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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 05:49



 

(Haut-fourneau de Joeuf Sarcilor, Conservatoire de la photo) 
C'est là que des générations de JOB ont  travaillé.
Dimanche 2 novembre 2008

L'AUTRE HISTOIRE DE JOB


C’est l’histoire de Job.

Une histoire sombre.

Si vous aimez le Bling-Bling, les soirées « people », ou des week-end chic chez Bernard ARNAULT – ou chez DSK/Anne Saint-Clair, au choix – ,  l’histoire de Job n’est pas pour vous.

 

Job est Lorrain. Il a 14 ans quand il quitte volontairement l’école pour les hauts-fourneaux.

 

Son père est soudeur chez WENDEL –  comme  le grand-père. Très bien vu, une force de la nature.  

"La force de la nature" meurt à 50 ans d’un cancer du poumon.

A l’époque, le véritable responsable du cancer du poumon était le tabac. Soudure,  émanations toxiques, facteurs professionnels ? ça c’était bon pour les médecins « rouges ».  Les vrais médecins, les autres, les non subversifs, savaient que pour lutter contre le cancers du poumon, il suffisait d’augmenter le prix du paquet de cigarettes

(Ai-je parlé a passé ?)

 

"La force de la nature" meurt donc d’un cancer du poumon.

 

Et Job est embauché dans les aciéries WENDEL. Mais comme il est trop jeune – pensez donc, 14 ans ! –  on lui confie le poste de commissionnaire. Il porte le courrier à l’aciérie, au laminoir, aux hauts-fourneaux.

 

 « Je ne vous dis pas comme j’avais peur quand je traversais la petite passerelle au-dessus de la fonte qui coulait à 1100° ! »

 



A 16 ans, on l’engage au laminoir, à la fabrication de rails de chemin de fer.

Le bloom – c’est-à-dire la barre d’acier – mesure 20 m de long et arrive sur le train à rails à une température de 950°. Pour fabriquer les rails, il faut passer le bloom dans trois cannelures différentes. Job ripe (glisse) le rail tout rouge dans les trois cannelures à l’aide d’une barre à mines de 1m50 de long. Elle pèse 35 kg.  Une rampe d’arrosage permet de refroidir le métal.

 

« C’était tellement chaud, que j’étais obligé de tremper la barre à mines dans l’eau toutes les demi-heures pour la refroidir ! »

 

Les pieds sont exposés à une température qui avoisine les 100°. Job les trempe dans l’eau pour les refroidir. Il porte un pantalon, une veste, des gants en amiante.

 

Le bruit est infernal.

 

A 18 ans, on lui propose de conduire les ponts roulants. Il accepte.

 

« C’était moins fatiguant que le laminoir, mais au-dessus du blooming il y avait de la poussière, de la vapeur, de la graisse, de la calamine, du souffre… »

 

La cabine est recouverte de plaques d’amiante. Job passe en permanence la tête hors de la cabine, au-dessus de la cage de laminage.

 

Le bruit est encore plus infernal qu’au laminage.

 

 

« Pour « faire glisser le lingot », on utilisait des graisses minérales à 1000°. Lorsque  je prenais ma douche, l’eau coulait toute noire et quand je toussait, je crachais également noir »

 

A 27 ans, il demande sa mutation à Fos sur Mer.

Le paradis !

Oui, pour Job, comme pour la plupart de sidérurgistes lorrains, descendre dans le Sud, c’est le paradis !

 

 

 

 


  (vue aérienne Arcelor-Mittal, photo du site)



Il devient « lamineur-opérateur » au skin-pass.

 

Le Skin-pass est un laminoir de surface qui répare les défauts des bobines. Il permet de rebobiner, de planer la surface des tôles.

 

« On utilisait une huileuse pour graisser les bobines : une machine de 2 m qui pulvérisait des huiles minérales, si bien que pendant le graissage, on travaillait dans un véritable brouillard d’huile. Quand disparaissait le brouillard d’huile, venait la poussière de calamine. »   

 
 

 

(Bobineuse, photo du site Arcelor-Mittal)

Et au milieu de ces vapeurs, le bruit. Des pointes à 150 décibels.

 

« On ne pouvait pas porter de casques sur les oreilles, car il fallait parler entre opérateurs, par exemple :

-       ATTENTION ! Bobine trop longue !

-       ATTENTION ! Il faut couper ! »

 

Parfois, il faut découper la tôle au chalumeau.

 

«  J’étais un bon soudeur. Quand il y avait du découpage ou du soudage à faire, j’étais toujours volontaire. »

 

En 2005, après 40 ans de bons et loyaux services, Job demande sa retraite et l’obtient (Loi Fillon). 172 trimestres de cotisation. Il mérite un peu de repos, notre Lorrain, sous le beau soleil de Provence !

 

Sauf que la machine est grippée, et comme il est à la retraite, il ne peut plus graisser les engrenages dans les brouillards d’huile :

 

-       En 2006 on diagnostique un cancer des cordes vocales.

-       En 2007 un cancer du rein.

-       Toujours en 2007 une surdité majeure.

-       En 2008 une pleurésie du poumon droit dans un contexte d’exposition à l’amiante.

-       Toujours en 2008 un cancer de vessie.

 

Chacun de ces cancers a une origine professionnelle avérée, notre équipe (APCM) l’a démontré.

 

Savez-vous que des « JOB » il y en a légion en France?

 

-       Que leurs cancers des cordes vocales et leurs cancers du poumon sont attribués 9 fois sur 10 à la cigarette ?

-       Que leurs cancers du rein et leurs cancers de vessie sont attribués « au hasard » ?

-       Que leur surdité est considérée le plus souvent comme un malheureux handicap lié à l’âge ?

-       Que même en multipliant par dix le prix du paquet de cigarettes nos amis « Job » feront un jour ou l’autre un cancer de gorge ou de poumon ?

 

 

Note : je ne fume pas et je déconseille la cigarette.

   http://www.basagana-ramon.com/article-24339587.html





GRISAILLE SUR LES HAUTS-FOURNEAUX (31/10/2008 )

J'ai entendu ce matin à la radio que la moitié des hauts-fourneaux de Fos-sur-Mer seraient fermés de la mi-novembre à la mi-janvier. 3.400 emplois sont concernés.  Le ciel est triste. J'ai pris mon Panasonic et je suis parti, sous la pluie, prendre les hauts-fourneaux en photo. Il y avait un ...


Genèse d'un roman: "Le Christ de Marie-Shan" (22/10/2008 )
(Au fond, les hauts fourneaux de Fos sur Mer)  L'idée d'écrire Le Christ de Marie-Shan m'est venue en 2006, lorsque au terme d'une bataille boursière sans précédent, l'Indien Lakhsmi MITTAL a fait main basse sur ARCELOR, le géant européen de l'acier. Une histoire ordinaire dans un décor de ...


Faut-il mettre Henry KRAVIS en prison? (30/09/2008 )
 Oui: faut-il mettre Henry KRAVIS en prison? La question mérite d’être posée. Après tout, on met bien des gens en prison pour « abus des biens sociaux »! Sauf que là, on n’est pas dans la case « abus des biens sociaux », puisqu’il n’y a pas d’abus. Il y a juste des profits. Et quels ...




Le dernier article de Raymond Basagana

Avant de répondre : un détour pour dire
qui est Henry Kravis ?

 


H.K. est l’un des « cracs » de la finance internationale.


Un Américain né en 1944 qui achète et vend des entreprises. Il y a une trentaine d’années, il a créé ce que l’on appelle un fonds d’investissement, c’est-à-dire une énorme tirelire dans laquelle des millions d’individus, d’organisations, d’Etats… versent leurs économies. La particularité des fonds d’investissement par rapport aux fonds de pension ou aux fonds spéculatifs (hedge funds) est « qu’ils ne se contentent pas d’acheter des bouts de société cotées, mais qu’il les avalent tout entières, et qu’ils vont même battre la campagne pour dénicher des entreprises familiales à vendre ».


Grâce à des coups de génie spéculatifs et à un impitoyable élagage dans les sociétés acquises –  puis revendues – , Henry KRAVIS s’est retrouvé à la tête d’un empire. Ses sociétés « en transit » employaient, en 2008, plus de 450.000 personnes. L’équivalent de la ville de Lyon.

Dans mon article du 30 septembre 2008, je dénonçais les bénéfices astronomiques encaissés par les grands argentiers de la planète, dont Henry KRAVIS. Des chiffres ahurissants, à donner le tournis. Jugez plutôt : Chaque chaque jour que Dieu faisait, Monsieur KRAVIS gagnait 1.232.856 dollars, soit 51.369 dollars de l’heure (Source, Solveig GODELUCK et Philippe ESCANDE, Les Pirates du Capitalisme, Albin Michel, 2008, p.7).

 

 

Mon article n’a pas plu à Monsieur John Doe (J’ignore si c’est un pseudo).

 

Voici ma réponse :

 

Bonjour,

Merci de votre commentaire. Vous êtes franc et vous allez droit au but, c’est de bonne guerre dans un Blog.

OK pour la forme.

Par contre, j’ai beaucoup à dire sur le fond.

Je ne connais pas Henri Kravis. Je sais, pour m’être informé, que c’est une personnalité étonnante, fidèle en amitié, patriote, connue pour sa générosité (fondation pour les écoliers défavorisés, pour les enseignants de couleur, dons pour la recherche sur le cancer, pour la recherche sur les maladies cardio-vasculaires…)


Ai-je le droit de le mettre nommément en cause ? Dans l’absolu, la réponse est non. Toujours dans l’absolu, j’aurais dû intituler mon article : « Faut-il mettre en prison les financiers, traders, banquiers, responsables de la crise ?

 

Mais, dans l’absolu uniquement. Concrètement, il me fallait « nommer ».

 

Pourquoi ? Parce que Kravis, Bonderman, Buffet, Arnault… sont des symboles.

Des symboles qui racontent une histoire, celle d’un monde où l’argent circule plus vite que les hommes, où l’économie toute entière baigne dans la finance, un monde dominé par la loi suprême de la dictature de l’actionnaire et où les « pirates » de la finance – quelle que soit leur générosité dans les « soirées de bienfaisance » (Kravis, Warren Buffet…) –  se sont enrichis à la vitesse de la lumière.

 

J’ai écrit cet article en septembre 2008, en plein déconfiture bancaire.

 

J’étais, et vous avez raison de le souligner, un « citoyen lambda sans qualification particulière », et aucun mandat de la République ne m’autorisait à mettre mon bec dans l’auge financière.

 

Avais-je le droit de parler ?

 

Septembre 2008 : les Etats Unis d’Amérique, les Etats d’Europe, la France… se précipitaient au secours des banques – dont certaines étaient à l’agonie – , nationalisaient à tour de bras, injectaient des milliards.

 

Souvenez-vous : Bear Stearns, Fannie Mae et Freddie Mac en Amérique, Fortis au Benelux, Bradford et Bingley à Londres, Natixis, BNP-Paribas en France…

 

Le monde financier s’était tourné, d’un coup, vers l’Etat, non pas pour lui imposer son diktat, comme il en avait coutume depuis une dizaine d’années, mais pour qu’il le sauve !

Un comble : le libéralisme appelait au secours le socialisme étatique !

Comme l’écrivait Eric Le Boucher dans son éditorial d’Enjeux : « …le trader se jetait à genoux, impuissant, quémandeur, devant le contribuable ! »

 

J’assistais –  comme vous d’ailleurs – à ce scénario ahurissant : Face à la faillite, ceux qui avaient privatisé les profits (banquiers, décideurs financiers, Kravis, Bonderman, Buffet, Arnault…), nous demandaient, à nous, contribuables, de mutualiser les pertes !

 

Et je découvrais, comme tous les profanes en économie (américains, européens, asiatiques…) que nous devions passer à la caisse.

 

Le marché n’était ni autorégulateur ni autosuffisant !

 

J’ai ouvert mon bec, parce que cette crise « privisible » était en train de tuer des millions d’emplois en Europe, en Chine, semait la désolation en Amérique… parce qu’elle portait en elle un toxique redoutable dont les financiers et les banquiers se gardaient bien – et se gardent toujours – de chercher l’antidote. Un virus infiniment plus meurtrier que celui de la grippe A : la spéculation.

 

J’avais vu, en cette année 2008, des images tristes :

Au cœur de l’Amérique profonde, des maisons désertes, des volets clos, des portes scellées avec des planches en contreplaqué, des écriteaux implorant les pilleurs de passer leur chemin. C’était à Slavic Village, à Claveland (Ohio), l’épicentre de la crise des subprimes.

 

J’ignore si vous êtes Américain, cher Monsieur John Doe. Si oui, sachez que nous étions des millions à nous sentir concernés par le désarroi de vos compatriotes.

 

Si vous n’êtes pas Américain, je vous apprendrai que le 1er janvier 2009, le salaire minimum de l’Etat de Pensylvanie (Etat pris au hasard) était de 7,25 dollars/ heure travaillée. Celui d’Henry Kravis, au moment où j’écrivais mon article était de 51.369 dollars/heure circadienne, 24h/24 !

 

Et vous voulez que je me taise ?

 

Pourquoi, parce que je suis médecin et non banquier ?

 

En fait, vous posez un problème qui va bien au-delà du listing de qualification que vous exigez de moi.

 

Ce que vous me contestez, c’est le droit de penser, parler, juger… dès lors que je n’appartiens pas au sérail.

 

Vous niez la légitimité des citoyens-lambda à s’interroger sur la pratique quotidienne des oligarchies financières. Vous ne tolérez pas que nous considérions leurs agissements, leurs discours, comme contraires aux intérêts de l’immense majorité des habitants de la planète.

 

J’en prends acte, mais vous aurez du mal à faire taire les citoyens-lambda !

 

Des blogs sont légion à dénoncer les prédateurs qui accumulent l’argent, détruisent l’Etat, dévastent la nature et les êtres humains, entretiennent sur la planète des paradis fiscaux réservés à leur seul usage.

Je cite au hasard SOS-crise, le blog de Hadria Rivière, celui de Jacques Tourteaux, monde-solidarité.org, etc. La liste est longue, très longue.

J’ignore si ceux et celles qui les animent ont pris des cours chez Nicole El-Karaoui (Précurseur en Maths Financières, sommité mondiale dans les « dérivés de crédit, prof à Paris VI). Toujours est-il que les articles de ces Blogs sont fichtrement documentés et pertinents.

 

En ce qui me concerne, la pudeur la plus élémentaire m’interdit de déballer mes titres universitaires.

Je peux, par contre, vous avouer que je garde un souvenir ému et lumineux de mes douze années d’enseignement à l’Ecole Supérieure de Commerce d’Alger. J’y ai côtoyé des économistes et des financiers de talent, dont le « big boss », Monsieur Mohamed Taminy, une pointure en sciences financières, ancien de Harvard (si ma mémoire est bonne), qui m’a honoré de son amitié.

Le contact et l’amitié de ces universitaires hors norme m’a sans doute familiarisé avec l’univers dont vous me refusez l’accès.

 

Quoi qu’il en soit, j’ai écrit en 2006 –  en pleine euphorie boursière et immobilière – , un « thriller » d’anticipation économique dans lequel je prévoyais que les hedge funds, les OPA hostiles, les LBO, la titrisation… nous menaient au désastre. J’y campais un effondrement des pyramides de crédit, un krach boursier.

Le livre est paru en décembre 2007. Avant la crise.

 

Ce n’était peut-être pas un traité pour initiés, mais PPDA en a parlé dans Vol de Nuit, dans son émission de LCI, et dans son blog personnel de TF1.

 
Une caution inattendue: PPDA


Rassurez-vous, cher Monsieur John Doe, je ne connaissais pas PPDA et je n’avais aucune entrée à TF1.

 

A toutes fins utiles, sachez aussi que la suite – intitulée L’héritière de Shanghai – paraîtra en novembre prochain.

 

Quant à mon métier de médecin, je le fais de mon mieux. Je donne tout ce que je sais et tout ce que je peux. Mais si un jour, par négligence ou cupidité, je commettais une erreur médicale, vous seriez en droit de me demander des comptes.

 

La population de la planète ? Vous dites qu’elle explose ? Mao Tse Dong avait imposé l’enfant unique en Chine. Sans cette décision « historique », la population chinoise actuelle serait multipliée par deux, peut-être par trois.

Une question : Etes-vous pour ou contre Mao ?

 

Le système de santé ? Il m’arrive de prescrire des médicaments chers, très chers, chez des malades atteints de maladies rares. Croyez-moi, cher Monsieur John Doe, ça donne du baume au cœur de savoir que la solidarité collective est là pour financer ces traitements couteux.

 

Une solidarité que Barak Obama nous envie.

http://www.basagana-ramon.com/article-35276628.html

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Published by Eva R-sistons - dans Populations sinistrées
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