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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 02:59



Vendredi 24 avril 2009

Taux de chômage à presque 10 %, chute de la livre, finances publiques à la dérive..., le « modèle britannique » n'a plus grand-chose d'enviable.
 

Après l'Islande, la Hongrie et les pays Baltes, le Royaume-Uni va-t-il à son tour devoir se tourner vers le Fonds monétaire international (FMI) pour éviter le défaut de paiement ? La question n'est plus purement théorique : le financier George Soros, célèbre pour avoir parié avec succès sur la chute de la livre au début des années 1990, estimait cette hypothèse « possible » en mars dernier. Et Alistair Darling, le ministre des Finances britannique, a eu beaucoup de mal à démontrer qu'il avait la situation bien en main en présentant son projet de budget pour 2010 le mois dernier.

L'économie du Royaume-Uni est en effet dans un plus sale état encore que celle de la France. Nos voisins subissent la pire crise bancaire qui ait frappé l'Union européenne depuis la Seconde Guerre mondiale. On se souvient des files de clients devant les guichets de la banque Northern Rock en septembre 2007, un spectacle inédit depuis les années 1930, qui ne s'est heureusement pas reproduit. Mais les autres banques britanniques ont quasiment toutes dû être, elles aussi, nationalisées depuis.

Parallèlement, le Royaume-Uni traverse une des plus graves crises immobilières avec celles qui ravagent ­l'Espagne et l'Irlande : l'investissement des ménages y a reculé de 20 % l'an dernier et devrait reculer encore autant cette année. Quant au chômage, il pourrait dépasser 9 % à la fin de l'année, quasiment le double d'il y a trois ans. Ce taux est comparable à celui de la France. Mais dans un pays où l'indemnisation du chômage est misérable, il a un impact beaucoup plus négatif encore. Les retraités, dont les pensions reposent en grande partie sur les fameux fonds de pension si souvent vantés, se trouvent pris à la gorge parce que les actifs détenus par ces fonds ont perdu beaucoup de leur valeur. La livre, naguère symbole de la résistance du Royaume-Uni face à Bruxelles, a perdu 25 % de sa valeur par rapport à l'euro en deux ans. Au point que les Britanniques sont de nouveau redevenus significativement moins riches que les Français quand on compare les produits intérieurs bruts (PIB) par habitant. Cette baisse aide en revanche le Royaume-Uni à limiter ses déficits extérieurs.

Quant aux finances publiques anglaises, elles sont à la dérive, avec un déficit prévu de 9 % du PIB en 2008 et de plus de 10 % l'an prochain. Au point qu'on s'interroge sur la capacité de l'Etat britannique à continuer à s'endetter à ce rythme avec une monnaie qui s'affaiblit constamment. D'où l'hypothèse d'un éventuel recours au FMI comme en 1976, signant alors la faillite de la gestion travailliste...

Un modèle survendu

Ces trente dernières années, on nous avait pourtant régulièrement servi le dynamisme britannique en matière de création ­d'entreprises, la maîtrise des finances publiques, la flexibilité de la main-d'œuvre... Que ce soit dans les années 1980 ceux qui rêvaient d'imiter Margaret Thatcher ou, par la suite, ceux qui s'étaient pris d'admiration pour Tony Blair et sa troisième voie. Au bout du compte, cette réussite apparente reposait surtout sur une bulle spéculative et le surendettement correspondant, alimentés par des activités financières hypertrophiées. Sans même que l'économie britannique dispose par ailleurs, comme celle des Etats-Unis, d'une réelle capacité d'innovation dans le high-tech.

Au-delà de ce constat assez rassurant sur les « modèles » que l'on nous sert régulièrement, la crise britannique est probablement centrale pour l'avenir de l'Europe. Si, malgré leurs propres difficultés, les pays du continent se montrent capables de solidarité à son égard dans la grave épreuve qu'il traverse, il sera peut-être enfin possible d'arrimer le Royaume-Uni au continent. Y compris éventuellement au niveau de sa monnaie... Sinon, la dérive de son économie pourrait bien devenir durablement un facteur supplémentaire de crise de l'Union.

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Published by Eva R-sistons - dans Les pays en crise
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