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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 16:40



La guerre approche : mais contre qui ?


Dans un précédent
article, j’évoquais le fait que la crise économique engendrait au sein des Etats des replis protectionnistes, et qu’il était fort possible que, face à un chômage toujours grandissant et un climat social tendu, les Etats se trouvent acculés d’une part à construire des armes, et d’une autre à vouloir les vendre ou les utiliser.

L’idée que la misère soit la cause des guerres n’est ni nouvelle ni contestable tant les exemples historiques sont nombreux pour appuyer cette vérité : quand les ventres ont faim, on cherche le coupable, et le gouvernement se trouve souvent être le premier visé. Mais le gouvernement, lui, possède la force de détourner cette colère sur ce qu’on appelle un bouc-émissaire, qui se trouve être, la plupart du temps, "l’étranger"(un peuple ou une communauté).
Mais si malgré tout la situation économique ne s’améliore pas, la seule alternative à un gouvernement qui veut rester en place, c’est de mettre tout le monde au travail, de gré ou de force, à un projet nécessitant de forts investissements. Et s’il n’y a plus de travail dans le commerce (en plus on s’est fâché avec de nombreux anciens partenaires) construire des armes est une opportunité économique intéressante : on fait mine de sécuriser la nation à la fois face à l’ennemi désigné tout en se protégeant des tensions intérieures. Ces armes produites, on les vendra si le besoin de les utiliser ne se fait pas sentir. Et si on doit les utiliser, ce sera toujours des chômeurs en moins.

Car pour justifier l’ennemi et autoriser le réarmement, il faut que cet ennemi paraisse puissant, et agressif. Mais il faut aussi que les Etats trouvent des alliances, car à force de ratisser toujours plus large on finit par faire se rassembler ceux qui se ressemblent, et qui commencent à vous en vouloir, en masse. C’est là que nous en sommes actuellement.


De nombreux articles sortent ces derniers jours, qui montrent à quel point le
business de l’armement est florissant malgré la crise économique. Et surtout à quel point les alliances économiques et militaires qui se nouent en ce moment sont en train de bouleverser les relations géopolitiques de la planète.


Bien sûr l’idéologie est une donnée majeure de ces alliances, mais le côté
économique est loin d’être absent de ces relations.

Que constate-t-on aujourd’hui : Chavez fait une tournée dans tous les pays « ennemis » des Etats-Unis, et ce après que la Colombie a accepté l’ouverture de ses bases militaires aux américains. Allié à l’Iran pour le pétrole, aux Russes pour le gaz, le réarmement a fortement repris en Amérique Latine. Face à cette montée en puissance, on voit le Brésil se prenant au jeu, en voulant défendre son territoire contre tout danger potentiel à travers des contrats comme avec la France...et l’échange de technologies. Se laissant ainsi la porte ouverte à de nouvelles alliances le moment opportun. On sait aussi que le Brésil a découvert près de ses côtes un gisement pétrolier qui, s’il s’avère à la hauteur des espérances, le propulserait au niveau des plus grands producteurs d’or noir... une place pas si facile à posséder sans être l’objet de convoitises vu la situation au Moyen-Orient.

On sait également que l’Afrique a elle aussi son rôle à jouer, et l’Europe se bat en sous main pour garder le contrôle de ses anciennes colonies, que se disputent actuellement la Chine et l’Amérique latine.

Et puis il y a les Etats-unis, qui vendent plus d’armes que tous les autres, mais à des pays bien différents de ceux aidés par les Russes ou les Chinois. Car quand on voit comment doivent se terminer les relations entre la Chine et les Etats-Unis vis-à-vis du dollar, on sait bien qu’à un moment ces deux géants se trouveront confrontés à un problème majeur ne pouvant certainement se régler que par la force, à moins que de s’allier au détriment de leurs peuples respectifs... ce qui n’est peut-être pas encore décidé, et qui doit faire l’objet des négociations actuelles.

Car il ne faut pas croire que les alliances soient définitives ni complètement arrêtées. Quand on voit de quoi ont été capables les russes (pour ne parler que d’eux) lors de la seconde guerre mondiale, on se doute bien que les alliances sont volatiles, et que les décideurs sont moins stupidement fidèles qu’on voudrait bien l’espérer : il ne fait presque aucun doute que leurs états-majors parlent entre eux de la façon de régler tous les problèmes qui se profilent à l’horizon, et tout ne doit pas être simple.

Pas simple du tout même, car les alliances ne peuvent être faites sans arrières-pensées nationalistes : les gouvernements restent encore quelque peu dépendants de ce que l’on appelle « l’opinion publique », et transformer dans l’ombre toutes les anciennes alliances est quelque peu délicat. On s’aperçoit néanmoins que les choses bougent, de manière discrète, ou plutôt détournée : les enlèvements de ressortissants étrangers (Clothilde Reiss), la libération de certains personnages (Abdelbaset al-Megrahi) , l’affaire de l’Artic-Sea, tous ces « petits couacs » diplomatiques sont souvent plus révélateurs qu’il n’y paraît. derrière eux se cache la marque de pressions, de preuves de bonne volonté ou de tractations diplomatiques intenses.

Pour le moment donc, on ne peut évidemment pas se faire une idée juste de ce qui se trame derrière le dos des peuples, et sans doute tout cela est en cours de négociations.

Mais une chose est sûre cependant, c’est que les Etats s’agitent beaucoup ces derniers temps, et que les armes finiront bien un jour par parler.

En attendant, chacun tente tout de même d’assurer ses arrières, en tentant de préserver et son approvisionnement énergétique, et sa relative indépendance... il est loin le temps de Salammbô et des guerres puniques ! La guerre est bien plus longue à préparer, et les relations sont beaucoup plus compliquées...

En revanche, les raisons n’ont toujours pas changé : les désirs de richesse et de pouvoir de quelques-uns finissent toujours par entraîner les peuples dans des conflits qui ne font que leur nuire, et souvent qu’ils ne souhaitent même pas.



http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-guerre-approche-mais-contre-qui-61344



Commentaire:

Une guerre peut en cacher une autre qui se dévoile discrètement à la lumière des évènements des dernières décennies. Pourtant, toutes ces guerres passées disséminant autours d’elles misère, pauvreté, maladie, disète, épidémie, hécatombes de sang, ont toutes eu en commun la même finalité : la domination par l’appropriation des richesses d’autrui.
C’est toujours sur ce modèle que se décident les guerres de domination économique. Le social ne sert qu’à renforcer l’unité nationale, mais lorsque les conditions de l’unité ne sont plus d’actualité, il tend alors à disparaître au profit des rentiers, des banquiers, des multinationales et de ceux qui en soutiennent le ferment structurel, à savoir les détenteurs mafieux de capitaux.
 Les pauvres n’ont qu’à bien se tenir en acceptant de servir de chair à canons ou d’armées d’esclaves.

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