Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 23:56

Un G 20 ou un G 2 ?


Est-ce un G 20 ou un tête-à-tête entre Barak Obama et Angela Merkel ? Car en dépit du cabotinage de Nicolas Sarkozy, des effets d’annonce du Président chinois Hu Jintao, ce sont les Etats-Unis et l’Allemagne qui écrivent la partition.



themethumb2458830.jpg



Deux conceptions s’opposent sur la meilleure façon de sortir de la crise. Washington parie sur une politique jamais vue de création de monnaie. Tirant le bilan de Grande dépression des années trente où la paralysie du crédit avait précipité dans le gouffre l’économie mondiale, les Américains sortent de l’orthodoxie. La Reserve Federal se lance dans l’achat de bons du Trésor. Le processus fonctionne ainsi : l’Etat fédéral émet des obligations pour financer son déficit et ses plans de relance budgétaire, les banques les achètent mais afin d’éviter que toutes les liquidités disparaissent en assurant les fins de mois de l’état, la Fed rachète ces dettes. C’est un peu comme si lorsqu’on se payait une voiture neuve à crédit, et qu’en plus de fournir le véhicule, le concessionnaire reversait à l’acheteur de la main à la main le montant exact du crédit octroyé.



On comprend qu’une telle mesure qui s’apparente à de la cavalerie était pratiquée dans le passé au coup par coup, pour un temps très bref, lors d’un crash financier par exemple. C’est pourtant à ce type de manœuvre d’urgence que se livre régulièrement depuis près de quinze ans la Banque du Japon, et que vient de décider la Fed pour un montant de 300 milliards de dollars.



Berlin, au contraire, est réticent à ouvrir en gros les vannes de ses déficits publics. L’Allemagne a réussi le tour de force à atteindre l’équilibre budgétaire avant la crise. Cette année, à cause de son plan de relance public de 32 milliards d’euros, son déficit public atteindra 1% du PIB (5.5% en France). Derrière cette parcimonie se cache une obsession germanique. Pour les Allemands, l’hyper-inflation des années vingt en sapant la République de Weimar a ouvert la voie à Adolf Hitler. Or, aujourd’hui, la grande incertitude est l’effet qu’auront à terme les injections massives de liquidités. Reverrons-nous l’inflation une fois la reprise en vue ? Ce pourrait être comme survivre à la peste pour succomber du choléra.



Obama et Merkel ont une vision différente de la crise, pour la bonne raison qu’elle est différente dans les deux pays. L'Allemagne connaît une récession provoquée par un choc extérieur, la chute de ses exportations. Ses banques sont en général saines. Une relance budgétaire aurait donc un effet limité. De grands chantiers sont inutiles, le pays est bien équipé en infrastructures. Le soutien aux victimes de la crise est assuré par un système social mis en place de longue date.



Au contraire, les Etats-Unis sont confrontés à un effondrement provoqué par des déficiences intérieures : l’endettement massif des ménages et de l’Etat. Pour amoindrir le choc, qui se paye en millions de chômeurs, Obama a donc tout intérêt à pousser ses partenaires, notamment européens, à faire tourner la planche à billets. Cela reviendrait à transférer, en quelque sorte, sur les autres économies une partie de la demande perdue aux Etats-Unis.


(par Bruno Birolli)


http://crisevousavezditcrises.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/04/02/un-g-20-ou-un-g-2.html

Partager cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • Le blog d' Eva,  R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
  • Contact

Recherche