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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 15:04



Délocaliser en Chine : les entreprises en reviennent
publié par babelouest (crisonnier) le 14/08/2009 17H45

Et si on relocalisait les entreprises parties à l'étranger ?

Par Amaury Guillem | Reporters d'espoir | 14/08/2009 | 16H46

 

C'était une tendance lourde : beaucoup d'entreprises avaient choisi de délocaliser dans des pays à bas coûts une partie de leur activité. Mais certaines reviennent sur cette décision, la faute à des procédures trop complexes, à la qualité insuffisante de la production obtenue ou au coût du transport. la « relocalisation », une nouvelle mode ?

Plusieurs entreprises françaises ont déjà tenté l'aventure. Parmi elles, la coopérative des opticiens Atol, qui avait délocalisé une partie de sa production en Chine. Philippe Peyrard, directeur général, explique : « Nous n'avions pas trouvé de fabricant français qui accepte de travailler sur le projet que nous développions. »

L'un d'entre eux se ravise un an plus tard, et signe avec Atol, qui aura passé un an et demi hors de France, entre 2004 et 2005. Résultat des courses : des lunettes plus chères de 10 euros à 15 euros en sortie d'usine. Mais, pour le directeur de la coopérative, « les consommateurs sont prêts à payer plus cher s'ils savent que c'est fabriqué en France ». Pourquoi pas.

C'est surtout le lancement de montures avec branches interchangeables et de couleurs différentes qui a permis à Atol de passer de 140 euros à 200 euros l'unité, ajoute Philippe Peyrard :

« Les lunettes sont devenues un accessoire de mode, plus qu'une prothèse médicale. Une innovation réussie grâce au savoir-faire jurassien en matière de lunetterie, que nous n'aurions pas pu trouver en Chine ! »

Un mouvement de « relocalisation » des entreprises françaises

Autre entreprise, Majencia (ex-Samas) dont le directeur actuel, Vincent Gruau reconnait :

« Le marché sur lequel nous sommes, celui du mobilier de bureau, était soumis à beaucoup de pression et la direction de l'époque est effectivement allée chercher de meilleurs prix à l'étranger. »

En 2006, retour au bercail, les attentes ont été déçues. Vincent Gruau qui n'hésite pas à parler de « logique antiéconomique », explique :

« Sur les 20% d'économies que nous faisions en produisant en Chine, la moitié finançait les surcoûts liés au transport. On savait à l'avance que ces coûts de transport allaient augmenter dans les années à venir. »

Comme Majencia, l'entreprise Geneviève Lethu a fait les frais de ces coûts de transport dûs à la durée, ce qui a posé des problèmes de disponibilité chez leurs fournisseurs. Et dûs aussi à leur qualité : la vaisselle, ça casse plus que ça ne passe ; aux produits eux-mêmes : couleurs ratées, produits rayés ou brisés, emballages mal faits, etc.

Une situation qui a poussé l'entreprise à rapatrier sa production. Carglass, Nathan, Aquaprod, Jeanneau-Bénéteau et d'autres encore font aussi partie du mouvement.

Mieux vaut préserver de l'emploi que payer du pétrole

Les nouveaux impératifs écologiques pèsent aussi : délocaliser la production alourdit le bilan carbone d'une firme. Pour Vincent Gruau, qui se fournit par exemple en bois auprès de forêts gérées durablement, il était paradoxal de transporter sa production par avion depuis la Chine.

« Nos clients nous interrogent de plus en plus sur l'empreinte écologique de nos produits. En rapatriant la production de la ligne de caissons, nous économisons 500 tonnes de dioxyde de carbone par an. »

Les consommateurs sont aussi sensibles à l'impact social des délocalisations. Le directeur de Majencia le reconnaît :

« En 2006, nous avions une baisse de production sur notre site de Noyon, en Picardie. Au lieu de le fermer et de continuer à produire en Chine, nous avons rapatrié la production sur ce site, ce qui nous a permis de maintenir son activité ».

Le choix de relocaliser n'est donc pas fait sur des critères uniquement financiers. Peut-on parler d'éthique ? Il s'agit plutôt d'une question de cohérence. Pour Philippe Peyrard :

« C'est un acte citoyen. Dans le cas d'Atol, nous nous inscrivons dans une économie solidaire, en tant que coopérative. Sans être soumis à des cours de bourse ou à des actionnaires qu'il faut rémunérer, nous sommes ainsi plus dans le moyen-terme. »

Une association pour aider les entreprises à se réinstaller en France

C'est justement pour accompagner les entreprises dans leur démarche de relocalisation que Majencia, Carglass, Atol et le cabinet Aides d'Etat Conseil ont créé en 2007 une association appelée Comité des entrepreneurs pour un développement responsable de l'économie (Cedre).

L'idée est d'aider les entreprises qui hésitent à délocaliser à bien mesurer, en amont, les avantages et les inconvénients d'une telle démarche :

  • Accompagner celles qui souhaitent aujourd'hui relocaliser tout ou partie de leur activité sur son territoire d'origine.
  • Intervenir auprès des politiques pour que quelques ajustements techniques du code du travail puissent mettre en place des aides spécifiques à destination des entreprises qui reviennent au pays.

Aujourd'hui, la seule mesure en faveur des relocalisations est un crédit d'impôt dont peuvent bénéficier les entreprises, mais dont la complexité est telle que, rares sont celles qui cherchent à l'obtenir.

François Gagnaire, directeur d'Aides Etat Conseil, propose d'aller plus loin :

« Ce qu'il faudrait, c'est qu'elles aient droit aux mêmes aides que celles qui créent une nouvelle activité. Alors qu'aujourd'hui, on a plutôt tendance à punir une entreprise qui revient et recrée de l'emploi, parce qu'elle en a supprimé des dizaines quelques années auparavant.

Généralement, les élus sont plutôt contents de voir une entreprise revenir au pays. Mais les habitants, eux, se souviennent : les licenciements, les reclassements. Ça ne s'oublie pas vite ! »

L'aide à la relocalisation sera difficile à faire accepter politiquement. Sans oublier que relocaliser entraîne des réductions de personnel de l'autre côté de la planète. Les entreprises assurent le contraire, la production qu'elles sous-traitaient ne représentant qu'une petite partie de l'activité du partenaire chinois.

La relocalisation semble être un remède à la crise pour le ministre de la relance

Penser à la relocalisation, c'est commencer par faire des calculs pour voir si l'entreprise a effectivement un intérêt à produire à l'étranger. François Gagnaire estime que :

« Or, en prenant en compte le transport, le coût de la main d'œuvre qui augmente, les assurances, les taux de change, l'éventuelle non-qualité des produits, etc. ; délocaliser une activité n'est pas forcément intéressant d'un point de vue économique.

En revanche, il y a des coûts qui s'appliquent désormais de façon certaine à toutes les entreprises produisant à l'étranger. La taxe carbone, à cause du transport ; le prix du pétrole, qui, une fois la crise terminée, va grimper de nouveau. »

La tendance du « made in France » revient de plein fouet, les consommateurs ayant de plus en plus conscience qu'acheter local, c'est préserver la planète et les emplois près de chez soi. Un argument qui pèse lourd, alors que les licenciements à grande échelle continuent.

« Je suis certain que de plus en plus d'entreprises vont relocaliser parce que d'un point de vue économique, environnemental et social, elles n'ont plus le choix ». Même Patrick Devedjjan, ministre de la Relance, a sollicité l'expertise du Cedre. Au plus haut niveau de l'Etat, on semble envisager la relocalisation comme un remède à la crise.

Photo : un camion transporteur venant de Chine (Reuters)

Lu sur Rue89 :

http:// www.rue89.com/passage-a-lacte/2009/08/14/et-si-on-relocalisait-les-entreprises-parties-a-letranger


http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=5492

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