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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 15:34


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20/03/2012 - Se préparer au pire, pour l’éviter

« Chers amis, il va sans dire que la note qui suit est secrète et qu’elle ne doit pas sortir de vos quatre bureaux. Elle ne vise qu’à vous servir et à orienter vos équipes dans les prochaines semaines.

Notre agence, sous les divers noms qu’elle porte, conseille les principaux candidats à l’élection présidentielle française. Nous pouvons en être fiers. C’est le fruit d’un long travail, mené depuis de longues années, pour obtenir la confiance de ces gens-la et de leurs entourages. C’est aussi le résultat des travaux approfondis de vos équipes de publicitaires, de sociologues, de spécialistes de sondages, de marketing interactif, d’internet, et de toutes les autres techniques, sans cesse renouvelées, si nécessaires à l’exercice de notre métier, dont je vous rappelle la haute et belle mission: convaincre.

Pour l’instant, la campagne présidentielle française se déroule parfaitement bien, conformément a nos recommandations et à nos intérêts.

Suivant nos prescriptions, tous les candidats sérieux refusent soigneusement de parler de leurs bilans et encore plus de leurs programmes. Nous avons réussi à les convaincre que les électeurs sont amnésiques et myopes, que la campagne n’est pour eux qu’un spectacle et qu’ils ne s’intéressent ni au passé ni a l’avenir. Il était alors facile de leur démontrer la nécessité de sortir chaque jour une idée nouvelle, faisant oublier celle de la veille. Peu importe le sujet, l’important est qu’on en parle, de ne pas rester immobile, de donner le sentiment d’un dynamisme illimité. Et surtout, d’éviter d’être taxé de routinier, d’ennuyeux : qui voudrait passer les cinq prochaines années avec un Président qui rabâcherait sans cesse les mêmes idées, de peur de se contredire ?

Ceci est peut-être contraire à l’intérêt de la démocratie, qui exigerait que les candidats s’affrontent en profondeur sur leurs visions et sur leurs projets. Ce n’est pas notre affaire et ne doit pas le devenir. Notre intérêt est de vendre à chaque camp un maximum de sondages (au moins un par jour), d’études qualitatives (au moins trois par semaine). Cela nous permettra non seulement d’engranger un confortable chiffre d’affaires, mais aussi, avantage annexe, de relayer, jour après jour, les messages et les préoccupations de nos autres clients, entreprises commerciales, dont dépend notre bien être.

En principe, il ne faut pas s’inquiéter : la tyrannie du neuf est partout dans cette société, pour notre plus grand bénéfice. Et même si nous n’existions pas (et après tout, nous n’existons peut-être pas), tout se passerait sans doute de la même façon. Mais si je crois utile de vous l’écrire aujourd’hui, c’est pour que vous restiez vigilants, pour que vous évitiez tout dérapage, possible pendant les derniers jours, au cas où les électeurs deviendraient soudain plus pressants.

Aucun sujet ne doit donc rester d’actualité pendant plus de 24 h. A vous de proposer chaque jour à chaque équipe de campagne, selon le résultat de vos études, des sujets nouveaux et différents. A vous de créer des polémiques, de tester des humeurs, des mots, des gestes, des attitudes, des sourires, des slogans. Tout, sauf des projets.

Je compte sur vous. »

Attali blog


12/09/2011 - Se préparer au pire, pour l’éviter

Il serait temps, en France, de se préparer au double choc à venir de la crise bancaire et de la crise des finances publiques. Il vient. Il sera là bientôt. Et personne ne réfléchit assez au scénario du pire ; comme s’il suffisait, pour le conjurer , de ne pas y penser.

Voici ce que serait son déroulement, en dix étapes :

1. La Grèce, n’ayant plus les moyens de financer ses déficits, arrête de rembourser ses créanciers, de servir une partie de ses retraites, de payer une partie de ses fonctionnaires. Toutes les banques lui ayant prêtées et toutes les entreprises qui lui vendent des armes et autres produits de première nécessité subissent des pertes. La Grèce ne sort pas alors pour autant de la zone euro : aucun traité ne l’y contraint, ni même ne le rend possible ; de plus, nul ne peut forcer les Grecs à convertir les euros qu’ils détiennent en une drachme de moindre valeur.

2. Pour renflouer ce pays, l’eurozone refuse alors d’utiliser les maigres ressources du Fonds de stabilisation Européen, et de créer des eurobonds, ( qui n’ont de sens qu’avec une fiscalité européenne, pour les rembourser, et un contrôle européen des déficits des budgets nationaux , pour éviter d’en faire un mauvais usage) .

3 . Faute d’instruments financiers européens suffisants, les autres pays de l’Union abandonnent la Grèce à son sort.

4. Les marchés, c’est-à-dire pour l’essentiel les préteurs d’Asie et du Moyen-Orient, s’inquiètent de cet abandon et font payer de plus en plus cher leurs capitaux au Portugal, à l’Espagne, à l’Italie .

5. La crise s’étend à la France, quand on réalise que sa situation financière n’est même pas aussi bonne que celle de l’Italie, (dont le budget, hors service de la dette, est en excédent, à la différence de celui de la France) , et quand on mesure que ses banques et compagnies d’assurances portent une large part de la dette publique des pays périphériques et détiennent encore massivement des actifs toxiques, sans valeur aujourd’hui.

6. Pour éviter l’effondrement de ces banques , on cherche des actionnaires, privés ou publics. En vain : il faut trouver, pour les seules banques françaises, l’équivalent de 7% du PIB.

7. En panique, la Banque Centrale Européenne consent alors un financement massif à ces banques, réglant une nouvelle fois un problème de solvabilité en fournissant de la liquidité.

8 Horrifiée de ce laxisme, l ‘Allemagne sort alors de l’euro et crée un « euro+ », selon un plan déjà bien préparé qui, selon une banque suisse, coute à chaque citoyen allemand entre 6 et 8000 euros la 1ère année, puis 3500 à 4500 annuels.

9. L’explosion de l’Euro révèle alors aux marchés que les banques anglo-saxonnes ne vont pas mieux , parce qu’elles ne se sont pas débarrassées, elles non plus, de leurs produits toxiques et parce que la bulle immobilière n’est plus là pour faire illusion.

10. C’est alors l’effondrement du système financier occidental, une grande dépression, un chômage généralisé, et à terme, la remise en cause, même, de la démocratie.

On n’exorcise pas une telle tragédie en refusant d’y réfléchir. Et puisque les gouvernements ne semblent pas prêts à agir sérieusement pour l’éviter, pourquoi ne pas demander au Parlement européen de se réunir en session extraordinaire, de se déclarer « Assemblée constituante », votant la mise en place d’un véritable fédéralisme budgétaire, dont dépend la survie de tout ce que nous avons construit, depuis que l’Europe a renoncé à la barbarie. Il n’y a pas si longtemps.

Attali blog


08/08/2011 - Tous ruinés dans dix mois?

Les marchés ne laissent aucun répit aux peuples aussi longtemps que les hommes politiques ne se conduisent pas en hommes d’Etat.

Cette vieille loi, valable depuis des siècles, est aujourd’hui d’une cruelle actualité.

Il ne sert a rien de refaire l’Histoire ; de répéter que si les décisions prises au dernier sommet européen l’avait été 18 mois plus tôt , il n’y aurait pas de crise de l’euro aujourd’hui, car l’eurozone disposerait de l’outil technique et de l’arme juridique pour contrer la spéculation. En particulier, les banques ne pourraient plus, en même temps et au sein du même établissement, constater des pertes sur les emprunts d’Etat d’un pays et vendre à découvert ces mêmes obligations.

Il est désespérant d’avoir à répéter qu’existe aussi une solution aux problèmes structurels de l’Eurozone ; une solution que beaucoup proposent depuis des années: la mutualisation d’une part plus grande de la TVA entre pays de l’Union , pour financer le service d’eurobonds émis par une entité ad hoc de l’euro zone. Ces eurobonds pourraient utilement se substituer à une partie des dettes nationale et permettre à l’Europe de réinventer son avenir industriel, entrepreneurial et technologique ; et de rembourser sa dette par la seule manière raisonnable, la croissance . Cela ne dispenserait pas d’effort les pays les plus endettés ; c’est à leur portée : il suffirait par exemple de taxer pendant dix ans de 1,5% la fortune privée des Italiens ( qui est, en proportion, près de 25% supérieure a celle des autres européens) pour faire disparaître la dette publique de ce pays.

Seulement voilà: les dirigeants européens, sous l’influence de groupes de pression a courte de vue, et incapables de penser la politique hors des exigences de la finance, n’ont pas cru à la gravite de la dynamique en marche depuis la fin de 2007. Ils se sont contentés de naviguer au plus près, d’illusoires sommets européens en G20 de pacotille , repoussant les échéances par des mesures minuscules et de déclarations contradictoires.

S’ils ne veulent pas rester dans l’Histoire comme les fossoyeurs de l’euro, et de l’Union, les dirigeants européens doivent agir très vite. Ils doivent convoquer un nouveau sommet de l’eurozone, qui décidera enfin de ce pas nécessaire vers le fédéralisme en Europe. Et qui, en attendant que cela puisse entrer en vigueur, après le vote des parlements nationaux, qui devront pour cela être convoqués au plus tôt, autoriserait la BCE à défendre la valeur de l’euro et la liquidité du système bancaire par tous les moyens a sa disposition, même les moins orthodoxes.

S’ils ne le font pas, ou s’ils ne réussissent pas à convaincre leurs partenaires de le faire avec eux, les événements continueront de s’enchaîner vers le pire. Ceux qu’on accusait, il y a peu encore, de pessimistes, passeront alors pour de doux rêveurs. En particulier, dans ce cas, les élections présidentielles françaises se dérouleront dans un contexte de débandade, de remise en cause de l’existence même de l’union et d’une récession plus grave encore que celle de 2008.

Alors, les peuples rappelleront à ceux de leurs dirigeants qui n’auront pas su maintenir l’Europe comme la région économique la plus riche et la plus prospère du monde la dimension tragique de l’Histoire.

Attali blog
 

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Published by Eva R-sistons - dans Le Futur
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