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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 03:12

 

Autonomie locale et Solidarité populaire


BAD : Passons la définition du concept de « Base Autonome Durable » qui est largement théorisée par Piero San Giorgio dans son livre « Survivre à l’effondrement économique ». Concept de Base Autonome Durable qui avait été introduit et conceptualisé par Michel Drac dans son livre G5G.

Comment gagner en autonomie, en partant de zéro ou avec un budget limité ?

La première marche de manœuvre relève de la volonté de survivre et le premier défi est de sortir intégralement ( ou presque ) du paradigme virtuel et moderne et de s’inscrire dans une démarche réelle d’enracinement.

En effet, ceux qui sont arrivés à la conclusion que le concept de BAD est une solution viable par rapport à leurs constats de la réalité et des défis à venir, comprendront rapidement deux choses essentielles ; la première est l’importance d’un réseau et la seconde est le problème de la cohésion sociale aujourd’hui : le matériel humain.

Pour se constituer un réseau, une fois le concept de BAD bien compris, une première approche consiste à sonder ses proches, sa famille, ses amis et son voisinage, mais aussi se rapprocher des associations et personnes qui diffusent ce concept, voire le développent, d’entrer en contact avec eux ( Piero San Giorgio et Piero.com, Michel Drac et scriptoblog, le magazine Rébellion, Égalité et Réconciliation, … ).

Pour résumer : fédérer un petit groupe de proches, d’amis et/ou de camarades, à l’amitié et aux intérêts bien sentis.

Peu importe que nous ne pensions pas avoir les moyens de réaliser une BAD idéale et complète dans un premier temps.

Coucher sur papier votre projet, par exemple, de « ferme pédagogique » sous forme d’un « business plan« . Même si l’idée de BAD ne repose pas sur la fondation d’une entreprise économique censée faire des bénéfices au départ, nous parlons ici de capacité à s’organiser et à produire un travail collectif, nous parlons aussi de personnes, qui comme moi, partent de zéro ou presque et n’ont d’autres choix que de miser sur la solidarité et une certaine « débrouille ».

Dans ce contexte, nous allons rencontrer des concitoyens, des inconnus, qui pourront nous aider, partager, nous rediriger, éventuellement même nous former, mais qui ne seront pas exactement « politiquement » sur la même ligne que nous et qui ne comprendront pas le concept de BAD comme vous le comprenez aujourd’hui, voire ne le connaîtront pas du tout, à qui nous devrons « prouver » notre sérieux, ce qui passe parfois par des démarches classiques pour aboutir à nos buts autonomes. Nous allons aussi nous confronter à nos proches et devoir user de patience et de pédagogie.

L’idée est de compenser la carence économique par des performances sur un plan « technique » et « pratique ». La réalisation de ce plan est le point de départ de votre organisation. Cela dit, l’idée n’est pas de convaincre, ne perdez pas de temps avec des personnes qui n’ont pas du tout le même constat d’urgence que vous ou avec qui vous n’accrochez pas de prime abord. Il nous faut avancer dans la réalisation, le salon de thé : c’est fini !

Une fois votre dossier terminé et une annonce par rapport à celui-ci rédigée, ciblons un public précis et prospectons intensivement ! Les petites mairies, villages abandonnés, éco-villages en recherche d’habitants, des concitoyens sur une ligne BAD et les agriculteurs en difficultés, toujours dans un esprit local et d’enracinement.

Diffusons en masse notre annonce autour de nous, à des personnes soigneusement ciblées. Une autre stratégie consiste aussi à élargir son annonce et ses recherches, c’est un choix. Il est difficile de se constituer un réseau sans se découvrir un minimum et prendre des risques mesurés. Mais la véritable prospection n’aura de sens qu’aux alentours de la région que vous avez ciblée, près de chez vous, sous forme d’affichage à des endroits stratégiques : librairies, panneaux d’affichage des carrefours et de la place du village, mairies, boulangeries, Églises, directement se rendre chez les agriculteurs, etc etc… Si vous avez choisi une large prospection, soyez prêt à recevoir les retours.

Sans attendre, nous devons mettre les mains dans la terre et nous former, si nous n’avons pas de terrain, soit quelqu’un du groupe en possède un, soit nous trouverons un voisin, un oncle, une connaissance qui possède du terrain, ne le travaille pas et sera ravi de profiter de légumes frais dans un échange de bons procédés.

Seul l’exemple, càd de passer du concept au réel, l’expression claire de notre à volonté à tendre et d’approcher l’autonomie, créeront les conditions de notre réussite. Apprendre à récupérer et réhabiliter est essentiel également. Si nous sommes chômeurs, essayons de nous former davantage pour ceux qui travaillent et ont moins le temps. Concentrons nos formations sur des savoir-faire utiles.

Un détail, qui ne l’est pas, est que nous devons essayer de connaître l’histoire de l’endroit où nous verrions notre BAD se réaliser, dans un esprit de ré-enracinement, mais toujours de sérieux dans notre démarche, nous ne pouvons décemment pas nous installer sans être curieux des habitants et de la « nature » du lieu.

Avec nos faibles moyens et selon ce qui est de l’ordre du possible, essayons de faire quelques réserves et éventuellement d’acheter quelques outils et matériaux que nous ne pouvons pas récupérer facilement.

D’une manière générale, essayer de réaliser une BAD au travers d’un réseau et en partant de zéro est plus que sain, c’est même idéal. Un premier point de vue est que nous ne partons pas en vacances et que l’autonomie dans le concept de BAD c’est avant tout cette faculté à survivre à des conditions exceptionnelles, de trouver les moyens de faire plus ou moins tout soi-même de A à Z, ce qui apparaît impossible sans l’idée de réseau, de solidarité et de mise en commun de compétences.

Être millionnaire ne vous sert à rien dans un effondrement économique. Nous sommes donc avantagés ! Les individualistes du survivalisme, c’est-à-dire, les personnes qui ont les moyens financiers de monter une BAD « très » rapidement et « trop » facilement, en restant dans un mode de fonctionnement consumériste d’investir dans « sa-BAD-à-soi » ( ou autres concepts similaires : éco-villages, autogestion, bunker des stars… ) comme ils « achètent » un bien quelconque, mais sans réseau, sans cohésion sociale, sans difficultés réelles dans la réalisation même de leur autonomie ( on apprend de ses échecs ), sans « camarades », sans démarche politique, sans enracinement, ne survivront pas à l’effondrement économique systémique. En effet, sans rapports humains et liens avec d’autres BAD aux alentours, dans cette configuration de collapse global, ils ne tiendront pas longtemps. Isolés, ils seront même plutôt des cibles pour les prédateurs.

Le « cerveau collectif » ou « cerveau global » est une aventure, un risque à prendre.

En réalité, une BAD n’est inimaginable que si dans un premier temps, nous ne sortons pas du virtuel, par exemple, si nous ne diminuons pas drastiquement notre « addiction » à la toile, ce qui concerne beaucoup d’entre nous, que nous soyons dans le déni ou dans la remise en question : aussi faible soit cette connexion, qu’elle soit positive, constructive, négative ou chronophage selon nous. Mais aussi, si nous n’arrêtons pas le jeu de la démocratie d’opinion et de la démangeaison de donner son avis. Une BAD c’est une volonté de briser le virtuel. De refuser un maximum tous rapports humains virtuels banalisés, de favoriser les contacts réels ou à minima de vive voix dans un premier temps ( skype, mumnle, msn, teamspeak, … ), si c’est la seule possibilité dans un premier temps. C’est essentiel !

Une BAD vous attend forcément plus ou moins loin, ou près de chez vous. Les néo-villages que vont faire naître le concept de BAD sont simplement un certain retour en milieu rural avec la situation et les réalités d’aujourd’hui. Question de bon sens et de volonté de survivre. En somme, être un bon père de famille et protéger les siens.

Vous avez formé un petit groupe, produit un dossier et une annonce, vous avez prospecté et gérez déjà des retours, vous vous entrainez au potager et d’autres technique dans un jardin commun ?

Vous avez déjà fait 50% du travail, ça ne vous a pas encore coûté un euro, en dehors des quelques semences que vous avez achetées et dont vous êtes censé récupérer les graines dès les premières récoltes, vous avez peut-être déjà de nouveaux contacts, des plans B, des rencontres intéressantes…

Vous n’avez pas encore de BAD, mais avec le peu d’argent que vous avez économisé, que vous avez peut-être mis en commun et avec les différents outils, matériaux et matières premières que vous avez appris à récupérer, concentrez-vous sur le stockage d’eau, de nourriture et de semences que vous vous partagerez : vous avez un embryon de BAD.

Continuez à vous former, gagner en crédibilité pour l’extérieur et en cohésion pour l’intérieur du groupe.

Il est moins question d’argent que de remise en question et de ré-organisation de nos vies, vous l’aurez compris.

Si la situation se dégrade davantage, nous parlons de survie, n’hésitez pas à repérer un endroit abandonné avec terrain et qui correspond à votre groupe, au plus près de chez vous, à vous renseigner sur son propriétaire et son avenir, à le retaper discrètement, l’isoler thermiquement et faire en sorte qu’on puisse s’y chauffer, vous y rendre selon l’ampleur des évènements si il est réellement abandonné et que votre action n’est pas dommageable…

Si quelqu’un dans le groupe possède une maison, où il est possible d’avoir un potager, de se chauffer, de stocker le minimum nécessaire en eau et en nourriture, qu’il réfléchisse, calcule combien de personnes il peut faire vivre sur cette surface et propose son bastion en Plan B, si rien d’autre n’a fonctionné ou si des évènements surviennent : il faut tout anticiper et travailler sur plusieurs plans…

On n’a pas de pétrole, mais on a des idées !

Faire de la politique : c’est prévoir !

Comprenons l’empire et Survivons à l’effondrement économique !

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Published by Eva R-sistons - dans Alternatives au Système
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