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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 04:54


Une analyse d'ATTAC......

publié par
babelouest (crisonnier) le 10/06/2009 17H02


Et si les Français avaient raison... vendredi, 5 juin 2009

Une fois n’est pas coutume La Lettre vous propose de trouver qui peut bien se cacher dernière les trois petits points du titre ci-dessous et les deux phrases destinées à compliquer un peu ce jeu :

"Et si les Français avaient raison. Il y a encore quelques mois, le “modèle français” était moqué, voire méprisé. Trop interventionniste et trop protecteur. Aujourd’hui, et pour les mêmes raisons, le ... lui trouve beaucoup de qualités". "La planification à long terme des infrastructures publiques constitue le plus bel exemple de ce qui fonctionne à merveille. L’inauguration de la première ligne de métro express interurbain de Londres, le Crossrail, est prévue en 2017, alors que Paris peut se vanter d’avoir un réseau de cinq lignes de RER, dont la première a été mise en service à la fin des an­nées 1960". "Tout réglementer, une utile obsession hexagonale [...] Certaines règles paraissent incongrues. Mais dans le secteur financier, la manie française de légiférer s’est révélée salutaire en ces temps de crise".

Pour vous faciliter la tâche, sachez que ces extraits n’ont pas été rédigés par La Lettre mais que vous trouverez l’article et la réponse ici. Sachez aussi que les auteurs séditieux de cet article sont en désaccord avec le Premier Ministre français qui, commentant les "performances" de la France meilleures que celles des autres économies, déclarait le 15 mai 2009 "Nous avons pris les bonnes décisions au bon moment", sous entendu toutes les décisions allant à l’encontre de ce que vous lirez dans cet article. JC

Et si les Français avaient raison...

Il y a encore quelques mois, le “modèle français” était moqué, voire méprisé. Trop interventionniste et trop protecteur. Aujourd’hui, et pour les mêmes raisons, le très libéral The Economist lui trouve beaucoup de qualités.

Article traduit et publié par Courrier international, n° 967 du 19 mai 2009

Ces dernières années, avant le krach financier, ce que l’on dé¬finissait vaguement comme le modèle français était l’objet de critiques acharnées. On lui reprochait essentiellement de ne pas parvenir à créer suffisamment de croissance et d’emplois. Parmi ses détracteurs, on trouvait non seulement les Anglo-Saxons, mais aussi Nicolas Sarkozy en personne. Or il se trouve que l’économie française a été moins durement touchée que bien d’autres. D’après le FMI, son PIB devrait reculer de 3 % cette année, alors qu’il plongera de 4,1 % en Grande-Bretagne, de 4,4 % en Italie et de 5,6 % en Allemagne.

La France dépend moins des exportations que l’Allemagne, et la consommation des ménages a même augmenté au premier trimestre de 2009, par rapport à la même période l’an dernier. L’État, d’ordinaire dénoncé pour ses libéralités, devrait pourtant afficher un déficit (6,2 % du PIB) nettement inférieur à celui des États-Unis (13,6 %) et de la Grande-Bretagne (9,8 %). Les Français épargnent beaucoup, et la plupart n’ont pas souscrit de crédits immobiliers qu’ils ne pouvaient honorer, ni trop dépensé à crédit. L’endettement des ménages, en France, est inférieur de moitié à celui de la Grande-Bretagne et des États-Unis. Pour l’heure, Paris n’a pas encore eu besoin de sauver ses grandes banques du naufrage et encore moins de les nationaliser.

Si les primes que touchent les dirigeants d’entreprises qui licencient soulèvent un tollé, les salaires des patrons français n’ont rien d’extravagant, et le fossé qui sépare les 10 % de la population active les mieux payés des 10 % les moins bien rémunérés est bien moins large qu’en Grande-Bretagne ou qu’aux États-Unis. A vrai dire, pris entre l’amusement et l’autosatisfaction, les Français contemplent ces Anglo-Saxons qui, de plus en plus, se mettent à franciser leur discours. Mais, au-delà des lieux communs, en quoi exactement consiste le modèle français ? Fonctionne-t-il vraiment ? Alors que les gouvernements s’efforcent de trouver l’équilibre idéal entre les marchés et l’État, les Français auraient-ils la solution, eux ?

Le plateau de Picardie, dans le nord du pays, a été aussi durement frappé par la récession planétaire que n’importe quelle autre région. Les ouvriers de Continental, un fabricant de pneumatiques, ont saccagé il y a peu les bureaux de la sous-préfecture de l’Oise, à Compiègne, au moment où la justice a confirmé la fermeture d’une usine à Clairoix, entraînant la perte de 1 120 emplois – un coup terrible pour les salariés, qui avaient accepté de travailler plus longtemps si l’employeur s’engageait à maintenir le site en activité. Non loin de là, à Beauvais, Bosch a fermé son usine l’an dernier, mettant 240 personnes au chômage. Aujourd’hui, la ville s’inquiète de l’avenir d’une usine qui produit des éponges.

Pourtant, à l’heure du déjeuner par une chaude journée de printemps, les tables des cafés dans les rues pavées du centre de Beauvais, près de la cathédrale corsetée d’échafaudages, sont toutes occupées. Les massifs de fleurs municipaux, où des lupins bleutés côtoient des choux ornementaux, sont luxuriants et soigneusement entretenus. Le parking de l’hypermarché du coin est bondé. La circulation reste dense aux alentours de l’aéroport, un employeur important, fréquenté par des compagnies à bas prix. Et les usines d’électronique et de parfum s’en sortent bien. “Ce n’est pas une ville riche”, reconnaît Caroline Cayeux, le maire de centre droit. “Mais, grâce au système social français, les gens peuvent garder la tête hors de l’eau.” Beauvais, préfecture du département de l’Oise, est un exemple de la façon dont le système social français (et ses principes égalitaires) amortit l’impact de la récession. Près de la moitié des Beauvaisiens vivent dans des logements sociaux. La mairie elle-même fournit de nombreux emplois : ainsi, quelque 130 jardiniers s’occupent des massifs tout au long de l’année, ils bêchent, plantent et désherbent. Elle distribue également des aides directes de toutes sortes aux familles, des subventions pour les vacances des enfants ou encore pour les activités extrascolaires. La municipalité a par ailleurs mis au point un programme spécial pour les 4 500 “travailleurs démunis” qui ne sont pas pris en charge par les autres filets de sécurité du système social national.

La France adore planifier, souvent pour le meilleur
Dans toute la France, 5,2 millions de salariés, soit 21 % de tous les employés, travaillent dans le secteur public.
Si l’on compte ceux dont les emplois ou les revenus ne sont pas exposés au cycle économique, 49 % des actifs ou des retraités ne sont, en France, que modérément vulnérables à la récession, à en croire Xerfi, une entreprise spécialisée dans les études de marché. À cela s’ajoutent plusieurs niveaux de protection sociale, dont des allocations chômage, qui peuvent représenter jusqu’à 75 % du dernier salaire perçu, et des aides directes aux familles, comme la prime de 889,72 euros versée pour une naissance [sous condition de ressources]. On comprend donc que les Français soient relativement à l’abri des aléas du marché.

Qui plus est, le système français de santé réussit à garantir une couverture maladie universelle tout en préservant la relative bonne santé de la population, et ce pour un coût par personne moitié moindre qu’outre-Atlantique et avec des délais d’attente pour accéder aux soins moins longs qu’en Grande-Bretagne. Après contrôle des ressources, l’État prend en charge les personnes qui ne peuvent se payer une mutuelle, nécessaire pour compléter les remboursements de la Sécurité sociale.

Mais au cœur du modèle français se trouve l’interventionnisme de l’État, qui amortit les chocs pour les citoyens, redistribue les richesses et stimule la demande en cas de coup dur. Mais l’État remplit également deux autres fonctions, la planification et la réglementation. La planification à long terme des infrastructures publiques constitue le plus bel exemple de ce qui fonctionne à merveille. L’inauguration de la première ligne de métro express interurbain de Londres, le Crossrail, est prévue en 2017, alors que Paris peut se vanter d’avoir un réseau de cinq lignes de RER, dont la première a été mise en service à la fin des années 1960. Le président Sarkozy vient de dévoiler la prochaine étape : un projet décennal de ligne de métro automatique qui ferait le tour de la capitale en passant par les communes de banlieue et qui relierait les grands aéroports. Le réseau actuel de TGV, dont la réalisation fut lancée en 1974, sous la présidence de Georges Pompidou, continue de s’étendre. Avec des vitesses moyennes de 300 kilomètres à l’heure, le train est une solution de rechange viable et écologique, par rapport au transport aérien et routier.

La planification stratégique à la française ne se contente pas de prévoir les infrastructures à long terme, elle cherche aussi à créer la chaîne industrielle nécessaire pour les mener à bien. L’État a soit créé des entreprises (EDF, Areva), soit renfloué des sociétés privées en difficulté (Alstom, le constructeur des rames du TGV), de manière à ne pas interrompre l’approvisionnement. Et cette planification concerne également l’enseignement. La France possède des écoles d’ingénieurs, de commerce et d’administration publique de stature mondiale, les fameuses “grandes écoles” chargées de former les élites techniquement compétentes pour diriger ces firmes. Ce n’est pas un hasard si les patrons d’EDF (Pierre Gadonneix), d’Alstom (Patrick Kron) et d’Areva (Anne Lauvergeon) sont tous diplômés de grandes écoles scientifiques.

Tout réglementer, une utile obsession hexagonale
La tendance à tout contrôler, à la base du modèle français, se reflète également dans la troisième fonction de l’État, celle de réglementer. Les Français sont les rois de la réglementation. Il en existe sur le nombre d’officines que peut posséder un pharmacien (une) comme sur celui des taxis circulant dans les rues de Paris (15 300) ; sur les jours où les camions peuvent parcourir les routes de France (jamais le dimanche) ou sur la périodicité des soldes (deux fois par an, aux dates fixées par les autorités).Certaines règles paraissent incongrues. Mais dans le secteur financier, la manie française de légiférer s’est révélée salutaire en ces temps de crise.

Les grandes banques françaises ont sans doute perdu beaucoup d’argent, mais elles s’en sont certainement mieux sorties que leurs homologues britanniques ou américaines, et la plupart restent même bénéficiaires. Pour le marché du crédit immobilier, par exemple, les banques françaises ont accordé des prêts avec bien plus de prudence. En 2007, la dette hypothécaire n’a représenté que 35 % du PIB, selon la Fédération hypothécaire européenne, moins que l’Allemagne (48 %) et très loin derrière les chiffres enregistrés dans les “économies de bulle” comme le Royaume-Uni (86 %), l’Irlande (75 %) et l’Espagne (62 %). Certes, les prix de l’immobilier se sont envolés.


Mais, la Banque de France impute cette hausse autant à la croissance démographique, à l’augmentation des revenus réels disponibles et à la pénurie de logements qu’à la ¬spéculation.

http://www.france.attac.org/spip.php/disentnetzwerk.org/plugins/fra/cons/doc/ecrire/spip.php?article10054

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=4241

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=4241

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