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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 02:37


Un autre blog crise, et même crises...
et voilà, je ne suis plus seule !
Allez vite découvrir ce charmant rival...
Il y a de la place pour tous !
Cordialement, eva



21.03.2009

U.S.A.: De la dette à la diète.


Dimanche 23 mars, Planète diffuse à 22.35 un documentaire I.O.U.S.A sur l’origine de la crise aux Etats-Unis en train de se propager à la vitesse et avec la gravité de la Grande Dépression des années trente. En dépit de certaines faiblesses, ce documentaire a le mérite de mettre en lumière certains chiffres qu’il est nécessaire de garder à l’esprit pour comprendre les causes des dérèglements d’aujourd’hui.



En arrivant au pouvoir en 1980 Ronald Reagan déclarait que le problème était l’Etat. Pour la droite américaine, moralement, l’impôt est l’injustice suprême. En prenant aux riches pour donner aux pauvres, il punit le succès. La recette découlant de ce constat simpliste a été érigée en dogme infaillible : il faut enrichir les riches, car plus les riches sont fortunés et nombreux, plus ils investissent, plus il y a de création d’emplois et donc d’opportunités pour s’élever pour les pauvres courageux.




Ainsi pour libérer l’initiative individuelle de cette oppression inacceptable et revenir à l’autorité équitable du marché, les Républicains se sont appliqués à ruiner l’Etat fédéral américain. Cette route vers la banqueroute planifiée a été pavée de réductions massives en faveur des plus fortunés et d’augmentations extravagantes des dépenses militaires. On a qualifié par commodité cette politique de libérale. C’est faire injuste aux libéraux du 19ième siècle qui considéraient comme sacro-saint l’équilibre budgétaire.


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La révolution conservatrice a forgé une doctrine nouvelle : au « payer ses dettes, c’est s’enrichir ! » de nos grands-parents, les Républicains ont substitué l’incantation « s’enrichir, c’est emprunter ! ». Alors pendant trente ans, les Etats-Unis se sont vautrés dans cette nouvelle religion.



Il y a eu l’intermède de Bill Clinton. Son grand succès a été d’équilibrer le budget et de commencer à réduire la dette publique. Mais pour Georges Bush, une telle parcimonie relevait de l’hérésie et l’idée d’imposer les riches de l’insanité morale. Les impôts ont donc été à nouveau drastiquement réduits et la Maison-Blanche s’est lancée dans une aventure guerrière et coûteuse en Irak. Comme la seule activité souhaitable était d’acheter et de vendre des dettes, l’industrie a été saccagée. Il valait mieux importer d’Asie que de fabriquer aux Etats-Unis.



Suivant cet excellent exemple l’Américain moyen est devenu un obèse physiquement et financièrement perclus de surconsommations et de dettes. Il y a ses dettes personnelles, sa voiture achetée à tempérament, les traites de son logement, ses cartes de crédits dans le rouge, plus sa fraction à lui de la dette de l’Etat, frisant les 80 000 euros. Et bien sûr pas, il n’a pas un sou de côté. Son taux d’épargne est tombé à -2%, c’est-à-dire qu’il dépense de plus que ce qu’il gagne chaque mois en moyenne.



Le résultat d’une telle politique est un déficit commercial vertigineux (plus d’importations que d’exportations), un déficit public abyssal et un déficit d’épargne effrayant. Mais l’origine de cette dégradation spectaculaire est comme le souligne ce documentaire, un autre déficit: le « déficit de leadership ». Car il faut bien l’admettre, rarement un pays a été aux mains d’une telle bande de démagogues.



On peut regretter que ce documentaire, assez militant, néglige plusieurs aspects. La dette américaine est vertigineuse : 8 700 milliards de dollars. L’endettement des ménages a tiré les importations creusant le déficit commercial qui, additionné au déficit public, a transformé les Etats-Unis en une sorte de « trou noir » financier. En 2007, l’Etat américain, à lui seul, a émis 65% de l’ensemble des emprunts publics émis dans le monde.


themethumb2456105.jpg Les ménages américains réduisent leurs consommations,freinent leurs endettement reconstituent leur épargne et les magasins comme celui-ci en Californie ferment, le chômage monte à travers le monde (AFP).


Mais rapportée au PNB, la dette publique reste gérable : 64% du PNB en 2007. Barak Obama est obligé de la creuser. Ses différents plans coûteront probablement la bagatelle de 2 000 milliards de dollars. Cependant au sortir de la Deuxième guerre mondiale, la dette de l’Etat américain représentait 107% du PNB. A titre de comparaison, la dette publique de la France est de 75% de son PNB et celle du Japon de 180%, à un tel niveau, on peut vraiment se faire du mouron.



La crise est le reflet l’ajustement en cours : surendettés, à un niveau inconnu depuis la Grande Dépression, les ménages américains redécouvrent brusquement la parcimonie. Le taux d’épargne est remonté à 3% en six mois. Il était au-dessus de 13% à l’arrivée de Reagan. Comme quoi l’image de l’Américain qui dégaine à tout bout de champs sa carte de crédit relève de l’imagerie.



Chaque dollar économisé ne va plus à la consommation et donc à la croissance baisse. Il y a déjà plusieurs années, on calculait que si le taux d’épargne remontait à 7% de leurs revenus, cela se traduirait par une contraction du PNB de l’ordre 4 à 5%, c’est-à-dire une sévère récession. On y est ! Socialement, l’ajustement est effrayant et se fait dans les larmes. Des centaines de milliers d’emplois sont détruits chaque mois, (600 000 rien qu'en février) des pans de la classe moyenne tombent littéralement dans la misère.



Mais la chute de la consommation signifie moins d’importations et donc une réduction du déficit commercial, donc moins de besoin de financements extérieurs. Quant à l’argent des bas de laine en train de se reconstituer, il se reporte sur les émissions de bons du Trésor. D’où, la possibilité pour Barak Obama de financer ses programmes sociaux avec de l’argent emprunté non plus massivement à l’étranger mais directement auprès des Américains.



L’autre oubli nous concerne directement. La facture de cette orgie de crédit n’est pas payée seulement par les Américains. Elle est assumée par le reste de la planète. Le surendettement forcené des Etats-Unis a tiré la croissance mondiale pendant près de trente ans. Mais depuis que l’obèse est mis à la diète, la planète se serre la ceinture. Le technicien de l’automobile européenne est mis au chômage, l’exportateur de soja brésilien ne vend plus ses récoltes, l’ouvrier chinois perd son boulot. Bush a ruiné l’Amérique, et le reste du monde.



( par Bruno Birolli )



http://crisevousavezditcrises.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/03/21/u-s-a-de-la-dette-a-la-diete.html



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Published by Eva R-sistons - dans Sites à visiter
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