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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 01:01

 

 

 

 

Jeudi 8 septembre 2011

800px-map_non-aligned_movement.png600 diplomates (de plus d'une centaine de pays) et 178 journalistes étaient rassemblés à Belgrade lundi dernier 5 septembre pour fêter les 50 ans du Mouvement des non-alignés (MNA) dont le premier sommet s'était tenu dans cette ville du 1 au 6 septembre 1961.

 

Les membres du MNA se sont réunis pendant deux jours dans les locaux du parlement serbe, en présence du président Tadic, de son ministre des affaires étrangères et d'autres membres de son gouvernement, des ministres des affaires étrangères slovène, bosniaque et monténégrin, d'un secrétaire d'Etat croate et d'un ministre adjoint macédonien. Le dernier ministre des affaires étrangères de la Yougoslavie des années 1980, le croate Budimir Loncar, a pris la parole au cours de cette réunion.

 

Le ministre des affaires étrangères égyptien Mohamed Kamel Amr, dont le pays préside le MNA en ce moment, dans son discours introductif a souligné l'actualité des principes du Mouvement des non-alignés et appelé toutes les Républiques ex-yougoslaves à reconnaître l'Etat de Palestine et à voter dans ce sens lors de la prochaine session des Nations-Unies le 19 septembre prochain. La majorité des membres du MNA reconnaît déjà l'Etat de Palestine. Ce fut le sujet le plus politique de la conférence. Le ministre des affaires étrangères serbe a reconnu qu'il n'était pas prévu au départ qu'il soit inscrit à l'ordre du jour, mais il semble que l'Egypte ait fait un peu le "forcing" sur ce dossier, ce qui n'est pas allé sans embarrasser les Serbes qui ont de bonnes relations avec Israêl.

 

Le secrétaire d'Etat aux affaires étrangères cubain Abelardo Moreno Fernandez à la tribune a regretté l'inaction des Non-alignés face à la "manipulation du Conseil de sécurité" par les Occidentaux dans l'affaire libyenne. Son homologue iranien Mohammad Mehdi Akhondzadeh a critiqué, pour sa part, "une intervention et une politique arrogante" des Occidentaux en Afrique du Nord et au Proche-Orient.

 

Les pays européens présents étaient la Hongrie, la Finlande, l'Espagne et Chypre (qui fut avec la Yougoslavie le seul pays européen membre des Non-alignés en 1961).

 

L'initiative du président serbe Boris Tadic de commémorer les 50 ans du MNA à Belgrade a fait l'objet de critiques de la part d'atlantistes qui la jugeaient incompatible avec la candidature de la Serbie à l'entrée dans l'Union européenne. Le ministre des affaires étrangères Vuk Jeremic a cependant précisé que la Serbie resterait membre observateur et n'adhèrerait pas au MNA (en Europe seule la Biélorussie en est membre titulaire). Le président serbe dans son allocution devant le MNA a souligné la nécessité de prendre en compte l'avis de la majorité des nations de la planète que représente le MNA pour la prise des grandes décisions de notre temps, et l'engagement de son pays dans cette direction. Le petit fils du maréchal Tito, Joska Broz, fondateur du nouveau parti communiste serbe en 2010 (une fusion de trois partis d'extrême gauche), qui n'a pas été invité à ce sommet, a qualifié l'attitude de la Serbie d'hypocrite puisqu'elle peut la même année organiser une réunion avec l'OTAN et une avec le MNA. Beaucoup estiment que Belgrade cherchait surtout à endiguer la nouvelle vague de reconnaissance du Kosovo par des pays du Sud (le Bénin, la Guinée, le Niger et Sainte-Lucie cet été) et s'ouvrir des marchés dans le Tiers-monde à l'heure où ses produits ne sont plus compétitifs en Europe.

 

La ministre des affaires étrangères d'Afrique du Sud Maite Nkoana-Mashabane (qui dans son discours a surtout parlé de la prochaine conférence de l'ONU à Durban sur le changement de climat) a exprimé devant les médias à cette occasion sa volonté de renouer les liens entre son pays et le peuple serbe (ce qui s'est traduit par la signature d'un protocole de consultation mutuelle avec Belgrade), et beaucoup de représentants des pays du Tiers-Monde ont manifesté leur attachement au souvenir de l'engagement de la Yougoslavie de Tito à leurs côtés ainsi que le rôle du MNA dans la stabilité des pays du Sud. Le dernier sommet des non-alignés à Belgrade remontait à 1989, juste avant l'éclatement de la Yougoslavie. Le leader libyen Mouammar Kadhafi à l'époque était venu avec des chameaux dont il avait fait don au zoo de Belgrade.

 

La rencontre comme à l'accoutumé a permis diverses discussions bilatérales Sud-Sud (par exemple entre le Vietnam et la Tunisie, et le Vietnam et l'Angola).

 

http://atlasalternatif.over-blog.com/article-50eme-anniversaire-du-mouvement-des-non-alignes-a-belgrade-83709357.html

 

 

Géo-politique : Changements
Jeudi 25 août 2011

Copie-de-gas-20pipeline.jpgLe leader de la Corée du Nord ne se déplace jamais à l'étranger, sauf en Chine régulièrement et en Russie tous les dix ans. Son déplacement en Sibérie au début de cette demaine a donc suscité de nombreuses interrogations.

 

Depuis les agressions occidentales contre la Yougoslavie, l'Afghanistan, l'Irak, la Côte d'Ivoire et la Libye, la Corée du Nord sait désormais que l'arme nucléaire est sa seule garantie de sécurité. Obtenir qu'elle y renonce par des voies diplomatiques semble donc improbable.

 

Pourtant les incidents avec une Corée du Sud (elle aussi de plus en plus belliqueuse) se multiplient, comme on l'a vu avec l'affaire de la frégate Cheonan et le bombardement de l’île sud-coréenne de Yeonpyeong.

 

Comme le souligne Fedor Loukianov dans  Ria Novosti, la Russie aujourd'hui opte pour un nouveau moyen de réintégrer la Corée du Nord dans le concert des nations : la construction d’un gazoduc reliant la Sibérie et le Sud de la péninsule de Corée. Cela changerait le statut de Pyongyang. qui se retrouverait dans la position adoptée par l’Ukraine à l’égard de la Russie, et par la Géorgie à l’égard de l’Azerbaïdjan, tout en profitant non seulement du gaz, mais également des revenus pour le transit. Le 4 juillet une délégation de Gazprom a rencontré le ministre nord-coréen des hydrocarbures à Pyongyang. La Corée du Nord qui connaît un problème chronique d'approvisionnement énergétique a lancé par ailleurs une coopération avec la Chine sur les énergies renouvelables, notamment la géothermie.

 

 

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turkey flagAprès le refus d'Israël de présenter ses excuses et d'indemniser les familles des victimes turques suite au massacre de militants pacifistes de la flottille pour Gaza l'an dernier, le gouvernement turc a annoncé de nouvelles sanctions à l'encontre d'Israël, dont l'une consistera à renforcer la présence militaire turque dans l'Est de la Méditerranée, ont annoncé jeudi les médias turcs.Le 7 septembre dernier, le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, avait annoncé la décision d'Ankara de geler toute coopération militaire avec Israël, de fermer l'espace aérien turc à l'armée israélienne et de saisir la Cour internationale de Justice (CIJ), tandis que les liens diplomatiques étaient réduits au strict minimum.

 

La politique turque du parti AKP, parfois qualifiée de "néo-ottomane" en ce qu'elle cherche à regagner une influence sur les territoires de l'ancien empire ottoman, a rendu quelques services aux occidentaux ces derniers temps. Ankara a par exemple condamné la répression en Syrie et soutenu le Conseil national de transition en Libye contre le colonel Kadhafi,  ce qui devrait lui permettre aujourd'hui de jouer un rôle dans ce pays apparemment voué à connaître des troubles durables (résistance kadhafiste, et division au sein du CNT et entre les tribus).

 

Mais elle a aussi su prendre ses distances avec les Etats-Unis à plusieurs reprises depuis 2003 (où elle avait refusé de mettre à disposition ses bases pour l'invasion de l'Irak). En 2009 le président Recep Tayyip Erdogan s'était opposé à l'inculpation du président du Soudan par la Cour pénale internationale pour génocide. En ce qui concerne les relations turco-iraniennes les échanges commerciaux entre les deux pays ont été multipliés par dix en 9 ans dans les années 2000 et Ankara souhaite que la question du programme nucléaire iranienne soit traitée sur le même plan que celle de l'arme nucléaire israélienne, ce qui aux yeux de Washington affaiblit la position occidentale en faveur du désarmement iranien. Elle tient aussi un langage commun avec la Russie sur la question du dialogue avec le Hamas en Palestine.

 

Erdogan a annoncé hier qu'il se rendra en Egypte, en Libye et en Tunisie. En Israël des craintes s'expriment selon lequelles la Turquie pourrait influencer ces trois pays dans un sens défavorable à ses intérêts. Le ministre de la défense israélien Ehoud Barak s'est dit persuadé que la Turquie et Israël ne deviendront pas des ennemis et que cette crise n'était que passagère.

 

Ce durcissement intervient en tout cas à un moment où Israël est mis en difficulté par la perspective d'un vote de reconnaissance de l'Etat palestinien à l'Assemblée générale des Nations-Unies, une reconnaissance qui, note le quotidien  Haaretz, pourrait entraîner notamment l'inculpation des dirigeants isréaliens devant la Cour pénale internationale de La Haye pour crime de guerre, du fait de l'occupation illégale de la Cisjordanie. Les membres du congrès pro-israéliens à Washington sont en tout cas sur le pied de guerre. La présidente de la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants Ileana Ros-Lehtinen (une républicaine liée au lobby cubain d'extrême droite de Miami) a demandé au président Obama d'user de son droit de véto au conseil de sécurité de l'ONU sur ce sujet et présenté un projet de loi prévoyant que les Etats-Unis couperont toute contribution financière aux organes des Nations unies, si l'Assemblée générale accordait (à la majorité requise de 129 voix) à la Palestine même un simple statut de "non-membre" comparable à celui du Vatican.

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Published by Eva R-sistons - dans Luttes d'influences
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