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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 04:57

737 maîtres du monde contrôlent 80 % de la valeur des entreprises mondiales

Par Ivan du Roy (9 septembre 2011)

Une étude d’économistes et de statisticiens, publiée en Suisse cet été, met en lumière les interconnexions entre les multinationales mondiales. Et révèle qu’un petit groupe d’acteurs économiques – sociétés financières ou groupes industriels – domine la grande majorité du capital de dizaines de milliers d’entreprises à travers le monde.


Crédit : Michael Aston

Leur étude, à la frontière de l’économie, de la finance, des mathématiques et de la statistique, fait froid dans le dos. Trois jeunes chercheurs de l’Institut fédéral de technologie de Zurich [1] ont scruté les interactions financières entre multinationales du monde entier. Leur travail – « The network of global corporate control » (le réseau de domination globale des multinationales) – porte sur un panel de 43.000 groupes (« transnational corporations ») sélectionnés dans la liste de l’OCDE. Ils ont mis en lumière les interconnexions financières complexes entre ces « entités » économiques : part du capital détenu, y compris dans les filiales ou les holdings, prise de participation croisée, participation indirecte au capital…

Résultat : 80 % de la valeur de l’ensemble des 43.000 multinationales étudiées est contrôlé par 737 « entités » : des banques, des compagnies d’assurances ou des grands groupes industriels. Le monopole de la possession du capital ne s’arrête pas là. « Par un réseau complexe de prises de participation », 147 multinationales, tout en se contrôlant elles-mêmes entre elles, possèdent 40 % de la valeur économique et financière de toutes les multinationales du monde entier.

Une super entité de 50 grands détenteurs de capitaux

Enfin, au sein de ce groupe de 147 multinationales, 50 grands détenteurs de capital forment ce que les auteurs appellent une « super entité ». On y retrouve principalement des banques : la britannique Barclays en tête, ainsi que les « stars » de Wall Street (JP Morgan, Merrill Lynch, Goldman Sachs, Morgan Stanley…). Mais aussi des assureurs et des groupes bancaires français : Axa, Natixis, Société générale, le groupe Banque populaire-Caisse d’épargne ou BNP-Paribas. Les principaux clients des hedge fund et autres portefeuilles de placements gérés par ces institutions sont donc, mécaniquement, les maîtres du monde.

Cette concentration pose de sérieuses questions. Pour les auteurs, « un réseau financier densément connecté devient très sensible au risque systémique ». Quelques-uns flanchent parmi cette « super entité », et c’est le monde qui tremble, comme la crise des subprimes l’a prouvé. D’autre part, les auteurs soulèvent le problème des graves conséquences sociales que pose une telle concentration. Qu’une poignée de fonds d’investissement et de détenteurs de capital, situés au cœur de ces interconnexions, décident, via les assemblées générales d’actionnaires ou leur présence au sein des conseils d’administration, d’imposer des restructurations dans les entreprises qu’ils contrôlent… et les effets pourraient être dévastateurs. Enfin, quelle influence pourraient-ils exercer sur les États et les politiques publiques s’ils adoptent une stratégie commune ? La réponse se trouve probablement dans la brûlante actualité des plans d’austérité.

Ivan du Roy

- Le blog de Paul Jorion propose une traduction en français de la présentation détaillée de l’étude.

http://www.bastamag.net/

Notes

[1] L’Italien Stefano Battiston, qui est passé par le laboratoire de physique statistique de l’École normale supérieure, le Suisse James B. Glattfelder, spécialiste en réseaux complexes, et l’économiste italienne Stefania Vitali.

Lire aussi :

 

6 300 personnes meurent au travail chaque jour

Par Nolwenn Weiler (23 septembre 2011)

2,02 millions : c’est le nombre de personnes qui meurent, chaque année, dans le monde, de maladie ou d’accidents liés au travail. Soit 6 300 par jour. Auxquels s’ajoutent 317 millions de travailleurs blessés dans des accidents, soit une moyenne de 850 000 blessés chaque jour.

Publiés lors du 19e congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail, qui s’est déroulé du 11 au 15 septembre dernier en Turquie, ces chiffres révèlent une hausse du nombre de décès dus au travail entre 2003 et 2008. La diminution du nombre d’accidents mortels a été annulée par la hausse des décès faisant suite à des maladies professionnelles. Au terme du congrès, les quelque 4 000 présents (chercheurs, responsables politiques, représentants des employeurs et des syndicats de salariés) semblaient d’accord sur l’importance du renforcement de la prévention et sur le fait qu’il fallait inciter les États à réglementer plus fermement la sécurité et la santé des salariés. Mais comment va faire la France pour accorder ce constat avec le démantèlement de la médecine du travail ?

 

http://www.bastamag.net/

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