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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 00:58

 

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Point d’orgue de la campagne électorale, le débat télévisé du 3 mai entre Hollande et Sarkozy.

Après avoir affirmé leur « souci de stricte équité » entre les candidats, les journalistes (2 présentateurs de journaux télévisés TF1et France 2) ont été beaucoup moins équitables dans leur représentation du monde.

 

On touche ici à l’évidence du discours néolibéral ***

Je ne reviendrai pas ici sur les propos des candidats mais uniquement sur les questions et les relances  posées et imposées par les journalistes.

 

J’en ai relevé 12, notées en rouge, mes commentaires en noirs.

Notées après une journée de « vrai travailleur », il peut y avoir des erreurs sur la forme, des formulations mal retranscrites… mais je pense être resté fidèle au fond. Au fond de la pensée que je leur prête.

Peut-être à tort ?

A vous de voir. Car je ne passerai pas plus de 2 nouvelles heures à regarder cela une seconde fois.  

 

Donc, petit cours de verrouillage de débat électoral en 12 questions.

 

1/Pujadas, Ferrari :  « Qu’est-ce que vous attendez de ce débat ? Dans quel état d’esprit êtes-vous ? »

Il faut bien sûr mettre les prétendants à l’aise mais l’ouverture est pour le moins complaisante (par intérêt, souci de carrière?). Vu l’enjeu, un mot sur ce que les français sont en droit d’attendre de ce débat aurait été bienvenu. On ne manque pas pourtant pas d’indicateurs sur les inégalités d’avoir, de savoir, de pouvoir, sur les difficultés d’accès aux soins, aux droits…

http://www.inegalites.fr/

2/  « Comment peut-on relancer l’emploi en France ? » et donc « Comment renouer avec la croissance ? »

Le lien croissance – création d’emplois est incontestable MAIS on laisse de côté beaucoup de variables de créations d’emplois : on note qu'un ambitieux programme emploi-jeunes, la réduction du temps de travail offensive, un plan Marshall des banlieues, un new deal... peuvent être déliés de la stricte question de croissance.
L’emploi n’est pas qu’une résultante de la croissance mais aussi une question de règles, d’institutions, politiques et sociales. Donc de volontarisme politique. 

La faute aux 35 heures

Les objecteurs de croissance et autres sarkophages ont également un point de vue intéressant là-dessus. http://www.ladecroissance.net/ Debout les Sarkophages ! Place au peuple !  

3/ « Il faut que l’on parle du pouvoir d’achat »

C’est gentil de s’intéresser au bon peuple. Mais le pouvoir d’achat de qui, du leur, celui de leurs mandants, de leurs conseillers, de Bettencourt ? La manière dont il est obtenu, sa légitimité ? On a quand même des études sérieuses sur le sujet: Que faire du Président des riches ?

Là encore, là aussi, impasse sur tout débat, à fortiori d'inspiration socialiste  Non à l'augmentation des salaires !

4/  « Est-ce que l’on parle des comptes publics, des déficits ? » « Vous êtes d’accord tous deux pour réduire les déficits, comment y parvenir ? » « Comment on la réduit cette dette ? »

Nous voilà rassurés, un sujet de consensus. Dit autrement, cela peut donner : « de quelle manière allez-vous mettre en œuvre une politique d’austérité ? »

On se demande bien pourquoi le comité pour un audit citoyen de la dette se décarcasse.

Pour un audit citoyen de la dette publique

5/  «…réponse de Nicolas Sarkozy et on parle de l’Europe et du Pacte de stabilité »… Relance du journaliste : « Et on passe à l’Europe »

Et L’Europe, nous glisse un journaliste par ailleurs titulaire d’une Laisse d’or, c’est évidemment et cela ne peut rien n’être d’autre qu’un pacte de stabilité (d’austérité).

Vite la question suivante !

6/ Parlons de la zone euro mise en danger par la crise de la dette » « Vous êtes d’accord tous les deux pour sauver l’euro mais divisés sur le pacte de stabilité » « Quel rôle entendez-vous donner à la BCE ? »

Tiens, encore un sujet de consensus…sur un sujet si évidemment consensuel.

Si j’en avais les moyens, et s’ils en avaient l’envie  (mais ils n’y ont pas d’intérêts), j’offrirais 2 ouvrages à ces journalistes :

-          Faut-il sauver l’euro ? de Jacques Sapir au Seuil et, en forme de réponse :

-          Sortons de l’Euro ! de Jacques Nikonoff aux Mille et Une Nuits

Et puis, vive la gratuité : puisqu’il s’agit de sauver l’Europe et l’euro…autant savoir de quoi on parle :

http://www.manifestepourundebatsurlelibreechange.eu/

Bon, les candidats sont donc au moins divisés sur le Pacte de stabilité ? Mais si ce pacte était soumis au suffrage des Français, comme le traité constitutionnel européen, il n’y aurait pas de sujet de division…il aurait été massivement rejeté. 

7/ « ça fait une heure et demie qu’on parle d’économie, il faut qu’on parle de questions de société »

et LA QUESTION de société, vu leurs questions suivantes, c’est l’immigration. Il n’y a effectivement pas d’handicapés en France, pas de domination masculine ni surconsommation médicale, pas de surpopulation carcérale ni détention préventive inutile, pas de crise du lien social ni de souffrance au travail.

Les questions de société, c’est l’Immigration et le droit de vote des étrangers aux élections locales. Point.  Mettez-vous bien cela dans la tête !

8/ « Immigration…vous (Sarkozy) souhaitez réduire les flux migratoires, vous (Hollande) dites que ce n’est pas le problème » nda : je ne suis plus très sûr de la formulation, je m’endormais…vérifiez par vous-mêmes si vous en avez le courage…là, ils m épuisent ! 

Surtout ne pas poser cette question sous cet angle : sur la question des flux migratoires, une étude, reprise la CGT dans sa lutte contre le Front National indique qu'il il ressort d’une étude parue en 2010 d’une équipe de l’université de Lille, réalisée pour le compte du ministère des Affaires sociales que les immigrés sont une très bonne affaire pour l’économie française. Travaillant sur des chiffres officiels, les chercheurs ont décortiqué tous les grands postes de transfert des immigrés. Il en ressort un solde très positif. En 2009, les immigrés ont reçu de l’Etat 47,9 milliards d’euros, via les retraites, les aides au logement, le RMI, les allocations chômage et familiales, les prestations de santé,… Dans le même temps, ils ont reversé au budget de l’Etat, par leur travail, des sommes beaucoup plus importantes : impôt sur le revenu, 3,4 milliards d’euros ; impôt sur le patrimoine, 3,3 milliards ; impôts et taxes à la consommation, 18,4 milliards ; impôts locaux et autres, 2,6 milliards ; CRDS et CSG, 6,2 milliards ; cotisations sociales, environ 26,4 milliards d’euros. Soit un total de 60,3 milliards, et par conséquent un solde positif de 12,4 milliards d’euros pour les finances publiques.

http://www.cgt.fr/-Le-Front-national-ou-l-imposture,1406-.html

9/ « Il y a un sujet qui vous divise …le droit de vote des étrangers extra-communautaires »...« sur les centres de rétention »

 Mes premiers ronflements.

10/ « …Monsieur Hollande rapidement et on parle du nucléaire »

…mais surtout pas de politique énergétique ! Ni des scénarii Négawatt ou Négatep, dont les citoyens devraient être saisis pour se prononcer en toute connaissance de cause dans le cadre d’un référendum.

 http://www.sauvonsleclimat.org           http://www.negawatt.org/

11/ « Quel Président serez-vous ? »

Anaphore d’Hollande et épiphore de Sarkozy. Mais si c’est pour prendre un cours de rhétorique, il y a des professeurs pour cela. Je sais que TF1 a été privatisé au prétexte, à l’époque, de mieux-disant culturel mais faut pas  quand même pas pousser !

12/ « Aborder 1 ou 2 points de politique étrangère » …les 2 points cela sera sur l’Afghanistan avec le « désaccord  sur le calendrier du retrait » et « la menace terroriste qui plane également dans le Maghreb, que proposez-vous ? »

La politique étrangère réduite aux interventions militaires et à l’épouvantail terroriste : on suit (et on suivra) les USA pour tous les coups de force, mais on diverge sur l’agenda. Rien sur l’OTAN, rien sur la Françafrique, pas de problèmes ?

L’action des ONG Survie, Peuples solidaires... inconnues ?

http://survie.org/              http://www.peuples-solidaires.org/           

Que dalle ?

L’aide au développement, l’Union pour la Méditerranée : bilans et perspectives ? Les relations avec l’Allemagne, les ventes d’armes à la Grèce, par exemple, ce n’est pas de la politique étrangère…  

Pas besoin de dormir pour vivre un cauchemar en direct !

 

Bon, au vu de ces éléments, j’invite tous les téléspectateurs, fidèles et infidèles, à renforcer la presse libre.

A tourner le bouton des médias complaisants. A boycotter leurs annonceurs publicitaires, car leur vision du monde se confond souvent avec le portefeuille des leurs annonceurs et actionnaires.

Pas de vote libre sans presse libérée.

 

Quelques pistes… c’est par ici qu’on s’abonne, la victoire est au bout de votre chéquier :  

(et avant le 3 ème tour social, on lâche rien sur les législatives : François Hollande : "les ennuis commencent"

 

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L’Élysée bascule à gauche. Mais c’est le libéralisme qui sort vainqueur des élections.

 

Mercredi 9 mai 2012

Droite et gaucheFrançois Hollande a donc été élu à la présidence de la République. Mais ce qu’il conviendra de retenir, c’est surtout l’échec de Nicolas Sarkozy. La droite libérale est tombée dimanche pour avoir trahi durant le quinquennat présidentiel les promesses faites aux Français en 2007. Mais celui que l’histoire ne retiendra probablement pas comme le plus grand président a facilement reconnu sa défaite lors de son discours d’adieu, tenu quelque temps après la proclamation des résultats.

 

Même si la victoire n’a pas été écrasante (l’écart entre les deux candidats étant à peine de deux points), l’ex chef de l’État a fait savoir une nouvelle fois qu’il quittait définitivement la vie politique.

 

Outre la liquidation du patrimoine gaulliste, la défaite de Nicolas Sarkozy vient du fait que le report des voix du Front national n’a pas été franc et massif, les électeurs du parti d’extrême-droite préférant s’abstenir ou voter blanc.

 

Ainsi, après dix-sept années de gouvernance libérale, François Hollande s’est imposé comme l’héritier du mitterrandisme en portant le parti socialiste au pouvoir. Ses électeurs ont fêté comme il se doit leur victoire sur la place de la Bastille en scandant le slogan électoral du PS : « la changement, c’est maintenant ».

 

La presse internationale s’est dite préoccupée pour l’avenir de l’union européenne, tout comme se sont alarmés les marchés financiers qui ont vu subitement une réaction négative des bourses après les résultats du premier tour. Mais pourquoi tant de panique ? Il suffit de ne pas avoir la mémoire courte et se rappeler l’entretien qu’a tenu François Hollande au Guardian le 14 février, au cours duquel il a déclaré, en abordant les années 80 : « c'était la guerre froide et Mitterrand a nommé des communistes au gouvernement. Aujourd'hui il n'y a pas de communistes en France... La gauche a gouverné pendant quinze ans pendant lesquels elle a libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n'y a pas de crainte à avoir ». Et puis, ne sont-ce pas les socialistes français qui ont appelé à voter en faveur du traité de Maastricht, en 1992, laissant augurer l’euro-désastre d’aujourd’hui ?

 

Il reste à voir désormais si la droite libérale sans Sarkozy réussira à éviter l’implosion en restant unie autour d’un nouveau leader, si tant est qu’il y en a un. Les élections législatives de juin détermineront le nouvel échiquier politique français.

 

D’ici peu, François Fillon présentera sa démission ainsi que celle de son exécutif à Nicolas Sarkozy avant la cérémonie d’investiture. François Hollande devra alors nommer un nouveau premier ministre. Les favoris sont actuellement Manuel Valls, député-maire d’Évry et directeur de la communication de Hollande, Martine Aubry, première secrétaire du parti socialiste et enfin Jean-Marc Ayrault, chef du groupe socialiste à l’assemblée nationale.

 

Entre-temps, la passation de pouvoir officielle entre Nicolas Sarkozy et François Hollande est fixée au 15 mai. Mais, malgré le cri des alarmistes, la transition semble parfaitement s’inscrire dans la continuité du libéralisme et de l’européisme promus par Bruxelles.

 

Capitaine Martin

 

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