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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 04:01

Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

Cette semaine, Ben Bernanke a parlé au Congrès américain... afin de soutenir la confiance des investisseurs. Nous ne trouvons rien dans les remarques de Bernanke qui inspire la confiance.
 En fait, pour les consommateurs américains, la confiance est à un plancher record. Et les investisseurs n'auront guère été réconfortés par les propos du chef de la Fed. Bernanke a annoncé que l'économie recommencerait à croître en 2010... mais uniquement si le système bancaire se stabilise. Bien entendu, Bernanke raconte n'importe quoi. Il ne sait absolument pas quand l'économie se remettra pour de bon, et si elle le fait, ce ne sera pas parce que le système bancaire est stabilisé. On peut stabiliser un patient comateux. On peut stabiliser un champ de bataille. On peut stabiliser une échelle. Mais stabiliser une banque douteuse n'aidera pas l'économie. Pour ça, il faut une banque saine. Et la seule manière d'y parvenir, pour une banque, c'est de détenir des actifs solides et de gagner des sommes raisonnables quand elle fait des prêts.
 Or les banques ne font pas de prêts pour l'instant parce qu'elles ne savent pas qui pourra les rembourser... ni combien vaut le nantissement. Elles devront attendre que cette période de découverte des prix prenne fin. Ce qui n'arrivera pas tant que la déflation n'aura pas terminé son travail... tant que les prix n'auront pas atteint leur plus bas niveau. Cela pourrait se produire rapidement... ou prendre des années.
AIG annonce être confrontée à une perte potentielle de 60 milliards de dollars. Combien vaut l'action ? Citigroup frôle la faillite, selon les journaux, le gouvernement américain étant prêt à augmenter sa participation à 40%. Que vaudra le titre lorsque l'opération sera terminée ? General Electric Finance déclare pouvoir s'en sortir -- peut-être. Micro Tech licencie 2 000 personnes supplémentaires dans l'Idaho. Et l'Italie est officiellement en récession.
Un par un... entreprise par entreprise, pays par pays... le monde entier glisse dans la dépression.
Qu'est-ce qui nous attend ?
Nous allons être franc : nous n'en avons pas la moindre idée. Les actions pourraient rebondir à partir de maintenant... ou s'effondrer. Nous avons hissé notre drapeau d'Alerte au Krach... au cas où. Le Dow atteindra probablement les 3 000-5 000 points avant que cette crise ne prenne fin. Si nous avons raison, il doit perdre encore plus de 2 000 points -- et vous ne voulez pas détenir d'actions quand ce sera le cas. Autant s'en débarrasser tout de suite -- même si vous risquez de perdre un peu sur un rally potentiel entre temps.
Quant à l'or...
Selon Chris Wood, il atteindra 3 500 $ d'ici l'an prochain. Chris a plus raison que bon nombre d'analystes. Dans sa lettre d'information, Greed and Fear, il a averti que la bulle des subprimes allait exploser. Selon le Wall Street Journal, il est "l'homme qui avait vu venir les choses".
Pourquoi l'or va-t-il grimper en flèche ?
"C'est la seule forme de monnaie ou de crédit qui ne soit pas contaminée par le système du crédit", déclare Chris. Ce qui explique pourquoi le métal jaune a grimpé -- alors même que les attentes inflationnistes sont basses. Les investisseurs n'achètent pas l'or comme protection contre l'inflation ; ils l'achètent pour se protéger contre la déflation.
A la base, Woods est un analyste asiatique. C'est-à-dire qu'il passe la majeure partie de son temps à essayer de comprendre ce qui se passe en Extrême-Orient. Il a observé le Japon pendant des décennies. A présent, il voit apparaître la menace d'un monde entièrement gagné par un ralentissement à la japonaise. Comment l'éviter ? Nationalisez les banques, déclare Wood. Et créez une "mauvaise banque" où l'on pourrait mettre tous les actifs toxiques. C'est ce qui est déjà en cours... plus ou moins.
Pour Chris Woods, la nationalisation est le seul moyen d'extirper la pourriture du système bancaire -- rapidement. Il n'est pas le seul à être de cet avis. Nouriel Roubini est pour. De même pour le Prix Nobel Paul Krugman. Ils pensent, tout comme nous, que le système bancaire repose encore sur le sable de milliers de milliards de dollars de mauvais prêts et d'investissements radioactifs. Dans son ensemble, le secteur bancaire américain est insolvable. C'est une autre des raisons pour lesquelles les banques ne font pas de prêts -- elles n'ont pas d'argent. Parallèlement, la déflation continue d'éroder le sable, exposant les fondations instables des actifs bancaires. Ce qui sapera aussi leur nantissement. Avant que cela prenne fin... le système ne peut pas commencer à se rétablir. Les banques ne doivent pas être stabilisées dans leur état actuel, en d'autres termes. Il faut d'abord les nettoyer.
Nous ne disons pas le contraire. Mais si cela ne dépendait que de nous, nous laisserions une chance à la nature. Le marché se débrouille assez bien, pour autant que nous puissions en juger. La valeur combinée de tout ce qu'il y a sur Terre représente environ 100 000 milliards de dollars. En moins de deux ans, le marché a effacé environ un tiers de toute la valeur marchande de la planète. Si notre téléphone sonne et que M. Obama est au bout de la ligne, nous savons quel conseil lui donner : laissez les banques couler. Qu'elles fassent faillite. Qu'elles soient liquidées. Les banques survivantes pourraient alors racheter les actifs encore solides, et émerger plus fortes que jamais.

Pour plus d'informations :
http://www.publications-agora.fr
http://www.la-chronique-agora.com


http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-28410005.html

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