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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 08:47

Article rédigé le 03 août 2009, par Régis Mex

Par Régis Mex



La marche du progrès n’est pas impossible à ralentir, mais ne peut être arrêtée en aucun cas. Ainsi, on peut prendre à ceux qui n’ont pas et donner à ceux qui ont sans que cela ne bouleverse qui que ce soit, car il s’agit là de ce que le commun des mortels considère comme le fonctionnement normal des choses. En effet, les pauvres considèrent comme « normal » d’être pauvres s’ils sont dans cette situation depuis leur naissance, tout comme ils ne s’attendent pas, dans une conjoncture « normale », à recevoir quoi que ce soit de quelqu’un « qui a ». Ils ne sont donc susceptibles de ressentir aucun sentiment de rébellion. De même, celui qui vit dans l’aisance ne nourrira nulle intention de révolte, puisqu’il possède tout ce qui sert à son confort et à son bon plaisir, et n’imaginerait en aucun cas qu’il puisse en être autrement, étant donné que cet état de fait est après tout entièrement « normal ». Or, si l’on malmène ce présent état de fait, la société toute entière peut s’attendre à de violentes secousses.

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L’Histoire est faite de civilisations qui ont eu leurs périodes de stabilité et leurs périodes de crise. Le plus souvent, les crises étaient l’occasion d’exprimer les mécontentements divers qui s’étaient accumulés dans une ou plusieurs couche(s) de la société, et de soulager ces derniers grâce aux propositions de réformes que la situation permettait. Soit des concessions étaient faites de la part du pouvoir pour satisfaire les mécontents, soit leur soulèvement servait de prétexte à la classe dirigeante pour décréter l’état d’urgence et faire naître ou renforcer un totalitarisme qui ne pouvait qu’aggraver les exaspérations populaires diverses qui, sur le long terme, auront raison de lui à la moindre opportunité venue. De fait, puisque ce sont généralement les classes populaires et moyennes qui ont des raisons de s’insurger, et qu’elles finissent toujours par obtenir ce qu’elles veulent à un moment ou à un autre, la voie vers la concrétisation de leurs aspirations multiples est un passage obligé.

 

Le problème est que ces « masses » desquelles les classes populaires et moyennes sont constituées n’aspirent aucunement à des idéaux élevés de justice, de bienveillance ou de stabilité. Il est alors simple de perpétuer l’inexistence de ces éléments dans la société, pourtant nécessaires, parmi d’autres, à la création d’un système valable où il ferait bon vivre pour l’être humain qui pourrait y trouver équilibre et plénitude. Non, la majorité écrasante de la population que je définis comme étant les « masses » (terme péjoratif à juste titre) se préoccupent de choses autrement plus futiles. Elles se passionnent pour tout ce qui est immédiatement accessible aux cinq sens, tout ce qui est du domaine du matériel et du plaisir, ce qui leur exclut tout accès aux qualités qui sont supérieures à cet univers de l’instantanéité, et les dépourvoit donc de quelque sens moral et spirituel que ce soit. Conformément à leurs aspirations, et enfermées inéluctablement dans une sphère d’égoïsme et d’inconscience d’une ampleur telle qu’elles frôlent la psychopathie, voire qu’elles embrassent le sadisme, les masses n’ont cure que de leur propre confort. Un confort qui consiste purement et simplement dans l’obtention de ce qui est nécessaire à la perpétuation des plaisirs vulgaires tirés de l’excitation des seuls cinq sens, à leur maintien dans la grossièreté de leur personnalité, et à l’affirmation de leur absence de conscience. D’autres comprennent la nature mauvaise des politiques humaines, mais se donnent bonne conscience en se persuadant qu’il n’y a de toute façon aucun moyen d’y changer quoi que ce soit, et quand bien même cela serait-il possible, ce ne serait pas eux-mêmes qui pourraient le faire. Ceux-là sont donc partisans du système par le soutien qu’ils lui témoignent du fait de leur attitude passive et résignée, et finissent par être absorbé par ce même système au moment où ils en arrivent à se dire qu’après tout, puisque le fonctionnement du monde est purement égoïste, il n’y a pas de raison pour qu’ils ne mènent pas eux aussi une vie égocentrique. Il n’y a donc que deux situations qui peuvent révolter les masses : soit elles ne trouvent pas les conditions qui leur permettent de vivre leur nature purement hédoniste dans leur environnement, soit elles ne disposent pas de moyens de survie suffisants pour atteindre le seuil minimum de dignité qu’elles convoitent.

 

Cependant, malgré la médiocrité de l’homme commun, qui, habitué à être esclave de lui-même et de plusieurs maîtres extérieurs, se laisse volontiers marcher dessus et enfoncer dans une plus grande servitude encore tout en demeurant d’une passivité totale, si un peu des possessions futiles ou du confort auxquels il est attaché lui est retiré, il considérera cela comme un vol et une atteinte à sa personne, et en sera courroucé. En effet, il arrive souvent que de nombreuses manifestations aient lieu en France pour des motifs tout à fait légers ; protester contre la suppression d’un jour de congé, par exemple, alors que des mesures autrement plus graves passent sans susciter la moindre réaction. Des mesures qui peuvent être à l’origine de futures hausses des prix, de licenciements, de réductions de dépenses sociales, contre lesquelles les gens protesteront encore, mais en dépit de tout bon sens, puisqu’ils n’auront réagi qu’une fois qu’ils auront été personnellement touchés, et après avoir laissé passer les mesures ayant causé ces effets sans broncher. L’ardeur de la plupart des manifestants à défendre une cause est d’ailleurs aussi souvent inexistente que leur colère est totalement éphémère ; après avoir soulagé un surplus d’énergie lors de la manifestation à laquelle ils ont participé, et occupé par la même occasion un jour qu’ils ne savaient comment combler, ils rentrent chez eux et oublient rapidement la raison pour laquelle ils se sont vaguement rebellés. Á moins qu’ils ne l’aient jamais su.

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Or, si le peuple se sent trop amplement volé, et ne dispose plus des moyens nécessaires pour subsister et vivre de la façon qui le conduit vers l’état de bonheur qui lui convient, il se soulèvera, et l’État devra faire face aux problèmes que lui cause la base sur laquelle il repose, de peur d’être emporté dans son agitation, et détruit. En effet, le but premier de tout un chacun est après tout de se construire un environnement dans lequel il puisse mener une vie heureuse, quelles que soient les conditions, variant d’après les individus, qui permettent d’y accéder. Bien que beaucoup de gens n’atteignent pas cet état, ils ne sont pas pour autant affectés d’un quelconque malheur ; ils vivent plutôt dans la béatitude, un mélange confus de sentiments, de désirs et de plaisirs divers, dans lequel ils ont du mal à cerner leur propre personnalité et leur conscience. Autrement dit, un stade où ils sont mêlés à l’inconscient collectif, et où leur individualité est donc très peu marquée. Mais lorsque la souffrance survient, l’individu va réagir de deux façons : soit il va se sentir impuissant face à sa douleur et va somatiser, soit il va vouloir agir sur son environnement extérieur de sorte à le modeler de la façon qui servira à soulager son état d’esprit présent, que ce soit sur le court ou le long terme. Si une personne souffre, directement ou non, des réalités de notre monde actuel, elle voudra changer ou supprimer ce qui lui cause du tort ne serait-ce que par instinct de survie, pour se protéger. Donc, si un nombre suffisant de gens sont mécontents pour les mêmes raisons à un degré signifiant, elles vont spontanément créer un mouvement qui sera chaotique du fait de sa nature émotionnelle, jusqu’à ce qu’il se cristallise autour d’un « leader » qui saura canaliser ses impulsions et diriger ses forces vers un but rationnel. Toute la question est de savoir si ce mouvement possède assez de puissance et de pertinence pour surpasser la résistance de ceux qui protègent l’ordre des choses, résistance qui peut s’exprimer de diverses manières ; qui du peuple ou du pouvoir sera le plus fort, donc.

 

L’écrasante majorité des révoltes de l’Histoire, avec violence ou non, ont été causées par un peuple insatisfait, mais cette tendance s’est inversée lors des soixante dernières années. En effet, les élites politique et financière avaient jusque là l’habitude de rentrer en conflits ouverts par l’intermédiaire des guerres entre États et/ou Nations pour les mêmes raisons que leurs peuples entraient en conflit avec elles ; parce qu’il y avait des acquis à défendre ou que, comparées à leurs rivaux, elles étaient insatisfaites de leur situation. Ce conflit était une lutte pour plus de possessions, de pouvoir, d’influence ; une lutte pour être supérieur à son rival. Ce n’est effectivement pas le fait d’avoir peu qui déclenche la convoitise de posséder plus, tant que l’on imagine pas ce que serait notre vie avec plus de possessions. L’envie d’avoir mieux que ce que l’on a présentement survient lorsque l’on a connu, dans le passé, une situation meilleure que présentement, ou que l’on constate qu’une quantité de richesses qui améliorerait notre niveau de vie est accaparée par une poignée de personnes. Par exemple, les habitants de pays sous-développés ne sont généralement pas malheureux à cause de la vie primitive qu’ils doivent mener, mais développent une frustration qui se transforme facilement en haine vis-à-vis des pays riches lorsqu’ils prennent connaissance de leurs conditions de vie enviables. Les élites dirigeantes n’échappent pas aux effets de cet état de fait, ce qui explique bon nombre de guerres. Mais depuis ces soixante dernières années, donc, la tendance des conflits a eu tendance à changer de nature ; en effet, les oligarques financiers étant de plus en plus unis grâce à la mondialisation, et les buts des politiciens convergeant toujours davantage vers un but similaire du fait du mondialisme, leurs différends s’atténuent et les motifs de conflits disparaissent peu à peu, puisqu’il ne peut y avoir de conflit au sein d’un ensemble uni. Par conséquent, les élites ne se battent plus entre elles mais luttent contre les avantages que leurs peuples ont su acquérir au cours des siècles ; elles veulent trouver le profit là où il en reste à gagner. Élite et peuple s’opposent d’ailleurs tout comme les classes aisées s’opposent aux classes populaires dans leurs aspirations, ou comme le jour s’oppose à la nuit…

 

En effet, le New Deal a tardé à être adopté parce qu’il allait dans le sens de l’aide au peuple et non aux financiers, mais ces derniers ont finalement dû l’accepter à contrecoeur, car le discours communiste se faisait de plus en plus séduisant pour un nombre croissant de citoyens, nombreux à avoir été lésés par la Grande Dépression. Les mesures sociales qui sont apparues, tant avant qu’après le New Deal, n’ont donc jamais été des actes de pure charité et de philanthropie, mais bien des nécessités stratégiques. En effet, en donnant aux gens suffisamment d’assistance pour qu’ils n’en demandent pas plus et cessent d’être mécontents, on évitait leur ralliement à la cause des socialistes d’abord, et des communistes ensuite, quitte à devoir distiller quelques-uns de leurs principes dans le système capitaliste. Le socialisme a d’ailleurs été présenté aux États-Unis comme la voie qui mène inéluctablement au communisme pendant la Guerre froide, de sorte à dissuader de nouvelles mesures sociales, comme une socialisation de la médecine ou un renforcement de la Sécurité Sociale. Après la fin de la Guerre froide, notamment entre 1993 et 1995, on utilisa l’argument des difficultés causées par la dette pour justifier de nombreuses compressions budgétaires, privatisations et réductions de services sociaux (chômage, retraite, santé, allocations, …) dans les pays occidentaux. Le capitalisme n’avait maintenant plus d’opposant idéologique sérieux ; il pouvait donc laisser librement sa véritable nature s’exprimer. Les magnats de l’économie et de la finance voulaient maintenant voir le New Deal détruit.

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Le 11 septembre 2001 et la crise financière commencée en 2007 doublée de la crise économique qui l’a suivie ont été les autres événements marquant l’avancée du capitalisme débridé. En ce qui concerne l’arme qu’est la crise, deux citations officielles de personnages hauts placés résument bien les vertus qu’ils lui trouvent, que ce soit dans le cadre de crises provoquées à l’étranger ou à l’intérieur de la nation. Le 13 janvier 1993, au cours d’une conférence tenue au dixième étage du palais des congrès Carnegie, John Williamson, créateur du « Consensus de Washington », dit ceci : « On peut se demander s’il y aurait lieu de songer à provoquer délibérément une crise dans l’intention de supprimer les obstacles politiques à la réforme. Dans le cas du Brésil, par exemple, on laisse parfois entendre qu’il faudrait attiser l’hyperinflation pour effrayer les gens et les obliger à accepter ces changements. Au milieu des années 1930, aucune personne ayant la capacité de prédire l’histoire n’aurait osé affirmer que l’Allemagne et le Japon devaient entrer en guerre pour profiter des avantages de la supercroissance qui a suivi leur défaite. Mais une crise de moindre envergure aurait-elle pu avoir le même effet ? Peut-on imaginer qu’une fausse crise serve les mêmes fins sans entraîner les coûts d’une crise réelle ? ». Autre témoignage de leur immoralité : dans une communication présentée devant l’Association internationale des sciences économiques, à Tunis, en 1995, et dont le texte fut publié plus tard par la Banque mondiale, Michael Bruno, économiste en chef à la Banque mondiale, déclara devant 500 économistes venus de 68 pays que « l’idée selon laquelle une crise suffisamment grave pouvait pousser des décideurs jusque-là récalcitrants à instaurer des réformes susceptibles d’accroître la productivité » faisait l’objet d’un consensus de plus en plus grand. Bruno ajouta : « Je tiens à réitérer l’importance d’un thème majeur : l’économie politique des crises graves tend à déboucher sur des réformes radicales aux résultats positifs. »

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Enlever un acquis à quelqu’un est pire que de lui faire miroiter un bien qu’il n’a jamais connu. Le peuple, qui bénéficie d’un confort tel depuis les Trente Glorieuses qu’il s’intéresse encore moins à la politique qu’autrefois ou à quelque autre domaine que ce soit d’autre qui puisse avoir un impact sur sa vie présente ou future sans qu’il ne puisse résister s’il n’y prend pas garde, est à la fois plus satisfait et plus manipulable que jamais. Mais les tensions et les mécontentements vont croissants depuis la crise financière, et les masses, aussi stupides soient-elles, ne se laisseront pas vider le frigidaire et se faire mettre à la rue sans réagir. La chute du niveau de vie promet effectivement d’être si radicale que les gens préféreront lutter, avec tous les risques que cela comprend, plutôt que d’accepter un état de vie précaire. Il y aura donc inévitablement des révoltes, et peut-être de nouvelles guerres faites par des gouvernements qui voudront diriger les tensions vers l’extérieur, susciter la crainte, et s’octroyer une part encore plus importante de la sphère économique au niveau mondial. La réaction populaire sera probablement si puissante qu’il y aura peu de chances pour que nos dirigeants puissent tirer profit de leurs programmes et réprimer les révoltes sans trop de dommages. Qui plus est, les aberrations du système sont telles qu’un nombre croissant de personnes sont conscientes de ses méfaits, que ce soit grâce à des médias qui, bien que contrôlés, ne peuvent pas cacher toutes les failles si flagrantes de cette société, ou bien par le développement des sites d’information libre et non contrôlés, ce qui fait que la lutte contre les élites ne s’arrêtera probablement pas aux exigences de réinstaurer les conditions de vie de 2007, mais prendra aussi une tournure idéologique qui imposera de revoir bien des aspects du système. En outre, les ambitions de l’élite sont d’une telle ampleur qu’elles ont dû préparer bien des verrouillages pour avoir des chances d’arriver à leurs fins, car elle projette tant de changements radicaux qu’elle a besoin d’un énorme pouvoir pour espérer ne pas être emportée avec ses réformes. Malgré tout, la disproportion de leurs attentes est telle que certains points décisifs de leur projet ne peuvent qu’avorter.

 

Il est clair que l’ampleur croissante de la gravité de la pandémie et de la crise économique, peut-être couplées à de futures catastrophes, donnera bien des prétextes pour l’établissement d’une gouvernance mondiale. Tout comme l’Union Européenne, l’OTAN et l’ONU furent créés après la deuxième Guerre Mondiale, pour qu’un tel désastre ne se reproduise plus jamais, on instaurera ici des organismes internationaux plus larges encore (tels que la communauté transatlantique, qui aura pour objectif d’unir l’Union nord-américaine et l’Union européenne sous une seule entité aux politiques et aux règles économiques identiques), pour éviter, soi-disant, d’autres drames du même genre à l’avenir. Un avantage réel d’une gouvernance mondiale, prélude à l’avènement d’un gouvernement mondial, aurait au moins le mérite d’effacer les probabilités de guerre entre les différents États qui le composeraient. Il est effectivement vrai que la création de l’Union Européenne empêche l’apparition de toute guerre en son sein depuis 64 ans, ce qui est un temps record de paix sur le continent européen. On sait cependant pertinemment bien que ce qui intéresse véritablement l’élite n’est rien d’autre que la création d’un vaste marché mondial sans limites d’action ni régulation, protégé par une dictature mondiale. Pour que les tenants de ces ambitions gardent un minimum de crédibilité et de chances de réussite, il est également évident que les désastres qui affectent notre société (bien qu’ils n’en soient pour l’instant qu’au stade prélude) doivent être, aux yeux du public, des événements dûs à la malchance qui lèsent tout autant les gouvernements que les peuples. En ce qui concerne la pandémie de grippe A, je pense qu’elle aura surtout un impact psychotique, qui consistera à faire mourir un nombre suffisant de personnes davantage dans le but de créer la panique et contribuer à rendre manipulables les populations en état de choc que dans l’optique d’une réelle réduction de la population. Quant à la crise économique, elle justifiera, tout comme la pandémie, l’application de mesures politiques fortes et servira aussi, entre autres, de prétexte au fait que les services sociaux ne pourront plus être assumés comme autrefois.

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Même si cela réduira les velleités de contestation, on peut toutefois se douter que des personnes excédées d’avoir perdu leurs économies et de se retrouver dans la précarité n’aient pas réellement cure de savoir d’où viennent les problèmes, et s’attaquent aveuglement à l’État qui, dans leur vision des choses, est responsable de les protéger contre tout mal que ce soit et les trahit s’il faillit à ce devoir. Les mouvements de révolte, s’ils ne se cristallisent pas autour d’un groupe de « leaders » qui aura à la fois les moyens matériels et les talents pour prétendre les diriger efficacement, ne pourront de toute manière pas constituer de véritables menaces pour les États, car le chaos qui résulte de leur spontanéité rend toujours toute action des mécontents inefficaces, ces derniers se lassant généralement rapidement de lutter pour une cause. Malgré tout, de petites rébellions peuvent être gênantes si elles se renouvellent constamment et parasitent la bonne concrétisation de l’agenda de l’élite, ce qui fait que j’imagine mal que cette même élite puisse vaincre tous les obstacles qui se dresseront devant elle sans une guerre d’une certaine ampleur. Une grande guerre obligerait effectivement la population à se préoccuper de sa survie dans une situation plus délicate que jamais et à lutter contre un ennemi qui pourrait lui ravir le peu qu’elle possède encore à tout moment, ce qui fait qu’elle sera bien trop concentrée sur ce qui tourne autour de sa propre vie pour se mêler de quoi que ce soit d’autre. Tout ceci contribuera assurément à faire triompher une gouvernance mondiale dans un monde faussement multipolaire, les différents « pôles » faisant en fait partie du même puzzle. Les moyens colossaux dont l’élite dispose pour parvenir à ses fins sont de toute manière tels que l’on voit mal comment elle ne pourrait pas atteindre son but ultime. Cependant, elle peut très bien parvenir à établir une gouvernance mondiale tout en ayant eu à faire plusieurs concessions pour y arriver. Les instabilités qui menaceront à tout instant de faire écrouler l’élite en place, qu’elles viennent de l’intérieur du pays ou que soient celles qui naîtront opportunément à l’extérieur pour profiter de la situation,  la victoire totale semble réellement difficile à obtenir pour les mondialistes américano-européens. Ces derniers parviendront probablement à maîtriser les pulsions populaires tant que la gravité de la situation permettra de tenir les consciences en état de choc, mais cet état d’urgence a une durée limitée, et à moins d’instaurer une dictature calquée sur l’URSS, on ne pourra faire indéfiniment accepter à la population, qui est obsédée par son confort matériel bien qu’elle se contrefiche de tout le reste, un état de précarité généralisée, surtout pas après qu’elle ait connu le confort de la période 1970-2007.

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Personnellement, je pense que notre société ne peut de toute façon plus continuer en étant ce qu’elle est aujourd’hui; trop de poisons la gangrènent et risquent de causer des dommages pires que ce que nous allons connaître dans les six prochaines années si nous la laissons perdurer telle qu’elle encore longtemps. Il me semble que nous avons tout simplement atteint les limites de notre système actuel, de nos moyens de production, de fournir de l’énergie, etc. : c’est pourquoi nous stagnons dans tous les domaines autres que le secteur technologique depuis les environs de l’année 2000. La crise actuelle est une crise systémique, et le choc considérable que nous allons recevoir d’ici peu permettra de remodeler de nombreux aspects de notre société et de retrouver une croissance forte, tout comme les Trente Glorieuses ont suivi la deuxième Guerre Mondiale. De nombreuses modifications peuvent se faire de façon fortuite, car, comme je l’ai dit, je pense qu’un gouvernement mondial se concrétisera un jour ou l’autre, ce qui fait que les gens ne seront pas plus libres à l’avenir qu’ils ne l’ont été dans le passé, mais je pense également que les points les plus dommageables de l’agenda mondialiste pour notre avenir échoueront. En effet, les sociétés ont toujours progressé et il n’y a pas d’exemple dans l’Histoire d’une société qui ait pris, au contraire, le chemin de la régression. L’Histoire nous enseigne aussi qu’il y a toujours une bonne part de la tournure que prennent les événements, dans les situations décisives, qui est due au destin, et que les élites qui s’engagent sur un chemin foncièrement opposé à la progression des connaissances de la civilisation échouent et sont remplacées. Même si notre monde ne sera probablement pas plus moral dans dix ans qu’il ne l’est aujourd’hui, je pense que l’on peut ralentir et tenter d’empêcher de grands progrès, mais sans espoir de succès sur le long terme, car le progrès triomphe toujours. Ce que nous connaîtrons dans dix ans sera certainement radicalement différent de ce que nous connaissons maintenant, mais aura sans doute vu une nouvelle révolution de notre civilisation, n’en déplaise à notre élite actuelle et à ses voeux malsains.

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Par Régis Mex, pour Mecanopolis.

 

 

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