Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 05:06

http://nucleaire-nonmerci.net/images/centrales-nucleaires.jpg

http://nucleaire-nonmerci.net/images/centrales-nucleaires.jpg

Attention, un deuxième Fukushima n'est pas exclu

LEMONDE | 27.04.11 | 12h56

 
edition abonnés
 

 

Six semaines après le séisme et le tsunami qui ont causé un grave accident à la centrale nucléaire de Fukushima, le climat au Japon semble être à l'union nationale pour la reconstruction et la reprise du travail.

Les grands médias japonais ont pris l'initiative de cette mobilisation et dénoncent, dans le même temps, le gouvernement et Tepco, l'exploitant de la centrale. Mais que faisaient-ils jusqu'à la veille de l'accident ? La publicité est leur ressource financière principale et les entreprises d'électricité ainsi que les constructeurs des centrales sont une bonne clientèle. Par ailleurs, de grands quotidiens ont mis à la "une" la communication ministérielle qui expliquait la nécessité et la sûreté de l'énergie nucléaire. Au Japon, pour parler du nucléaire civil (à l'opposé du nucléaire militaire), on a inventé l'expression d'"utilisation du nucléaire pour la paix", que la presse n'a cessé de reprendre.

Mais le pays n'affronte pas le problème fondamental, qui est de savoir pourquoi les Japonais ont construit, depuis quarante-cinq ans, plus de 50 réacteurs nucléaires, sans prendre en compte les failles sismiques sous-marines de l'Archipel ?

Les Japonais ne peuvent pas s'excuser de n'avoir pas su. Le Japon n'est pas un régime soviétique, ni une dictature, mais un pays qui a des institutions démocratiques, des élections et une presse libres. Fukushima n'est pas le premier accident nucléaire. Des citoyens et des scientifiques ont tiré la sonnette d'alarme à maintes reprises, sans être écoutés. Dans ce pays où règnent l'ordre et le conformisme, les minorités ont du mal à se faire entendre. Les Japonais, dans leur majorité, ont cru volontiers les discours officiels sur la nécessité et l'avantage de l'énergie nucléaire parfaitement maîtrisée.

Alors que faire des centrales qui sont en activité dans le pays ? Le Japon est situé au carrefour de trois grandes plaques tectoniques et, étant donné le manque de compétences et de crédibilité des autorités nucléaires japonaises, la probabilité d'un deuxième et d'un troisième Fukushima n'est pas impensable. Et le problème n'est plus seulement japonais : notre planète vit avec des bombes à retardement.

Malgré les circonstances, la priorité du Japon est de rétablir son économie. Le PDG de Toyota, Akio Toyoda, a évoqué, devant ses employés, la nécessité de "travailler aussi dur que possible pour reconstruire le pays et soutenir la croissance" (Le Monde du 8 avril). Si l'accord est unanime pour reprendre le travail, le débat sur la sortie du nucléaire n'est pas visible : c'est précisément d'électricité qu'on manque le plus pour redémarrer la production.

Suicide collectif

Depuis le séisme, en France, on applaudit souvent la "dignité" des Japonais, qui se remettent au travail sans pleurer ni se plaindre ; autrement dit, cette "dignité" est à la fois une résignation (puisque c'est une catastrophe naturelle inévitable) et un effort collectif pour rebondir.

 

Le système japonais qui cherche la croissance illimitée ne respecte pas les droits de la personne et il se moque éperdument de la planète. Le pouvoir est entre les mains de menteurs incompétents et irresponsables. C'est le résultat de soixante-cinq ans de démocratie japonaise.

 

Le Japon est incapable de se regarder objectivement et de changer de l'intérieur. En outre, depuis le début de l'accident, l'énorme écart entre les informations étrangères et les informations japonaises est plus que choquant.

 

Comme le Japon ne peut pas et ne veut pas changer de l'intérieur, il faudrait que s'exerce une pression de la communauté internationale pour que le Japon ne puisse entraîner toute l'humanité dans un suicide collectif. Certains de mes amis français me disent que les Japonais ne sont pas seuls en cause. C'est vrai, mais cela n'excuse pas les erreurs humaines impardonnables. Et comme le Japon n'est pas le seul pays nucléarisé, la question se pose pour bien d'autres Etats.


Les autorités politiques et industrielles internationales, la France en tête, qui sont impliquées dans le nucléaire, ont de bonnes raisons pour soutenir les centrales et admirer la "dignité" japonaise. Les citoyens du monde devraient, eux, tirer des leçons de cet accident honteux.


Miho Matsunuma, historienne de la France contemporaine, maître de conférences à l'université de Gunma, à Maebashi (Japon) Article paru dans l'édition du 28.04.11

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/27/attention-un-deuxieme-fukushima-n-est-pas-exclu_1513460_3232.html

Partager cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • Le blog d' Eva,  R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
  • Contact

Recherche