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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 03:39

*Apologie du travail


 Et oui, je vais vous faire l’apologie du travail. Parce que j’aime cela travailler. Travailler, c’est vivre, exister, créer sa vie. Je ne veux même pas compter les heures que j’ai passé derrière l’ordi cette semaine pour faire exister ce blog. Je ne veux pas compter les heures que j’ai passé dans ma vie à me défoncer au boulot, comme cela, gratuitement, pour le plaisir.

 


Parce que le boulot était passionnant, où parce que le projet auquel il contribuait l’était. Je ne peux pas dire que nettoyer les chiottes d’un festival qui de jour en jour sont plus ignobles soit passionnant en soi, et pourtant je l’ai fait, plus d’une fois, parce que le festival lui-même était un bel évènement et qu’il fallait bien que quelqu’un le fasse.

Jusqu’au jour où… petit festival est devenu grand et les petits chefs ont fait leur apparition, et l’un d’eux m’ordonné d’aller nettoyer les chiottes. Je l’ai envoyé dans les roses, je n’ai pas nettoyé les chiottes cette année-là et je n’ai plus jamais travaillé pour les organisateurs de ce festival.

 

J’adore travailler, pour le plaisir… parce que cela contribue à faire le monde plus beau. Je ne suis dépourvue ni de compétences, ni de talents, mais je ne sais pas pourquoi, c’est vraiment bizarre, moi qui peut me donner à fond pour quelque ronds de carottes, je serais incapable de travailler pour 1000 euros de l’heure pour un petit chef.

Attention Danger Travail

 

Aller voir. Aller voir les petits chefs dans la vidéo. Cela aurait été moi, dans certaines séquences, comme je suis un peu impulsive parfois, je crois que l’un d’entre eux ce serait retrouver avec une coiffure innovante, le chapeau pizza, vous connaissez. Ce serait moi le gouvernement, je leur impose ma méthode de rééducation number one : larguer dans la forêt à des centaines de kilomètre de toute vie humaine avec le matériel de survie minimum. C’est un copain qui avait suivi un entraînement à la guérilla en Argentine qui m’a soufflé la méthode. C’était quelqu’un de bien. Le plus dur, m’avait-il dit, cela avait été pendant ces randonnées d’avoir vu des paysage magnifique et de n’avoir eu personne avec qui partager toute cette beauté.

 


Je vais vous faire l’apologie du travail, parce que mon expérience est que le travail cela peut-être un bonheur. Un truc dont on en redemande parce qu’on s’éclate vraiment à bosser et que le monde du travail demain, cela pourrait être cela. Ce ne serait pas très compliqué à mettre en place. Il suffit de trouver le moyen de mettre les exploiteurs à l’écart. Ce ne serait pas très difficile, juste un petit déclic dans les consciences et hop, aujourd’hui serait le début d’un autre monde.

 


Ce n’est pas impossible, allez voir le blog de Sylvie, lisez les commentaires du dernier texte.

YURTAO, la voie de la yourte.

ma barque, ma yourte - Le blog de Anne Wolff

Ce n’est pas impossible. Certains le vivent déjà et d’autres s’apprêtent à le faire. Ce qui est dur, pénible, insupportable pour ceux qui créent de tels modes de vie, c’est le harcèlement judiciaire. Ce qui devient de plus en plus difficile, c’est de trouver le lieu où établir son camp, parait que cela ne fait pas joli dans le paysage, que cela choque les yeux des touristes à pognon, cela fait désordre… 

 


Je me souviens, quand j’étais petite, on nous promettait pour l’an 2000 une société robotisée qui permettrait au peuple une vie de loisirs, vous savez, ce vieux rêve de nos  ancêtres les grecs. Certains doivent sans rappeler comme moi, nous de ce rêve, cette promesse. Pour y parvenir, faudrait se démener un peu, mais après tranquille les gars, ce sera l’ère des vacances permanentes. Ils y croyaient ceux qui promettaient cela ? Ils ont changé d’avis en cours de route ? ou était-ce encore une fois un des mensonge par lequel le système musèle le peuple.

 


« Les p’tits gars, arrêtez de faire grève, arrêtez de revendiquer, vous ne faites que retarder l’avènement de la société des loisirs, vous combattez vos propres intérêts » C’est avec ce genre d’arguments qu’ils ont obtenu le pacte social, les patrons : tous ensemble, patrons travailleurs, construisons le meilleur des mondes possibles, un monde sans travail, tous en vacances. Et peu à peu le discours a changé, vous connaissez la suite, certains ont eu droit aux vacances absolues de l’exclusion payées par ceux qui travaillent et leur en veulent pendant que les prédateurs capitalistes s’en mettaient plein les poches.

Et ce fut de pire en pire, et là cela a passer un seuil dans l’horreur, ce n’est plus seulement votre force de travail que le patronnant entend exploiter, en plus il vous lave le cerveau.

 


Attention Danger Travail 

Cerveau

Si, si j’insiste, allez voir voici le commentaire de Neige :

 

Géniales les 2 vidéos!(Oups, c'est pas forcément le terme approprié, c'est plutôt les analyses qui sont excellentes, pas la situation qu'elles annoncent et qu'on voit se profiler). A faire circuler le plus possible. […]Là, je suis restée scotchée aux 2 vidéos jusqu'à leur fin...

 

Je vais reprendre pour quelques minutes ce rôle de prophète d’apocalypse que je n’aime pas. Imaginez pendant quelques minutes que ce sont vos enfants, que ce sont les enfants que vous avez dans le cœur qui sont là assis à faire de la vente par téléphone avec un petit surveillant (de merde, excusez-moi, je ne peux pas m’en empêcher, je suis vraiment allergique aux petits chefs, face à ce genre de personnage j’ai une réaction physique violente) .

 


J’ai beau savoir que ce sont de pauvres petits gars qui ne devaient pas avoir grand-chose dans le ciboulot pour qu’on le leur ait lavé si complètement, si facilement, que le système les a dépossédés de toute personnalité, qu’ils en sont les premières victimes, les plus atteintes, qu’ils ne sont que l’interface d’une force de déshumanisation, en face d’eux, c’est viscéral, je m’énerve.

Vous imaginez les enfants dont le beau sourire confiant vous a enchantés soumis aux diktats véhiculés par ces petits chefs qui feront d’eux la propriété de l’entreprise jusque dans la moindre fibre de leur corps, jusqu’à leur connexions neuronales Vous les imaginez, incarcérés, éliminés parce qu’ils ne se sont pas soumis. Ou placer sous camisole chimique, car je le répète, le système ne se contente plus d’exploiter la force de travail, il lave les cerveaux.

 

Un autre monde est (encore) possible. Mais c’est à chacun de se mettre à le construire en prenant conscience qu’il n’est pas tout seul, que beaucoup le souhaite, que plus nous serons, plus nos vies seront riches, car plus variés les échanges, plus nombreuses les possibilités d’affinités et de complémentarité. Le projet de nouvel ordre mondial des sinistres mégalomanes est un projet minable, un projet qui transforme la beauté en laideur, la vie en mécanique. C’est un projet qui conduit à la disparition de l’espèce. Ils devront inventer des cyborgs pour « survivre » à cela. Aucune personne pleinement humaine ne pourra jamais supporter cela.

 


La capacité d’adaptation humaine est vaste, survivre à l’exploitation de son corps beaucoup l’ont fait, encore que…l’exemple des africains qui se couchaient pour mourir dans les plantations d’hévéa, parce que ce que leur imposait l’homme blanc était insupportable…et demain ce seront peut-être les enfants que nous voyons aujourd’hui joyeux et confiant qui se coucheront comme cela pour mourir…


 

C’est absurde, le projet de mécanisation, de robotisation, d’informatisation de l’industrie est réalisé et ne cesse de connaître de nouveaux développements. Il  serait possible de se partager le temps de travail pénible de telle manière que chacun n’en fasse que très peu au cours de sa vie, en ne laissant aux modes de production industriel que le stricte nécessaire, en favorisant la créativité, les polyvalences dont chacun est porteur. Il est matériellement possible de créer une société d’abondance même nombreux comme nous le sommes à condition de passer à une production artisanale de qualité. Et s’il y en a qui veulent aller s’enfermer 8, 10, 12 heures par jour à l’usine personne ne les en empêchera.

 

Un autre monde est (encore) possible, mais plus pour longtemps parce que le lavage des cerveaux gagne du terrain, parce que des moyens horribles de répression des insurrections se mettent en place. Mais si tous ceux qui ont encore dans la tête un petit coin de rêve trouvaient le courage de le mettre en œuvre le monde pourrait changer très vite.

 

Seulement pour cela il ne suffit pas de lutter contre l’économisme, il faut également reconquérir le terrain du politique. C’est un scandale de voir des gouvernements qui ne représentent qu’une infime partie de la population décider pour tous. Profitons du peu de liberté qui nous reste encore pour reconquérir ce terrain. Mais pas n’importe comment.

 


C’est marrant, depuis que j’ai commencé ce blog, et que je le continue poussée par une énergie qui me fait profiter de tout le temps dont je dispose, j’écris sans trop savoir où je vais. Avant je n’écrivais pas ce genre de textes sans avoir autours de moi au moins 4 ou 5 bouquins de références où retrouver les bonnes citations. Je n’ai plus de bouquins de référence, pendant 4 ans je n’ai plus écrit, je dois aller chercher au fond de ma mémoire les éléments que je vous livre et y intégrer les derniers évènements, c’est parfois épuisant. Mais depuis quelques jours je ne cesse d’avoir de petits déclics, des choses qui se mettent en place, des idées qui en rencontrent d’autres et produisent des petites étincelles qui attirent mon attention.

 


Je viens d’avoir un de ces déclics. Il est absolument nécessaire de reconquérir le terrain du politique. Comment ? Je commence à entrevoir quelques propositions en ce sens. J’espère qu’il est encore temps. Mais pour mettre une image, je pense que ce sera quelque chose sur le mode «  collectif des clowns très sérieux » et pour cela, je vous parlerai de la différence entre humour et ironie (encore une fois merci Isabelle S. d’avoir attiré mon attention là-dessus). Clowns car ne se prenant pas au sérieux soi-même, très sérieux car il ne propose pas n’importe quoi. Comme certains enfants peuvent être sérieux.

Et je vous laisse-là, j’ai encore quelques trucs à faire et je voudrais profiter du soleil et de la musique.


 

Anne

 

Ps : je crois que même les paresseux pourraient trouver leur place dans l’histoire s’il ne se font pas contagionner par le goût du travail.

 


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Published by Eva R-sistons - dans Alternatives au Système
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commentaires

Sophie Labboz 13/07/2009 16:53

Bonjour,
 
Je suis journaliste indépendante et je prépare actuellement un documentaire sur les nouvelles formes d'habitat et les modes de vie alternatifs. Je suis allée sur votre blog et votre projet correspond tout à fait à ce que je recherche. J'aimerais beaucoup m'entretenir avec vous de votre projet.
Je suis joignable au 0664147133 ou par mail à sophielabboz@gmail.com
Je vous remercie et j'espère à bientôt
Sophie Labboz

Eva R-sistons 03/07/2009 02:01

J'admire ton érudition et ton intelligence des choses ! eva

Anne Wolff 30/06/2009 14:34

Apologie et danger, car à nouveau un même terme recouvre des réalités différentes. Comme démocratie et liberté qui dans la bouche d'un Bush prend un sens que ne lui attribue pas le commun des mortels.Danger travail est le titre du reportage, je l'ai conservé, mais ce qu'il évoque je préfère l'appeler emploi. Et je dis non à l'emploi qui fait de chacun un rouage de la machine.Quand à moi je souscris à la définition d'Hannah Arendt donnée dans "Condition de l'homme moderne" de l'activité humaine : travail - oeuvre - action. Travail : pour produire les biens du cycle de la consommation, qui pour elle se limite à ceux qui sevent à nous maintenir en vie, sans cesse à re-produire. Oeuvre : pour produire les objets d'usage censés avoir une longue durée de vie. Action : pour LE politique, la manière dont les humains s'organisent entre eux pour habiter ensemble la planète. Et chacun devrait participer un peu des trois. Mais pour cela il faut les faire ré-exister. L'emploi réduit l'oeuvre au travail en transformant des produits qui pour notre bien-être devraient être durables en produit de consommation vite détruits pour le plus grand bien de la santé de l'économie et la destrucion de la nôtre. Quand au politique, il essaye timidement de réapparaître de toutes parts malgré les lois liberticides qui tentent de le museler, de l'anéantir.Je n'ai plus le livre et avec 250 euros pour le mois de juin, pas vraiment les moyens de faire des extras même aussi utiles au réveil de ma mémoire. Mais je dispose du luxe d'un accès à internet à volonté pour un temps limité et je profite à fond de ce luxe qui pour le moment suffit à me combler, me réservant d'approfondir certains sujets quand je n'en disposerai plus.Donc   suspense quand au contenu de ce bouquin incontournable de la philosophie politique du 20ème siècle. Et comme c'est étrange, après 4 ans de philo, je retiens comme essentielles deux parmis les très rares femmes reconnues dans ce domaine traditionnellemnt masculin Hannah A. et Isabelle Stengers comme incontournables. Avec Deleuze et Guattari, philosophe bicéphale masculin.Anne

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