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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 09:27
Samedi 4 avril 2009

le déclin de l'empire par Turner

Les raisons du déclin
de l’économie US

par Paul Craig Roberts


Paul Craig Roberts, qui fut sous secrétaire au Trésor de Reagan, est un homme de droite, partisan convaincu des politiques de l’offre. Pourtant, rien ne justifie pour lui les politiques du laisser faire débridé qui ont conduit à la perte de substance de l’économie américaine, si ce n’est une certaine illusion de toute puissance allant de pair avec la situation prééminente dont jouissaient les USA. Les promesses des tenants de la mondialisation n’ont pas été tenues, dit-il, au contraire. Les délocalisations, présentées comme un processus naturel de substitution entre la « vieille économie » et celle de l’innovation et du savoir, ont eu pour résultat la stagnation des revenus - donc l’endettement excessif - de la plus grande partie de la population à l’exception des « super-riches » et le creusement de déficits abyssaux, qui sont tous deux à l’origine de cette crise. Au delà du constat, Roberts propose quelques mesures radicales - voire aussi définitives qu’un verdict de Fouquier Tinville - pour tenter juguler la crise : l’annulation des CDS, la suspension de la règle de comptabilisation des actifs au prix du marché, l’interdiction de la vente à découvert sur les marchés baissiers et sur les devises. Un dernier point. Le protectionnisme dont il se réclame a mauvaise presse. Et lorsqu’il désigne ensemble la mondialisation et les visas de travail accordés aux étrangers comme responsables de la pression à la baisse sur les salaires, il prête le flanc à l’accusation de xénophobie, si souvent présente dans ce débat. On ne peut pourtant se contenter d’une vision uniquement morale sur cette question. Ce serait méconnaître le fait que les niveaux de prix - i.e. des salaires - ne reflètent pas seulement la concurrence libre et non faussée, comme le dit la vulgate, mais aussi l’équilibre des rapports de force sociaux, équilibre éminemment nécessaire au développement harmonieux des sociétés. En s’effarouchant devant la perspective d’une limitation de la concurrence internationale à laquelle sont soumis les salariés, en condamnant par avance comme délétère toute référence à l’idée de nation on ignore - ou feint d’ignorer - un déterminant fondamental. Le socle de la démocratie, du vivre ensemble, c’est ce territoire où se définit la citoyenneté concrète, régi par une loi et une constitution commune, par des droits et des devoirs partagés, et protégé par les institutions. La position consistant à abstraire de cette définition l’activité humaine fondatrice qu’est le travail n’est à notre sens tout simplement pas tenable.


Par Paul Craig Roberts, Vdare, 23 février 2009

La puissance économique américaine a disparu. Elle ne ressuscitera pas tant que les mythes du libre-échange n’auront pas été enterrés six pieds sous terre.

Le succès économique de l’Amérique au 20ème siècle était basé sur deux choses. Le libre-échange n’en faisait pas partie. Ce succès économique était basé sur le protectionnisme, qui a été conforté par la victoire de l’Union durant la guerre civile, et sur l’endettement Britannique, qui a mis fin au statut de monnaie de réserve mondiale de la livre sterling. Après la Seconde Guerre mondiale, le dollar américain a acquis ce statut de monnaie de réserve, privilège qui permet aux États-Unis de régler leurs factures avec leur propre monnaie.

La Seconde Guerre mondiale et le socialisme ont assuré à l’économie américaine une position dominante dans le monde au milieu du 20e siècle. Les autres économies avaient été détruites par la guerre ou avaient été étouffées par le socialisme.

La domination progressive de l’économie américaine a autorisé le gouvernement des États-Unis a ne pas avoir à s’inquiéter des pans de l’industrie américaine, tels que les textiles, qui ont été sacrifiés pour acheter la coopération d’autres nations durant la guerre froide. A titre d’exemple, les quotas d’importation de textile en provenance de la Turquie aux États-Unis ont été augmentés en échange de droits de survol durant la guerre du Golfe, faisant de la perte des emplois du secteur un coût non comptabilisé des dépenses de guerre.

En revanche, des pays comme le Japon et l’Allemagne ont mis en oeuvre des politiques industrielles pour assurer leur retour sur la scène mondiale. À la fin des années 1970, les constructeurs automobiles japonais talonnaient une industrie américaine autrefois dominante dans ce secteur. La première mesure économique prise en 1981 par l’administration Reagan, pourtant adepte du « marché libre », fut d’imposer des quotas sur l’importation de voitures japonaises dans le but de protéger les travailleurs de l’automobile à Detroit.

Eamonn Fingleton, Pat Choate, et d’autres ont décrit la façon dont la négligence à l’oeuvre à Washington, a encouragé et contribué à l’érosion de la situation économique de l’Amérique. Ce dont nous n’avons pas fait cadeau, nous nous en sommes laissé dessaisir tout en prêchant une doctrine du « libre-échange » dont se gaussait le reste du monde.

Heureusement pour nous, nos adversaires de l’époque, l’Union soviétique et la Chine, avaient des systèmes économiques inefficaces qui ne représentaient pas une menace pour une économie américaine en déclin.

Les ennuis ont débuté lorsque les socialismes soviétique, chinois et indien se sont effondré aux alentours de 1990, puis, peu après avec le développement du réseau Internet à haut débit. Subitement, les entreprises américaines et celles du monde développé ont découvert qu’existait une offre massive de main-d’œuvre étrangère disponible pour des salaires dérisoires.

Afin de s’obtenir les bonnes grâces des analystes de Wall Street et des groupes de lobbying des actionnaires, d’augmenter les dividendes de ceux-ci et les rémunérations des dirigeants, les entreprises américaines ont commencé à transférer à l’étranger la production destinée aux marchés américains. Les produits qui étaient fabriqués dans l’Amérique profonde le sont désormais en Chine.

Avec l’accroissement des délocalisations, les Etats et les villes américains ont réduit leur base de revenus fiscaux. Les ménages et les localités ont perdu leurs emplois. Les emplois de substitution, comme ceux consistant à vendre les produits en provenance de l’étranger dans les établissement de la chaîne de distribution Wal-Mart, sont moins rémunérateurs.

Les économistes adeptes du « marché libre » ont minimisé les dommages causés à l’économie américaine en prêchant les bienfaits d’une nouvelle économie basée sur les services et l’innovation. Mais il ne fallut pas longtemps avant de découvrir qu’Internet permettait de délocaliser un large éventail d’emplois de services. En Amérique, les plus durement touchés ont été les ingénieurs en logiciel et les employés du secteur informatique.

Les sociétés américaines ont également rapidement compris qu’en se plaignant de « pénuries » de travailleurs Américains qualifiés, elles pouvaient obtenir du Congrès la création de visas de travail spéciaux H-1B pour des étrangers moins bien payés qui remplaçaient les travailleurs américains. De nombreuses sociétés américaines sont connues pour avoir forcé des employés Américains à former leur remplaçants étrangers en échange d’une indemnité de départ.

Dans leur chasse aux profits pour les actionnaires et aux « primes de rendement » pour les dirigeants, les entreprises américaines se sont débarrassées de leur main-d’œuvre américaine. Les conséquences en sont visibles partout. La diminution de la base imposable a fragilisé les emprunts émis par les villes et les États, et érodé le patrimoine de ceux qui avaient acquis ces obligations. La disparition des emplois bien rémunérés a entraîné un accroissement de la dette des ménages afin de maintenir leur consommation. Lorsque ces biens et services délocalisés reviennent en Amérique pour y être vendus, ils creusent le déficit commercial américain à un niveau inimaginable, remettant en cause le statut du dollar comme monnaie de réserve, et compromettent la capacité de l’Amérique à financer ce déficit commercial.

Pendant que l’économie américaine subissait cette érosion, les idéologues du « marché libre » nous assuraient sans cesse que l’Amérique marquait des points sur la Chine en lui transférant ces emplois industriels si « crasseux ». Débarrassés de ces emplois de la « vieille économie », les Américains ont été bercés par des promesses de richesses. Finis les ongles sales. Désormais les efforts tendraient à accroitre l’innovation et l’esprit d’entreprise. D’ici là, l’économie des services du logiciel et de la communication donnerait un avantage aux travailleurs.

L’éducation était censée être la réponse à tous les défis. Cet argument a calmé les universitaires. Ils n’ont donc produit aucune étude contredisant cette propagande, ce qui aurait réduit les subventions allouées par le gouvernement et les entreprises.

Les économistes adeptes du « marché libre » qui produisaient la propagande et la désinformation dissimulant la destruction de l’économie américaine ont été bien rétribués. Comme Business Week l’a noté, le premier cercle des partisans des délocalisations a de profondes racines au sein de General Electric et de la société de conseil McKinsey. De fait, l’un des principaux partisans de la délocalisation d’emplois américains chez McKinsey, Diana Farrell, est maintenant membre du Conseil Economique National nommé par Obama. http://www.businessweek.com/globalbiz/content/feb2006/gb20060223_186829.htm ?campaign_id=nws_insdr_feb24&link_position=link10

La pression résultant de la délocalisation des emplois et des importations massives a ruiné les perspectives économiques pour tous les Américains, à l’exception des dirigeants qui perçoivent des primes de « performance » pour avoir délocalisé les emplois américains ou fait appel aux détenteurs de visa de travail H-1B. Faiblement rémunérés, les employés délocalisés ou pourvus des visas H-1B, ont réduit l’emploi des travailleurs américains les plus âgés et plus expérimentés. Ces travailleurs plus âgés reçoivent en général un salaire plus élevé. Toutefois, lorsque le facteur déterminant est de minimiser le coût du travail pour des raisons de rendement offert aux actionnaires et de primes aux dirigeants, les travailleurs âgés coûtent trop cher. Procurer un emploi de qualité en fournissant un service de qualité, n’est plus désormais une fonction de l’entreprise. En lieu et place, l’objectif est de minimiser les coûts de main-d’oeuvre à tout prix.

Ainsi, le « libre échange » a également détruit les perspectives d’emploi des travailleurs âgés. Privés de carrière, ils doivent chercher un emploi dans les rayons de Wal-Mart.

J’ai lu d’interminables hommages à Wal-Mart rédigés par des « économistes libertariens », qui chantent les louanges de l’entreprise pour avoir offert au consommateur américain des marchandises à bas prix, dont 70% sont fabriquées en Chine. Ce dont ces « économistes » ne tiennent pas compte dans leur analyse, c’est de la diminution des revenus des familles américaines, de celle des revenus fiscaux du gouvernement et de la perte des bons emplois productifs qui sont partis en Chine. L’échelle de la mobilité sociale est en cours de démantèlement par la délocalisation, et la Californie en est réduite à signer des reconnaissances de dettes pour payer ses factures. En transférant la production au delà des frontières, les délocalisations ont réduit le PIB américain. Lorsque les biens et services sont rapatriés en Amérique pour être y être vendus, ils augmentent le déficit commercial. Dans la mesure où le déficit commercial est financé par des l’acquisition d’actifs américains par l’étranger, ce transfert de propriété signifie que les bénéfices, dividendes, gains en capital, intérêts et loyers passent des poches américaines à celle de l’étranger.

La disparition de l’économie de production en Amérique rend l’économie dépendante de la finance. Jusqu’à présent les États-Unis y occupaient une position dominante en raison du statut de monnaie de réserve du dollar. Avec le départ des usines, la finance a pris une nouvelle direction. Les prêts hypothécaires, qui étaient jadis conservés dans le portefeuille de l’émetteur, ont été titrisés, c’est-à-dire que les emprunts hypothécaires ont été rassemblés et combinés sous forme de « titres ». L’étape suivante a consisté à détacher les paiements d’intérêts des prêts hypothécaires et à les céder en tant que produits dérivés, créant ainsi un troisième niveau de créance sur la base des emprunts hypothécaires de départ.

Dans leur recherche de toujours plus de profits, les établissements financiers ont commencé à parier sur la réussite ou l’échec de divers instruments financiers et, par voie de conséquence, sur les entreprises qui les émettent. Ils ont acheté et vendu des contrats portants sur la valeur d’une créance, (ndt : les Credit Default Swaps ou CDS). Dans ceux-ci, l’acheteur paie une prime à un vendeur en échange d’une garantie sur la valeur d’un actif. Si un actif « assuré » voit sa valeur baisser, le vendeur de la garantie est censé payer à l’acheteur du contrat la différence avec la valeur d’émission. Mais l’acquéreur de ce type de garantie n’est pas requis de posséder en main propre l’actif pour lequel il achète cette garantie. Par conséquent, beaucoup de gens peuvent acheter à leur guise autant de contrats de garantie qu’ils le souhaitent portant sur un même actif. Ainsi, la valeur totale de ces contrats dépasse largement la valeur de l’actif assuré. (Une excellente explication ce type de contrats peut être trouvée ici)

L’étape suivante pour les détenteurs de ces contrats CDS est de vendre à découvert les actifs assurés afin de faire baisser leur valeur et de recevoir le paiement de la garantie. Comme les émetteurs de ces contrats ne sont pas tenus de constituer un fonds de réserve pour ce type de produit, et comme il n’y a pas de limite au nombre de contrats émis, les paiements exigibles peuvent facilement dépasser les fonds propres de l’émetteur.

C’est la forme de spéculation la plus scandaleuse et la plus stupide. Les joueurs ont parié des montants qu’ils ne pourraient pas couvrir. Les autorités de régulation américaines ont déserté. Les établissements financiers américains ont abandonné toute intégrité. En conséquence, plus personne sur terre ne fait confiance aux établissements financiers américains et aux agences de notation.

Le gouvernement américain n’aurait jamais dû utiliser des milliards provenant de l’argent des contribuables pour régler ces paris comme cela a été le cas quand il a tiré d’affaire la société d’assurance AIG. Ce fut un gaspillage sidérant et d’un montant considérable. Le gouvernement devrait déclarer que tous ces contrats CDS sont frauduleux, à l’exception de ceux qui sont détenus par les propriétaires de l’actif assuré. Le simple fait de supprimer ce type de contrats permettrait d’éliminer la majeure partie de la quantité d’actifs douteux qui menacent les marchés financiers.

Les milliards des contribuables dépensés dans l’achat des produits dérivés sur les subprimes ont également été perdu. Le gouvernement n’avait pas besoin de dépenser un centime. Tout ce que le gouvernement avait à faire était de suspendre la règle de valorisation dans les bilans des actifs au cours du marché. Ce simple fait aurait éliminé la menace pesant sur la solvabilité des établissements financiers en leur permettant de comptabiliser les produits dérivés à leur valeur nominale jusqu’à ce qu’ils puissent déterminer leur véritable valeur, et de passer des dépréciations au fil du temps.

Les contribuables, les actionnaires, et la cote de crédit du gouvernement des États-Unis sont en train d’être ruinés par des financiers escrocs qui manipulent à leur avantage le fait que le gouvernement se soit engagé à défendre le principe de la valorisation au cours du marché et le caractère « sacro-saint » des contrats signés. Les milliers de milliards qu’il a dépensé pour le sauvetage et la nationalisation des banques sont le résultat de son incapacité à répondre intelligemment à cette situation.

Deux autres décisions simples auraient mené à bien ce sauvetage sans coûter un dollar aux contribuables : l’annonce par la Réserve Fédérale qu’elle serait le prêteur de dernier recours pour tous les établissements de dépôt, y compris ceux intervenant sur le marché monétaire, ainsi que l’annonce du rétablissement de la règle de l « ’uptick ».

Cette règle a été suspendue ou abrogée il y a quelques années afin de permettre aux hedge-funds et aux spéculateurs escrocs de plumer les actionnaires. Elle interdisait la vente à découvert de toute action dont le cours n’avait pas augmenté pendant la journée précédente. En d’autres termes, les spéculateurs ne pouvaient pas faire d’argent au détriment d’autrui et attaquer une action en la vendant à découvert jour après jour.

En tant qu’ancien fonctionnaire du Trésor, je suis étonné que le gouvernement des États-Unis, au milieu de la pire crise financière jamais vue, se satisfasse que la vente à découvert fasse baisser le prix des actifs que le gouvernement tente de soutenir. Aucun plan de sauvetage ou de relance n’a aucun espoir de succès tant que cette règle n’est pas rétablie.

Le fait est que la combinaison de l’ignorance, de la négligence, et de l’idéologie qui ont permis à cette crise de se produire est toujours là et bloque toute possibilité d’y remédier. Soit les gens au pouvoir à Washington et la communauté financière sont totalement stupides, soit ils utilisent cette occasion pour redistribuer au secteur financier la richesse des contribuables, des actionnaires et des fonds de pension.

Les mesures économiques de Bush et Obama totalisent 1 600 milliards de dollars, et chaque dollar devra être emprunté, sans que personne ne sache où. Cette somme gigantesque va compromettre la valeur de la devise américaine, son rôle en tant que monnaie de réserve, la capacité du gouvernement des États-Unis d’honorer sa dette, ainsi que le niveau des prix. Ces dépenses énormes sont inutiles tant qu’aucune mesure n’aura été prise pour remédier à la crise.

Si l’on ajoute à ma liste de proposition simples une interdiction de la vente à découvert d’une devise nationale - passible immédiatement de la peine de mort (sic) - le monde pourrait être sauvé de la crise actuelle en évitant de longues années de souffrance, de violents bouleversements et peut-être de guerres.

La mondialisation, selon ses promoteurs emplis d’espérances mais économiquement ignorants, était censée diluer les risques associés aux économies nationales et permettre de compenser les ralentissements d’activité dans une partie du monde par des hausses dans d’autres parties. Un portefeuille d’actions mondial offrait une protection contre les pertes, affirmaient les adeptes de la mondialisation. En fait, elle a concentré les risques résultant de l’avidité de Wall Street, mettant en danger toutes les économies de la planète. La cupidité de Wall Street et la négligence du gouvernement des États-Unis ont ruiné les perspectives de nombreux pays. Des émeutes ont d’ores et déjà eu lieu dans certaines parties du monde. Le dimanche 22 Février, la chaîne de télévision de droite Fox « News », a diffusé une émission qui prévoyait que les États-Unis en déroute connaitraient des émeutes en 2014.

Combien de temps les Américains permettront-ils que « leur » gouvernement escroque les retraités au profit des intérêts financiers qui ont causé le problème ? Le cabinet Obama et le Conseil National Economique sont emplis de représentants des groupes d’intérêt qui ont causé le problème. L’équipe Obama ne forme pas un gouvernement capable de prévenir une catastrophe.

En vérité, le « problème des banques » est le moindre de nos soucis. Notre économie est confrontée à deux problèmes beaucoup plus graves. Le premier, c’est que la délocalisation et les visas H-1B ont mis un terme à la croissance du revenus des ménages, à l’exception, bien sûr, des super riches. Pour maintenir l’économie, les consommateurs se sont endettés encore plus, recourant massivement à leurs cartes de crédit. Ils ont refinancé leurs emprunts immobiliers et dépensé les sommes obtenues en hypothéquant leur bien. Mais les consommateurs sont maintenant tellement endettés qu’ils ne peuvent pas augmenter leurs dépenses en accroissant leur dette. Ainsi, que les banques se remettent ou non à octroyer des prêts n’est pas le problème.

L’autre problème grave est celui du statut du dollar comme monnaie de réserve. Ce statut a permis aux États-Unis, qui sont maintenant fortement tributaire des importations, tout comme le sont les pays du tiers monde ou moins développés, de régler ses factures dans sa propre monnaie. Nous sommes en mesure d’importer pour 800 milliards par an de plus que ce que nous produisons parce que les pays étrangers auprès desquels nous importons sont prêts à accepter du papier en échange de leurs biens et services.

Si le dollar perd son rôle de monnaie de réserve, l’étranger n’acceptera plus les dollars en échange de biens réels. Cet événement serait extrêmement déstabilisant pour une économie qui dépend des importations pour son énergie, ses vêtements, ses chaussures, ses produits manufacturés, et ses produits de technologie avancée.

Si l’incompétence de Washington perdure, cette incompétence qui a provoqué la crise économique actuelle, qui détruit le dollar comme monnaie de réserve, alors la « superpuissance » deviendra un pays du tiers monde, incapable de payer pour ses importations ou de maintenir son niveau de vie.

Combien de temps le gouvernement des États-Unis pourra-t-il protéger la valeur du dollar en louant ses lingots d’or à des opérateurs qui les vendent, ce qui maintient à la baisse le prix de l’or ? Compte tenu de l’incompétence à Washington et à Wall Street, notre meilleur espoir est que le reste du monde soit encore moins compétent et connaisse même des difficultés encore plus profondes. Dans ce cas, le dollar américain pourrait survivre en tant que devise la moins dévaluée.



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Published by Eva R-sistons - dans Economie
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