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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 22:56

La plupart des acteurs de la grande distribution redoutent un chiffre d'affaires globalement en baisse par rapport à la même période de 2008.

La grande distribution aborde la rentrée avec inquiétude



Après un premier semestre difficile et un été morose, la grande distribution aborde la rentrée scolaire avec inquiétude. La période est pourtant censée constituer un temps fort en termes de consommation. Mais cette année, la crise est passée par là, et n'a pas encore livré tous ses effets, notamment en matière d'emploi. L'inconnu de cette rentrée réside donc dans l'ampleur de la frilosité des consommateurs, qui, nécessairement, seront vigilants sur leurs dépenses.


"Le démarrage est timide, on sent que les consommateurs restent préoccupés par leur pouvoir d'achat, et regardent le porte-monnaie"
, constate
Sébastien Santangeli, directeur des achats de fournitures scolaires chez Système U, à Nantes. " Les gens évitent le superflu", renchérit Philippe Marion, son homologue chez Casino.

La plupart des acteurs de la grande distribution ne se font pas d'illusions et redoutent un chiffre d'affaires globalement en baisse par rapport à la même période de 2008.

De fait, pour les achats de fournitures scolaires, les mères et pères de famille se concentrent sur les produits les moins chers, les premiers prix et les marques de distributeurs (MDD), qui sont de 10 % à 30 % moins chers que les grandes marques. Dans les hypermarchés Auchan, les ventes de produits "premiers prix" ont augmenté de 15 %, quand celles de grandes marques ont reculé de 5 %.

Et si certains parents, sous la pression de leurs enfants, "craquent" pour un produit à la mode comme l'agenda ou la trousse Hello Kitty, Pucca, Airness, ou encore pour l'indémodable cartable Tann's vendu chez Monoprix, ces achats "plaisir" sont devenus plus exceptionnels. "Ces produits sont deux à trois fois plus chers que les autres, les ventes s'essoufflent", déplore M. Santangeli. La crise est en train de bouleverser les comportements d'achat. De façon contrainte ou non, la consommation devient plus raisonnable et plus raisonnée.

Les directeurs de magasin se raccrochent encore à l'espoir d'un sursaut de dernière minute. La rentrée des classes n'est que le 2 septembre, et les clients font leurs achats de plus en plus tardivement. D'ici là, les enseignes redoublent d'efforts : Système U propose ainsi depuis le 26 août de rembourser en bons d'achat 29 articles de fournitures scolaires. Chez Casino on offre un produit gratuit pour un acheté. Et toutes les grandes enseignes, qu'il s'agisse d'Auchan, de Leclerc, ou d'Intermarché, se sont associées avec le ministère de l'éducation à l'opération "Les essentiels de la rentrée", promettant de faire baisser, ou en tout cas de ne pas augmenter les prix d'une trentaine d'articles incontournables, comme la colle, les stylos, les gommes ou les cahiers.

Selon l'association Familles de France, le coût de la rentrée scolaire pour un élève de 6e s'élève ainsi à 174,23 euros cette année, soit 8,7 % de moins qu'en 2008. Et pour ces gammes incontournables, parce que faisant partie des listes diffusées par les établissements scolaires, les ventes progressent. En outre, les ventes des magasins vont être soutenues par les aides du gouvernement permettant de doper légèrement le pouvoir d'achat des ménages pour la rentrée.

Mais si ces promotions permettent de stimuler la fréquentation des magasins, en revanche, la rentabilité des enseignes risque d'en souffrir. Lars Olofsson, patron du groupe Carrefour, qui vient d'annoncer des ventes (hors essence) en recul de 0,6 % en France, n'est guère optimiste : "Il ne mise pas sur une meilleure conjoncture d'ici à la fin de l'année", rapporte un de ses collaborateurs. Même tendance chez Casino, dont le chiffre d'affaires, en France, a reculé de 2,4 % sur la période. Jean-Charles Naouri, patron du groupe, a indiqué qu'il "n'attendait pas d'amélioration notable pour la fin de l'année", rapporte la porte-parole de l'enseigne.

Les économistes, sont encore plus alarmistes. "Tant que le marché de l'emploi continuera de se dégrader, la consommation restera déprimée", prédit Alexander Law chez Xerfi. En France, 3,66 millions de personnes sont au chômage. Et "on va continuer à constater entre 10 000 et 30 000 destructions d'emplois par mois. Cela va peser sur le moral des ménages et leur pouvoir d'achat", estime Nicolas Bouzou, chez Asterès.

En outre, les experts redoutent que le retour de l'inflation, bien que modéré (de l'ordre 1 % à 1,5 %) ne vienne freiner encore un peu plus la consommation dans un contexte extrêmement fragile : "En ce moment, tout compte", résume M. Bouzou.

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Published by Eva R-sistons - dans Les pays en crise
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