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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 03:51
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    Dimanche 6 septembre 2009
    - Par L' Aviseur - Publié dans : Personne n'en parle - Ecrire un commentaire
    Albert Jacquemin
    Le Batallón de San Patricio, un exemple d’union des peuples catholiques contre les USA
    Lors de la seconde guerre du Golfe, nombre de journalistes ont insisté sur le fait que, connaissant des problèmes de recrutement parmi ses nationaux, l’armée des USA avait intégré dans ses rangs un nombre non-négligeable d’étrangers en leur promettant la nationalité américaine à l’issue de leur engagement. Pour surprenante quelle soit, cette pratique n’est pas nouvelle au sein de l’US Army. Pratiquée sur une grande échelle au milieu du XIXème siècle, elle a été la cause d’un des épisodes figurant parmi les plus occultés de l’histoire des USA : la création du Batallón de San Patricio.

    Dans les années 1830-1850, les États-Unis entreprirent de se rendre maître des territoires, alors sous domination mexicaine, situés au Sud et au Sud-Est de leur frontière. Le moment le plus important de cette marche vers le sud fut l’annexion du Texas en 1845, dix années après que les colons anglo-saxons qui y résidaient se soient soulevés contre le Mexique et aient déclaré leur indépendance. Cette annexion fut la cause la guerre américano-mexicaine qui se déroula de 1846 à 1848.

    Connaissant une pénurie d’homme de troupe qu’elle ne réussissait pas à combler en faisant appel à ses nationaux, l’armée américaine eut alors l’idée d’enrôler, plus ou moins de force, les immigrants célibataires à leur descente des navires les amenant d’Europe. Ainsi, nombreux furent, parmi les soldats qui combattirent contre les Mexicains, ceux originaires d’Irlande d’où la « Grande famine » occasionnait alors une immigration particulièrement conséquente.

    Ces soldats, à qui on avait promis la nationalité américaine et quelques arpents de terre à l’issue de la guerre, eurent rapidement de multiples raisons de regretter leur engagement dans les troupes de l’oncle Sam.
    D’une part, dirigée par des officiers wasp (1), ils devaient subir le racisme ethnique et religieux de ceux-ci qui se manifestait par le mépris, par des mauvais traitements ainsi par des difficultés à pouvoir pratiquer la foi catholique. D’autre part, cette même foi les poussait à être solidaires des Mexicains et à considérer comme inacceptable le comportement au combat de l’US Army caractérisé par des exécutions sommaires, des pillages et des viols.

    C’est en conséquence de cela qu’un nombre important d’entre eux, menés par un lieutenant du nom de John Riley, choisirent, selon les termes de l’historien Peter Quinn « de combattre au côté des Mexicains catholiques contre les protestants américains, formant le régiment de saint Patrick qui est le seul exemple dans toute l’histoire américaine d’une désertion de masse en temps de guerre pour se mettre au service de l’ennemi. ». Exclusivement irlandais à l’origine les San Patricios furent rapidement rejoints par d’autres déserteurs de religion catholique et de souche européenne : Français, Italiens, Polonais, Espagnols et Suisse. Au nombre de huit cents, ils s’illustrèrent lors des combats de Monterrey Angostura, Churubusco et Chapultepec, où leurs capacité d’artilleurs et leur ardeur au combat firent des miracles.

    Vaincu militairement, le Mexique dut accepter de signer, le 2 février 1848, le traité de Guadalupe par lequel il abandonna aux États-Unis, contre une indemnisation minime, le Texas, la Californie, le Nevada, l’Utah, le Colorado, l’Arizona, le Nouveau-Mexique et le Wyoming, soit les deux tiers de son territoire national… Il n’oublia cependant pas les étrangers qui avaient servi dans ses rangs. Rendus à la vie civile en 1850, ceux ci furent décorés, reçurent la nationalité mexicaine et il se virent attribuer des terres agricoles. Ceux qui, par contre, eurent le malheur d’être capturés par les troupes yankees furent tous condamnés à mort et exécuté par pendaison.

    Si aux USA, cet épisode fut dès l’origine totalement occulté (2) et y suscite toujours une très grande réticence, il fut l’objet au Mexique et en Irlande d’une glorification qui n’a jamais cessée. Chaque 12 septembre, anniversaire du jour où les San Patricios prisonniers furent pour la plupart pendus, leur souvenir est commémoré au Mexique par des cérémonies officielles. À Monterrey et à Mexico, des rues portent leurs noms et une plaque apposée sur le Parlement mexicain relate en lettres d’or leur sacrifice pour une nation qui n’était pas la leur. En Irlande, à Clifden, ville natale de John Riley, une statue, offerte par le gouvernement mexicain, évoque son histoire sur la place centrale de la ville et chaque année, le 12 septembre, la ville pavoise aux couleurs mexicaines.

    Dans le champ politique, les San Patricios sont aussi depuis quelques temps régulièrement invoqués. Le sous-commandant Marcos de l’Armée zapatiste de libération en a fait un exemple d’union des peuples contre l’impérialisme américain et, aux États-Unis même, depuis quelques années, une partie de la droite catholique se revendique de leur souvenir, voyant dans l’augmentation de la proportion des latinos dans la population une occasion pour les catholiques de prendre leur revanche sur l’Amérique protestante qui les a si longtemps considérée comme des citoyens de seconde zone.



    notes

    1 – White anglo-saxon protestant.
    2 - Ce n’est qu’en 1915, soit près de soixante-dix ans après les faits, qu’un historien y fit pour la première fois une allusion.

    source

    Flash Magazine :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/dh_autres/EkVEZFlZZpEBerbQIn.shtml

    http://www.marcfievet.com/article-35699402.html

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