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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 04:45

 

http://www.lyc-bollene.ac-aix-marseille.fr/spip/IMG/arton382.jpg

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Baccalauréat : la grande braderie

Posted: 18 Mar 2012 01:55 AM PDT

 

Cette semaine, Luc Châtel a annoncé une nouvelle réforme du baccalauréat, qui a bien évidemment déclenchée les protestations des syndicats lycéens. L’occasion de faire un petit point sur l’affaiblissement de cette belle institution française qu’est le baccalauréat.
Un chef d’œuvre en péril
Le baccalauréat, c’est un rite initiatique pour les Français, un point de passage obligatoire, un symbole du passage à l’âge adulte, qui sépare le lycée de l’enseignement supérieur pour une partie de la jeunesse. Il y a quelques décennies, c’était aussi une garantie d’avenir professionnel. Aujourd’hui malheureusement, ce n’est plus qu’une étape, sachant que même un bac +5 ne garantit pas forcément de trouver un emploi, alors que d’autres formations l’assurent bien mieux.
L’autre immense avantage du baccalauréat est son aspect profondément républicain. Même si cela est bien sûr plus stressant que le contrôle continu, l’intérêt est de juger toute une génération sur le même examen, de manière anonyme et totalement égalitaire. La valeur d’un baccalauréat est exactement la même, quelques soient les régions ou les lycées d’origine. En 1970, 20% d’une génération obtenait le baccalauréat. Aujourd’hui, ce taux est monté à 64%, stable depuis 2000.
On pourrait se féliciter de cette progression, si elle indiquait une amélioration du niveau d’études de la population. Mais elle s’explique surtout par un abaissement du niveau, comme le révèle malheureusement cette étude. Et cela se retrouve dans l’évolution du nombre de mentions. Quand 0,8% des bacheliers avaient une mention très bien en 1990, on a atteint 5% en 2006 et 7% en 2010 (alors que 5% des bacheliers avaient une mention bien en 1990).
Un pansement sur une jambe de bois
 

Il est bien évident pour tout le monde que le niveau a été baissé pour augmenter le taux de réussite (améliorant indirectement le nombre de mentions) : nous sommes passés d’un taux de réussite de 75 à 89% pour la filière générale en vingt ans. Du coup, le ministre de l’éducation vient de proposer une réforme dont l’objectif affiché est d’être un peu plus sévère, en introduisant des notes éliminatoires mais aussi avec un recours au contrôle continu pour certaines matières.

Le président de l’Union nationale des lycéens a osé affirmé que le ministre « va toujours plus loin dans la mise en place d’un système élitiste », estimant que « la réussite de tous est mise en péril », dans un discours typique où ne sont évoqués que les droits et jamais les devoirs. L’évolution du baccalauréat démontre le contraire de ce qu’il avance et la baisse du niveau pour maintenir le taux de réussite se fait au détriment de tous ceux qui l’obtiennent justement.
Malgré tout, les réformes du ministre ne sont que des pansements dérisoires. Les notes éliminatoires ne servent qu’à éviter les absurdités produites par une notation trop laxiste. Le contrôle continu contrevient à l’égalité républicaine du diplôme. Pourtant, il y a une urgence scolaire. Outre la baisse du niveau, le malaise compréhensible des professeurs est extrêmement préoccupant. Tout cela montre que le gouvernement n’a pas du tout compris la gravité de la situation.
Le baccalauréat est malheureusement un beau symbole de ce qu’est devenu notre éducation nationale. On a relâché les critères d’évaluation pour dissimuler la baisse du niveau et le ministre ne fait que du bricolage pour essayer de faire des économies et corriger les effets pervers de la baisse du niveau.
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