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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 11:58

   


Suite des articles :


Récession (1) :
1.   Les caisses sont vides
2.   C'est la faute aux pauvres


Récession (2) :
3.     Le système bancaire français est excellent
3.1.  Le cimetière des catastrophes bancaires


Récession (3) :
3.2.  Les tares cachées du système bancaire - Le virus IPRIS


Récession (4) :
3.3.  L’Etat au service du Lobby Bancaire

 

 

 

4.  Reconstruire ou ravaler

 

 

Brioches…

 

Ils ont osé…

 

Politiciens, de tous poils, de tous bords, encadrés par la cohorte des dinosaures du grand patronat et des fossiles de la ploutocratie (1).

 

En France, à l’exemple de ses partenaires occidentaux, USA, UK et autres (2).

 

Tous, croulant sous la catastrophe du système bancaire et financier, d’une économie délabrée sous le choc de théories économiques destructrices, supprimant plus d’emplois qu’il n’en est créé, sur fond d’accroissement exponentiel du chômage et de la pauvreté (3). Jusqu’à des morts de froid dans les rues et les parcs de leurs capitales, cet hiver. Dans l’inaction du luxe fleuri des bureaux ministériels (4).

 

France, un des pays les plus riches du monde…

 

Le quatrième ou le cinquième, suivant les classements officiels. Où les riches ne cessent de s’enrichir. Les exemples multiples s’étalant sous les yeux :

Selon le classement de « Challenge », la fortune des Mulliez (Grande Distribution Auchan) a grossi de 3 milliards d’euros entre 2006 et 2007 soit 21,43 %, passant de 14 à 17 milliards d’euros…” (5).

 

Dire, qu’en ce cataclysme économique et financier, provoqué par l’irresponsabilité et la rapacité de l’oligarchie au pouvoir, le maximum avait été atteint, aucun effort de solidarité n’étant possible. En conséquence, qu’il était illusoire d’attendre des ressources complémentaires pour alléger précarité, misère, détresse et souffrance.

 

Au contraire, poursuivant le démantèlement systématique des aides sociales et médicales. En écho de celui de nos industries. En écho de celui de l’éducation nationale. A commencer par l’enseignement supérieur. Dans la contemplation imperturbable des universités tombant en ruines.

 

Même Louis XIV n’aurait pas osé.


 

 

 

Lui, monarque absolu, “Roi-Soleil”…

 

Qui, à la fin de son règne, à la suite des guerres incessantes, face à la crise économique frappant le pays au bord de la famine, à “la détresse profonde du royaume” (6), n’avait pas hésité à faire fondre les chefs-d’oeuvre d’argenterie accumulés, lors des années fastes, en  son château de Versailles.

 

Les transformant en lingots d’argent pour payer les dépenses du pays et les achats de blé à l’étranger imposés par les mauvaises récoltes dues aux intempéries. Ses successeurs, moins avisés, sciant la branche porteuse de leurs privilèges, estimèrent comme nos politiciens du jour, dans l’arrogance de leur aveuglement :

Si le peuple n’a pas de pain, qu’il mange donc des brioches…”.

 

Cette mentalité du 18° siècle constitue la charte politique gérant notre collectivité. Férocement soutenue par nos castes au pouvoir. Bravaches, “banane” au vent, convaincues de son extrême modernité.

 

En prédateurs, imposant La Loi Du Plus Fort, celle de leur écrasante propagande, de la légitimité de leur violence enrubannée de lois taillées sur mesure, implacablement exercée dans l’impunité par une police dont la conscience citoyenne est celle de milices privées, ils n’ont pas l'intention de lâcher les morceaux qu’ils tiennent entre leurs crocs.

 

A les écouter, gorgés du mépris marginalisant les pauvres (7), il me semble lire du Benjamin Franklin, ce milliardaire membre du club des oligarques fondateurs des USA :

Plus on organise des secours publics pour prendre soin des pauvres, moins ils prennent soin d’eux-mêmes et, naturellement, plus ils deviennent misérables.

Au contraire, moins on fait pour eux, et mieux ils se tirent d’affaire.” (8)

 

Face à l’effondrement d’un système économique fondé sur la spoliation d’une majorité par une minorité, ne cessant de répéter : les solutions sont là !...

 

Concrètement ?... Mesures proposées ?...

 

Reconstruire”, “remettre à plat”, “refonder”, “rénover” le Capitalisme, “réguler” le Libéralisme, assurent-ils. Folkloriques dirigeants du FMI ou de la Banque Mondiale, en tête. Certains, plus prudents, ou plus timides dans l’expression du cynisme, se limitant à parler de “rénover la régulation”… Même si cela n’a jamais existé.

 

En économie politique, le culot est un “must”.

 

Que des “Re…” !… Ronronnement, logorrhée, bouillie, anesthésiant, étouffant, esprit critique et colère de l’opinion publique.

 

Dans ce sillage, la propagande médiatique, cultivant son autosatisfaction coutumière de la redécouverte du fil à couper le beurre, se met à promouvoir le “système D”.

 

Déballant, dans la frénésie, son bric-à-brac : faire du troc, pratiquer le “low cost”, se chauffer au bois, s’équiper en double vitrage, souscrire à l’obligation d’achat du DVD ou de la dernière chanson pondus par le Charity Business. Et, autres fariboles.

 

Diffusant à tout vent, authentiques promotions et publicités camouflées en “sujets” et “documentaires”. Multipliant, à défaut de pains, les brioches virtuelles.

 

 

… et Boucs émissaires

 

Les oracles se chamaillant doctement dans des discussions byzantines sur le sexe des anges : “relance par l’investissement” ou “relance par la consommation” ?... Ah !... Tragique dilemme !...

 

Ecran de fumée, au travers duquel ils agitent une poignée de verroterie. Polie par les “experts économistes” de service, sélectionnés pour leur aptitude au charlatanisme. Miroir aux alouettes… “Investir”, ânonnent-ils… Tout y passe. Même Gaston Lagaffe ne s’y reconnaîtrait pas dans ce fouillis…

 

Sauver l’industrie automobile ou les banques, qui ont distribué pendant des décennies dividendes et bonus à ne plus savoir où les loger. Incapables de gérer, de prévoir, d’anticiper l’évolution de leur activité. Sauvées de la faillite par les contribuables, par milliards, sans contrepartie

 

D’autres, trompettent le mythe fédérateur, que personne ne maîtrise, du “développement durable” : des éoliennes aux panneaux solaires. Tel serait l’avenir de nos emplois…

 

Les vieux routiers de l’arnaque politicienne, et du remplissage des caisses électorales, se focalisent sur du “plus consistant” : les “grands travaux” !  Ça, ils adorent. Se gardant d’expliquer ce que recouvre le terme… Habitude innée de prendre le citoyen pour un canard sauvage.

 

J’entendais le maire “d’une grande ville française”, confit de satisfaction, se présenter en exemple. Il allait, avec sa municipalité, financer “la construction d’un pont” dans sa ville, pour “créer des emplois”. Il doit “savoir”. A moins d’être stupide. Mais, il fait comme si… Dans le cynisme, souriant jusqu’aux oreilles…

 

La construction d’un pont est le type même d’investissement à faible intensité de main-d’œuvre. Une des plus faibles par rapport au montant des capitaux investis. Capitaux bien souvent faramineux, et toujours en dépassement du budget initialement adopté. Pour le plus grand profit du groupe de TP et des redistributions occultes…

 

Main-d’œuvre qui, la plupart du temps et pour l’essentiel, ne provient pas de la localité où s’effectuent ces grands travaux. Activités foraines, assurées par des engins hautement spécialisés qui, une fois terminées, disparaissent dans la nature.

 

En fait de mesures concrètes, la nomenklatura aux commandes ne propose que ravalement de façade… G 20… Jet d’encre… Paroles creuses moulinées dans le vent… Poudre de perlimpinpin…

 

L’essentiel : ne pas toucher aux privilèges de l’oligarchie ! Privatiser les profits et nationaliser les pertes. Protéger spéculations, rentes et monopoles. Sans oublier les gaspillages, au bénéfice des sponsors électoraux. Dans le murmure apaisant de la cascade des distributions de dividendes, bonus, stocks options et enveloppes ventrues déposées dans le silence des paradis fiscaux …

 

Bien sûr, ne pas oublier les manœuvres de diversion…

 

Sacrifier, pour calmer frustration de l’opinion publique tournant à la fureur, des “boucs émissaires”. Exposer au pilori quelques dirigeants, pas trop toutefois, qui se sont attribués des bonus, alors que les caisses de leurs entreprises, en cessation de paiement, étaient remplies par la collectivité. Prouver qu’il y a justice et volonté, dans la sphère politique.

 

Les actionnaires, les membres des conseils d’administration, qui ont pompé les dividendes à tour de bras, dans l’hémorragie des délocalisations et des plans sociaux, eux, ne seront jamais inquiétés. Même pas évoqués.

 

Du cirque…

 

Je ne me fais pas de souci pour ces dirigeants et leurs bonus. L’ingénierie fiscale et financière, adossée à des paradis fiscaux, est sans limite. Ils les récupèreront sans problèmes. Via filiales à l’étranger, sociétés écrans et jeux d’écriture.

 

Autre bruyante esbroufe. S'attaquer à grands coups de hache à l’arbre qui cache la forêt : le bouclier fiscal !

 

Bouclier ?... Gigantesque passoire aux trous “extra larges”, pudiquement désignés sous le nom de “niches fiscales”. Des centaines. Permettant d’échapper à l’impôt sur les bénéfices et les revenus qui, de plus, ne seront jamais inclus dans l’assiette fiscale de l’impôt sur la fortune (ISF).

 

Tout le monde le sait, mais les médias s’étouffent : les plus grosses fortunes de France ne paient pas d’ISF. Leur patrimoine étant déclaré sous forme “d’outil professionnel” ou “de travail”.

 

Je vous propose une recette, parmi mille et une astuces faisant le délice des fiscalistes. Recette aussi simple que la tarte aux pommes :

Si vous achetez un château, entouré de vastes terres, plantez-y quelques vignes pour produire du vin, même de la piquette dont on fera du vinaigre. Et, le tour est joué.

 

Devenus producteur de vin, vous serez riches sans payer d’impôt sur la fortune, s’agissant d’un “outil de travail”. De plus, si le vin ne se vend pas, avec un peu de patience, vous pourrez obtenir des dédommagements d’un Etat débordant de sollicitude et de tendresse, depuis des lustres, pour les grands propriétaires terriens.

 

Boule de glace sur la tarte : faites enregistrer les bâtiments en “monument historique”. Vous obtiendrez des subventions pour en refaire la toiture ou consolider les douves garnies de carpes. Cela financera votre chasse aux perdreaux ou aux faisans, procurant des joies ineffables à vos invités…

 

Dans sa monumentale étude, remarquablement bien documentée (9), Les hauts revenus en France au XX° siècle, Thomas Piketty démontre que tous les partis au pouvoir n’ont cessé, pendant des décennies, de camoufler, entraver, l’identification de la source, tout particulièrement des “revenus du capital”, énonçant les :

“… difficultés encore aggravées par l’évolution de la législation fiscale : la multiplication des régimes d’imposition dérogatoires en faveur des revenus du capital implique qu’il est de plus en plus malaisé de prendre en compte tous les revenus annexes des personnes en question (certains de ces revenus n’ont même plus à être déclarés).”

 

Le problème est moins le niveau des hauts revenus, hauts salaires, bonus ou pas, malgré leur caractère choquant par leur disproportion en comparaison de la moyenne des revenus dans notre pays. Facilement "traçables", car provenant en principe du “travail”, du moins ceux officiellement déclarés, leur visibilité fiscale est effective.

 

Plus urgent à traiter, est celui des immenses revenus du “capital”. Et, dans capital, il y a aussi “spéculation” et “corruption”. Soigneusement occultés, dissimulés. Expliquant que dans un pays riche, les caisses soient vides au moment de la redistribution des richesses produites par la collectivité.

 

Qu’il y ait des riches, rien de plus normal. Voire de plus rassurant sur la santé économique d’une collectivité. A condition que cette “richesse” récompense le créateur, l’innovateur, le créateur d’emplois et de valeur ajoutée pour la collectivité. Non pas une richesse fondée sur la spéculation, le délit d’initié, la corruption et la rente.

 

Qu’il y ait des pauvres dans une société riche, enfermés dans la précarité, l’humiliation et la souffrance, est inadmissible Le capitalisme ou le libéralisme économique dévoyés sont une rupture du contrat social.

 

Combattre les inégalités (10) ?... Tant que les castes politiques actuelles tiendront le pouvoir, rien ne changera. Ils ne remettront jamais en cause un système fiscal aussi inique qu’archaïque. Jusqu’à l’explosion.

 

Les plus faibles revenus seront accablés d’une fiscalité confiscatoire, s’apparentant au racket du gangstérisme. Proportionnellement à leurs revenus, ce sont les plus faibles qui payent le maximum d’impôts, via la TVA. Ecrasés de taxes comme du temps de La Gabelle, sous l’Ancien Régime. Au moindre achat, systématiquement, qu’ils le veuillent ou non, ils versent 20% aux caisses de l’Etat.

 

A cette pression constante, s’ajoute leur broyage par un système financier spoliateur, versant intérêts et agios usuraires aux banques. Qui, avec ces confortables marges, inonderont de bonus leurs dirigeants, en jouant l’argent arraché aux plus modestes dans la spéculation. Au lieu de l’investir dans la création et la consolidation d’entreprises.

 

Nous vivons, nous le savons, non pas une crise économique, mais une profonde crise de “contrat social”, de valeurs, de redistribution de la richesse collective. Les dérives mégalomaniaques et cyniques de ce “capitalisme sauvage”, auquel nous assistons, au bénéfice d’une seule minorité, à l’encontre du principe fondateur de solidarité, est inacceptable. La collectivité ne l’admettra pas.

 

« Le capitalisme ne triomphe que lorsqu’il s’identifie à l’Etat, qu’il est l’Etat » (11).

 

Objectif atteint. "Kleptocratie" assumée. Sans complexe. Il l’affirme, haut et fort : L’Etat, c’est moi !

 

Prenant soin, à la différence de Louis XIV, de conserver précieusement son argenterie…

 

Thierry Pelletier a raison :

“ De toute façon,

seuls les imbéciles et les porcs

peuvent encore croire

en la pérennité d’un tel monde…”.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)   Cf. : Cotta, Jacques, Riches et presque décomplexés, Fayard, 2008.

(2)   Cf. : Les Dépossédés, Robert Mcliam Wilson et Donovan Wylie, Editions Christian Bourgeois, 2005.

Traduction d’une remarquable et émouvante étude britannique (titre original : The Dispossessed) sur les ravages de la pauvreté au Royaume Uni dans les villes de Londres (Angleterre), Glasgow (Ecosse) et Belfast (Irlande du nord).

(3)   Cf. : Cotta, Jacques, 7 millions de travailleurs pauvres – la face cachée des temps modernes, Fayard, 2006.

(4)   Illustration fleurie britannique. Le ministre du commerce dépense, chaque semaine, £ 500 pour fleurir son bureau. Le ministre de l’éducation a phosphoré dans une ambiance florale pour une facturation, en quatre ans, de : £ 174.000. L’ensemble du gouvernement, pour la même durée a été facturé, en fleurs, pour un montant de : £ 780.000… Money Week, 25 mars 2009.

(5)   In Riches et presque décomplexés, Op. Cit., p. 285.

(6)   Goubert, Pierre, Louis XIV et vingt millions de français, Fayard 1966, p. 245.

(7)   Wacquant, Loïc, Punir les pauvres, Agone, 2004.

       Cf. : “La « réforme » de l’aide sociale comme instrument de discipline”, p. 93 – 119.

       Ou encore : “La prison comme aspirateur de scories sociales”, p. 298.

(8)   Benjamin Franklin – Prix du blé et secours aux pauvres – 1766.

(9)   Piketty, Thomas, Les hauts revenus en France – Inégalités et Redistribution – 1901-1998, Grasset, 2001, 807 p.

(10)  Lagrange, Hugues, L’épreuve des inégalités, ouvrage collectif, PUF, 2006.

       Cf. : “Combattre les inégalités dans une société fragmentée”, p. 351.

(11)  Braudel, Fernand, La Dynamique du Capitalisme, p. 68.

 

 

Crédit photo : http://www.linternaute.com/savoir/magazine/photo/le-versailles-d-argent-du-roi-soleil/le-versailles-d-argent-du-roi-soleil.shtml 

http://stanechy.over-blog.com/article-29657772-6.html#anchorComment

 

 

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