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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 02:22

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Spyware : l'Hadopi fustige la « désinformation » de SOS-Hadopi
 Soigner la charité à l'hôpital...


Hadopi

 

L’Hadopi soigne sa communication d’une manière très sélective. Alors qu’une toute récente circulaire du ministère de la Justice demande aux Parquets de ne pas enquêter sur les dossiers que lui transmettra la Haute autorité, manière de faire tomber une pluie de sanctions, l’Hadopi préfère fustiger une affirmation de l’initiative SOS-Hadopi.

SOS-Hadopi ? C’est une initiative qui sera présentée à la Cantine le 13 septembre prochain. Le projet veut aider les internautes à « prouver leur innocence sans avoir recours à l’installation de ce logiciel espion ». Il a pour pères Renaud Veeckman, Jérôme Bourreau-Guggenheim et Christophe Berhault. Le premier est connu pour avoir déposé la marque « Hadopi » coiffant au poteau l’autorité de la Rue du Texel. Quant à Jérôme Bourreau-Guggenheim, il est ce responsable du pôle innovation web de TF1, qui fut sèchement viré après dénonciation du ministère de la Culture, via la députée UMP Françoise de Panafieu.

Sur le site de la Cantine
, en prévision de cette conférence inaugurant Sos-Hadopi, il est spécialement expliqué que :

Du fait de la complexité et du cynisme du dispositif imposé par la Hadopi, l’internaute se retrouve dans une situation d’insécurité permanente, où il sera obligé d’installer un logiciel dit de « sécurisation », véritable spyware censé consigner l’ensemble de ses activités numériques. Par analogie, dans le monde réel, cela reviendrait à installer une caméra de surveillance dans son appartement afin de surveiller ses moindres faits et gestes. Chacun comprendra qu’il s’agit d’une atteinte violente à la vie privée, ainsi qu’au principe de la présomption d’innocence. Sos-hadopi.fr est une réponse légale aux « dérives » de la Hadopi. Elle permet aux internautes de prouver leur innocence sans avoir recours à l’installation de ce logiciel espion.

Et c’est cette grappe de petites phrases que n’a pas appréciée le service de communication de l’Hadopi. De «fausses affirmations répandues par un supposé service de recours » considère la Haute autorité dans un communiqué publié aujourd’hui. Elle « dénonce cette pratique et les amalgames effectués par les promoteurs de ce service commercial. Elle met en garde les usagers contre de tels abus ». Bref, il s'agirait d'affirmations « totalement mensongères. »

hadopi mensonge spyware


La Hadopi corrige son image en rectifiant la comm' de Sos-Hadopi

Avant d’entamer sa vie de sanctionnateur, la haute autorité joue au correcteur. Elle explique ainsi qu’il n’y a « aucune obligation d’installation par les internautes d’un logiciel particulier pour « prouver leur innocence» ; à aucun moment l’internaute n’est présumé « coupable» dans la procédure de réponse graduée mise en oeuvre par l’Hadopi. » Et l’expression de « spyware » est jugée comme un vilain gros mot : « conformément à la loi, l’Hadopi a engagé une première consultation sur un premier projet de spécifications définissant les caractéristiques de tels moyens de sécurisation. Qualifier ce projet en l’état de « spyware » - logiciel qui s’installe et agit à l’insu de l’utilisateur - est tendancieux et inexact ».

La Hadopi se dit ainsi « ouverte au dialogue, mais elle s’opposera résolument à toute tentative de désinformation qui ferait de l’usager l’otage de querelles idéologiques ».

Un logiciel plus perfide qu'un spyware

Nous ne pouvons que l’admettre : la Hadopi n’oblige pas à l’installation de logiciels de surveillance, de blocage et de filtrage. En fait, la démarche serait bien trop grossière, vulgaire, visible.

Plus fin, le choix du ministère de la Culture est celui de la persuasion voire de la manipulation : conduire chaque abonné à placer volontairement des systèmes d’auto-surveillance sur les ordinateurs du foyer, dont celui de ses enfants.

Pour apprécier ces efforts inventifs, il suffit de tendre l’oreille sur ce que concoctent les ayants droit, toujours une excellente source d'inspiration. Représentante des principales majors du disque, la puissante SCPP a présenté début juin les résultats de tests de filtrage effectués à sa demande en Allemagne. Ces tests sont le fruit d'une solution éditée par Vedicis, pro du secteur du filtrage des contenus. Dans un document que nous nous sommes procuré, la SCPP révèle que cette solution de filtrage sera présentée et évaluée prochainement par l'Hadopi.

hadopi SCPP filtrage surveillance

Document de la SCPP


Persuader l'abonné qu'être surveillé est bon pour sa sécurité

Mieux : ce logiciel, véritable douanier traquant les contenus considérés comme interdits, sera ensuite proposé aux abonnés volontaires dans le cadre d’une première phase de test. Comment inciter les particuliers-cobayes à installer ce filtre ? Simple, ce logiciel sera habillé sous le voile de la mesure technique de protection efficace, comme le montre la capture ci-dessus.  Comme l'avait fait Orange avec son logiciel de blocage loué 2 euros/mois, la Hadopi expliquera alors que ceux qui auront adopté ce système seront en paix si jamais leur IP venait à être flashée. Et voilà comment le filtrage se glissera subrepticement dans les chaumières par le cheval de Troie de la sécurisation.

Ceci est d’autant plus perfide que des contorsions juridiques vont fournir à l’Hadopi toute une batterie de leviers pour enrichir son pouvoir de persuasion. Nous y reviendrons très bientôt.

 

Rédigée par Marc Rees le dimanche 05 septembre 2010 à 00h38 (10563 lectures)

 

 

  http://www.pcinpact.com/actu/news/59148-hadopi-spyware-presomption-innocence-droit.htm

 

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