Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 02:01

La classe moyenne américaine est en perdition

 

La population américaine appartenant à la « middle class » nous indique peut être avec quelques années d’avance la voie que nous suivons, c’est pourquoi elle mérite tout notre intérêt.

 

Tout comme la classe moyenne française, la “middle class” américaine a longtemps fourni le plus gros des efforts fiscaux pour garder le navire à flots. Conscients de cet état des choses au coeur de la tempête, les politiques tentent avec du retard de colmater les fuites du navire en perdition. Nancy Pelosi vient d’annoncer qu’elle souhaitait maintenir les réductions d’impôts issues de l’ère Bush pour la classe moyenne. Cependant cette bienveillance apparente envers la middle class a tout du coup de communication politique, et ne doit pas faire oublier à quel point cette population est malmenée.

Divisions de la classe moyenne

Premièrement il existe de vraies disparités à l’intérieur de cette classe moyenne. Une étude d’Ariel investments a démontré que la récession était plus difficile pour la “black middle class” que pour sa contrepartie Wasp. Ainsi près de 50 % des ménages noirs gagnant plus de 50 000 $ par an ont vu leurs compte d’épargne et de retraite fondre à vue d’oeil ces deux dernières années, pour 31 % environ des ménages blancs. Malgré tout, les ménages afro-américains de la middle class sont plus optimistes que les ménages Wasp sur la sortie de crise.

Notons que cette façon de publier des études sur des critères ethniques, si typiquement américaine, présente pour les gouvernants l’immense avantage de diviser pour mieux régner à l’intérieur de cette classe moyenne. On ne sera donc pas étonnés si maintenant ou d’ici quelques années, la France emboîte le pas à ces méthodes visant à désolidariser un groupe qui pourrait autrement être beaucoup plus revendicatif.

Une décennie perdue pour la classe moyenne

Deuxièmement, la situation économique a été très néfaste à la classe moyenne américaine dans son ensemble. L’indice d’insécurité économique est à son plus haut depuis 25 ans. Si les ménages pauvres ont vu leur insécurité économique doubler sur cette période, le rapport de la Rockefeller Fondation insiste sur “l’agitation croissance de la middle class”.

Pour qui serait tenté d’agiter à ce propos le chiffon du fantasme ou du catastrophisme, voici quelques faits tangibles.

Le nombre d’américains sous le seuil de pauvreté a augmenté de 15 % entre 2000 et 2006.

Chaque année de nouveaux contingents viennent grossir ces rangs. Ainsi pour satisfaire un besoin primaire, près de 40 millions d’américains utilisent des coupons alimentaires en 2010, ce qui signifie qu’un habitant sur huit est maintenant dépendant du gouvernement fédéral pour se nourrir. Ce chiffre a augmenté de 21 % en un an, ce qui est considérable et sans précédent récent aux Etats-Unis. Et d’où viennent ces 21 % ? De la classe moyenne évidemment !

Pire, ce déclassement se fait parallèlement à une forte augmentation de richesse d’une infime minorité de la population. Selon Harvard Magazine, 66 % de la croissance entre 2001 et 2007 est allée à 1 % de la population. Les différents hold-up postérieurs à 2007, de la crise des subprimes aux saisies de biens immobiliers et faillites personnelles, ont encore aggravé ces inégalités.

Le taux de chômage réel en 2010 serait de près de 22 %. Ce chiffre inclue les “sous-employés” (le critère U6 du département du Travail américain), et les américains qui désespèrent de trouver du travail et ont cessé de chercher, sortant ainsi des statistiques officielles.

Obama, qui joue avec les vis du cercueil, sent venir le contrecoup politique. Il a beau faire des pieds et des mains pour montrer qu’il s’intéresse au problème, ses paroles restent impuissantes face à la dégradation de la condition de vie des classes moyennes. Le président américain a déclaré sur le sujet : “une récession brutale est venue s’ajouter à ce qui était déjà une décennie perdue pour la classe moyenne”. Jolie façon de dire qu’il n’y est pour rien, et que si ça empire, il n’y pourra rien.

Montée de la colère

Enfin comment ne pas parler de la montée du mouvement populiste “Tea Party”, décrit par ses adhérents comme le parti des américains ordinaires, déçus par l’étatisme et la politique telle qu’elle se pratique aujourd’hui, en résumé déçus je cite par “l’européanisation de l’Amérique”. Voilà qui est cocasse pour des Européens qui ont coutume de dénoncer “l’américanisation de l’Europe”.

Ce parti connaît une popularité croissante, mais il est encore mal structuré et éprouve du mal à formuler des voies politiques alternatives. L’écrivain Lee Harris raconte dans son livre “La prochaine guerre civile”, que la colère actuelle n’est que l’histoire séculaire d’une élite d’experts qui tente d’imposer sa volonté à des gens, dont un bon nombre finit par se révolter”. On comprend que cette “élite” ait du mal à tolérer la montée en puissance de Tea Party, et use de tous les artifices habituels pour le disqualifier. Tout l’enjeu est de savoir si cette colère sera canalisée par le système (peut être l’est-elle déjà ?), ou au contraire débordera de ses structures traditionnelles.

Mais qu’elle agisse politiquement ou non, la classe moyenne est regardée avec condescendance, comme en témoigne cet article du New York Times intitulé : No sex please, we’re middle class. Ce portrait au vitriol décrit l’homme du ménage de la classe moyenne comme un simple rouage d’une machine interne commandée par les femmes. Un homme éternellement garçon qui “porte d’encombrants T-shirts, shorts et espadrilles des classes d’enfant à l’âge mûr.

Une population soumise, infantilisée et interchangeable, qu’on peut railler à loisir, et démanteler morceau par morceau sans trop faire de vagues. La classe moyenne idéale en somme… A moins d’un grain de sable.

Similaire :

 

http:// www.filefi.com/la-classe-moyenne-americaine-est-en-perdition/

 


Source : http://www.filefi.com

 

 

 

L’émergence de la classe moyenne chinoise

Posté par Filefi dans Société le 29 juillet 2010

Nous poursuivons notre tour du monde des classes moyennes après la classe moyenne américaine et la française.  

 

Ici c’est le mouvement inverse au déclin occidental qui semble se produire : l’essor d’une classe moyenne et d’un marché intérieur à la Chine.

 

Réalité ou trompe-l’œil ?

Lire la suite : L’émergence de la classe moyenne chinoise

Eva, R-sistons à l'intolérable


Source : http://www.filefi.com

 


 

 

La classe moyenne va-t-elle exploser brutalement ou imploser en silence?

 

Constant Pourpier

 

Le déclin des classes moyennes est devenu un cliché moderne, qui suscite autant la colère que la résignation des populations concernées. En plein cœur de la crise, le sujet mérite pourtant qu’on s’y penche régulièrement : c’est le cœur de la société qui est touché, le ventre mou du classement diront les plus cyniques, son noyau dur diront les autres.


Un responsable du département "conditions de vie et aspirations des Français" déclare cette semaine à Capital.fr que "les classes moyennes ont du mal à faire le deuil de l’ascenceur social" et affirme que "le tableau est noirci à outrance". Un propos lénifiant en pleine crise économique.


On considère que les -ou la- classe moyenne est cette partie de la population qui se situe entre la classe pauvre et la classe riche. Louis Chauvel la définit comme une population bénéficiant d’un revenu stable, suffisant, d’une protection sociale relativement garantie, capable d’assurer une bonne éducation à ses enfants et pouvant se permettre certains loisirs. Des caractéristiques de plus en plus dégradées, à l’heure où deux tiers à trois quarts des français se perçoivent comme faisant partie de la classe moyenne, selon une étude du Centre d’analyse stratégique. Dans sa définition extensive, la classe moyenne représente plus de 80 % de la population.


Un système de distribution des richesses en "U"
Dans la réalité, les gains économiques les plus importants se trouvent aux deux extrémités du système : on a coutume de dire que les plus riches s’enrichissent, ce qui n’est pas dénué de fondement, mais les plus pauvres bénéficient également d’un transfert de richesse important.


Un colloque tenu au Sénat en 2007 a montré que de façon concrète, la catégorie de population la moins bien lotie est celle dans les revenus s’établissent entre 40% et 100% du revenu moyen, c’est à dire le bas de la classe moyenne, ou « lower middle class ».


Du côté des « pauvres », désignés comme tels jusqu’à 35% du revenu moyen, les ménages bénéficient, grâce aux transferts, d’un surcroît de revenu d’environ 20%. C’est un gain que l’on retrouve à partir de 140% du revenu moyen (soit 2170 euros par mois) et qui continue de croître en fonction du revenu.


Cela donne une forme de distribution des richesses en U, la classe moyenne se situant dans le creux du U.


Le moteur du système économique est fatigué


On voit que le nombre important de personnes pouvant se rattacher à la classe moyenne, et la redistribution exagérée des richesses qu’elle produit, devraient accaparer la plupart des débats politiques, économiques et sociaux.


La réalité est toute autre : la couverture médiatique et les politiques font de plus en plus comme si cette écrasante majorité n’était pas au cœur de leurs agendas, et s’intéresse en priorité à ceux qui pourraient rentrer dans cette classe moyenne, plutôt qu’à ceux qui ont le sentiment d’en sortir.


Un sentiment d’injustice énorme en découle, car à ceux qui pourraient y rentrer on fait miroiter l’illusion d’une prospérité continue et d’un gâteau toujours égal à partager, et à ceux qui en sortent ou craignent d’en sortir, on raconte que la « Crise » n’est que passagère, espérant noyer le poisson par des périphrases et autres rotations autour du pot.


A propos de pot, je ne résiste pas à l’envie de vous livrer ici cette réplique imaginaire de Mazarin, qui n’est pas un hoax mais tirée d’une pièce de théâtre intitulée "Le diable rouge". Le succès relatif de son buzz démontre tout son impact sur la psyché de la classe moyenne.


Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un fromage (comme un pot de chambre sous le derrière d’un malade) ! il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches… Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! Ce sont ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser… C’est un réservoir inépuisable.


Le succès de cette réplique pourrait se traduire par : Travailler plus ? Message reçu... Par une classe moyenne à qui on ne laisse guère le choix.


Entrée et sortie de la classe moyenne


Du côté de la sortie de la classe moyenne, ou de la prolétarisation progressive de sa population, il faut absolument citer le fait que c’est l’essor économique qui a permis son émergence massive, et qu’une crise économique et financière d’ampleur telle que nous la vivons la malmène forcément. Il serait pourtant logique de répartir de façon plus juste l’effort fiscal, car de la « lower middle class » à la pauvreté, il n’y a qu’un pas.


A l’aune de la crise mondiale, on peut également juger que les jeunes issus des classes moyennes qui entrent aujourd’hui sur le marché du travail, sont confrontés à des taux de chômage stratosphériques si on les rapporte à leur niveau de diplôme. Accepter un travail sans relation avec son niveau d’éducation et son diplôme, avec le risque élevé d’y rester toute sa vie, c’est d’abord cela le déclassement.


C’est aussi accepter de travailler toujours plus par peur d’une armée de chômeurs qui pousse derrière, accepter des rythmes infernaux pour atteindre les objectifs, et constater le taux de suicide effrayant dans les entreprises françaises. L’observatoire du stress et des mobilités forcées a émis l’idée que la tendance du suicide en entreprise s’accélère.


Voilà les résultats bien tangibles du déclassement. Et la crise amplifie ces phénomènes convergents de mois en mois. Nos politiques quinquennales nous ont habitué à des décisions de court terme et de courte vue, alors que le problème nécessiterait une vision stratégique, par définition de long terme.


Il faut pour l’instant considérer le déclassement comme un long déclin de la classe moyenne, qui perd par à-coups la possibilité de profiter d’un mode de vie acquis durant les trente glorieuses. Jusqu’à un certain seuil d’acceptation seulement ? La classe moyenne va-t-elle exploser de colère et d’indignation, ou imploser et se déliter morceau par morceau ? C’est à elle de répondre.
 


http://www.filefi.com/

 

 

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article04/EklpppkEAAItDnvWqJ.shtml

Partager cet article

Published by Eva R-sistons - dans Populations sinistrées
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • Le blog d' Eva,  R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
  • Contact

Recherche