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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 07:10


Paroles de citoyens

Le seul clivage politique qui ait un sens en 2009 est bien celui-ci :

D'un côté ceux qui croient au mythe de la croissance éternelle
(véritable dogme religieux pour nos dirigeants et pour l'immense majorité
de la population)

et de l'autre ceux qui ont ouvert les yeux sur cette question et dont le bon
sens conduit inévitablement à l'analyse inverse : ce n'est pas la croissance
qu'il faut chercher - puisqu'elle s'opère par spoliation - mais la
pérennité, c'est à dire l'équilibre des besoins.

Contre l'abondance égoïste, la guerre et le gachis, opposons une frugalité assumée, la joie de vivre et la force de l'esprit.

Les objecteurs de croissance, antiproductivistes et autres écologistes
savent que la crise financière n’est que le révélateur d’une crise
systémique qui menace l’avenir de l’humanité et dont le moteur est le
productivisme. La solution ne peut être recherchée ni dans
l’adaptation de la nature aux besoins de l’économie ni dans des
délires technoscientistes menaçant l’humanité elle-même. La solution
ne peut pas être cherchée dans l’invention d’une « finance verte »
comme moyen de régulation du système capitaliste productiviste. Nous
nous opposons à toute idée de troisième voie pseudo-écologique comme
symbole de l’union sacrée avec la droite et la gauche productiviste,
les milieux d’affaires et technoscientistes

Contre le capitalisme vert, rendez-vous à Lyon le 2 mai 2009 (voir
http://contre-grenelle.org )



> Qu'y a-t-il de plus douloureux pour un esprit logique que le fourvoiement
> de l'idée ? Qu'il y ait des compromissions nécessaires aux points de
> contact, des effets de bord, nul ne s'en offusque. Mais en plein centre,
> la loi doit être la loi non ? Sinon, à quoi bon ? La douleur est d'autant
> plus grande lorsqu'on constate que c'est une société tout entière - a
> minima ses membres les plus éminents - qui pratique quotidiennement et à
> tour de bras le détournement d'idée. Une société qui pourtant
> s'enorgueillit d'être une fille de la raison, et même une fille du logos,
> le verbe divin qui structure. Et la voilà non pas faire contre-sens, ce
> qui ne serait qu'humaine erreur, mais tout à fait volontairement fomenter
> des enlèvements et des meurtres d'idées.
>
> La traitrise qui nous occupe ici concerne l'idée d'écologie.
>
> Intimement, chacun sent bien que la pérennité de l'écosystème dont nous
> sommes momentanément à la tête passe nécessairement par une limitation de
> son exploitation. Mais quel fossé avec le dogme du monde économique qui ne
> vit que de croissance, c'est à dire de l'accroissement infini des
> consommations ! Curieuse économie fondée sur le gaspillage et la perte...
> A contrario, imagine-t-on un chef Siou arranguer ses guerriers pour que
> chaque année, et indéfiniment, ils tuent 3% de gibier de plus que l'année
> précédente ? Une telle attitude aurait conduit ses communautés au suicide
> en décimant les troupeaux. C'est pourtant la voie - celle de la
> croissance - qu'à choisi l'homme blanc depuis au moins 2 siècles, tout en
> prenant soin d'anéantir ou de convertir la quasi totalité des populations
> vivant sous un règne opposé, celui des philosophies sauvages où se
> pratique le respect de l'écosystème, le respect de La Loi.
>
> Ces meurtres physiques étant opérés, l'homme blanc en vient désormais à
> tuer l'idée même de respect.
> Comment s'y prend-t-il ? Par détournements successifs. Tout d'abord il
> crée des partis politiques écologistes ne remettant pas en question son
> mode de vie, c'est-à-dire la destruction croissanciste des ressources.
> Imaginez le chef siou qui réclame toujours plus de la chasse et qui tente
> de masquer l'inquiétude naissante chez ses sujets en nommant un Ministre
> du Gibier dont le rayon d'action serait de décréter une journée nationale
> de préservation du bison ! Voici le rôle de l'écologie politique. Mais
> cette première tentative de meurtre n'ayant pas complètement abouti, et
> l'inquiétude grandissant au sein d'une population dont le bon sens ne peut
> se satisfaire de faux-semblants aussi grotesques, voilà l'élite blanche
> qui dégaine son arme ultime, son arme de destruction massive : le
> développement durable. C'est une hache à deux têtes : d'un côté le mot
> durable et les vrai-faux logos végétaux, verdure apaisante censée
> provoquer un réflexe pavlovien chez le peuple qui doit nécessairement y
> trouver son compte et comprendre que la nature est pérenne - ah bon ? - et
> de l'autre la lecture réaliste des cols blancs qui se frottent les mains
> en prenant l'expression au sens littéral : un développement qui dure,
> autrement dit une croissance qui se poursuit, et qui de plus se pare de la
> bonne conscience de l'écologiste ! Joli tour de passe-passe.
>
> Comme si ce n'était pas suffisant, les mentors du développement durable
> vont jusqu'à pervertir des idées réellement économes comme celle
> d'utiliser un vélo pour les petits déplacements en ville. Mais comment
> auraient-ils pu renoncer à y faire de la croissance ? Un vélo classique ne
> fait pas de croissance, c'est un homme qui pédale et une mécanique qui ne
> tombe quasiment jamais en panne.
>
> Il fallait y remédier, Vélib' est arrivé !
>
> On pourrait longuement se moquer du panurgisme du citadin moderne qui
> désormais se trouve branché lorsqu'il se dandine en Vélib' uniquement
> parce que la presse s'en fait l'écho et que logos et bornes électroniques
> encadrent son parcours. Le vélo était ringard, le Vélib' est tendance ! On
> pourrait longuement critiquer une mécanique lourdingue empêchant la montée
> de la moindre pente ou encore lister le nombre de morts qu'engendre la
> mise à disposition d'un tel engin, dans le contexte difficile de la ville,
> à des personnes n'ayant pratiquement jamais fait de vélo. Mais l'attentat
> se situe sur un autre plan : le montage financier de l'opération. Car
> l'entreprise qui fournit l'artillerie Vélib' n'est rien d'autre qu'une
> grande régie publicitaire. La mise en oeuvre d'une solution "écologique"
> se trouve ainsi tout naturellement confiée à un gestionnaire de panneaux
> d'affichage ! Nous sommes donc bien au coeur du développement durable :
> des logos écolo-pipeau et de la vraie publicité, celle qui fait vendre.
>
> Vélib' est négocié de la sorte : contre la mise à disposition "gratuite"
> des vélos et de l'infrastructure, la régie gagne la concession de nouveaux
> supports publicitaires. Ainsi, pour que le touriste ou l'employé-modèle
> puisse sporadiquement faire le beau sur son Vélib' c'est l'ensemble de la
> communauté qui supporte en permanence davantage de publicités, panneaux
> plus larges et plus nombreux, rétro-éclairés, etc... ce qui vous en
> conviendrez est extrêmement écologique !
>
> Voilà pour la partie visible de l'iceberg. Mais ce "partenaire" est
> également un grand fournisseur de mobilier urbain. L'histoire ne dit pas
> combien d'abribus quasi neufs seront remplacés aux frais du contribuable
> sans aucune autre justification que le retour sur investissement du
> Vélib', ni combien de réverbères, ni combien de pots de fleurs.
> Pédalez-donc mes chers concitoyens, rien ne peut arrêter la vague du
> développement durable !

>
> LE PIETON DE VINCENNES.



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Published by Eva R-sistons - dans Alternatives au Système
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