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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 03:13

 

http://www.achetermonappart.com/finance-conseil-patrimoine/apres-la-crise-economique/

 

ERIC CANTONA, LES BANQUES, L’EURO, LA GAUCHE ET LA DROITE

Déclaration du Bureau du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

Le 10 décembre 2010.


 

Sommaire :

 

 

 

Évidemment, comme c’était prévisible, l’appel d’Eric Cantona à boycotter les banques a été un échec. Mais l’initiative de l’ancienne star du football n’est pas à moquer. Elle est le symptôme d’une société où les gens sont désemparés, cherchent malgré tout des solutions, car les analyses et les propositions de la gauche et de la droite ne sont pas à la hauteur.

 Une initiative qui ne pouvait qu’échouer

Une vidéo de l’ancien joueur professionnel de football Eric Cantona prise le 8 octobre à Nantes a été diffusée sur Internet par un groupe d’internautes sur Facebook (http://www.bankrun2010.com) et fait depuis un « buzz ». Il conteste l’utilité des manifestations de rue et suggère de retirer son argent des banques : « Aller manifester dans la rue c’est quoi ? Ils retournent les choses contre toi. […] Au lieu de 3 millions de gens dans la rue, ils vont dans les banques et retirent leur argent, elles s’écroulent. […] Là il y a la révolution. »

Cette vidéo a été vue des dizaines de milliers de fois, y compris à l’étranger. La presse s’en est fait largement l’écho – par exemple le Financial Times -, comme un certain nombre de responsables politiques. Le jour J était le 7 décembre. Évidemment il ne s’est rien passé, les banques sont toujours debout.

Il n’y avait aucune chance, en effet, de susciter une « panique bancaire » par un mouvement général de retrait des dépôts. De plus, les premiers arrivés auraient été les premiers servis, divisant ainsi ceux qui étaient appelés à s’unir. Beaucoup de salariés se sont rendu compte qu’ils auraient dû renouveler l’opération tous les mois puisque les salaires sont obligatoirement versés par chèque sur un compte bancaire, compliquant le succès de cette initiative. D’autant qu’il aurait fallu faire tous les paiements des factures en liquide (seulement en-dessous de 3 000 euros, car au-dessous le paiement en espèces est interdit). Ajoutons que l’argent retiré des banques y retournerait aussitôt par le biais des commerçants auquel chacun achète ses biens de consommation courante, réduisant à peu de chose l’impact de cette initiative.

Devant l’impasse de cette initiative, d’autres ont lancé l’idée de changer de banque pour aller vers des banques « plus responsables » et « non spéculatives » afin de construire une finance « plus éthique ». Pourquoi pas. Mais cette gentille insurrection bancaire individuelle ne pourra pas remplacer le nécessaire soulèvement politique collectif.

 L’initiative d’Eric Cantona correspond à la rage justifiée d’une grande partie de la population, en France et ailleurs, face au système financier et bancaire

Même si l’appel d’Eric Cantona était loin de correspondre aux mesures à prendre pour mettre les banques hors d’état de nuire, le M’PEP est dans le même camp que lui : celui des citoyens qui en ont assez de ce système et de la langue de bois des dirigeants politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite.

Cantona a été trainé dans la boue par les grands médias et certains responsables politiques : ceux qui, précisément, sont responsables de la crise, et ceux qui ont pour besogne de répandre des rideaux de fumées. Les économistes les plus pourris, les plus achetés ou les plus vendus, ceux qui se sont toujours trompé, sont monté au créneau avec mépris.

Bien sûr, Cantona prônait l’action individuelle et non collective. Il avait tort, car l’action individuelle – nécessaire – n’est rien sans l’action collective. Son appel traduisait néanmoins un refus salutaire de la résignation. L’establishment a quand même eu très peur. Et c’est réjouissant ! Cantona : on est dans le même camp !

Si ce symptôme s’est développé, c’est bien parce que les citoyens sont désemparés devant l’absence d’alternatives politiques crédibles et mobilisatrices. Face à Cantona, les dirigeants politiques n’avaient rien à dire. Une interview réalisée par Le Monde du 2 décembre 2010 auprès de Pierre Moscovici (PS), Jean-François Copé (UMP), Jean-Luc Mélenchon (PG) et Nicolas Dupont-Aignan (DLR) confirme que gauche et droite n’ont pour l’instant rien de clair et de puissant à proposer.


 Face à Cantona, les dirigeants politiques n’avaient rien à dire


L’interview de Pierre Moscovici (PS), Jean-François Copé (UMP), Jean-Luc Mélenchon (PG) et Nicolas Dupont-Aignan (DLR) réalisée par Le Monde du 2 décembre 2010 témoigne des immenses difficultés que gauche et droite rencontrent pour analyser la crise et y apporter des réponses satisfaisantes. Ces interviews sont reproduites intégralement à la fin de ce texte en annexe 2.

 

La droite néolibérale,

celle qui est aux affaires et qui porte la responsabilité totale de la crise, par la voix de Jean-François Copé (Secrétaire général de l’UMP), ne propose que d’écoper à la petite cuiller alors que la crise de l’euro est un véritable tsunami. Qu’on en juge ! Celui qui a déjà annoncé sa candidature à la présidentielle de 2017, et qui ne pense qu’à ça, n’a rien trouvé de mieux pour sortir de la crise que de « limiter l’achat de CDS ("credit default swap") ». Il s’agit de produits d’assurance contre le risque de faillite d’un émetteur d’obligations, notamment les États. Certes ces produits financiers sophistiqués sont devenus hyper-spéculatifs, mais ils ne sont absolument pas la cause de la crise financière mondiale, ni celle de l’euro ! Quelle honte de proposer de telles âneries qui relèvent – on ne sait plus – de l’incompétence ou du cynisme le plus total. Là où cet ambitieux est clair en revanche, c’est lorsqu’il appelle à une « politique rigoureuse des déficits publics et donc des dépenses et des politiques publiques », à la « baisse du coût du travail », à une « TVA anti-délocalisation » qui se traduira par la hausse des prix pour les classes populaires et moyennes, et par la « sortie des 35 heures ». Bref, un programme à la Thatcher !

 

La droite gaulliste

incarnée par Nicolas Dupont-Aignan (Député de l’Essonne, président de Debout la République) est sur une ligne apparemment différente puisque son leader appelle à « sortir de la zone euro ». Il a raison. Mais il ne propose rien d’autre ! Si la sortie de l’euro est évidemment une décision nécessaire, elle n’est pas suffisante ! Le Royaume-Uni, par exemple, a refusé avec sagesse l’entrée dans l’euro. Il ne se trouve pourtant pas dans une situation nettement meilleure que celle des pays de la zone euro. La sortie de l’euro est une condition nécessaire, indispensable, cruciale, mais non suffisante pour résoudre la crise ! À partir de la sortir de l’euro, il faut prendre des mesures pour sortir de la crise.

Quant à la gauche, ses deux représentants, Pierre Moscovici et Jean-Luc Mélenchon, avec des propositions différentes, se retrouvent néanmoins à partager la même logique : celle de l’impuissance nationale.

 

Pierre Moscovici

(Secrétaire national du Parti socialiste chargé de la convention nationale sur « le nouveau modèle de développement ») estime « nécessaire que les États montrent qu’ils se désendettent, et à un rythme soutenu ». Mais comme il ne dit pas comment ce désendettement va s’opérer, on en conclut qu’il est d’accord pour faire de l’austérité comme ses petits camarades socialistes de Grèce, d’Espagne et du Portugal. Sa demande de « création d’un fonds monétaire européen dans lequel nous pourrions puiser pour aider les États en défaillance et dire clairement aux marchés que la spéculation est inutile » ne peut qu’impressionner les naïfs. Les désaccords politiques structurels sont tels à l’échelle de l’Union européenne, notamment avec les dirigeants allemands, qu’une telle perspective ne présente que très peu de chance de se traduire positivement à court et moyen terme. Même chose « au plan mondial, même si le G20 n’est pas bien parti, il faut avancer dans les négociations sur la parité des monnaies ». Quels magnifiques vœux pieux ! Quel puissant coup de pied en touche ! Tout ceci ne se réalisera que lorsque les poules auront des dents. Et en attendant, que fait-on ? On attend que les Vingt-Sept et les pays du G20 se mettent d’accord ? On ne peut rien faire, ici et maintenant, sauf à faire tourner des moulins à prières ?

 

Le leader du Parti de gauche,

Jean-Luc Mélenchon, même s’il propose quelque chose de différent (« Tout s’arrêterait net si la BCE [Banque centrale européenne] rachetait les titres de dette publique comme le fait la Fed […] faire des moratoires de paiement »), est dans la même logique que celle de Moscovici. L’un et l’autre ne proposent aucune mesure nationale. Tous deux renvoient à des décisions européennes dont rien n’indique qu’elles pourront être prises un jour. Aucun n’évoque la souveraineté nationale et la responsabilité qui est la leur, comme homme politique, de trouver des solutions aux problèmes sans s’en remettre aux autres, qu’il s’agisse de l’Union européenne, du Fonds monétaire internationale, du G20, ou… du Bon Dieu !

Quant au « moratoire » sur la dette proposé par Jean-Luc Mélenchon, c’est mieux que rien mais ce n’est pas une restructuration nécessaire de la dette. Cette mesure pourtant timide peut avoir des retombées considérables, si elle est appliquées, que ne mesure peut-être pas son auteur. Car décider d’un moratoire sur la dette signifie arrêter le paiement des intérêts et le remboursement du capital en promettant un recul des échéances à ceux qui auront acheté des obligations d’État. D’abord, il ne faut pas pénaliser les « petits porteurs » qui ne sont pour rien dans la crise. Ensuite, la conséquence instantanée d’un moratoire sur la dette sera l’impossibilité pour la France (ou pour tout autre pays) d’emprunter sur les marchés financiers. Il ne restera alors que trois solutions, à mettre en œuvre conjointement : faire appel à l’épargne nationale ; imposer aux banques et compagnies d’assurance l’achat de quotas d’obligations d’État ; faire acheter une partie des titres d’État par la banque centrale (nationale et non européenne !).

Le placement des obligations d’État aux ménages (dans un certain plafond pour éviter la constitution de rentes) est nécessaire dans un pays comme la France qui dispose d’une épargne abondante. Mais pour être efficace, cette mesure devra s’accompagner de la fermeture de toutes les « niches fiscales » et produits d’épargne défiscalisée. Par ailleurs, une telle politique ne sera pas possible, ou en tout cas peu efficace, dans des pays à faible taux d’épargne comme la Grèce

Imposer aux banques et compagnies d’assurance l’achat de quotas d’obligations d’État est également une décision qui doit être prise. Mais pour être efficace, et pour éradiquer définitivement la spéculation, elle devra s’accompagner de la suppression du marché secondaire : les banques et compagnies d’assurance ne pourront plus revendre leurs titres d’État une fois qu’elles les auront achetés, sauf à l’État lui-même. Une telle décision sera en contradiction totale avec le traité de Lisbonne qui prohibe les entraves à la liberté de mouvement de capitaux. La France (ou n’importe quel autre pays dans ce cas) devra alors désobéir à l’Union européenne.

L’addition de l’épargne nationale et des quotas imposés aux banques et compagnies d’assurance ne suffira pas, il faudra faire acheter une partie des titres d’État par la Banque de France. Or c’est totalement interdit par le traité de Lisbonne. Jean-Luc Mélenchon est-il prêt à proposer de passer outre le traité de Lisbonne (il parle de « sortir du traité de Lisbonne ») pour faire de la création monétaire à partir de la Banque de France ?

 La situation est trop grave pour se contenter de demi-mesures : tout commence par la sortie de l’euro, mais ce ne sera pas suffisant

La monnaie unique actuelle repose sur une conception ultralibérale de la politique monétaire qui retire les banques centrales du pouvoir politique (Banque centrale européenne « indépendante »). La monnaie doit, au contraire, faire partie intégrante de la politique économique des gouvernements, sinon elle est placée, comme l’euro, sous la tutelle des marchés financiers.

Pour accéder à l’appel du M’PEP pour sortir de l’euro, qui en précise les raisons, cliquez ici :

http://www.m-pep.org/spip.php ?article1911

 Rappel des propositions résumées du M’PEP :

1.- Annuler les plans d’austérité.
2.- Annoncer le défaut de paiement et restructurer la dette.
3.- Sortir de l’euro et revenir aux monnaies nationales.
4.- Dévaluer.
5.- Reprendre en main la politique monétaire.
6.- Nationaliser les banques et les compagnies d’assurance.
7.- Démanteler les marchés financiers spéculatifs.
8.- Contrôler les changes et les mouvements de capitaux.
9.- Lancer une nouvelle politique économique fondée sur le droit opposable à l’emploi, des mesures protectionnistes dans le cadre universaliste de la Charte de La Havane, et une mutation écologique du mode de production.
10.- Agir pour une monnaie commune (et non unique) débordant largement le seul périmètre des vingt-sept pays membres de l’actuelle UE.
11.- Désobéir à l’Union européenne tant que ce système n’aura pas été démantelé.

Pour accéder aux propositions détaillées du M’PEP, cliquez ici : http://www.m-pep.org/spip.php ?rubrique304

 Annexe 1 : l’initiative d’Eric Cantona

Cette initiative ne pouvait aboutir, notamment pour les raisons suivantes :

 1.- Il n’y avait aucune chance de susciter une « panique bancaire »

Une « panique bancaire » se produit lorsque les déposants se précipitent à leur banque et demandent à retirer leur argent. Une telle mobilisation de masse ne peut exister que dans un contexte de crise aigüe, proche du chaos ou de la révolution. Nous ne sommes absolument pas dans une telle configuration.

 2.- Les premiers arrivés auraient été les premiers servis

Dans un mouvement général de retrait d’argent des banques, ce sont les premiers arrivés qui sont les premiers servis. Dans une petite agence, par exemple, il y a peu de liquide et les derniers arrivés n’auraient rien reçu. Est-ce juste ? C’est pourquoi les banques demandent, en cas de retrait d’un certain montant, qu’on les prévienne à l’avance. Si les montants demandés avaient dépassé leurs possibilités de remboursement, les banques auraient demandé à l’État de bloquer les sommes pour préserver le système ! Il aurait alors fallu aller dans la rue, contrairement à l’opinion d’Eric Cantona !

 3.- Beaucoup de salariés auraient dû renouveler l’opération tous les mois puisque les salaires sont obligatoirement versés par chèque sur un compte bancaire

Le Code monétaire et financier précise, Section 4 (« Mode de paiement du salaire ») que le salaire est payé dans les conditions fixées par Article L3241-1 du Code du travail qui stipule que « Au-delà d’un montant mensuel déterminé par décret, le salaire est payé par chèque barré ou par virement à un compte bancaire ou postal. » Le montant est aujourd’hui de 1 524 euros nets.

 4.- La vie des salariés aurait été encore plus compliquée qu’aujourd’hui

Puisque les sommes auraient été retirées des banques, tous les paiements auraient été désormais réglés en liquide. Chacun aurait alors dû déambuler avec les poches bourrées de liquide en prévision des dépenses quotidiennes. Le plus compliqué, et la source d’une perte de temps infinie aurait été le paiement d’un certain nombre de factures comme EDF, GDF, impôts, cantines scolaires, loyers, remboursement de prêts…

 5.- Il n’aurait plus été possible de faire certaines opérations

Le Code monétaire et financier, Section 3 « Interdiction du paiement en espèces de certaines créances », stipule en son Article L112-6 modifié par la loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010, art. 203 : « Ne peut être effectué en espèces le paiement d’une dette supérieure à un montant fixé par décret, tenant compte du lieu du domicile fiscal du débiteur et de la finalité professionnelle ou non de l’opération. » Le montant est aujourd’hui de 3 000 euros TTC. Interdit, donc, tout paiement en liquide supérieur à 3 000 euros.

 6.- L’argent retiré des banques serait immédiatement retourné… aux banques !

Les citoyens auraient continué à régler leurs dépenses de consommation quotidienne auprès des commerçants avec du liquide. Mais qu’auraient fait les commerçants de ce liquide ? Ils l’auraient remis aux banques !

Au total, cette initiative, même si elle avait mobilisé des millions de citoyens, aurait été un coup d’épée dans l’eau.

 Annexe 2 : les quatre interviews du Monde du 2 décembre 2010.

 Pierre Moscovici (Secrétaire national du PS chargé de la convention nationale sur « le nouveau modèle de développement »)

« L’interrogation est de savoir si la seule façon de répondre aux attaques contre la zone euro est de mettre en place partout des politiques de rigueur, comme le font les dirigeants européens qui sont conservateurs ou en difficulté, comme en Espagne ou Portugal. La plupart des économistes pensent que ce n’est pas le bon remède. La "rigueur" telle qu’elle est pratiquée, c’est prendre le risque de la déflation ou d’une croissance durablement faible. Il est certes nécessaire que les États montrent qu’ils se désendettent, et à un rythme soutenu, mais ils doivent aussi dire clairement aux spéculateurs qu’ils ne se laisseront pas faire, qu’ils échoueront à défaire la zone euro. Nous sommes très attachés à un euro protecteur à long terme qui ne doit pas être punitif ni dépressionnaire. Il faut éviter de tenir un discours pessimiste, comme le fait parfois la chancelière allemande Angela Merkel, ce qui peut servir ses intérêts à court terme, mais qui inquiète sur l’avenir de la zone euro. Il faut donc que jouent de nouveaux mécanismes de solidarité. C’est la raison pour laquelle nous demandons la création d’un fonds monétaire européen dans lequel nous pourrions puiser peur aider les États en défaillance et dire clairement aux marchés que la spéculation est inutile. La coordination des politiques économiques est donc la clé de tout. Elle doit favoriser un juste équilibre entre la stabilité et le désendettement d’un côté et la croissance de l’investissement et de la consommation de l’autre, en décidant de politiques budgétaires et fiscales extrêmement sélectives. Au plan mondial, même si le G20 n’est pas bien parti, il faut avancer dans les négociations sur la parité des monnaies. Les réglages des politiques monétaires doivent être extrêmement fins, et nous ne pouvons pas accepter le laxisme tel que le pratique aujourd’hui la Réserve fédérale américaine. »

 Jean-François Copé (Secrétaire général de l’UMP)

« Il faut être extrêmement ferme et très clair vis-à-vis des marchés : il n’y aura pas de défaillance au sein de la zone euro. Les décisions très rapides prises ce week-end montrent que, grâce aux mécanismes mis en place, l’Europe reste dans cette crise l’un des endroits les plus sûrs du monde pour les investisseurs. Il faut continuer de limiter la spéculation : cela veut dire limiter l’achat de CDS ["credit default swap", un produit d’assurance contre un défaut d’un emetteur] a ceux qui détiennent effectivement de la dette souveraine alors que certains spéculateurs en achètent sans aucun risque a garantir. Il faut s’attacher à renforcer la crédibilité des États membres, sur la durée, par une politique rigoureuse des déficits publics et donc des dépenses et des politiques publiques. C’est indispensable pour les pays menacés, comme l’Espagne et l’Irlande, mais ça l’est aussi pour les pays qui se portent garants, comme la France et l’Allemagne. Il faut inlassablement travailler à accroître la compétitivité de nos entreprises, à l’image de l’Allemagne qui, depuis dix-quinze ans, a réussi à faire baisser le coût du travail et à faire porter le financement de son modèle social par une part de sa TVA. C’est ce que j’appelle la TVA anti-délocalisation. Pour la France la sortie de crise est un rendez-vous de compétitivité, qui passe par la baisse du coût du travail, la TVA anti-délocalisation et la sortie des 35 heures. C’est aussi mettre la priorité sur l’exportation en transformant nos petites entreprises en entreprises de taille moyenne à la conquête des pays émergents. Les BRIC [Brésil-Russie-Inde-Chine] nous attendent ! Cela signifie, à la clé, que la gouvernance européenne, aujourd’hui informelle mais efficace en période de crise, comme cela vient d’être une nouvelle fois démontré, puisse se formaliser dans la durée, comme le propose la France. Dans cette optique, le G2 France-Allemagne, que j’appelle de mes vœux, doit être en pointe dans la voie de la convergence des politiques fiscales, budgétaires et économiques. »

 Jean-Luc Mélenchon (Coprésident du Parti de gauche)

« La crise de l’euro n’est pas un drame pour tout le monde. Elle procure de juteux profits grâce à la tonte des peuples sous tutelle du FMI [Fonds monétaire international]. La spéculation règne. Tout s’arrêterait net si la BCE [Banque centrale européenne] rachetait les titres de dette publique comme le fait la Fed. Une solution serait aussi de faire des moratoires de paiement. On apurerait les comptes plus tard en remplissant les caisses avec la tonte des hyperprofits par l’impôt. La crise de l’euro, c’est celle de la politique monétariste. Pourtant, la cupidité et le dogmatisme exigent encore des saignées. L’Union européenne les impose aux pays attaqués par les « banksters » Suicide : l’économie se contracte. Le problème est politique, la solution sociale et électorale : un programme de gauche musclé. »

 Nicolas Dupont-Aignan (Député de l’Essonne, président de Debout la République)

«  La seule réponse possible, c’est sortir de la zone euro. Il ne peut y avoir de monnaie unique sur des économies de structures différentes. Il y a deux façons de le faire. D’abord, la "retraite organisée. C’est-à-dire acter la mort de l’euro et organiser l’euro comme une monnaie commune avec les monnaies nationales qui peuvent fluctuer les unes par rapport aux autres au regard des compétitivités des pays. Ce qui n’interdit en rien le maintien d’un instrument de réserve et d’une coordination entre les monnaies. L’autre façon est plus brutale. Si les dirigeants européens s’entêtent à maintenir l’euro, ça explosera dans le désordre et on reviendra à des monnaies nationales sans coordination entre elles. Le choix n’est plus pourquoi il faut sortir de la zone euro, le choix c’est quand et comment. »

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article1946

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commentaires

pranakundalini 11/12/2010 12:30



Le seul moyen de se sortir de la crise monétaire qui est due au systéme d'interets sur la dette est de changer de systéme monétaire c'est à dire qu'il faut sortir du système d'argent dette et
creer une monnaie durable basée sur la production nationale et de nationaliser l'émission monétaire



pranakundalini 11/12/2010 12:27



Il y a une bonne raison à l'echec de l'opération Cantona:


C'est que les banques créent la monnaie ex-nihilo à volonté et à profusion...


C'est apparament quelque chose qui n'a pas encore été compris.


voir et revoir la video de paul Grignon : l'argent dette



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