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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 22:41

publié par
roland (Dazibaouebmaster) Hier 18H27

Sortie de crise en 2010 ? Vraiment ?

Par Napakatbra (Les mots ont un sens)


Alors, on en est où de la crise ? Plutôt vers la fin, plutôt au milieu ou... tout au début ? Le discours dominant penche pour la première hypothèse. A chaque statistique moins mauvaise que la précédente, on se tapote le bidon en jubilant bruyamment : le business va enfin pouvoir reprendre. Mais la période d'euphorie passée, la gueule de bois revient, toujours plus forte...

[Attention, cet article est empli d'une mauvaise foi caractérisée. Déconseillé aux âmes sensibles, et plus particulièrement aux adeptes du magazine de la quatorzième heure de notre JPP de l'information, à savoir Jean-Pierre Pernaut. Voir aussi notre dossier : Les doigts dans la crise...]

Le deuxième effet Subprime

Aux Etats-Unis, l'Association des banques américaines (ABA) a annoncé hier que le nombre de retards de paiements sur les crédits à la consommation a augmenté à 3,23% au premier trimestre. Même tarif pour le volume des impayés : +3,35%. Attention danger ! L'encours total de ces prêts à risque a bondi de plus d'un point, représentant dorénavant 6,60% de la dette totale par cartes bancaires. Un record absolu dont la hausse vertigineuse du chômage est la première responsable : depuis le début de la crise en décembre 2007, 6,5 millions de personnes ont perdu leur emploi. En clair, les Etats-Unis se retrouvent à nouveau en situation délicate. Les crédits à la consommation étant le principal moteur de la croissance américaine, si les impayés devaient continuer d'augmenter à ce rythme, le pays se retrouverait devant une nouvelle crise de type "Subprime"...

Champagne en plein désert

Aux Etats-Unis, encore, les banquiers sabrent le champagne. Ils ont commencé à rembourser leurs dettes. Mais surtout... ils ont renoué avec les gros bonus. Goldman Sachs y consacrera 20 milliards de dollars en 2009, tandis que Morgan Stanley table sur une petite quinzaine de milliards, JP Morgan, Barclays Capital, Credit Suisse et Deutsche Bank devraient suivre... entre autres. Le tout sur fond de Berezina généralisée : 52 faillites bancaires pour les six premiers mois de l'année 2009, contre 25 pour l'ensemble de l'année 2008. Le secteur de l'automobile est aux abois. Le groupe Lear, deuxième fabricant mondial de sièges automobiles (54 000 unités par jour), s'est déclaré en faillite, ce mardi. Le groupe aux 13,6 milliards de chiffre d'affaire emploie 72 000 salariés

L'Europe protégée...

En mai dernier, faut il le rappeler, le FMI évaluait le coût financier de la crise à plus de 4000 milliards de dollars, les banques étant appelées à en absorber le plus gros, à hauteur de 2500 milliards. Problème... Seul le tiers de ce montant était alors comptabilisé. Ce qui amenait le fonds à conclure que les banques européennes devaient, d'ici 2010, rassembler 600 milliards de dollars de capitaux nouveaux. "Faux, faux, faux" hurlait dans la foulée Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, arguant que "le raisonnement est fait comme s'il y avait de façon latente du subprime en France". Du subprime en France ? Quelle idée... "Les banques européennes sont saines" ne se lassent pas de répéter nos experts financiers les plus doués, et Christian Noyer de conclure que le calcul du FMI "ne tient pas la route". Circulez...

Sortie de crise en 2010 ? Vraiment ?

... ou pas

C'était en mai. Depuis, nos banques modèles ont largement prouvé leur valeur. Le 24 juin, la Banque centrale européenne (BCE) a cassé sa tirelire pour 1 121 établissements financiers, qui ont vu 442 milliards d'euros déferler sur leurs comptes, sous forme de prêts quasi-gratuits. En partie pour se prémunir contre la chute inéluctable des pays de l'Est. Le record de 349 milliards d'euros de décembre 2007 est littéralement explosé. Depuis, Erik Berglof, chef économiste de la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD), n'a pas fait dans la dentelle, déclarant qu'il ne "pense pas que le pire soit derrière nous", et que les banquiers "réalisent qu'il y a toujours quelque chose de pourri dans le placard". Des CDS, par exemple, qui vont peser à hauteur de 1,3 milliard d'euros dans les pertes de la seule Société Générale, pour le seul second trimestre, selon Global Equities. Et personne n'a rien dit à Christian Noyer ? Vraiment trop injuste...

Le million, le million...

Du côté de l'économie, rien de bon. La récession balaie tout sur son passage. L'OCDE a estimé qu'entre avril 2008 et avril 2009, le chômage des pays les plus riches a crû de 30 à 40%. Et les prévisions ne sont pas des plus joyeuses : 27 millions de chômeurs supplémentaires sont attendus dans les pays développés à l'horizon 2010, un bond d'au moins 80%. D'autant que ces chiffres ne se réfèrent qu'aux catégories inférieures des statistiques, l'équivalent de la catégorie A pour la France. D'autant plus que les Etats révisent leurs calculs à la hausse tous les quatre matins, à l'instar de Xavier Darcos qui a déclaré mardi matin sur RTL qu'il s'attendait à un chiffre proche de 800.000 chômeurs supplémentaires à la fin de l'année 2009, sans exclure qu'il puisse passer la barre du million... Panique au ministère, où un communiqué de presse a été envoyé dare-dare aux rédactions pour rappeler que la seule estimation valable restait celle de l'UNEDIC, à savoir une hausse de 639.000 chômeurs pour 2009. Et pour ne rien arranger, les défaillances d'entreprises françaises ont augmenté de 15% au deuxième trimestre.

Et l'immobilier s'effondre...

Du côté de l'immobilier, rien de bon non plus. La semaine dernière, France Info avait pourtant consacré une journée entière à nous convaincre que l'immobilier était reparti à la hausse, preuves à l'appui : le rapport des Notaires de France pour le mois de juillet, dans lequel est effectivement constaté une "reprise des transactions"... qui nous ramène à "un chiffre proche de celui de 1992 au pire moment de la précédente crise immobilière". La Fnaim, de son côté, affirme que "même si les données conjoncturelles récentes semblent confirmer un frémissement de l'activité, le spectre d'une crise structurelle plus profonde ne peut pas être écarté aujourd'hui." Mais cette partie-là, personne ne semble l'avoir lu...

Quant à la dette ?

Le sympathique Aphatie rapporte ce matin une info du journal Les Echos : "L'Etat français emprunte de plus en plus à court terme, c'est à dire à moins d'une année d'échéance. Ces bons du Trésor à court terme représentent désormais un tiers des nouvelles émissions et 16% de la dette totale, soit deux fois plus qu'à la fin 2007 [...] Selon Philippe Marini, rapporteur du budget au Sénat, cette politique de placement à court terme illustre « les difficultés que l'Etat commence à éprouver pour placer ses émissions obligataires. » Du même Philippe Marini, cette phrase ambiguë: « Nous nous approchons d'une zone sensible »". Comme c'est bien dit...

En attendant, profitant des soldes, la Chine fait ses emplettes... Une opération de concentration sur dix dans le monde impliquait une partie chinoise en 2008. Avec 2 000 milliards de dollars de réserves de changes, elle aurait tort de se priver. Dernier exemple en date, le constructeur automobile chinois BAIC propose de reprendre 51% d'OPEL.

Oficiellement, la sortie de crise est prévue courant 2010... Ouf, on a eu chaud. On a failli paniquer. Dicton du jour à méditer : "Qui vivra paiera..."

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

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Published by Eva R-sistons - dans La crise
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