Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 20:46

  Pascal était républicain


septembre 13th, 2009

Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez le bien, Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre.

Léon Gambetta, 1877

Dans un récent billet (voir Comment se débarrasser de la camarilla Sarko : osons les convergences républicaines), nous avons évoqué des pistes de travail pour restituer le pouvoir à la majorité des Français en 2012. Vos réactions et interventions nous incitent aujourd’hui à poursuivre ensemble la réflexion.
  
Le constat est clair : les forces politiques qui ne se reconnaissent pas dans les choix de la majorité actuelle sont bien trop divisées, trop désorganisées, pour pouvoir proposer aux Français en 2012 un changement de cap crédible en l’état actuel des choses. Est-ce irréversible ? C’est ce que nous allons examiner aujourd’hui.
  
Mais d’abord, pourquoi sommes-nous tombés si bas ?
  
Pour trois raisons principales, me semble-t-il : un déficit de la pensée, une fragilité de nombreux hommes politiques, une inadaptation des structures aux enjeux actuels.
  
Historiquement le déficit de la pensée prend naissance dans l’effondrement des espérances marxistes et l’épuisement des socialistes après être passés aux responsabilités. Les intellectuels n’osent plus penser globalement, n’osent plus critiquer, n’osent plus parler, n’osent plus tout simplement penser. Tout au plus, ils servent des causes thématiques : plus de global, plus de local, de l’entre-deux, du communautaire, de l’identitaire.

Mais ni la planète, ni le citoyen, ni une autre société possible, ne sont des sujets abordés : la peur de se tromper, même partiellement, les paralyse. Et, pour les penseurs néo-conservateurs d’obédience américaine, 1789 n’est même plus le point de départ de l’émancipation de l’Homme, l’une de ses arborescences, socialiste et marxiste, ayant échouée !
  
La fragilité des hommes accentue la désorientation. Pour une voiture de fonction, un passage à la télévision, une présidence de commission Théodule dont personne ne lira le rapport, tel ou tel ténor, âgé le plus souvent, passe des vrais combats d’hier à de stériles plans de com’ d’aujourd’hui. Tous rassemblés autour de rien. L’argent et tous ses faux-nez, l’illusion de pouvoir, l’apparat lié au pouvoir, tue la pensée qu’il achète.
  
L’inadaptation des structures fait le reste. Elles ne résistent pas aux lobbies privés hostiles qui promeuvent de fausses solutions sur de vrais diagnostics. Par exemple, la nécessaire adaptation et modernisation des services publics ne doit pas systématiquement conduire à la vente par appartements de la propriété de l’État à des fonds privés, lesquels n’ont que faire d’investir dans les infrastructures, l’aménagement du territoire et la recherche fondamentale, ce qui mieux que tout prépare l’avenir. C’est pour cette raison que nous soutenons l’organisation d’un référendum sur le statut de La Poste le 3 octobre malgré la loi inique de juillet décidant de sa privatisation (voir ce
site).

Ainsi, de mauvais plans de traitement achèvent le malade, trop atteint pour penser, trop affamé pour refuser le plat de lentilles. Soulignons à quel point la cinquième Constitution de la République, mille fois rapiécée, est à bout de souffle. Il nous faut rapidement écrire une nouvelle Constitution qui, notamment, encadre clairement l’activité des lobbies, dans un contexte démocratique.
  
Nous pourrions, bien sûr, décrypter plus avant tous ces tristes mécanismes, amplifiés par les techniques de barbouzes omniprésentes, mais n’y perdons pas trop de temps. L’urgence est ailleurs. Pour que cette situation ne soit pas irréversible, pour que 2012 devienne la victoire de la souveraineté populaire, comment faire ? Une seule réponse : dès maintenant, s’unir en travaillant.
  
S’unir, cela veut dire se regrouper autour des valeurs républicaines sûres : solidarité, laïcité, universalisme, liberté, égalité, fraternité.
  
S’unir, cela veut dire s’ouvrir à la diversité des opinions, explorer toutes les pistes jusqu’aux plus audacieuses. Nous saluons ainsi l’ébauche de dialogue entre le MoDem, le Parti socialiste, certains communistes et les Verts.
  
En travaillant, cela veut dire préparer immédiatement un programme de gouvernement d’union nationale centré sur quelques priorités claires pour une période transitoire de deux ans.
  
En travaillant, cela veut dire élaborer la mise en œuvre de moyens de toute nature, sans oublier d’établir clairement un code de bonne conduite pour tous les engagés volontaires de cette aventure.
  
À l’issue d’une période transitoire de deux ans, le Président nouvellement élu s’engagera à dissoudre la nouvelle assemblée, et ce pour trois raisons principales :

● La coalition sera formée sur la base de forces très disparates en volume, en idéologie, en dynamisme de propositions. Elle ne peut être soudée et solidaire sur un plan d’action collectif que sur un temps limité. Ce temps ne peut être ni trop court afin de pouvoir agir, ni trop long au risque de la division.

● Deux ans exigent une action très soutenue et efficace : cela astreint à résultat les dirigeants du moment.

● Enfin ce calendrier laisse la main à la seule souveraineté légitime : celle du peuple qui confirmera ou sanctionnera selon les résultats obtenus.

Au terme de ces deux ans, les Français, après dissolution de l’Assemblée nationale, jugeront le travail accompli, évalueront ce qui reste à faire, estimeront qui sont  les plus aptes à servir leurs intérêts. Ils éliront alors une nouvelle majorité parlementaire, avec une nouvelle classe de responsables, capables de travailler avec le Président élu.
  
Nous pourrions prendre exemple sur le Conseil National de la Résistance pour dénommer, par analogie, cette initiative Conseil National de la Convergence Républicaine ou CNCR.
  
Quelles en seraient les priorités ? Je soumets à examen quelques pistes dont les premières vont vers la nécessaire solidarité avec ceux dont l’emploi est détruit ou va l’être. La crise sociale se transforme en carnage et l’explosion de violence sociale commence juste avec des actions d’un type nouveau comme le plasticage des usines que l’on ferme. Quand le peuple n’a plus rien à perdre, il ne lui reste que la violence pour se faire entendre. Voici donc ces pistes :

● La réhabilitation des services publics.

● Un plan de relance européen de grande envergure, centré sur les infrastructures.

● La libération des médias, la démocratisation de nos institutions, la sixième Constitution. On peut d’ores et déjà se demander : l’Assemblée de 2014 sera-t-elle constituante ? Ou la révision constitutionnelle doit-elle se faire dans le cadre de la Cinquième République ?

● Le renforcement du couple franco-allemand.

● Le retrait de nos soldats de théâtre d’opérations très éloignés de nos intérêts nationaux.

● Un projet ambitieux pour les Nations Unies et la paix dans le monde.

● Un traité mondial sur l’avenir de la planète.

  
Arrêtons-là, au risque de parodier Prévert. Cette proposition n’a de sens non dans son exhaustivité, mais dans sa capacité à être reprise, modifiée, amplifiée. Faisons le pari d’un Pascal républicain croyant en l’esprit républicain de nos concitoyens. S’il existe, nous gagnerons en 2012 ; s’il n’existe plus, nous ne pouvons rien perdre de plus.

  
La dignité de ne pas se dénaturer est notre seule richesse.
  

  
Gavroche
©  La Lettre du Lundi 2009



http://www.lalettredulundi.fr/

Partager cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • Le blog d' Eva,  R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
  • Contact

Recherche