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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 04:07

publié par roland (Dazibaouebmaster) le 04/04/2009 17H00



G20Par Yves Barraud

Un G20 «historique» a mis fin à la crise économique de ces derniers mois. L’heure est à l’optimisme et à l’euphorie planétaire, à en croire le rebond spectaculaire des grandes places boursières, le 2 avril. Retour à la croissance, à la production, à la consommation… Retour à l’échéance fatale qui se dessine !

Les dirigeants réunis à Londres pour le sommet du G20 ont, d’un coup de baguette magique, inverser la tendance de ces derniers mois. Krachs financier, boursier et immobilier, licenciements massifs, chômage galopant… sont enterrés sous une avalanche de commentaires et de communiqués plus euphoriques les uns que les autres. Barack Obama évoque «un tournant pour la poursuite du redressement économique» - voilà une bonne nouvelle pour nous qui pensions chaque jour nous enfoncer un peu plus dans le marasme (1). Et le même d'ajouter : «Des mesures sans précédent ont été prises pour rétablir la croissance et empêcher qu'une telle crise se reproduise». Après Sarkozy, c'est au tour d'Obama d'avoir la «banane» ! Décidément, cette crise est une cure de jouvence… pour nos dirigeants.

L’euphorie n’aurait-elle duré qu’une journée ?

Y’a pas à dire, quand les grands de ce monde se réunissent, ce n’est pas pour des prunes ! Pourquoi ne l’ont-ils fait plus tôt, et dans d’autres domaines, pour l’éradication de la faim par exemple ? Fortiches, sauf qu’au lendemain du G20, le 3 avril, les Bourses amorçaient déjà une rechute. Ben alors, l’euphorie n’aurait-elle duré qu’une journée ?
C’est bien ça le problème des grands-messes de la communication planétaire : leurs effets sont de courte durée. À peine ont-elles été dites qu’on revient à la dure réalité. Et ce ne sont pas les milliers de milliards de dollars que les grandes puissances promettent d’injecter dans la relance économique qui changeront quoi que ce soit au problème de fond. Car comme nous le répétons ici, cette crise n’est pas conjoncturelle mais structurelle. La conjoncture, c’est l’habillage, le paquet cadeau, celui qu’on jette après s'en être servi (comme ces paradis fiscaux qu'on nous promet de mettre au pas). La structure, ce sont l’édifice et ses fondations qui peuvent être des cadeaux empoisonnés. Et l’avenir de l’Humanité l’est, empoisonné, n’en déplaise à nos champions de la méthode Coué.

Le G20 ne propose aucune solution à long terme

Même si les grandes puissances arrivent à relancer la machine économique mondiale, où cette belle mécanique nous mènera-t-elle ? Droit dans le mur ! Car le ver est dans le fruit, et ce ver s’appelle : «Croissance infinie dans un monde fini», une équation insoluble par les calculs, les emplâtres, que prône le G20.
«La maison brûle» déclarait il y a quelques années Jacques Chirac. On constate en effet que notre Terre se consume plus rapidement encore que les experts ne le craignaient. Et la crise économique actuelle est la première conséquence mondialisée des désastres qui se profilent à l’horizon.
Nous ne pouvons plus vivre au dessus de nos moyens. Il faudrait 4 planètes Terre pour subvenir aux besoins de la population mondiale (actuellement 6,7 milliards d’habitants) si son niveau de consommation était équivalent à celui des Européens. Il en faudrait 8 si le standard retenu était celui des Américains. C’est SANS ESPOIR !

3 milliards d’humains en 1950. 10 milliards en 2050 !

Dans son «Pacte écologique», Nicolas Hulot rappelait que «si le niveau d’équipement en automobiles des Chinois était celui des Américains, toute la production mondiale de pétrole ne suffirait pas à couvrir la consommation d'essence des seules voitures chinoises». Tous les enjeux sont résumés dans ce constat. Et c’est sans compter sur une projection plus préoccupante encore : En 2050, nous devrions être autour de 10 milliards d’humains, chacun aspirant LÉGITIMEMENT à vivre selon les critères occidentaux. Rappelons que 3 milliards d’hommes vivaient sur Terre en 1950 !
La crise économique actuelle est la conséquence directe d’une convergence de problèmes qui se rapprochent rapidement de nous. Si cette crise paraît «irrationnelle» aux yeux de certains, c’est qu’elle est dictée par autre chose que par les dysfonctionnements conjoncturels que le G20 tente de résoudre. Cette crise de confiance est une manifestation de notre INSTINCT DE SURVIE !
Au fond de nous-mêmes, y compris chez les traders, les banquiers, les businessmen, nous savons «qu’une croissance infinie dans un monde fini, c’est terminé !». Cette phrase prononcée par celui qui fut l'un des plus grands patrons du secteur pétrolier, Loïk Le Floch-Prigent, ancien Pdg d’Elf (aujourd’hui Total), sonne le glas d’un système qui a vécu.

Que propose le G20 ? Relancer notre course folle… vers le gouffre

Car, que propose finalement le G20 ? Relancer la croissance, relancer la machine économique par le «dumping financier», relancer la consommation par l’endettement des ménages et des entreprises, relancer l’exploitation à outrance des ressources naturelles, relancer la destruction des écosystèmes et de la biodiversité, accélérer notre course folle vers un gouffre qui, chaque jour, s’élargit et se creuse. Cette option est sans avenir.
Nous DEVONS NOUS IMPOSER un nouveau schéma de développement qui passe par une «réduction» du train de vie des pays riches. Nous devons fournir aux pays «pauvres» les clés d’un développement économique responsable et durable qui ne pourra réussir qu’à condition «d’encadrer» l’explosion démographique et par une juste répartition des richesses. Car nous ne pouvons envisager un instant vivre à 10 milliards d’habitants sur le mode de développement de ces 40 dernières années. Et cette réalité structurelle n’a pas été évoquée lors du G20 (et ne le sera pas plus dans un proche avenir). Si nous persistons dans cette erreur fatale, nous devons accepter l’échéance qui nous est promise : UNE CATASTROPHE MONDIALE.

Peut-être même a-t-elle commencé sous les apparences trompeuses, et finalement «anecdotiques», de ces derniers mois.

Yves Barraud

(1) : Avec 663.000 postes de travail supprimés et le chômage qui atteint 8,5% des actifs, mars a été un nouveau mois terrible pour l'emploi aux États-Unis. Prévisions 2009 : + 6 millions de chômeurs ! (hypothèse basse).


Source: Rénovation Démocratique

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Published by Eva R-sistons - dans Le Futur
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