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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 22:58

2009 aussi grave que 1929?

 

Un argument entendu couramment chez les opérateurs en bourse est que "le monde a changé". Sous entendu: pas la peine de regarder en arrière, les précédents historiques n'ont aucune valeur. L’argument est tautologique. Bien évidemment que les évènements ne se répètent jamais à l’identique. Mais des causes similaires produisent des conséquences similaires.

 

 

  

 

Affiche suisse des années trente.

 

 

A défaut de pouvoir prédire l’avenir, l’Histoire a le mérite de mettre en lumière l’ampleur des chocs. Deux universitaires Barry Eichengreen de Berkeley et son collègue Kevin O’Rourke du Trinity Collège de Dublin comparent sur le site voxeu.org la dépression des années trente et la crise d'aujourd'hui. Ces données en disent long sur la violence de la crise qui déstabilise l'économie mondiale depuis un an. Le choc est aussi destructeur que celui de 1929.

 

Les constatations :

 

La contraction de la production industrielle mondiale est comparable en rapidité et en force (Fig 1). Elle est plus profonde en France et en Italie (Fig 5) qu’en Allemagne où elle suit à un poil près celle des années 1930.

 

Le reflux boursier est pire en 2008 (Fig 2). Malgré une moindre dégringola de pendant les années trente, la descente aux enfers s’est poursuivie jusqu’en 1936 ! Wall Street a touché le fond le 8 juillet 1932, en avance sur le restant des places financières. Mais à cette date, l’indice Dow Jones avait perdu 89.19% par rapport à son pic du début septembre 1929. L'indice était revenu pas loin de son niveau de 1905, c’est-à-dire plus bas que lors du célèbre crash de 1907. 

 

 

 

La baisse s’est faite par paliers et a été marquée de rebonds assurant les plus belles hausses de l’histoire de Wall Street. Le D.J. gagnait le 30 octobre 1929 plus 12.34% ; le 10 juin 1931, 14.87% ; le 08 mars 1932, 9.52% ; le 15 mars 1933, 15%... Mais ces reprises ont été temporaires et impuissantes pour arrêter le déclin, ponctué de crashs brutaux comme le 24 septembre 1931 (- 8.20%), le 12 août 1932 (- 8.40%).

 

En 2008, les banques centrales (Fig 4) ont réagi vigoureusement, au contraire des années trente où elles sont restées sourdes et aveugles. Jugeant en vertu des conceptions libérales alors en cours n’avoir à faire face qu’à un retournement de conjoncture, les institutions émettrices n’ont pas baissé les taux d’intérêts, prolongeant les difficultés. Le taux d’escompte n’est jamais descendu en dessous de 3% malgré la déflation, proche de 30% en France de 1929 à 1933. Aujourd’hui, les taux d’intérêt sont proches de zéro.

 

 

 

 

 

Cortège de demandeurs d'emplois américains défilant dans la rue à la recherche d'un employeur dans les années trente. Chacun porte sur le chapeau ou sur la poitrine un panneau indiquant le type de travail qu'il recherche.

 

 

 

 

 

L’avenir dépend d’une question : les plans de relance colossaux lancés à travers le monde parviendront-ils à compenser l’effondrement de la pyramide monstrueuse de dettes publiques et privées à l’origine de la catastrophe de l’année dernière ? Ces plans ont des limites. Ils soulagent les conséquences, mais ne traitent pas les causes. Ils visent à donner du répit à l’économie dans l'espoir que la croissance revienne et absorbe en douceur l’endettement généralisé.

 

Aggravent une cause des déséqulibres à l'origine de la crise, ces plans gonflent les dettes publiques déjà à un niveau dangereux. Si les ménages en réduisant leur consommation, et les entreprises en freinant leurs investissements et en licenciant, apurent leurs comptes, - ce qui fait plonger la croissance -, les gouvernements creusent leurs déficits. Ils empruntent lourdement pour soutenir l’activité et financer les programmes sociaux en faveur des victimes de la crise, et d’abord les chômeurs. La raison de la brutalité sociale des années trente a été l’absence totale de protection sociale. Les ouvriers étaient jetés du jour au lendemain à la rue et une fois sans emplois, ils ne pouvaient compter que sur la charité de leurs contemporains. Si décriée avant la crise à cause de son coût, la protection sociale se révèle maintenant une garantie contre la réapparition des queues devant les soupes populaires et des marches de la faim.

 

(par Bruno Birolli)




http://crisevousavezditcrises.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/08/15/2009-aussi-grave-que-1929.html

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Published by Eva R-sistons - dans La crise
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