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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 20:22
 




Israël : Neve Gordon et les voix pacifistes perdent la bataille

lundi 31 août 2009 - 09h:14

Esther Benbassa - Rue89




L’hystérie fait partie de ces réactions en vogue qui servent à masquer les vrais problèmes,
liés au conflit israélo-palestinien et à l’occupation, lesquels à la longue risquent de mettre en danger l’existence d’Israël lui-même.


Le 20 août, l’universitaire israélien Neve Gordon, publie un texte d’opinion dans le Los Angeles Times. Il enseigne à l’université Ben-Gourion du Néguev, qui non seulement diffuse la connaissance et le savoir aux enfants de populations souvent déshéritées, mais a été aussi longtemps un refuge pour ceux qu’on a fini par appeler les « nouveaux historiens », plutôt post-sionistes. (Voir : Boycotter Israël : l’unique moyen de sauver notre pays)

Gordon se situe dans la mouvance de l’action non-violente et appelle à la pression internationale pour mettre fin à l’occupation israélienne et à l’« apartheid » qui sévit dans le pays. Il s’est joint dans cette perspective au mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) lancé à Bilbao en 2008.

On peut ne pas être d’accord avec les idées exprimées dans l’article ou avec les choix de son auteur, mais il est difficile de s’identifier à la vague d’hystérie qu’ils ont provoquée en Israël.

Si les perspectives de levée de l’occupation s’amenuisent et si le désespoir est devenu le lot quotidien des populations qui la subissent, que reste-t-il à faire à un Israélien comme Gordon, attaché à son pays et qui ne le quitte pas, laissant ainsi de côté les options de facilité ?


Un raidissement généralisé


L’hystérie fait partie de ces réactions en vogue qui servent à masquer les vrais problèmes, liés au conflit israélo-palestinien et à l’occupation, lesquels à la longue risquent de mettre en danger l’existence d’Israël lui-même.

Ces derniers mois, après l’offensive contre Gaza et l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement de coalition de droite dure, incluant l’extrême droite, la liberté d’expression est devenue une peau de chagrin dans un pays où, pourtant, dans le passé, des intellectuels critiques avaient encore le droit d’exprimer des opinions allant à l’encontre des thèses officielles.

Les persécutions contre les membres de New Profile, une organisation qui œuvre contre la militarisation de la société israélienne, les attaques violentes visant des militants non violents qui protestent contre le Mur de séparation et l’occupation, l’arrestation de l’activiste Ezra Nawi, qui lui aussi sans violence s’opposait à la destruction d’une maison palestinienne (Neve Gordon fait partie de son comité de soutien) dénotent le lourd climat de tension qui règne en Israël et le raidissement consécutif, qui dans tous les cas ne peut qu’être préjudiciable à la liberté d’expression en général.

L’université israélienne a été longtemps un havre pour les intellectuels critiques. La donne a manifestement changé. La publication de l’article de Neve Gordon a suscité les chantages de quelques juifs Américains de Los Angeles, qui ont menacé de couper les dons à l’université Ben-Gourion.

Le consul général d’Israël à Los Angeles s’est, quant à lui, ému de tels risques et en a informé la présidente de l’Université, Rivka Carmi.


Critique interdite à l’université ?


Celle-ci n’a pas manqué de réagir, comme on pouvait s’y attendre, en faisant savoir qu’elle pourrait bien se passer des services d’individus comme Neve Gordon. Elle caractérise de tels actes de « trahison » à l’égard de l’État d’Israël. Et précise que l’université Ben-Gourion « est une institution sioniste qui accomplit jour après jour la vision de David Ben Gourion » :

«  Des déclarations comme celles-ci, qui expriment une critique brutale et dévastatrice de l’Etat d’Israël, vont à l’encontre de l’excellent travail accompli à l’université Ben-Gourion et dans toutes les universités en Israël. »

Elle invite ceux qui pensent comme Neve Gordon à se chercher un autre point de chute personnel et professionnel.

Neve Gordon sera-t-il licencié ? En tout cas, la menace est là. Et surtout la menace de faire taire tous ceux qui refusent la politique israélienne à l’endroit des Palestiniens telle qu’elle se déploie et ses retombées inacceptables pour les citoyens d’un pays peuplé d’hommes et de femmes dont les aïeux ont subi dans le passé les pires persécutions.


Par Esther Benbassa | Historienne, dir. d’études à l’EPHE...

30 août 2009 - Rue89


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Article imprimé à partir du site de la Campagne Civile Internationale
pour la Protection du Peuple Palestinien : http://www.protection-palestine.org/
     
      Le COE appelle au gel et au démantèlement des colonies israéliennes

      Communiqué du Conseil Oecuménique des Eglises


      publié le jeudi 3 septembre 2009.


      Le Comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE) a appelé le gouvernement israélien à geler la construction des colonies de peuplement dans les Territoires palestiniens et à entamer leur démantèlement. Il a par ailleurs encouragé l'engagement en faveur de la non-violence et de négociations de paix, et a réitéré la nécessité d'un boycott international des produits et services provenant des colonies.

      Dans une déclaration sur les colonies israéliennes en territoire palestinien occupé adoptée aujourd'hui à Genève, Suisse, au terme de sa session qui s'est tenue du 26 août au 2 septembre, le Comité central du COE a appelé "le gouvernement israélien à appliquer de toute urgence un gel à durée indéterminée et en toute bonne foi de toutes les constructions et extensions de colonies de peuplement comme première étape du démantèlement de toutes les colonies."

      Le Comité a estimé que la présence de quelque 200 colonies de peuplement abritant plus de 450'000 colons en territoire palestinien occupé était "illégale, injuste, incompatible avec la paix et contraire aux intérêts légitimes de l'Etat d'Israël."

      "Même là où, dans le monde, le droit à l'existence d'Israël suscite la sympathie et la solidarité, sa politique d'expansion et d'annexion provoque la consternation ou l'hostilité", indique la déclaration. Pour le Comité central, il convient de faire clairement une distinction "entre les intérêts légitimes de l'Etat d'Israël et ses colonies de peuplement illégales".

      Le Comité central a une nouvelle fois appelé les Eglises membres du COE "à accompagner et encourager l'engagement en faveur de la non-violence et une participation active à des négociations de paix." Il a également invité les Eglises membres et les fidèles à "se joindre à des actes non violents de résistance à la confiscation des terres, à la destruction de propriétés palestiniennes et à l'expulsion de personnes hors de leurs maisons et de leurs terres".

      La déclaration "réitère qu'il est nécessaire d'imposer un boycott international aux produits et services provenant des colonies de peuplement". Les Eglises membres du COE "ne doivent pas se rendre complices des activités illégales en territoire occupé" et doivent donc pratiquer "des investissements moralement responsables afin d'influencer les entreprises liées à l'occupation israélienne et à ses colonies illégales", lit-on dans la déclaration.

      Les colonies de peuplement illégales et "leurs infrastructures, dont le mur de séparation", ont des conséquences désastreuses sur la vie et la dignité du peuple palestinien, affirme la déclaration.

      L'existence des colonies de peuplement empêche les Palestiniens d'accéder à "leurs terres et à leurs ressources en eau", elle "restreint leur liberté de mouvement, porte atteinte à leur dignité humaine fondamentale et, dans de nombreux cas, à leur droit à la vie", entrave leur droit "à l'éducation et leur accès au système de santé" et détruit l'économie palestinienne, selon la déclaration. De cette manière, les colonies augmentent "le sentiment de dépossession et le désespoir".

      En outre, "les colonies de peuplement illégales à Jérusalem et aux alentours mettent en danger l'avenir de la ville sainte", qui devrait "être ouverte à tous et commune aux deux peuples et aux trois religions."

      Le Comité central du COE appelle par ailleurs ses Eglises membres à "prier pour les gens qui souffrent" à cause des colonies de peuplement et à leur venir en aide, ainsi qu'à "entendre l'appel que les Eglises de Jérusalem adressent à la communauté oecuménique internationale, pour qu'elle agisse concrètement en vue d'une paix juste, tant pour les Palestiniens que pour les Israéliens."

      source :

      http://www2.wcc-coe.org/pressreleasesfr.nsf/index/pr-cc-09-19.html



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publié par Observeur Hier 22H30

 

 

Un Israélien arrive à la conclusion douloureuse que c'est le seul moyen de sauver son pays

Boycotter Israël

Gordon

AUTEUR:  Neve GORDON

Traduit par  Fausto Giudice

Cet article du professeur Neve Gordon a suscité une tempête de haine en Israël, les menaces de mort alternant avec les appels à éliminer le "traître", le "virus", le "cancer" d'une manière ou d'une autre. Le ministre de l'Éducation Gideon Sa’ar  a qualifié cet article de "répugnant et lamentable". Riva Cakmi, la présidente de l'Université Ben Gourion, où Gordon enseigne, a déclaré au Jesrusalem Post que l'Université "pourrait se passer de ses services", ajoutant : “Des universitaires qui ont de tels sentiments sur leur pays, n'ont qu'à se chercher un foyer personnel et professionnel ailleurs".
Des députés de la Knesset font pression sur le ministre et la Présidente pour qu'ils licencient le professeur Gordon. 

Simultanément, d'autres attaques plus "subtiles" contre Gordon sont venues du "camp pacfiste", en l'occurrence son "pape", Uri Avnery, qui, du haut de ses 81 ans, joue le rôle de chien de garde la doxa sioniste "de gauche": il faut préserver l'État juif, en le rendant plus moral. Pas question de boycotter Israël, explique-t-il dans sa dernière chronique hebdomadaire (Tutu's Prayer), car cela ne ferait que renforcer la mentalité de forteresse assiégée en Israël, où les Juifs seraient immanquablement appelés à se rappeler le boycott nazi des entreprises juives, l'Holocauste etc. et de toute façon, explique-t-il, Israël n'a rien à voir avec l'Afrique du Sud. On pourra lire ici la réponse de Kim Petersen à cette argumentation avneryenne.- FG, Tlaxcala

Beaucoup d'Israéliens - même peaceniks - ne souscrivent pas à cette campagne, et ce n’est pas une surprise. Un boycott mondial ne peut pas empêcher des échos d'antisémitisme de retentir. pose également la question du deux poids-deux mesures (pourquoi ne pas boycotter la Chine pour ses violations flagrantes des droits de l'homme?) et met les Israéliens en porte-à-faux : comment assumer la contradiction apparente que porterait l’appel à un boycott contre leur propre pays ?

Ce n‘est en effet pas une mince affaire pour moi en tant que citoyen israélien d’appeler des gouvernements étrangers, des autorités régionales, des mouvements sociaux internationaux, des organisations confessionnelles, des syndicats et des citoyens à suspendre leur coopération avec Israël. Mais aujourd'hui, quand je regarde mes deux garçons jouant dans la cour, je suis convaincu que c'est la seule manière de sauver Israël de lui-même.

Je dis cela parce qu'Israël a atteint un carrefour historique, et les temps de crise appellent des mesures spectaculaires. Je dis cela en tant que Juif qui a choisi d'élever ses enfants en Israël, qui a été un membre du camp israélien pour la paix depuis près de 30 ans et qui est profondément inquiet pour l'avenir du pays.

La façon la plus précise de décrire aujourd'hui Israël est de constater que c’est un État d'apartheid. Depuis plus de 42 ans, Israël contrôle les terres situées entre la vallée du Jourdain et la Méditerranée. Dans cette région résident environ 6 millions de Juifs et près de 5 millions de Palestiniens. Sur cette population, 3,5 millions de Palestiniens et près d'un demi-million de Juifs vivent dans les territoires occupés par Israël en 1967, et bien que ces deux groupes vivent dans la même région, ils sont soumis à des systèmes juridiques totalement différents. Les Palestiniens sont apatrides et sont déprivés de la plupart des droits les plus fondamentaux. Par contraste, tous les Juifs - qu'ils vivent dans les territoires occupés ou en Israël - sont des citoyens de l'État d'Israël.

La question qui m'empêche de dormir la nuit, à la fois comme parent et comme citoyen, est de savoir comment faire en sorte que mes deux enfants ainsi que les enfants de mes voisins palestiniens ne grandissent pas dans un régime d'apartheid.

Il n'existe que deux voies morales pour parvenir à cet objectif.

La première est la solution à un État: offrir  la citoyenneté à tous les Palestiniens et établir ainsi une démocratie binationale dans toute la zone contrôlée par Israël. Compte tenu de la démographie, cela équivaudrait à la disparition d'Israël en tant qu'Etat juif; pour la plupart des Juifs israéliens, c’est un anathème.

Le second moyen de mettre fin à notre apartheid est la solution à deux États, solution qui implique le retrait d'Israël dans les frontières d'avant 1967 (avec probablement un échange de terres 1=1), la division de Jérusalem, et la reconnaissance du droit des Palestiniens à retour avec la stipulation que seul une partie limitée des 4,5 millions de réfugiés palestiniens serait autorisé à rentrer en Israël, tandis que le reste pourrait revenir dans le nouvel État palestinien.

Géographiquement, la solution à un État paraît beaucoup plus réalisable car les Juifs et les Palestiniens sont déjà totalement intriqués ; de fait, «sur le terrain," la solution à un État (dans sa version apartheid) est une réalité.

Sur le plan idéologique, la solution à deux États est plus réaliste, parce que moins de 1% des Juifs et seule une minorité de Palestiniens soutiennent a solution binationale.

Pour l'instant, malgré les difficultés concrètes, il est plus logique de modifier les réalités géographiques que celles idéologiques. Si, à une date ultérieure les deux peuples décident de partager un État, ils peuvent le faire, mais actuellement ce n'est pas quelque chose qu'ils veulent.

Donc, si la solution à deux États est le moyen de mettre fin au régime d'apartheid, alors comment peut-on atteindre ce but?

Je suis convaincu que la pression extérieure est la seule réponse. Au cours des trois dernières décennies, le nombre de colons juifs dans les territoires occupés a considérablement augmenté. Le mythe de la Jérusalem Unie a conduit à la création d'une ville d'apartheid où les Palestiniens ne sont pas citoyens et n’ont pas accès aux services de base. Le camp de la paix israélien a progressivement fondu, de sorte qu'aujourd'hui il est presque inexistant, et la politique israélienne se déplacent de plus en plus vers l'extrême droite.

Il est donc clair pour moi que la seule façon de contrer la tendance à l'apartheid en Israël est de le faire par une pression internationale massive. Les mots et les condamnations de l'administration Obama et de l'Union européenne n'ont donné aucun résultat, pas même un gel de la colonisation, encore moins une décision de se retirer des territoires occupés.

J'ai donc décidé de soutenir le mouvement pour le Boycott, le désinvestissement et les  sanctions, qui a été lancé par des militants palestiniens en juillet 2005 et a depuis recueilli un large soutien autour du globe. L'objectif est de faire en sorte qu'Israël respecte ses obligations découlant du droit international et que les Palestiniens se voient accorder le droit à l'auto-détermination.

À Bilbao, en Espagne, en 2008, une coalition d'organisations de partout dans le monde, a formulé les
10 points de la campagne Boycott, Désinvestissement et Sanctions destinée à faire pression sur Israël d’une «manière  graduelle et durable, qui tienne compte du contexte et des capacités." Par exemple, l'effort commence par des sanctions et un désinvestissement vis-à-vis d’entreprises israéliennes opérant dans les territoires occupés, suivis par des actions contre ceux qui aident à maintenir et à renforcer l'occupation d'une manière visible. Dans le même esprit, les artistes qui viennent en Israël afin d'attirer l'attention sur l'occupation sont les bienvenus, tandis que ceux qui veulent juste donner un spectacle ne le sont pas.

Mettre une forte pression internationale sur Israël est la seule façon de garantir que la prochaine génération d'Israéliens et Palestiniens – y compris mes deux garçons - ne grandissent pas dans un régime d'apartheid.


Source : The Los Angeles Times - Boycott Israel

Article original publié le 20/8/2009

Sur l’auteur

Fausto Giudice est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http:// www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8533&lg=fr



http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=6117

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Published by Eva R-sistons - dans Les pays en crise
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