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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 21:46

 

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                                                                    http://vazy-jetecrois.com/spip.php?article210

 

« Celui qui parvient à se représenter la souffrance des autres a déjà parcouru la première étape sur le difficile chemin de son devoir. »    (Georges Duhamel, Paroles de médecin)

A quand la Révolution de l’Amour ? 

(Le cri du cœur d’une révoltée nommée sœur Emmanuelle

Il y a révolte et révolte. Il m’a fallu des années de confrontations multiples avec la misère pour le comprendre. Il y a une révolte spontanée, viscérale, devant telle ou telle situation. C’est une réaction trop étroite qui s’arrête au temps et au lieu, sans autre horizon. Mais, à force de constater les mêmes faits dans de multiples pays, il m’a bien fallu comprendre qu’ils avaient une même cause. Quelque chose s’est alors déclenché en moi, une vision planétaire et une révolte plus profonde. Réfléchie, elle cherche à s’attaquer à la tête de l’hydre, et non plus seulement à colmater les brèches.

Cette révolte-là est essentielle. Comme elle est incomprise et peu partagée ! En effet, la plupart des hommes sont prêts à répondre ponctuellement à telle ou telle détresse, avec grande générosité parfois. Mais ils considèrent en général que la pauvreté est inéluctable. C’est comme ça : elle fait partie du paysage, de toute société, du système économique.

Au terme de mon parcours, je sens donc la nécessité d’éveiller les consciences : continuons à porter secours, mais n’oublions pas les causes. Le scandale vient en effet d’un ordre planétaire injuste et finalement accepté. (…) Je ne fais pas de politique au sens courant du terme, mais je cherche à éveiller les consciences sur l’injustice vécue dans la cité, je pousse les jeunes et les moins jeunes à se lancer dans les instances nationales et internationales pour batailler et s’unir à tous ceux qui n’acceptent pas que des pauvres soient humiliés et que des peuples aient faim.

La nature de l’homme est sociale et fraternelle. C’est dans l’ordre politique, celui de la relation entre les hommes, entre les peuples, que se jouent et le bonheur de l’homme et le projet de Dieu. Lorsque les sentiments de charité se font « politiques », au sens noble et large du terme, lorsque les mots d’amour et de justice se traduisent en actes, sengage alors une éthique divine. Cest véritablement entrer là dans le choix de Dieu. A linverse de « politiques » qui, à travers des pratiques contestables, cherchent la victoire d’intérêts personnels, le pouvoir de quelques-uns sur les peuples, la domination des uns sur les autres, le message qui parcourt la Bible implique une politique divine, une vision politique d’ordre spirituel.

Les prophètes d’Israël ne craignent pas l’impopularité quand il s’agit de combattre l’injustice des puissants. () Ils n’y vont pas de main morte, les prophètes ! Voici Osée : « Ecoutez la parole de Yahvé, enfants d’Israël, car Yahvé est en procès avec les habitants du pays : il n’y a ni fidélité, ni amour, ni connaissance de Dieu dans le pays, mais parjure et mensonge, assassinat et vol, adultère et violence, et le sang versé succède au sang versé. Aussi le pays est en deuil, et tous ses habitants dépérissent jusqu’aux bêtes des champs, aux oiseaux du ciel, et même les poissons de la mer disparaissent ! » (Os. 4, 1-3). La leçon est claire : la justice appelle le bonheur, tout genre d’oppression est germe de malheur. « Opprimer le pauvre, c’est outrager le Créateur » (Pr. 14, 31). Langage fort de ceux qui parlent au nom de Dieu ! Ils risquent la prison, l’exil, la mort. Peu importe, il faut crier la vérité comme le fit le Christ. En sélevant contre la classe dirigeante, il savait qu’il risquait sa vie. Mais, quand le souffle de l’Esprit habite un homme, il n’a peur de rien et même pas de la mort.

La plupart dentre nous, « bons » chrétiens, n’avons-nous pas perdu ce souffle de tempête ? Prudence, pas d’histoire ! Le langage tenu aujourd’hui est trop modéré pour soulever le monde. Où entend-on aujourd’hui le verbe audacieux d’un saint Jean Chrysostome devant la cour de Constantinople : « Malheur à vous qui laissez pourrir vos vêtements cousus d’or dans vos coffres tandis que le peuple reste nu » ? Où entend-on l’exclamation d’un saint Basile : « Vous volez aux pauvres tout ce que vous gardez en surplus » ? (…) Il n’est pas inutile, certes, de « faire la charité ». Beaucoup y sont appelés. Il faut plus encore s’attaquer à la cause du mal. Or celle-ci est politique : elle concerne des systèmes sociaux et économiques, à l’intérieur des nations comme entre les nations.

L’ignorer serait s’éloigner de la tradition prophétique. Sans cesse elle s’attaque à la tête de l’hydre, toujours la même et chaque fois différente au cours des siècles : les structures oppressives que les puissants instaurent pour saigner les pauvres gens. Par la bouche des prophètes, c’est Dieu qui s’insurge : « Ils mangent mon peuple, voilà le pain qu’ils mangent ! » (Psaumes 14, 4). Qui voudra donc entrer dans cette insurrection divine ?

Sœur Emmanuelle, Richesse de la pauvreté, Éditions J’ai Lu, 2002, pages 11 et 112-114.

 

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commentaires

miss France 04/12/2010 23:03



je lui fait pouet pouet ,elle me fait pouet pouet ,on s'est compris .



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