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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 01:23

publié par
liliM Hier 15H40

http://anhune.unblog.fr/files/2008/03/terre.jpg250 millions de réfugiés écologiques

Selon les estimations, 50 à 500 millions de personnes pourraient migrer d'ici à 2050 sous l'effet des inondations, de la dégradation des sols, des catastrophes naturelles, de la déforestation, de la construction de grands barrages ou d'accidents industriels. Pourtant, le statut de ces personnes, appelées aussi réfugiés de l'environnement ou éco-réfugiés, n'est pas encore reconnu dans le droit international.

Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) définit les réfugiés environnementaux comme des «personnes forcées à quitter leurs habitations d'une façon temporaire ou permanente, à cause d'une dégradation nette de leur environnement (d'origine humaine ou naturelle) qui bouleverse gravement leur cadre de vie et/ou qui déséquilibre sérieusement leur qualité de vie».

Historique

D'ores et déjà, des millions de personnes ont été déplacées pour des raisons liées à l'environnement. Les inondations de 1998 en Chine ont donné lieu à des millions de sans abris, la catastrophe de Tchernobyl a occasionné le déplacement de plus de 100 000 personnes. Les sécheresses d'Afrique ont fait fuir des centaines de milliers de personnes dans les pays voisins. Les barrages représentent une cause importante de déplacement : on estime que 40 à 80 millions de personnes ont été déplacées par la création des réservoirs depuis les dernières cinquante années et plus d'un million par le barrage des Trois-Gorges en Chine.

Il ne s'agit pas donc d'un phénomène marginal. Selon la Banque Mondiale, le nombre total de ces éco-réfugiés s'élevait en 1995 à 25 millions, alors que l'on comptait la même année 27 millions de réfugiés fuyant l'oppression politique, les persécutions religieuses et les problèmes ethniques.

Crises à venir

Le réchauffement climatique et les atteintes croissantes à notre environnement devraient donner lieu à une augmentation considérable du nombre de réfugiés environnementaux dans les années à venir. Les estimations divergent. Le nombre de réfugiés écologiques pourrait doubler de 1995 à 2010 et avec le réchauffement climatique global, il pourrait même dépasser les 200 millions de personnes, selon certaines prévisions.

Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) prévoit que «les effets de l'évolution climatique retomberont de manière disproportionnée sur les pays en développement et les pauvres vivant dans tous les pays, en exacerbant les inégalités concernant l'état de santé et l'accès à une nourriture adéquate, une eau propre et d'autres ressources». Les conséquences des changements climatiques telles que les perturbations du système des moussons, l'augmentation des sécheresses et la montée du niveau de la mer pousseront un nombre croissant de personnes sur les routes de l'exil.

Diversité des cas

Il est important de noter que tous les réfugiés ne franchiront pas les océans pour trouver un asile dans les pays d'accueil par manque de moyens financiers. Certains migrants ne se déplacent de quelques centaines de kilomètres et certains restent à l'intérieur de leur pays, souvent dans des conditions précaires. Ce sont alors des déplacés.

Montée des eaux

Une grande partie de l'humanité vit sur les littoraux. Les conséquences de l'augmentation du niveau des mers pourraient être catastrophiques pour ces populations. Au Bangladesh, la moitié de la population vit dans des zones situées à moins de 5 mètres au-dessus du niveau de la mer. Différents scénarii prévoient qu'environ 20% de son territoire s'enfoncera sous les eaux et 20 à 40 millions d'habitants seront déplacés. En Afrique, la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) estime que «près de 30% des infrastructures côtières seraient à risque», et le nombre d'Africains menacés par les inondations «passera de 1 million en 1990 à 70 millions en 2080». Les pays les plus pauvres ne sont pas les seuls concernés. En effet, New York, Londres ou Shanghai, par exemple, sont des villes côtières menacées par la montée des eaux.

Tuvalu

L'état de Tuvalu est composé de neuf atolls coralliens, dont le point culminant est situé à 5 mètres de hauteur. Peuplée d'une dizaine de milliers d'habitants, Tuvalu est menacé par la montée des eaux. Selon les experts, elle pourrait disparaître d'ici 2050.

Les représentants de Tuvalu ont commencé à envisager l'émigration de leurs habitants. Ils ont demandé des visas à l'Australie, qui les a refusés, et à la Nouvelle-Zélande, qui a accepté d'accueillir certains tuvaliens sous réserve de certaines condiations [voir débat]. Dans un accord appelé Pacific Access Category (PAC), signé en 2001, 75 résidents de Tuvalu and Kiribati, et 250 des îles Tonga peuvent chaque année recevoir une carte de résident. (2)

L'exemple très médiatique de Tuvalu a contribué grandement à populariser le concept de réfugiés climatiques. Il a aussi posé la question de responsabilité. En effet, les petits Etats insulaires du Pacifique ne produisent qu'une quantité minime de gaz à effet de serre or ils sont les premiers à pâtir du réchauffement climatique, conséquence de ces pollutions. Et un pays voisin comme l'Australie, l'un des plus gros émetteurs de CO2, n'endosse aucune responsabilité vis-à-vis de ces demandeurs d'asile écologique. Il a refusé de signer le PAC.

Statut juridique

Actuellement, les réfugiés écologiques ne sont pas reconnu par le droit international. En effet, on considère en général qu'ils ne répondent pas aux critères de la convention de Genève de 1951 - qui considère que les réfugiés fuient la violence ou la persécution. Cela étant, résumer ces migrations au seul paramètre écologique peut être réducteur : les causes sont souvent multiples et font intervenir à la fois des facteurs économiques et sociaux.

De ce fait, aucune grande organisation internationale, comme le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), ne dispose d'un mandat officiel pour assister ces individus.

Aujourd'hui, certains experts plaident pour la révision de la convention de Genève de 1951 sur les réfugiés afin de donner un statut juridique aux éco-réfugiés.

D'autres experts considèrent qu'il est nécessaire qu'une nouvelle convention, spécifique, sur les réfugiés écologiques soit adoptée internationalement. (3)

La route vers l'adoption d'une convention internationale risque d'être longue. Comme le montre l'exemple de Tuvalu, reconnaître que certaines personnes sont des réfugiés climatiques implique que l'on reconnait une responsabilité et des responsables ainsi que des engagements financiers et humains importants sur le long terme.

Les régions affectées

Les déplacements de populations ont déjà commencé en Afrique subsaharienne, dans les Etats insulaires du Pacifique Sud et aussi aux Etats-Unis. Deux ans après le passage de l'ouragan Katrina (août 2005), la population de la ville atteignait 68% de son niveau d'avant et 160.000 habitants ne sont pas revenus.

Les principales régions affectées sont les suivantes :

- Le sud du bassin méditerranéen et le Sahel : le manque d'eau, la chute des rendements agricoles, la croissance démographique, la précarité des institutions politiques intensifieront les crises politiques et la pression migratoire. Quelques exemples déjà en cours, la salinisation de la moitié des terres arables irriguées du delta du Nil (Egypte), la sécheresse au Soudan et au Niger.

- L'Afrique australe : le changement climatique pourrait y affaiblir davantage le potentiel économique de pays qui comptent parmi les plus pauvres du monde.

- L'Asie centrale : les tensions sur l'eau seront exacerbées par le recul des glaciers, fragilisant l'agriculture et la ressource hydrique, conduisant à des tensions politiques et sociales et des conflits.

- Le sous-continent indien : un retrait glaciaire dans l'Himalaya mettra en péril l'approvisionnement en eau pour des millions de personnes, les modifications de la mousson annuelle auront une incidence sur l'agriculture et la hausse du niveau des mers, les cyclones menaceront l'habitat autour du très peuplé golfe du Bengale.

- La Chine : l'augmentation des vagues de chaleur et des sécheresses aggraveront la désertification et la pénurie d'eau dans plusieurs régions du pays, s'ajoutant à la pollution de l'air, de l'eau et la dégradation des sols. L'élévation du niveau des mers et les plus fréquents cyclones tropicaux menaceront la côte est.

- Les Caraïbes et le golfe du Mexique, avec l'augmentation de la fréquence ou de la force des ouragans, surtout en Amérique centrale.

- Les Andes et l'Amazonie : le retrait glaciaire dans les Andes aggravera les problèmes d'eau de la région. La poursuite de la déforestation amazonienne modifiera radicalement l'environnement de l'Amérique du Sud.

- L'Alaska : l'augmentation de 2 à 4°C des températures enregistrées au cours des dernières décennies a pour conséquence de modifier l'état des sols, obligeant les autochtones à quitter leurs villages comme Newtok, sur la côte ouest, envahi par un torrent d'eau provenant de la fonte des glaces, ou Shimaref, atteint par l'érosion des côtes de l'île avec le dégel du pergélisol.

- les îles du Pacifique sud subit déjà les conséquences de l'élévation du niveau de la mer. En août 2005, Lateu, dans l'archipel de Vanuatu, fût le premier village déplacé à cause de l'élévation du niveau de l'océan.

Good Planet .info - 10/06/2009

Source : http://www.goodplanet.info/goodplanet/index.php/fre/Societe/Refugies/Refugies-environnementaux/(theme)/289

Source : envoyé par mail de : http://terresacree.org

Image ajoutée par liliM

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=4268

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