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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 10:37
publié par roland (Dazibaouebmaster) le 24/06/2009 21H56


Dans un Irak en voie de désertification, une nouvelle plaie : les serpentsUne baisse sans précédent du niveau des eaux du Tigre et de l’Euphrate livre la population rurale à la chaleur, à la sécheresse et aux attaques de serpents chassés de leur habitat naturel. Un reportage de Patrick Cockburn.

AUTEUR: Patrick COCKBURN Traduit par Fausto Giudice

 

Des essaims de serpents se sont mis à attaquer des gens et du bétail dans le sud de l’Irak suite à l’assèchement du Tigre et de l’Euphrate qui provoque la fuite des reptiles hors de leur habitat naturel dans les roseaux  des rives.

Selon des  médecins, six personnes ont été tuées et 13 empoisonnées. « Les gens sont terrorisés et quittent leurs domiciles », dit Jabar Mustafa, un administrateur médical qui travaille dans un hôpital  de la province méridionale de Dhi Qar. "Nous connaissions déjà ces serpents, mais maintenant ils arrivent en grand nombre. Et ils attaquent les buffles et le bétail aussi bien que les gens.”

À Chabaysh, une ville sur l’Euphrate proche des marécages de Haour Al Hammar, dans le Sud, des paysans ont établi une salle d’opérations d’urgence pour prévenir les attaques de serpents contre le bétail.

"Nous avons été surpris ces derniers jours  par le nombre sans précédent de serpents qui ont fui leur habitat  naturel à cause de la sécheresse et de la chaleur ", dit  Wissam Al Assadi, un des vétérinaires de la ville. "Nous en avons vus sur les routes, près des maisons et des étables. Des paysans sont venus nous demander des vaccins, mais nous n’en avons pas." 

Ce fléau des serpents est le dernier effet d’une chute sans précédent du niveau des eaux de l’Euphrate et du Tigre, les deux grands fleuves qui, depuis des millénaires, ont rendu la vie possible dans les plaines, cuites par le soleil, de la Mésopotamie, le pays « entre les fleuves » en grec. Les fleuves qui ont rendu le sol irakien si fertile sont en train de s’assécher car l’approvisionnement en eau depuis la Turquie, la Syrie et l’Iran, est désormais empêché par des barrages et par l’irrigation en amont. Rien que sur l’Euphrate, la Turquie a cinq grands barrages en amont de l’Irak et la Syrie deux.


Le détournement des eaux des deux fleuves a déjà provoqué la destruction d’une grande partie de l’agriculture irakienne et la pénurie d’eau en Irak est peut-être une des pires catastrophes naturelles au monde, analogue à la destruction de la forêt amazonienne. L’avancée du désert provoque déjà des fréquentes tempêtes de sable à Bagdad, qui conduisent à la fermeture de l’aéroport. Mais  ce  dramatique changement climatique a attire peu d’attention en dehors de l’Irak, éclipsé par l’invasion du pays en 2003 sous la conduite des USA et le renversement de Saddam Hussein.

L’effondrement du niveau des eaux a été rapide, celui de l’Euphrate chutant de trios quarts en moins d’une décennie. En 2000 le débit du fleuve était de 950 mpar seconde, mais cette année il est descendu à 230 m3/s. 

Dans le passé, l’Irak a stocké l’eau dans des lacs de retenue, mais les réservoirs sont désormais très appauvris et ne peuvent plus pallier  les pénuries. L’ensemble des réserves d’eau  de tous les barrages d’Irak début mai s’élevait à seulement 11 mmilliards de mètres cubes, contre 40 il y a 3 ans.
Un des plus grands barrages du pays, sur l’Euphrate à Haditha, dans l’Ouest, près de la frontière syrienne, retenait 8 milliards de m3 il ya deux ans mais n’en a plus que 2 aujourd’hui.


L’Irak a demandé à la Turquie d’ouvrir les vannes de ses barrages. "Nous avons besoin d’au moins 500 m3/s  de la Turquie, le double de ce que nous recevons”, dit  Abdullatif Rachid, le ministre irakien des Ressources hydriques . "Ils ont promis un supplément de 130 m3/s, mais ce n’était que pour quelques jours et nous en avons besoin pendant des mois."  Son ministère est en train de faire tout son possible, dit-il, mais les décisions les plus importantes concernant l’approvisionnement en eau de l’Irak sont prises en dehors du pays, en Turquie, en Syrie et en Iran. "En plus, on a eu la sécheresse ces dernières quatre années avec moins de la moitié des pluies normales”, dit M. Rachid.

De vastes parties du territoire qui étaient autrefois des terres agricoles productives se sont déjà transformées et désert aride. Le ministère irakien de l’Agriculture dit que 40 à 50% de ce qui était des terres agricoles dans les années 70 a été atteint par la désertification.

La sécheresse, la guerre, les sanctions de l’ONU, l’absence d’investissements et l’abattage d’arbres pour produire du bois de chauffage, tout cela a exacerbé la crise, mais le cœur du problème est le manqué d’eau d’irrigation dans le Tigre et l’Euphrate. Des paysans de tout le pays sont chassés de leurs terres. Au début de ce mois, des agriculteurs et des pêcheurs ont manifesté à Najaf, une ville sur les rives de l’Euphrate, brandissant des pancartes demandant au gouvernement irakien d’insister auprès des pays voisins pour qu’ils octroient plus d’eau.

"Les agriculteurs ont arrêté de semer  et vont maintenant en ville pour chercher un gagne-pain en attendant le retour de l’eau”, dit Ali AL Ghazali, un agriculteur de la zone.

"Nous payons nos semences au moment de la récolte et si nous ne pouvons pas récolter, ou si la récolte est ruinée, celui qui nous a vendu les semences réclame quand même son du." La province de Najaf a  interdit à ses agriculteurs de cultiver du riz, car celui-ci demande trop d’eau.

La baisse de quantité de l’eau a aussi réduit sa qualité. Les plaines de Mésopotamie produisaient d’abondantes récoltes  au temps des Sumériens. De Ninive au Nord à Ur et Chaldée dans le Sud, le paysage plat de l’Irak est parsemé de monticules marquant la présence des cités anciennes. Il ya peu de précipitations en dehors des zones montagneuses du Kurdistan et des plaines immédiatement adjacentes, si bien que l’agriculture a toujours été dépendante de l’irrigation.


Mais des siècles d’irrigation sans drainage des sols ont conduit à une accumulation de sel dans les sols, les rendant en grande partie stériles. Le manque d’eau dans les fleuves a accéléré la salinisation, les terres du centre et du sud de l’Irak, hautement productives il y a encore 30 ans, sont devenues stériles. Même les précipitations dans le Nord de l’Irak se sont raréfiées ces  dernières années. En février, le Grad Zab, un des principaux affluents du Tigre, qui devrait être un torrent, n’était qu’un cours d’eau placide occupant moins d’un quart de son lit. Les collines qui le surplombent, qui devraient être vertes, sont d’une couleur ocre poussiéreuse.

Les experts convoqués par le ministère des ressources hydriques à uen conférence  de 3 jours sur la crise hydrique en avril dernier à  Suleimaniyah ont décrit a situation comme « une tragédie ».

Mohammed Ali Sarham,un spécialiste en hydrologie de  Diwaniyah dans le Sud, dit : "Les choses nous échappent : de larges portions de territoire se sont désertifiées. Les agriculteurs quittent la terre pour les villes ou leurs environs. Nous devons importer presque toute notre nourriture, alors que dans les années 50 nous étions l’un des rares pays exportateurs de céréales de la région." 

Les experts ont recommandé que, en plus de ce que la Turquie devrait octroyer plus d’eau, il soit procédé à de gros investissements pour faire un meilleur usage des voies d’eau comme le Tigre et l’Euphrate. Mais cette année, dit M. Rachid, le budget de son ministère a été réduit de moitié, passant à 550 millions de $500m à cause de la chute du prix du pétrole.

Les effets de la catastrophe agraire en Irak sautent aux yeux dans les magasins de fruits et légumes de Bagdad. Jassim Mohammed Bahadel, un épicier du quartier de Karada, dit que la plupart des produits qu’il vendait venait autrefois de fermes tout autour de la capitale. "Mais aujourd’hui les pommes que je vends viennent des USA, de France et du Chili ; les tomates et les patates de Syrie et de Jordanie ; les oranges d’Égypte et de Turquie. Il n’y a que les dattes qui soient irakiennes, car elles ne nécessitent pas beaucoup d’eau. »



Craints à juste titre : les  reptiles mortels d’Irak



L’échide carénée (Echis carinatus)– Cette vipère de 60 cm de long est l’espèce responsable du plus grand nombre de morts dans le monde. Sa morsure provoque une importante hémorragie interne. Elle est reconnaissable à une marque en forme d’arc  sur la tête.


La vipère à cornes du désert (Cerastes cerastes), reconnaissable à ses cornes osseuses au-dessus de ses yeux,  est très répandue dans  les déserts du sud de l’Irak. Elle guette ses proies enfouie dans le sable, ne laissant dépasser que ses yeux, ses narines et ses cornes.




*Le cobra du désert (Walterinnesia aegyptia) : comme la plupart des cobras, ils ‘adapte facilement à divers habitats. Mais il aime particulièrement les sites occupés pas des humains, où i peut trouver des abris et des rongeurs. Même si se serpent lustré ne recherche pas activement a confrontation, il peut se déplacer à une vitesse meurtrière sil est provoqué.



Source : The Independent - As Iraq runs dry, a plague of snakes is unleashed

Photos : ALAMY/THE INDEPENDENT

Article original publié le 15/6/2009

Sur l’auteur

Fausto Giudice est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala : http:// www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7902&lg=fr


Source: Alter Info

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=4509

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Published by Eva R-sistons - dans Populations sinistrées
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