cher lecteur pour ce commentaire très pertinent sur le fond et sur la forme (Etats desunis d'Amérique, etc)

bien à toi Eva

Eva R-sistons 29/01/2009 23:07

Merci cher lecteur pour ce commentaire très pertinent sur le fond et sur la forme (Etats desunis d'Amérique, etc)

bien à toi Eva

Eva R-sistons 29/01/2009 23:07

Merci cher lecteur pour ce commentaire très pertinent sur le fond et sur la forme (Etats desunis d'Amérique, etc)

bien à toi Eva

ALIA Boudjemaa 29/01/2009 22:58

C'est Monsieur Bush qui avait entrainé cette crise en sacrifiant 3.000 américains dans les tours jumelles, 2 millions d'iakiens et d'afghans et 3.000 milliards de Dollars contre une pairee de chaussures, une pour lui et une pour le drapeau des Etats-Unis qui seront bientôt les Etats-désunis d'Amérique. Il avait cherché à appliquer la loi de l'état loi, israël, l'état le plus hors la loi de la planète. Grace aux israéliens, les américains se retrouveront bientôt chaînés dans de langues chaînes devant leurs boulangeries. Le manque de sagesse et les excès de raison leurs avaient fait perdre la raison. Que Dieu sauve le peuple américain des griffes des sionistes et de leurs valets, le gouvernement des Etats-Unis.

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