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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 06:01

L'économiste Nouriel Roubini avait prévenu dès fin 2006 des risques de grave récession aux Etats-Unis. (SIPA)

L'économiste Nouriel Roubini avait prévenu dès fin 2006 des risques de grave récession aux Etats-Unis. (SIPA)

mardi 25 août 2009 |


 


"Grand risque" de rechute de l'économie mondiale"


La prévision d'une récession en "W" émane du célèbre Nouriel Roubini, l'un des seuls économistes à avoir prédit l'ampleur de la crise.


S'il n'avait pas été
l'un des rares économistes à avoir prédit l'ampleur de la crise financière, Nouriel Roubini ne serait pas autant pris au sérieux aujourd'hui lorsqu'il table sur une grave rechute de l'économie mondiale. Dans une tribune publiée sur le site internet du Financial Times, Nouriel Roubini, professeur à la Stern School of Business de New York, l'économie mondiale devrait toucher le fond au cours du second semestre de cette année, après quoi les Etats-Unis et les pays européens connaîtront probablement une croissance "anémique" inférieure à sa tendance de long terme pour au moins deux ans. L'économie mondiale court donc un grand risque de récession en "W".


Tenailles


Car en cette période si particulière, les dirigeants politiques sont pris en tenailles. Soit ils arrêtent les programmes de stimulation économique rapidement pour lutter contre l'emballement des déficits publics, ce qui conduira à une hausse des impôts et donc à une baisse des pouvoirs d'achat. Soit ils continuent à injecter des fonds dans l'économie ce qui accentuera l'inflation provoquant une hausse des taux d'intérêt et des rendements obligataires. La reprise sera alors noyée. Et comme le reconnaît Roubini, l'équation est insoluble dans le sens où il n'existe pas de bonne solution.

Selon Roubini, la rechute apparaîtra après quelques trimestres de croissance rapide. Or pour l'instant, la reprise constatée dans les différents pays comme l'Allemagne, le Japon ou la France semble plutôt lente et peu pérenne. Et de l'avis de nombreux économistes, les nuages sont loin d'être écartés.


Le spectre du protectionnisme


La "récession à double creux" ("double dip") réveille de sombres souvenirs. En 1937, alors que les Etats-Unis se relevaient du krach de 1929 et renouaient avec la croissance, la banque centrale américaine (Fed) avait coupé les robinets du crédit par peur de l'inflation, provoquant une rechute du produit intérieur brut (PIB) de 3,4%.

"Un "double dip" provoquerait un coup de frein brutal de l'activité (...) et pourrait conduire à un repli protectionniste d'Etats qui seraient soumis à des très fortes pressions sociales intérieures", a précisé à l'AFP Eswar Prasad, enseignant à l'université de Cornell, aux Etats-Unis.


La flambée des matières premières

Dans ce sombre panorama, la montée rapide des cours des matières premières énergétiques et alimentaires inquiète également l'économiste américain. D'autant que la tendance pourrait être aggravée par la spéculation ou par une demande artificiellement élevée du fait de la forte disponibilité de liquidités, comme le remarque Reuters. L'économie mondiale, dit-il, "ne pourrait supporter un nouveau choc de contraction" si le prix du baril de pétrole remontait rapidement vers les 100 dollars sous l'effet de la spéculation. Lundi 24 août, le baril de brut léger américain s'échangeait aux alentours de 74 dollars.


Les économistes divisés


Le scénario de Nouriel Roubini est-il crédible? La question divise les économistes interrogés par l'AFP. Philippe Chalmin, spécialiste des matières premières à l'Université Dauphine, est catégorique: il n'y croit "pas du tout" et juge fantaisiste l'hypothèse d'une flambée du baril du brut.

Quant à Daniel Gros, du Centre for European Policy Studies (CEPS), il juge la question prématurée. "Avant de parler de rechute, il faut d'abord arriver au rebond", dit-il, rappelant que seules quelques économies sont pour le moment sorties de la récession.

Dans leur ensemble, les experts conviennent toutefois que l'économie mondiale n'est pas à l'abri d'une nouvelle embardée. "La reprise actuelle est tirée par des forces temporaires liées aux plans de relance qui vont s'épuiser progressivement. Une sortie trop rapide de ces mesures pourrait provoquer une rechute", relève Michel Aglietta, directeur du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII). "Il serait imprudent de retirer ces mesures avant que la reprise soit fermement enclenchée", abonde Eswar Prasad.


Les relais dans le privé?


Des organisations internationales traditionnellement allergiques aux déficits (FMI, OCDE...) conseillent d'ailleurs aux Etats de ne pas réduire brutalement leurs dépenses pour ne pas étouffer la reprise.

La question du "timing" ne règlera pas tout. Une fois passés les effets des plans de relance, le secteur privé devra impérativement prendre le relais de l'investissement public pour consolider la reprise. Et c'est là que le bât blesse.

Les entreprises font actuellement face à la crise du crédit alors que leur activité est largement touchée par la crise. Parallèlement, la flambée attendue du chômage devrait porter un nouveau coup au pouvoir d'achat et à la consommation des ménages, traditionnel moteur de croissance (environ 70% du PIB américain, 60% du PIB
français).

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Published by Eva R-sistons - dans Le Futur
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