Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 01:25
Sarkozy à Bobigny: allocations familiales suspendues en cas d'absentéisme scolaire injustifié
 
Auteur : Dépêche AFP - Source : La Croix-AFP
Le président Nicolas Sarkozy a annoncé que les allocations familiales seraient "systématiquement" suspendues en cas d'"absentéisme scolaire injustifié", lors d'un discours à Bobigny sur la sécurité, à l'occasion de la prise de fonction du  préfet Christian Lambert.
 "Désormais, la décision de suspendre les allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire injustifié et répétitif d'un élève devra avoir un caractère systématique", a déclaré Nicolas Sarkozy. 

 

 

Merci de lire la suite sur le site du journal

 - - - - - - - - - - - - - - - - -

Sans doute était-il absent en pensée, à l'époque où il apprenait le français. En tout cas, il va sûrement rendre intenables bien des situations parentales, quand les deux travaillent et ne peuvent surveiller leurs enfants, et n'ont pas le temps de les éduquer à la maison : les professeurs de moins en moins nombreux ne seront pas là pour y suppléer.

BO

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=12338

 

 

Double peine pour les parents... Par Mazarine Pingeot

 

Hier matin, France inter diffusait dans l'émission « interception »  un reportage sur les stages auxquels devaient participer les parents de graines de délinquants sous peine d'être eux-mêmes l'objet de poursuites pénales. L'acte de rébellion de ces enfants le plus fréquent était l'absentéisme. Ainsi se retrouvaient des parents, devant une avocate, un psychologue, une assistante sociale, mis au ban pour avoir « mal éduqué » leur progéniture. La Bible avait prévenu que les fils devraient payer les crimes de leur père, inaugurant par là une littérature innombrable dont les derniers avatars sont les traités de psychanalyse sur la culpabilité en héritage. Mais que les pères doivent payer pour les crimes de leurs fils, voilà une nouveauté originale, qui n'a plus grand chose à voir avec la psychanalyse mais plutôt avec ce que le président de la République avait pourtant combattu, à savoir la double peine. Double peine pour des parents dépassés, souvent eux-mêmes en proie à des difficultés insurmontables, qui non contents d'éprouver la douleur et la honte de voir leurs enfants leur désobéir et emprunter de mauvaises voies, se retrouvent devant les tribunaux, où des adultes du même âge qu'eux, ou plus jeunes, leur font des leçons de morale. Que doivent penser leurs enfants, qui défient l'autorité parentale, de voir leurs parents condamnés à leur place ? Qu'ils s'en sont bien tirés.

Tout cela à quel titre ? Au titre de la tranquillité sociale, puisqu'il a été clairement dit que les normes à intégrer n'étaient pas tant les normes morales que les normes sociales, les deux se confondant d'ailleurs dans un brouillard conceptuel, la visée idéologique étant elle d'une clarté terrifiante.

La justice se donne ici comme objectif de rendre ces adultes responsables, quelle ironie alors de les traiter avec un paternalisme bien-pensant - pour ne pas dire méprisant -, de leur taper sur les doigts parce qu'ils n'ont jamais dit « non » à leurs enfants, de leur expliquer comment il faut faire, quand un enfant sèche les cours, ou s'oppose à leur autorité. Sauf que d'une part il est trop tard et que d'autre part, les trois raisons pour lesquelles un adulte n'ose rien refuser à son enfant, sont schématiquement, le manque de temps, parce qu'il travaille - en général il n'a pas le choix, il faut bien les faire manger ces enfants à défaut de leur dire non, et ceux qui se retrouvent dans ces tribunaux sont plutôt de ceux qui n'ont d'autre option que de multiplier les heures de travail pour au moins assurer la subsistance de la famille, mais pour ça, la justice ne peut pas grand chose...la deuxième raison est souvent la déconnexion des parents avec l'environnement social, et donc celui de leur enfant, leur mauvais français, leur difficile intégration, ils se sentent rejetés, se replient sur eux-mêmes, et dans cette image que leur renvoie le miroir social, ils peuvent difficilement faire preuve d'autorité ; enfin l'incapacité de dire non peut relever d'un choix éducatif, vieilles résurgence de l'idéologie soixante-huitarde, « il est interdit d'interdire »..., mais ceux qui la prônent se retrouvent rarement face au juge. Les deux premières raisons relèvent de la misère sociale, et l'on voit mal en quoi elle est pénalisable ; comme si les parents devaient pallier l'échec des politiques de droite comme de gauche, de la ville, de l'intégration, etc...alors que leurs enfants sont en passe de devenir des adultes à leur tour. Convoquer des parents devant un tribunal, c'est les infantiliser, et l'on voit mal en quoi infantiliser des parents redorerait leur blason.

Outre l'inefficacité du dispositif, il faudrait s'interroger sur l'implication de cette loi. C'est qu'elle légifère directement la vie privée, la vie intime. Que l'Etat s'invite ainsi dans la sphère privée devrait sembler problématique, il est chargé de la sphère publique et le libéralisme (au sens de Locke) a précisément instauré cette distinction essentielle entre public et privé, comme garde fou contre la menace inhérente à la démocratie qui est celle du totalitarisme. Le dernier exemple de transgression en est le communisme en acte qui a célébré cette imbrication entre la société et l'Etat : la séparation de l'Etat et de la société est la garantie de la démocratie, leur fusion la porte ouverte à toutes les dictatures, qu'elles soient celles du « prolétariat » ou d'un homme. On a peut-être minimisé l'impact idéologique de cette idée, elle est pourtant alarmante. Suite ici :

 

http://mazarinepingeot.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/04/19/double-peine-pour-les-parents.html

Partager cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • Le blog d' Eva,  R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
  • Contact

Recherche