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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 02:16

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Affamer l'Iran est contraire à une politique de paix

 

3 février 2012 (Nouvelle Solidarité) — La décision de l’Union européenne du 23 janvier de mettre en place un embargo sur le pétrole iranien à partir de juillet 2012, a été présentée comme une alternative à la guerre, mais c’est tout le contraire. Les Iraniens sont déjà sonnés par l’impact des sanctions économiques, et cette nouvelle décision aura des effets dévastateurs à la fois sur l’Iran et sur les pays comme la Grèce et l’Italie qui dépendent des importations de pétrole iranien.

Pire encore, selon le quotidien turc en langue anglaise Today’s Zaman, les banques de l’UE ont cessé de financer le transport de céréales à destination de l’Iran, qui est grand importateur de maïs, d’autres céréales, ainsi que de nourriture.

Toute interdiction de fait d’exportations alimentaires risque de mener à une situation de grande faim, et c’est bien là l’intention. « C’est désormais un fait que les banques de l’UE ne financeront pas le commerce des cargos de céréales, de graines oléagineuses ou de quoi que ce soit à destination de l’Iran », a déclaré un négociant de céréales européen au quotidien. « Certains acheteurs iraniens cherchent à passer par d’autres méthodes de paiement évitant les lettres de crédit, essentiellement le paiement direct, mais c’est impraticable pour les transports d’importance. »

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a réagi à cette décision de l’UE en notant que les sanctions contre Téhéran n’ont rien à voir avec la solution du problème du programme nucléaire. Il a ajouté que Moscou s’efforce de faire reprendre les négociations internationales sur la question, pour empêcher « quiconque d’entreprendre des initiatives radicales ».

 
 

UE : la Russie offre l’espoir à la Grèce, la Troïka l’agonie


 

3 février 2012 (Nouvelle Solidarité) — Pour prendre la mesure de l’intention suicidaire de la politique de l’UE, il est utile de comparer la rencontre récente à Moscou entre le Premier ministre russe Vladimir Poutine et le dirigeant du parti grec de la Nouvelle démocratie Antónis Samarás, aux dernières exigences de la Troïka (BCE, Commission européenne et FMI) vis-à-vis d’Athènes.

Samarás a déclaré, selon Athen News, que sa rencontre avec Poutine « s’est passée dans un très bon climat et toutes les questions ont été approfondies. Il a fait montre d’un intérêt particulier et d’une volonté d’assister notre pays. Nous avons aussi parlé des problèmes dans les relations entre la Grèce et la Russie et nous avons examiné les voies pour les surmonter. »

Les discussions ont porté sur la coopération énergétique et l’investissement russe en Grèce, surtout dans les grands projets d’infrastructure, comme les ports, les aéroports et éventuellement les chemins de fer, qui seront partiellement privatisés. Poutine tient beaucoup à la construction de la portion sud du gazoduc South Stream, qui sera mis en chantier plus tôt que prévu, soit avant la fin de 2012.

Le PDG de Gazprom, Alexeï Miller, a exprimé de son côté un intérêt pour l’investissement dans le secteur public de l’énergie en Grèce, y compris dans la construction de centrales électriques dans l’Ouest du pays, qui pourraient être alimentées par le gazoduc South Stream. Samarás a également rencontré le chef de cabinet du Kremlin Sergueï Ivanov, ainsi que le patriarche russe Cyrille.

Le jour même où Samarás était à Moscou, l’infâme Troïka présentait ses nouvelles exigences au Premier ministre fantoche de la Grèce, Lucas Papademos. Elles sont plus que draconiennes : 150 000 licenciements dans le secteur public d’ici 2015, réduction des dépenses militaires et de santé, suppression d’institutions d’Etat. Mais ce n’est pas tout. On exige aussi la coupe des retraites, une augmentation supplémentaire des impôts et l’économie de 2,2 milliards d’euros supplémentaires dans les dépenses publiques prévues pour cette année, accompagnées d’une baisse des avantages de la sécurité sociale de 5 %.

Lors de la réunion du 30 janvier, les chefs de gouvernement de l’UE ont reporté la discussion sur l’adoption d’une proposition allemande exigeant que la Grèce cède sa souveraineté en matière fiscale et de dépenses à un « commissaire du budget » de la zone euro, avant de pouvoir bénéficier de la prochaine tranche d’aide de 130 milliards d’euros. Ce nouveau commissaire serait nommé par les ministres des Finances de la zone euro et serait chargé de superviser « tous les principaux postes de dépenses » du gouvernement. « La Grèce doit accepter de transférer sa souveraineté budgétaire au niveau européen pour un certain temps », affirme le document. Et plus loin : « Si une future tranche n’est pas déboursée, la Grèce ne pourra pas menacer ses créanciers d’un défaut de paiement, mais devra accepter à la place des réductions supplémentaires dans les dépenses primaires comme seule conséquence possible de tout non-déboursement. » Athènes serait aussi contrainte d’adopter une loi consacrant de façon permanente l’utilisation des recettes de l’Etat en priorité au service de la dette.

Entre-temps, les histoires d’horreur sur le terrain attestent de la misère croissante de la population grecque. Le maire d’Athènes, Georges Kaminis, ainsi que l’archevêché d’Athènes et le ministère de la Santé, viennent de présenter un rapport au Parlement sur l’augmentation dramatique du nombre de « nouveaux sans-abris ». Il s’agit de personnes issues de la classe moyenne, y compris des familles entières, qui se retrouvent à la rue. La plupart de ceux qui sont à la recherche d’un logement temporaire auprès des 52 lieux prévus à cet effet dans toute la ville n’ont pas pu payer leur loyer à cause de l’augmentation des impôts. D’autres, suite à la perte de leur emploi ou à la baisse de leur salaire, n’ont pas pu payer leurs cotisations de santé, et ne peuvent donc pas se faire soigner.

Encore plus révélateur de la barbarie imposée aux Grecs : certains sont contraints d’abandonner leurs enfants. SOS Enfants, qui gère des établissements pour enfants abandonnés ou maltraités, rapporte qu’elle a reçu entre 700 et 800 demandes d’aide de la part de familles depuis le début de 2011. Avant la crise financière, la raison la plus courante pour le placement d’enfants était la maltraitance. L’an dernier, près de 100 % des nouveaux placements ont eu lieu suite à une crise financière au sein de la famille. Les responsables s’attendent à ce que la situation devienne encore plus difficile au cours des prochains mois.

 

http://www.solidariteetprogres.org/UE-la-Russie-offre-l-espoir-a-la-Grece-la-Troika-l-agonie_08540


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