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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 01:15




REUTERS/Mike Clarke/Pool

L'extension de la pandémie est si rapide que les observatoires de santé britannique et américain ont décidé de bloquer les compteurs.

Partout dans le monde, la maladie progresse, à tel point qu'aujourd'hui la pandémie semble inéluctable. Faut-il dès lors s'inquiéter? A l'heure où les Français sont nombreux à profiter des vacances, voici quelques réponses.

"Mais qu'est-ce que vous avez tous avec cette pandémie? Il ne se passe rien, tout va très bien!", s'emporte un voyageur s'extirpant d'un Eurostar en provenance de Londres, mardi 14 juillet, gare du Nord, à Paris. Il vient de s'accorder quatre jours de détente outre-Manche, où le virus H1N1 se propage pourtant à une vitesse inégalée: 55 000 nouveaux cas de grippe ont été recensés au cours de la semaine précédente, plaçant la Grande-Bretagne en tête des pays les plus contaminés du monde. Le 16 juillet, Cherie Blair annule ses engagements: l'épouse de l'ex-Premier ministre britannique présente elle-même tous les symptômes de la maladie. D'autres vacanciers, interrogés le même jour à l'aéroport de Roissy comme sur les quais des trains transeuropéens, ne paraissent pas plus affolés. Depuis plusieurs semaines, pourtant, les clignotants d'alerte sont passés de l'orange au rouge sur la quasi-totalité du globe.

Même avec "seulement" un millier de morts recensés à ce jour -300 fois moins que le nombre de décès provoqués chaque année dans le monde par la grippe saisonnière- les spéculations les plus pessimistes se confirment chaque jour. L'Australie affiche 10 000 cas déclarés, mais pense en dénombrer dix fois plus. L'Angleterre en attend 100 000 avant la fin du mois d'août et les Etats-Unis pourraient avoir dépassé le million de malades. L'extension de la pandémie est si rapide que les observatoires de santé britannique et américain ont décidé de bloquer les compteurs: le 17 juillet, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) renonçait officiellement à chiffrer l'étendue des dégâts.

"L'affolement n'est pas de mise"

Et en France? Bien que le scepticisme domine désormais au sein de l'opinion, l'épidémie, comme partout, progresse. Bretagne, Provence, Rhône-Alpes, Normandie, Nord, Corse, jusque dans les DOM-TOM, toutes les régions -notamment touristiques- sont désormais touchées. Une trentaine de contaminations collectives (familles, colonies de vacances, groupes, classes, entreprises) ont été recensées en l'espace d'un mois. A Megève (Haute-Savoie), Condé-sur-Vire (Manche) ou encore Ambleteuse (Pas-de-Calais), des centres de vacances sont placés sous haute surveillance après la découverte de plusieurs cas de contamination. Dans l'Aude, 12 religieux vivant en communauté à Limoux et 13 joueurs de la même équipe de rugby ont attrapé le virus mi-juillet. A ce rythme, affirme l'épidémiologiste Antoine Flahault, directeur de l'Ecole des hautes études en santé publique, "près de 35% des Français pourraient être touchés". Et 30 000 en mourir.

REUTERS/Centers for Disease Control

Partout dans le monde, les scientifiques traquent le virus H1N1 (ici, celui qui a fait 61 victimes à Mexico).

Faut-il s'inquiéter alors? Décaler la rentrée scolaire, comme vient de le décider Hongkong, fermer les lignes de train, de métro et les voies aériennes, placer des villages, des quartiers entiers, des immeubles en quarantaine? Officieusement, les scénarios les plus extrêmes circulent dans les couloirs des ministères. Officiellement, "l'affolement n'est absolument pas de mise", scandent les porte-parole. Les consignes, elles, sont en tout cas contradictoires.

Ni gants ni masque pour le personnel des aéroports -"cela ferait fuir les clients", ironise une hôtesse d'accueil à Roissy. Paradoxalement, sa direction lui demande "de se tenir à un mètre et demi de distance" des voyageurs pour limiter les risques de contagion du virus. "C'est impossible, je suis en charge du filtrage des passagers!", lâche la jeune femme en uniforme. Dans les avions, les navigants arborent un sourire rassurant, mais beaucoup n'en pensent pas moins. Une liste est censée signaler les cas suspects de grippe A -"encore faut-il qu'ils soient déclarés et connus", lâche un steward d'Air France. "On ne nous a rien dit de particulier, ni donné de produits spécifiques", avoue, quant à elle, une femme de ménage chargée des toilettes. Les agents SNCF ne sont pas plus encadrés. Hormis le message sonore diffusé en boucle aux voyageurs, si souvent qu'il passe inaperçu, rien de nouveau. Les contrôleurs contrôlent (sans gants), les agents d'accueil accueillent (sans masque), les passagers circulent (sans inquiétude). Mais pourquoi alors les agents de La Poste ont-ils reçu l'ordre de ne plus remettre le courrier "en main propre" cet été? Et les prêtres portugais de ne plus donner l'hostie à la bouche?

La confusion générale et les incertitudes sont à la mesure de l'ampleur du phénomène. Il serait dangereux de minimiser les risques. Car les recherches sur le virus H1N1, qui avancent vite, apportent de nouvelles informations sur les risques d'évolution de cette pandémie, désormais certaine. Et les nouvelles ne sont pas bonnes.


http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/le-calme-avant-la-tempete_776160.html

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Published by Eva R-sistons - dans Santé
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