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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 09:28



Mercredi 1 avril 2009

Que se cache-t-il derrière ça  ?
Un nouvel ordre économique mondial ? :
Charlotte


C
'est la revanche des Français et des institutions internationales. Ces dernières étaient décriées à l'ère de la dérégulation et de l'unilatéralisme, qui atteignit son apogée sous l'administration de George W. Bush. Elles font leur retour avec la
crise financière : le Fonds monétaire international (FMI) et l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sont appelés à jouer un rôle décisif dans la sortie de crise, tandis que la Banque centrale européenne (BCE) a jusque-là réalisé un sans-faute.

Le Monde a interrogé les dirigeants de ces institutions, Dominique Strauss-Kahn du Fonds monétaire international (FMI) et Pascal Lamy de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), tous deux invités à la réunion du G20 à Londres, et Jean-Claude Trichet de la BCE, dont la parole fait autorité sur la planète finance.


Tous français. Tous issus des grandes écoles : le plus souvent énarques, inspecteurs des finances. Trop libéraux pour être vraiment acceptés en France, suffisamment régulateurs, pour s'imposer à la tête d'institutions multinationales dans un monde dominé par le laisser-faire anglo-saxon.


On pourrait ajouter au trio médiatique l'ancien directeur général du FMI,
Jacques de Larosière, qui a remis un rapport sur la supervision financière en Europe, et Hervé Hannoun, "le muet des muets", selon M. Lamy. M. Hannoun, ancien directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy, a piloté pendant la crise la Banque des règlements internationaux (BRI), la banque centrale des banques centrales.

 

"LA REVANCHE DE COLBERT"

 

Ces hommes ne sont pas là par hasard. Par intérêt pour la chose multilatérale, ils ont continué à accaparer des postes jugés par leurs partenaires peu stratégiques. Les Français sont conceptuels et cartésiens. Leur formation tranche avec le pragmatisme anglo-saxon, qui sied mal à ces grandes organisations. "C'est la revanche de Colbert, de l'ENA et de l'inspection des finances réunis", assure Jean-Pierre Jouyet, président de l'Autorité des marchés financiers. "La France a été étatiste pendant une génération de plus que les autres pays. Ailleurs, les gens de ce calibre sont dans le privé", poursuit M. Lamy. Mais Trichet, Lamy, Strauss-Kahn réfutent l'idée qu'ils agiraient en Français. "Commes ils incarnent cette idée de gouvernance, ils se sentent à l'aise là où ils sont", explique l'économiste Jean Pisani-Ferry.


Le FMI revient de loin. Beaucoup s'interrogeaient sur son rôle lorsque M. Strauss-Kahn en prit la direction fin 2007. Il était alors sans objet, sans client, tant l'argent était facile à trouver. Depuis, les pays en faillite se pressent à sa porte. L'institution en a profité pour gauchir son image : le FMI ne veut plus être synonyme de cure d'austérité et M. Strauss-Kahn a tenu un discours très keynésien en faveur de la relance. "Il pourra toujours dire qu'on n'en a pas fait assez", juge un de ses pairs. Sa priorité est désormais l'assainissement des banques. L'institution sera la grande gagnante du G20 : elle va voir ses moyens financiers doublés et jouera un rôle croissant dans la supervision mondiale.


En revanche, rien n'est joué à l'OMC, paralysée par son système de gouvernance - un pays, une voix. M. Lamy profitera du G20 pour demander une conclusion rapide du cycle de Doha, c'est-à-dire une nouvelle vague de libéralisation du commerce mondial. A ses yeux, c'est la seule manière de tuer dans l'oeuf toute résurgence protectionniste. Nul n'y croit vraiment : les Etats-Unis sont réticents. M. Lamy attend le renouvellement de son mandat en septembre. Théoricien de la régulation, il met en avant le commerce comme seul moyen d'aider les pays émergents, alors que l'OMC, depuis Seattle en 1999, avait une image ultralibérale chez les altermondialistes.


M. Trichet est le grand "gagnant" de la crise. Longtemps responsable d'une politique monétaire plus que laxiste, la Réserve fédérale américaine (Fed) porte une part de responsabilité dans le déclenchement de cette crise. "Celui qui passera devant le tribunal de l'histoire, c'est Alan Greenspan (ex-patron de la Fed), pas Trichet", tranche M. Lamy. Dès 2007, la BCE joue les pompiers alors qu'éclate la crise des subprimes.

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Published by Eva R-sistons - dans Actualité (et alternative)
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