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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 02:31

Conjoncture. Malgré la proportionnelle,
favorable en principe au débat,
la crise détourne les citoyens des urnes.

Eric Branca, le 21-05-2009
SIPA
Désintérêt pour l’Europe, manque d’enthousiasme militant, mode de scrutin ne favorisant pas les têtes d’affiches : à l’approche du 7 juin, seule l’UMP peut regarder l’avenir sans inquiétude excessive…

Apart Nicolas Sarkozy, que personne ne risque d’oublier, tout le monde s’interroge, depuis l’extrême gauche jusqu’à la droite de la droite : et si la campagne des européennes se terminait sans avoir jamais vraiment commencé ? 

Comprendre : va-t-on, une fois au moins avant le 7 juin, se souvenir que c’est d’Europe qu’il est question, et non de l’ordre d’arrivée du PS, de l’UMP, voire du MoDem ?

Pour une élection organisée à la proportionnelle, donc censée laisser leurs chances aux petites formations, la situation, de fait, n’est pas ordinaire.

Il y a ceux, comme les trotskistes d’Olivier Besancenot, qui espéraient profiter du scrutin pour mobiliser leurs électeurs en “surfant” sur la crise et qui, faute d’intéresser les foules, doivent se contenter d’improbables imprécations en attendant le « soulèvement général qui vient ». Ceux qui, tels les Verts de Daniel Cohn-Bendit, expliquent que l’Eu rope va tout régler, à condition que cela soit la « leur », capable de créer « 10 mil lions d’emplois » (sic) en abandonnant, notamment, l’industrie automobile. Ceux, au contraire, qui, derrière Philippe de Villiers (lire page 21), savent que la « cristallisation » se produit toujours dans la dernière semaine de campagne et gardent l’espoir que les électeurs leur sauront gré d’avoir annoncé les premiers que la politique d’ouverture des frontières voulue par Bruxelles accentuerait la crise mondiale en accélérant les délocalisations…

Mais même parmi les favoris, le moral n’est pas au beau fixe. Certes, l’UMP peut raisonnablement être certaine d’arriver en tête : la concurrence imposée au PS par les listes radicales (Verts, NPA de Besancenot, Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon allié au PC…) em pêche arithmétiquement les socialistes de renouveler leurs scores de 2004 (29 %) et, qui sait, de 1999 (22 %).

Mais si atteindre 27 ou 28 % – comme le prévoient les sondages – constitue un progrès pour le parti présidentiel par rapport aux 12,8 % de la liste Sarkozy de 1999 et aux 16,6 % de l’UMP en 2004, cela re pré senterait tout de même un recul par rapport au sco re de ce même Nicolas Sarkozy au premier tour de la der nière élection président ielle (31 %), sans parler des 43 % de la liste RPR-UDF de Simone Veil de 1984…

Donnés deuxièmes, les socialistes aimeraient pa reillement être plus vieux de trois semaines : plus on parle d’eux, plus l’intérêt se focalise sur leurs divisions. Et moins on en parle, plus on est tenté de voir en François Bayrou l’unique opposant sérieux à Nicolas Sarkozy. Au point qu’un cacique du PS, ancien collaborateur de Ségolène Royal, se demande, sans rire, si l’ancien mouvement de François Mitterrand n’est pas devenu un « parti d’élite en voie de délitement »… 

Bayrou lui-même donnera-t-il toute la mesure de son influence à l’occasion du prochain scrutin ? Tout à son duel programmé de 2012 avec Sar kozy, le président du MoDem insiste tellement sur son « conflit de valeurs » avec ce dernier qu’il en néglige de parler de l’Europe, dont il est pourtant un ardent défenseur. Il s’offre même le luxe d’assumer ce choix. À Montpellier, où il présidait, dimanche dernier, une convention sur le « mo dèle européen », il a insisté : « Nous n’avons jamais voulu construire l’Europe pour effacer la France. »

Il faut dire que le mode de scrutin en vigueur depuis cinq ans ramène tout aux enjeux nationaux. Lesquels se résument, par la force des choses, à un classique affrontement droite-gauche, dévoreur d’espace pour les petites formations.

Depuis 2004, en effet, la France n’est plus la circonscription électorale unique qu’elle était à partir de 1979. Pour « harmoniser » le mode d’élection des députés eu ro péens français avec celui de nos voisins, Jean-Pierre Raffarin, alors pre mier mi nistre, a décidé, en 2003, de découper le territoire en huit grandes circonscriptions (sept métropolitaines, une autre constituée de l’ensemble de l’outre-mer). Officiellement pour rapprocher les citoyens de leurs élus. Mais aussi et surtout pour éviter que les partis de “gouvernement” se fassent tailler des croupières par des listes dissidentes profitant de la nationalisation du débat et de son absence d’enjeu immédiat pour sanctionner sans risque les sortants (percée de Le Pen en 1984, Veil en 1989, Villiers et Tapie en 1994, Villiers encore en 1999)… 

Le résultat ne s’est pas fait attendre : en dehors des listes PS et UMP, seules celles parrainées par Bayrou ont dépassé, en 2004, la barre des 10 % de suffrages exprimés. Loin de susciter un intérêt accru des électeurs, la régionalisation du scrutin a même généré un regain d’abstentions (+ 4 points par rapport à 1999).

Loin de conférer un surcroît de représentativité aux élus, la régionalisation du scrutin semble bien, de fait, les avoir éloignés encore de leurs électeurs : dès lors que le lien national est brisé, quelle solidarité territoriale peut bien incarner l’élu d’une super-région englobant le golfe de Bonifacio et le mont Blanc (par exemple, le grand Sud-Est) ou s’étendant de l’Orne aux confins des Ardennes (pour le grand Nord-Ouest) ?

Mais cette fois encore, et quelle que soit l’ampleur de l’abstention, que tous les sondages prévoient forte, la mécanique instaurée en 2004 peut se révéler particulièrement redoutable pour les petites formations : autant il est facile à un mouvement en voie d’émergence de s’incarner dans une tête de liste nationale « charismatique », autant il peut s’avérer impossible pour lui d’en trouver sept aussi connues que le sont les chefs de file locaux de l’UMP et du PS !

Et si ce n’était que cela ! Depuis des mois, les parlementaires de droite comme de gauche, qui reviennent à Paris après trois jours passés dans leur circonscription, tombent au moins d’accord là-dessus : pas moyen d’intéresser les électeurs à autre chose qu’à la crise et à ses manifestations les plus tangibles, plans sociaux et recul du pouvoir d’achat. Ni même de leur expliquer qu’une partie des solutions à ladite crise réside dans l’Europe. Au Conseil européen, bien sûr, dont le pouvoir émane des États, mais aussi, de plus de plus, dans les travées du Parlement de Strasbourg qui, en vertu des traités européens successifs, dis pose d’un pouvoir de codécision croissant face à la Commission de Bru xelles.

Pratiquement certains que leur parti arrivera en tête, les dirigeants de l’UMP ont d’ailleurs choisi de faire le service minimum sur la campagne, préférant laisser au président de la République le soin de vanter les mé rites de sa propre action lorsque la France présidait, l’an dernier, le Conseil européen. « Quand l’Europe veut, l’Europe peut », proclament ainsi les tracts de l’UMP au recto desquels figure seule la photo de Nicolas Sar kozy. Dont le parti préfère de loin s’investir dans la préparation des régionales de 2010. Il est vrai que, pour ses adhérents, l’enjeu est nettement plus mobilisateur : la gauche ayant pris le contrôle, en 2004, de 20 régions sur 22, la moindre reconquête fera, l’an prochain, figure de victoire. Alors qu’un député de plus ou de moins à Strasbourg…
    
Européennes, La drôle de campagne

http://www.marcfievet.com/article-31827221.html

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Published by Eva R-sistons - dans Elections
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