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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 01:23

Dees

Pendant qu'ils crient à la lutte contre le terrorisme, les USA utilisent les attentats terroristes pour destabiliser les pays dans leur ligne de mire. C'est une très vieille pratique que l'opinion publique occidentale a bien du mal à intégrer, même si c'est parfaitement établi.


http://fr.groups.yahoo.com/group/alerte_otan/messages
Nouvel attentat en Iran dans une mosquée : 23 mort et 125 blessés

Rappel 1
: New-Yorker, juin 2008 :  L'Administration Bush intensifie ses manœuvres secrètes contre l'Iran
Rappel 2 : New-York Times, juin 2004 : La CIA et les attentats à la bombe en Irak des années 90

Nouvel attentat en Iran dans une mosquée
Alain Lallemand, Le Soir, 30 juin 2009

Derrière l'attentat de Zahedan, est-il exclu de voir la main d'une puissance étrangère, hostile à l'Iran ?
Les accusations sont multiples : « Trois personnes impliquées dans l'incident terroriste ont été arrêtées, a déclaré le vice-gouverneur de la province du Sis-tan-Baloutchi-stan Jalal Sayah. Selon les informations que nous avons obtenues, ces suspects ont été recrutés par l'Amérique et les agents de l'arrogance. » « Les agents de la terreur ne sont ni sunnites ni chiites, mais les Américains et Israéliens cherchant la division sunnite-chiite », a dit le ministre de l'Intérieur Sadegh Massouli.
Il s'agit ici d'accusations générales et récurrentes : une semaine plus tôt, hors contexte violent, le gouverneur de cette même province Ali Mohammad Azad dénonçait devant nous les immixtions américaines, notamment au sein des mouvements insurgés et bandits de droit commun.
Mais les faits sont troublants. L'attentat de jeudi répond trait pour trait à celui perpétré le 12 avril 2008 au cœur de la mosquée de Shiraz. Là aussi, une bombe avait détoné en pleine mosquée, au milieu des fidèles, lors de la même prière du soir. Bilan : 14 morts, plus de 200 blessés. Un an plus tard, l'attentat jumeau de Zahedan laisse 25 morts, 125 blessés.
Or Téhéran conserve à l'esprit que l'attentat de Shiraz a débouché sur une vérité judiciaire (iranienne) : trois personnes ont été pendues ce 10 avril, convaincues d'avoir mené le premier attentat pour compte d'un groupe monarchiste d'opposition, basé à l'étranger et prenant ses ordres d'un Iranien vivant aux Etats-Unis. L'Iran craint logiquement de se trouver face à une récidive de l'attentat de Shiraz.
L'Iran a une autre raison objective d'accuser les Etats-Unis : le soutien officieux apporté par l'administration Bush au mouvement terroriste sunnite Jundallah, lequel déstabilise violemment la province où l'attentat a été perpétré. Les éléments de preuve méritent d'être rappelés car ils n'ont jusqu'à présent pas fait l'objet d'un démenti de la Maison-Blanche, qui s'est bornée en juillet dernier comme aujourd'hui à un commentaire « ni-ni » : ni confirmation ni démenti.
Dans le cadre de la guerre en Irak, Washington mène des incursions clandestines dans l'ouest du territoire iranien pour y toucher des cibles précises. Notamment pour enlever des membres des forces commandos Al-Quds, qui sont ensuite ex-filtres en Irak pour « interrogatoire ».
Mieux : fin 2007, le président Bush a fait avaliser par le Congrès - et par les Démocrates, donc le parti de M. Obama - une note demandant plus de 400 millions de dollars pour des opérations clandestines en Iran menées à la fois par la CIA (civil) et le Joint Spécial Opérations Command (JSOC, militaire), les opérations du JSOC échappant au contrôle du Congrès. Il s'agissait cette fois d'opérations qui pouvaient aller jusqu'à tuer, et qui s'étendaient sur l'ensemble du territoire iranien.
Concrètement [officiellement], il ne s'agit pas de participer à des attentats mais, selon un initié cité par le New Yorker, de « travailler avec des groupes d'opposition et de passer de l'argent ». Cette politique est appliquée au mouvement Jundallah, qui est un mouvement sunnite radical : au départ d'une base américaine non identifiée située dans l'ouest de l'Afghanistan, de l'argent, du matériel de communication et des armes passent en Iran.
L'ancien agent clandestin de la CIA dans les pays musulmans, Robert Baer, confirme que les Etats-Unis travaillent avec Jundallah à la déstabilisation de l'Iran, mais c'est une politique qu'il n'avalise pas : « Les Baloutches sont des fondamentalistes sunnites qui haïssent le régime de Téhéran, a-t-il déclaré au New Yorker, mais vous pouvez aussi les décrire comme des "Al-Qaïda" : Ce sont de ces gens qui décapitent les non-croyants - en l'occurrence des chiites iraniens. L'ironie est que nous travaillons à nouveau avec des sunnites fondamentalistes, comme nous l'avons fait en Afghanistan dans les années quatre-vingt. » Sans commentaire.
Cette « guerre par procuration » du Sistan-Baloutchistan ne s'est-elle pas achevée avec l'accession au pouvoir de Barack Obama ? Rappelons que les Démocrates - singulièrement Mme Nancy Pelosi - ont avalisé les actions couvertes. Ensuite, deux facteurs empêchent le président de contrôler en temps réel ce qui se passe : primo, lorsqu'on donne de l'argent sans se mouiller les mains, on ne peut savoir à quoi cet argent est effectivement utilisé. Ensuite, l'organisation des missions clandestines du JSOC déroge à la chaîne de commandement militaire traditionnelle. Il n'est pas exclu que M. Obama n'ait pas encore eu le temps de faire le ménage. •



L'Administration Bush intensifie ses manœuvres secrètes contre l'Iran

Seymour Hersh
30 juin 2008
New Yorker /
Questions Critiques

Selon des sources militaires, des services secrets et parlementaires, actuelles et anciennes, le Congrès a accepté, en fin d'année dernière, une requête de Président Bush pour financer une escalade majeure des opérations secrètes contre l'Iran. Ces opérations, pour lesquelles le Président a cherché à obtenir jusqu'à 400 millions de dollars étaient décrites dans une Conclusion Présidentielle [Presidential Finding] signée par Bush, sont destinées à déstabiliser la direction religieuse du pays. Ces activités secrètes impliquent le soutien à la minorité arabe Ahwazi et aux groupes Baloutchis et autres organisations dissidentes. Ils incluent aussi la collecte de renseignements sur le programme nucléaire iranien présumé.
article original : "The Bush Administration steps up its secret moves against Iran"
(numéro du 7 juillet 2008)
Traduit de l'anglais par [JFG/QuestionsCritiques]

Les opérations clandestines contre l'Iran ne sont pas nouvelles. Les Forces d'Opérations Spéciales des États-Unis mènent depuis l'année dernière des opérations transfrontalières depuis le sud de l'Irak, avec l'autorisation présidentielle. Celles-ci ont inclus la capture de membres d'Al Quds, l'aile commando de la Garde Révolutionnaire Iranienne, leur transfert en Irak pour les interroger et la recherche de "cibles de haute valeur" dans la guerre contre la terreur du Président. Ces cibles peuvent être capturées ou tuées. Mais la taille et l'étendue de ces opérations en Iran, qui impliquent la CIA et le JSOC (Joint Special Operations Command, le commandement des opérations spéciales interarmes), se sont désormais accrues de façon significative, selon d'anciens et actuels officiels. Un grand nombre de ces activités ne sont pas spécifiées dans la nouvelle Conclusion et des leaders parlementaires se sont posés de sérieuses questions quant à leur nature.

Selon la loi fédérale, une Conclusion Présidentielle, qui est classée secrète, doit être émise lors du lancement d'une opération des services secrets et, au minimum, les leaders Démocrates et Républicains de la Chambre et du Sénat doivent en être informés, ainsi que les membres de haut rang de leurs commissions respectives des renseignements - ce que l'on appelle l'Equipe des Huit. L'argent pour cette opération peut alors être reprogrammé à partir des affectations précédentes, autant que nécessaire, par les commissions parlementaires idoines, qui peuvent aussi être informées.

"Cette Conclusion se concentre à saper les ambitions nucléaires de l'Iran et à essayer d'ébranler le gouvernement de Téhéran au moyen d'un changement de régime", a dit une personne au courant de leur contenu, et implique "de travailler avec des groupes d'opposition et de passer de l'argent". Celle Conclusion envisageait tout un éventail nouveau d'activités au sud de l'Iran et dans les zones, à l'est, où l'opposition baloutche est forte, a-t-il dit.

Bien que certains parlementaires aient été troublés par des aspects de cette Conclusion - et "il y a eu un grand nombre discussions importantes à haut niveau" à ce sujet, selon cette source bien informée -, le financement de cette escalade a été approuvé. En d'autres termes, certains membres de la direction Démocrate - le Congrès est sous contrôle Démocrate depuis les élections de 2006 - étaient d'accord, en secret, pour se joindre à l'Administration, afin d'étendre les activités secrètes dirigées contre l'Iran, tandis que le candidat présumé du parti Démocrate à l'élection présidentielle, Barack Obama, a dit préférer des pourparlers directs et la diplomatie. La demande de financement est arrivée à la même période où l'Administration assumait le NIE (l'Evaluation nationale des renseignements), publié en décembre, qui concluait que l'Iran avait arrêté ses travaux sur les armes nucléaires en 2003.

L'Administration a minimisé la signification du NIE et, tout en disant qu'elle était engagée dans la voie diplomatique, elle a continué à mettre l'accent sur le fait qu'une action urgente était essentielle pour contrer la menace nucléaire iranienne. Le Président Bush a mis en doute les conclusions du NIE, et des responsables de la sûreté nationale, dont le Secrétaire à la Défense Robert Gates et la Secrétaire d'Etat Condoleeza Rice, firent des déclarations similaires. (Tout comme le Sénateur John McCain, le présumé candidat présidentiel républicain.) Pendant ce temps, l'Administration a aussi ravivé les accusations selon lesquelles la direction iranienne a été impliquée dans les tueries de soldats américains en Irak : à la fois directement, en envoyant des unités commandos à l'intérieur de l'Irak, et indirectement, en fournissant des équipements utilisés pour la pose de bombes au bord des routes et autres produits de mort.
[...]
L'accord donné par les dirigeants Démocrates pour engager des centaines de millions de dollars, en vue de plus d'opérations secrètes en Iran, vaut la peine d'être noté, étant donnée l'inquiétude générale d'officiels tels que Gates, Fallon et de nombreux autres. "Le processus de supervision n'a pas tenu le rythme - il a été coopté" par l'Administration, a dit cette personne au courant du contenu de cette Conclusion. "Le processus est rompu et c'est un truc dangereux que nous sommes en train d'autoriser".

Des Démocrates de premier plan au Congrès m'ont dit qu'ils étaient préoccupés par la possibilité que leur compréhension de l'implication de ces nouvelles opérations diffère de celle de la Maison Blanche. Il y a une question relative à une référence qui se trouve dans les Conclusions, rappelle la personne au courant : une potentielle action létale défensive par les agents américains en Iran. (Début mai, le journaliste Andrew Cockburn a publié des éléments de cette Conclusion dans CounterPunch, le magazine et lettre d'information en ligne.)

Ce langage a été inséré dans cette Conclusion sur l'insistance de la CIA, a dit un ancien agent des renseignements. Les opérations secrètes qui sont exposées dans cette Conclusion se déroulent essentiellement en parallèle à celles du corps expéditionnaire militaire secret, opérant maintenant en Iran, qui se trouve sous le contrôle du JSCO. Selon l'interprétation de la loi par l'Administration Bush, les activités militaires clandestines, contrairement aux opérations secrètes de la CIA, n'ont pas besoin d'être décrites dans une Conclusion, parce que le Président a le droit constitutionnel de commander les forces de combat sur le terrain sans interférence du Congrès. Mais la frontière entre ces opérations ne sont pas toujours claires : en Iran, les agents de la CIA et les correspondants régionaux ont les compétences linguistiques et la connaissance du terrain pour prendre des contacts pour le compte des agents du JSOC, et ils ont travaillé avec eux pour envoyer le personnel, le matériel et l'argent en Iran depuis une base obscure dans l'ouest de l'Afghanistan. En conséquence, le Congrès n'a reçu qu'une vue partielle de la façon dont est utilisé l'argent qu'il a alloué. L'une des missions du corps expéditionnaire du JSOC, la recherche de "cibles de haute valeur", n'était pas directement exposée dans cette Conclusion. Certains parlementaires réalisent de plus en plus que l'Administration Bush, ces dernières années, a regroupé ce qui correspond à une opération de renseignements avec ce qui correspond à une opération militaire, afin d'éviter d'informer complètement le Congrès sur ses agissements.

"C'est une grosse affaire", a dit la personne au courant de cette Conclusion. "La CIA avait besoin de cette Conclusion pour faire son boulot habituel, mais la Conclusion ne s'applique pas au JSOC. Le Président a signé un Décret Présidentiel après le 11 septembre donnant au Pentagone l'autorisation de faire des choses qu'il n'avait jamais pu faire auparavant sans en notifier le Congrès. Il était prétendu que l'armée 'préparait l'espace de bataille' et, en utilisant ce terme, ils pouvaient contourner la surveillance parlementaire. Tout est justifié dans la sémantique pour livrer la guerre mondiale contre la terreur". Il a ajouté, "L'Administration a brouillé les pistes ; d'habitude, il y avait des nuances" - entre les opérations dont les hauts dirigeants parlementaires devaient être informés et celles qui ne devaient pas l'être - "mais maintenant, c'est de la bouillie pour les chats".

"L'agence dit que nous ne nous mettrons pas en position d'aider à tuer des gens sans une Conclusion", m'a dit l'ancien officiel des services secrets. Il se référait à la menace légale à laquelle certains agents sont confrontés pour leur implication dans l'interprétation et les accusations de torture de suspects dans la guerre contre la terreur. "Ceci a fait sauter au plafond les militaires", a-t-il dit. En ce qui concerne la CIA, l'ancien officiel des services secrets a dit : "l'autorisation globale inclut cette de tuer, mais ce n'est pas comme si c'était ce qu'ils se préparaient à faire. C'est une question de collecte d'information, de recrutement de soutiens". La Conclusion envoyée au Congrès était un compromis, apportant une couverture légale à la CIA, tout en se référant à l'utilisation de la force létale en termes ambigus.
[..]
Ces derniers mois, selon les médias iraniens, il y a eu une montée en puissance de la violence en Iran. Cependant, à ce stade précoce il est impossible d'en attribuer le crédit aux activités de la CIA ou du JSOC ou d'évaluer leur impact sur la direction iranienne. Les reportages de presse sur l'Iran sont minutieusement contrôlés par le Colonel de l'Armée de l'Air à la retraite, Sam Gardiner, qui a enseigné la stratégie au National War College et qui conduit à présent des jeux de guerre centrés sur l'Iran, par le gouvernement fédéral, les groupes de réflexion et les universités. La presse iranienne "est très ouverte pour décrire les tueries qui ont lieu à l'intérieur du pays", a dit Gardiner. C'est, dit-il, "une presse contrôlée qui considère qu'il est plus important de publier ces choses. Nous commençons à voir à l'intérieur du gouvernement." Il a ajouté, "Pratiquement, pas un seul jour ne se passe aujourd'hui où nous ne voyons pas d'affrontement quelque part. Il y a eu trois ou quatre incidents au cours d'un des derniers week-ends et les Iraniens donnent même les noms des officiers des Gardes Révolutionnaires qui ont été tués."

Au début de l'année, un groupe Ahwazi, partisan de la lutte armée, a revendiqué avoir assassiné un colonel de la Garde Révolutionnaire, et le gouvernement iranien a reconnu qu'une explosion avait eu lieu dans un centre culturel à Shiraz, au sud du pays, qui avait tué au moins douze personnes et en avait blessé plus de deux cents et que c'était un acte terroriste et non pas, comme il avait insisté plus tôt, un accident. On ne pouvait pas savoir s'il y avait une implication américaine dans un incident spécifique en Iran, mais, selon Gardiner, les Iraniens ont commencé à accuser publiquement les États-Unis, la Grande-Bretagne et, plus récemment, la CIA, pour certains de ces incidents. La CIA a été impliquée dans un coup d'Etat en Iran en 1953 et son soutien au régime impopulaire du Shah Mohammed Reza Pahlavi - qui fut renversé en 1979 - a été condamné pendant des années par les mollahs au pouvoir à Téhéran, ce qui a eu un grand effet. "Le nec plus ultra pour les Iraniens - accuser la CIA", a dit Gardiner. "C'est nouveau et c'est une escalade - une augmentation de la tension. Cela renforce le soutien au régime et montre au peuple qu'il y a une menace continue de la part du 'Grand Satan'." Selon le point de vue de Gardiner, la violence, plutôt que l'affaiblissement du gouvernement religieux iranien, pourrait lui générer un soutien.

Beaucoup de ces activités pourraient être entreprises sur le terrain par les dissidents en Iran et non pas par les Américains. Un problème pour "passer l'argent" (pour reprendre l'expression de la personne qui connaît cette Conclusion) dans un cadre secret est qu'il est difficile de contrôler où va l'argent et à qui il bénéficie. Néanmoins, l'ancien responsable des renseignements a dit : "Nous sommes exposés, à cause de notre transfert d'armes et de notre matériel de communication. Les Iraniens auront la capacité de prendre pour argument que l'opposition a été inspirée par les Américains. Combien de fois avons-nous essayé ceci sans poser les bonnes questions ? Le jeu en vaut-il la chandelle ?" Une conséquence possible de ces opérations seraient des mesures sévères violentes iraniennes contre les groupes dissidents, ce qui donnerait à l'Administration Bush une raison d'intervenir.

La stratégie consistant à utiliser les minorités ethniques pour ébranler l'Iran est viciée, selon Vali Nasr, qui enseigne la politique internationale à la Tufts University et qui est aussi membre du comité de direction du CFR (Council on Foreign Relations). "Ce n'est pas parce que le Liban, l'Irak et le Pakistan ont des problèmes ethniques que cela signifie que l'Iran est confronté à la même question", m'a dit Nasr. "L'Iran est un vieux pays - comme la France ou l'Allemagne - et ses citoyens sont tout aussi nationalistes. Les États-Unis surestiment la tension ethnique en Iran." Les groupes minoritaires avec lesquels les États-Unis établissent le contact sont soit bien intégrés soit petits et marginaux, sans beaucoup d'influence sur le gouvernement ou beaucoup de capacité à représenter un challenge politique, a dit Nasr. "On peut toujours trouver des groupes militants qui iront tuer un policier, mais travailler avec les minorités se retournera contre nous et nous aliènera la majorité de la population."

Il se peut que l'Administration ait été d'accord pour compter sur les organisations dissidentes en Iran, même lorsqu'il y avait une raison de croire que ces groupes avaient monté dans le passé des opérations contre les intérêts américains. L'utilisation des éléments baloutchis, par exemple, est problématique, m'a dit Robert Baer, un ancien agent secret de la CIA qui a travaillé pendant près de deux ans en Asie du Sud et au Moyen-Orient. "Les Baloutchis sont des fondamentalistes sunnites qui haïssent le régime de Téhéran, mais on peut les décrire comme faisant partie d'Al-Qaïda", m'a dit Baer. "Se sont des types qui coupent la tête des incroyants - et dans ce cas, [les incroyants] sont les Chiites iraniens. L'ironie est qu'une nouvelle fois, nous travaillons avec des fondamentalistes sunnites, exactement comme nous l'avons fait en Afghanistan dans les années 80." Ramzi Youssef, qui a été condamné pour son rôle dans l'attentat à la bombe du World Trade Center en 1993, et Khaled Cheikh Mohammed, qui est considéré comme l'un des planificateurs des attaques du 11 septembre, sont des fondamentalistes sunnites baloutchis.

L'un des groupes le plus actif et le plus violent aujourd'hui contre le régime en Iran est le Djoundallah, connu aussi sous le nom de Mouvement de la Résistance du Peuple Iranien, qui se décrit lui-même comme une force de résistance qui se bat pour les droits des Sunnites en Iran. "C'est une organisation salafiste vicieuse dont les fidèles ont suivi les cours de la même madrasa que les Taliban et les extrémistes pakistanais. Ils sont soupçonnés d'avoir des liens avec Al-Qaïda et on pense aussi qu'ils sont liés à la culture du pavot." Le Djoundallah a endossé la responsabilité de l'attentat à la bombe d'un bus rempli de soldats de la Garde Révolutionnaire, en février 2007. Au moins 11 membres de la Garde ont été tués. Selon Baer et les reportages de presse, le Djoundallah fait partie des groupes en Iran qui bénéficient du soutien américain.

Les communautés de la CIA et des Opérations Spéciales ont aussi des liens de longue date avec deux autres groupes dissidents en Iran : le Moudjahidin-e-Khalq, connu en Occident sous le sigle M.E.K., et un groupe séparatiste kurde, le Parti pour une Vie Libre au Kurdistan, le PJAK.

Le M.E.K. est sur la liste terroriste du Département d'Etat depuis plus de dix ans. Pourtant, ces dernières années, ce groupe a reçu des armes et des renseignements, directement ou indirectement, des États-Unis. Une partie de ces fonds secrets nouvellement autorisés, m'a dit le conseiller du Pentagone, pourrait très bien atterrir dans les coffres du M.E.K. "Le nouveau corps expéditionnaire travaillera avec le M.E.K. L'Administration attend désespérément des résultats". Il a ajouté, "Le M.E.K. n'a pas d'expert-comptable qui vérifie ses comptes et l'on pense que ses dirigeants se sont remplis les poches pendant des années. Si les gens savaient ce que touche le M.E.K. et les sommes qui atterrissent sur ses comptes bancaires ! Et pourtant, cela est pratiquement inutile pour les objectifs qu'attend l'Administration."

Le parti kurde, le PJAK, que l'on a aussi rapporté comme bénéficiant secrètement des largesses des États-Unis, mène des actions contre l'Iran depuis des bases au Nord de l'Irak, depuis au moins trois ans. (L'Iran, comme l'Irak et la Turquie, a une minorité kurde, et le PJAK et les autres groupes ont recherché l'autodétermination sur un territoire qui est à cheval sur ces trois pays.) Ces dernières semaines, selon Sam Gardiner, le stratège militaire, il y a eu une nette augmentation des engagements armés du PJAK contre les Iraniens et des attaques terroristes contre des cibles iraniennes. Début juin, l'agence de presse Fars a rapporté qu'une douzaine de membres du PJAK et quatre gardes frontières iraniens avaient été tués dans un affrontement près de la frontière irakienne ; une attaque similaire en mai avait tué trois Gardes Révolutionnaires iraniens et neuf combattants du PJAK. Le PJAK a aussi soumis la Turquie, un membre de l'OTAN, a des attaques terroristes répétées et le soutien américain dont bénéficierait ce groupe a été une source de friction entre les deux gouvernements.

Gardiner a aussi mentionné un voyage que le Premier ministre irakien, Nouri al-Malaki, a fait à Téhéran en juin. A son retour, Maliki a annoncé que son gouvernement interdirait tout contact entre des étrangers et le M.E.K. - une gifle pour les États-Unis qui traitent avec ce groupe. Maliki a déclaré que l'Irak ne voulait pas être le terrain où se préparent les opérations secrètes contre les autres pays. C'était un signe, a dit Gardiner, que "Maliki choisit de plus en plus les intérêts de l'Irak plutôt que ceux des États-Unis." En ce qui concerne les accusations américaines de l'implication iranienne dans la mort de soldats américains, a-t-il dit, "Maliki est réticent à jouer le jeu consistant à accuser l'Iran." Gardiner a ajouté que le Pakistan venait juste d'accepter de remettre un dirigeant du Djoundallah au gouvernement iranien. Les opérations secrètes de l'Amérique, dit-il, "semblent nuire aux relations avec les gouvernements, à la fois de l'Irak et du Pakistan, et pourraient bien renforcer le lien entre Téhéran et Bagdad."
[...]



Le premier ministre irakien désigné avait aidé la CIA dans les attenats à la bombe des anées 90
http://www.nytimes.com/2004/06/09/world/reach-war-new-premier-ex-cia-aides-say-iraq-leader-helped-agency-90-s-attacks.html
9 juin 2004

Iyad Allawi, maintenant [en 2004] le premier ministre désigné de l'Irak, avait dirigé une organisation en exil avec l'intention de renverser de Saddam Hussein, organisation qui a envoyé des agents à Bagdad au début des années 1990 pour poser des bombes et saboter des installations gouvernementales, sous la direction de la CIA, selon les dires de plusieurs anciens fonctionnaires de la CIA.
Le groupe du Dr. Allawi le Iraqi National Accord, a utilisé des voitures piégées et autres engins explosifs a déclaré les fonctionnaires. Les évaluations de l'efficacité de la campagne de bombardement ont varié, bien que les anciens fonctionnaires interrogés ont reconnu qu'ils n'ont jamais menacé le pouvoir de Saddam Hussein.
Il n'existe pas de dossiers publics de la campagne d'attentats à la bombe, et les anciens fonctionnaires ont déclaré que leurs souvenirs étaient dans bien des cas incomplets et, dans certains cas contradictoires. Ils ne pouvaient même pas se rappeler du moment exact où ils ont eu lieu, mais les entretiens ont clairement montré que c'était entre 1992 et 1995.
Le gouvernement irakien à l'époque avait affirmé que les bombes, dont l'une avait explosé dans une salle de cinéma, avaient fait de nombreuses victimes parmi les civils. Mais que les attentats aient effectivement tué des civils n'avait pas pu être confirmé, parce que, comme un ancien de la CIA a déclaré, les États-Unis n'avaient pas de sources significatives de renseignement en Irak.
Un ancien agent de la Central Intelligence Agency qui était basé dans la région, Robert Baer, a rappelé qu'un attentat à la bombe au cours de cette période ''a fait sauter un autobus scolaire, les écoliers ont été tués.'' M. Baer, un critique de la guerre en Irak, dit qu'il ne se souvient plus quel groupe de résistance [sic] avait déclenché cette bombe.
D'autres anciens responsables du renseignement ont déclaré que l'organisation du Dr Allaoui avait été le seul groupe de résistance [resic] impliqué dans des attentats à la bombe et des sabotages à l'époque.
[...]
Lorsque M. Allaoui a été choisi comme premier ministre intérimaire de la semaine dernière, il a dit que sa première priorité serait d'améliorer la situation de la sécurité par l'arrêt des attentats à la bombe et autres attaques des insurgés [pas des résistants RM] en Irak - une idée que plusieurs anciens fonctionnaires qui connaissent bien son passé, ont dit trouver 'ironique'
[...]
Un officier du renseignement américain qui avait travaillé avec le Dr. Allawi au début des années 1990 a noté que ''personne n'a jamais aucun problème avec les actes de sabotage à Bagdad à l'époque"[..]
Dr. Allawi a été un favori de la C.I.A. et d'autres agences gouvernementales il y a 10 ans, surtout parce que il a servi comme  contrepoint à Ahmad Chalabi, un chef de l'exil plus influent.
''Il a été très apprécié par ceux qui étaient impliqués dans des opérations irakiennes,'' a déclaré dans une interview Samuel R. Berger, qui fut conseiller à la sécurité nationale de l'administration Clinton. "Contrairement à Chalabi, c'était quelqu'un qui avait la confiance des gouvernements régionaux. Il est moins flamboyant, cherche moins la promotion.''
Le C.I.A. a recruté le Dr. Allawi en 1992, selon d'anciens fonctionnaires. L'ancien haut responsable du renseignement a déclaré qu'à cette époque ''ce que nous faisions était de traiter avec n'importe qui était dans l'opposition irakienne qu'on pouvait trouver' M. Chalabi a commencé à travailler avec l'agence en 1991, et l'idée, a ajouté le fonctionnaire, était de ''réduire la proportion du rôle de Chalabi dans ce que nous étions en train de faire, en trouvant d'autres personnes avec lesquelles travailler.''
En 1991, le Dr Allaoui a été associé à un ancien officiel iraquien, Salih Omar Ali al-Tikriti, que les États-Unis considéraient comme louche. Lui et le Dr. Allawi ont fondé l'Accord national irakien en 1990. Tous deux étaient des anciens partisans du gouvernement irakien.
[...]
La campagne d'attentats à la bombe et de sabotage, selon l'ancien haut fonctionnaire du renseignement,''étaient plus un test qu'autre chose, afin de démontrer sa capacité.''
Un autre ancien agent de renseignement qui a été impliqué dans les affaires irakiennes a rappelé que les attentats à la bombe étaient une option ''que nous avons considéré et utilisé.'' Le groupe du Dr. Allawi avait été utilisé, a-t-il ajouté,''parce que Chalabi n'a jamais eu aucune sorte d'organisation interne qui pouvait exécuter cela", ajoutant',''Nous ne lui aurions jamais demandé de réaliser des actes de sabotage.''
Les différentes évaluations de la campagne de bombardement de l'efficacité sont compréhensibles, d'après d'ancien haut fonctionnaire du renseignement, parce que ''Je n'aurait attribué alors suffisamment de ressources pour que nous puissions percevoir si une campagne d'attentats à la bombe efficace était en cours" [? 'I would not attribute to the U.S. sufficient intelligence resources then so that we could perceive if an effective bombing campaign was under way.'']
On ne pense pas que le Dr. Allawi ait jamais parlé en public de la campagne d'attentat à la bombe. Mais un agent de l'Accord national irakien l'a fait. En 1996, Amneh al-Khadami, qui se décrit lui-même comme le principal artificier pour le Iraqi National Accord, a enregistré une cassette vidéo dans laquelle il a parlé de la campagne d'attentat à la bombe pour ce plaindre qu'il était à cours d'argent et de fournitures. Deux anciens officiers de renseignement ont confirmé l'existence de la cassette vidéo.
M. Khadami y dit que ''nous avons fait sauter une voiture, et nous étions censés obtenir 2000 $'', mais il n'en a obtenu que 1000 $, selon un compte rendu du journal britannique The Independent 1997. Le journal avait obtenu une copie de cette cassette.
(...)
 
http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-32065161.html

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Published by Eva R-sistons - dans Alerte - danger ! - SOS
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