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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 01:09

 

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Les 12 péchés capitaux

octobre 2nd, 2011


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À moins de huit mois de l’échéance électorale de la présidentielle, j’avais en projet de rédiger un bilan de la présidence Sarkozy. Mais par où commencer ? L’œuvre de notre Prince-Président est tellement vaste, son hyper-présidence tellement protéiforme, qu’il m’était bien difficile de trouver un fil conducteur…
  
Et puis, aubaine, la « Droite populaire » (oh ! le bel oxymore !), un think-tank chargé de prolonger de cinq ans le bail de Sarkozy à l’Élysée, a publié les « 12 propositions pour 2012 » qui devraient constituer l’ossature des thèmes et des discours de Sarkozy dans les prochains mois.
  
Comme on va le voir, ces « 12 propositions » doivent être lues « en creux » : tout ce que Sarkozy va promettre, c’est tout ce sur quoi il a échoué… ou tout ce qu’il est allé emprunter dans le programme du Front national pour essayer de se faire réélire. Donc un grand merci à la « Droite populaire » pour m’avoir fourni le fil conducteur de ce billet !
  
Celui-ci ne se poursuivra pas toujours sur un ton aussi badin ou léger. Il ne peut pas l’être quand on constate combien cette présidence a abimé la France, appauvri et divisé les Français, sali les concepts de république et de démocratie.
  
Commençons donc ce chemin de croix en Sarkoland, qui va nous révéler un à un - pour prolonger cette métaphore du Nouveau Testament - les 12 péchés capitaux de cette présidence.
  
Les titres qui suivent, numérotés, sont ceux des « 12 propositions », repris à l’identique pour calquer notre analyse sur ces propositions.
  
  
1 - Garantir la justice sociale
  
« Plus c’est gros, mieux ça passe » : Sarkozy a fait sien ce dicton en plaçant la lutte contre les inégalités en tête de ses priorités. Déjà Chirac avait été élu en dénonçant la « fracture sociale » avant de s’empresser de ne rien faire pendant une douzaine d’années. Mais les rois fainéants causent rarement des dégâts irrémédiables : leur inaction peut être préjudiciable, elle est rarement fatale.
  
Rien de tel avec Sarkozy. Moins de trois mois après son élection, il a fait voter une série de mesures « pro-Neuilly » (abaissement à 50 % du bouclier fiscal, exonérations fiscales sur les dons d’argent, sur les successions, revalorisation de l’abattement sur la résidence principale dans le cadre de l’ISF…) dont le principal effet a été d’accélérer la concentration de la richesse. Résultat : quatre ans après le début de son mandat, les inégalités se sont nettement accrues, la classe moyenne s’est paupérisée et le nombre de pauvres « officiels » atteint un nouveau record (pour une analyse plus détaillée, voir notre récent billet Pauvre France).
  
En avançant une telle proposition, Sarkozy va essayer de nous « refaire le coup » du « J’ai changé » qu’il claironnait déjà dans tous ses meetings en 2007. Comme un enfant immature qui essaie de persuader ses parents et son entourage qu’il est enfin devenu adulte, Sarkozy va, une fois encore, essayer de persuader les Français qu’il a « compris leur détresse », qu’il « partage leurs préoccupations »… et autres fadaises du même type.
  
  
2 - Accroître la lutte contre les fraudes et l’assistanat
  
Dès sa deuxième proposition, le duo Sarkozy-UMP emprunte à la rhétorique du FN en déclarant la « chasse aux fraudeurs » et aux « mauvais Français ».
  
Quelle réalité derrière cette affirmation ? Qui sont ces fameux « fraudeurs » ? Si l’on examine le très officiel bilan 2010 de la lutte contre la Fraude dressé par le ministère du Budget, on s’aperçoit que :

• la fraude aux prestations familiales est de l’ordre de 674 millions d’euros par an, soit 1,13 % du montant des prestations versées ;

• la fraude aux douanes est nettement plus importante : presque 3 milliards d’euros par an ;

• la fraude aux cotisations sociales pour travail dissimulé bat tous les records : 15 à 19 milliards d’euros par an, soit 6 à 7,5 % du montant des cotisations sociales versées par les entreprises.

Conclusion : les fraudeurs ne sont pas ceux que l’on croit. Ce sont majoritairement des entreprises, notamment dans les secteurs du BTP et de la restauration (voir p. 30 du rapport), cette fraude trouvant de surcroît un terrain favorable « du fait… des faux indépendants, des faux stagiaires et de l’emploi abusif du régime des auto-entrepreneurs » nous dit le même rapport.
  
Pour mémoire, l’auto-entreprenariat est une glorieuse invention de l’ère Sarkozy qui a permis à nombre de grands groupes d’« externaliser » des wagons de collaborateurs (voir notre billet L’effet pervers).
  
Quant aux « faux stagiaires », ils pullulent dans les grandes entreprises où la quasi-totalité des services sont « sous-staffés ». Pour pallier la main d’œuvre manquante, ces entreprises emploient des kyrielles de stagiaires qui, pour une fraction du SMIC, permettent de colmater les brèches tout en permettant de « maîtriser la masse salariale », pour employer le jargon politiquement correct en usage dans ce milieu.
  
En fait, en lançant une chasse aux sorcières « contre les fraudes et l’assistanat » (remarquez comme la conjonction des deux termes est loin d’être anodine…), il s’agit pour Sarkozy d’entretenir un fantasme dans les classes populaires et moyennes, celui du « chômeur fraudeur aux allocations » qui profite du système alors que « les bons Français triment dur ».
  
La démonstration n’est jamais étayée par des chiffres ou des statistiques (ceux-ci montrent - voir ci-dessus - que le phénomène est marginal) mais par des exemples individuels, sortis de leur contexte, déformés, caricaturés ou amplifiés quand ils ne sont pas carrément fictifs. Comptons, au sein de l’équipe Sarkozy, sur Laurent Wauquiez, l’éternel ministre des classes moyennes (voir ce billet pour une analyse plus détaillée), pour ressasser ces contre-vérités.
  
  
3 - Défendre l’emploi, le mérite, le soutien aux parcours fondés sur l’effort et l’innovation
  
Nous pourrions reprendre ici l’argumentaire « Plus c’est gros, mieux ça passe » employé au point n° 1. Les seuls acteurs économiques qui aient prospéré sous la présidence Sarkozy sont les TGE (très grandes entreprises). Les PME ? Elles survivent ou crèvent en silence, réduites le plus souvent à un rôle de sous-traitance vis-à-vis des grands groupes pour lesquels elles jouent un rôle de « variable d’ajustement ».
  
Le « soutien aux parcours fondés sur l’effort et l’innovation » ? Vaste blague ! Les Français l’ont parfaitement compris : l’ascenseur social est en panne, les Bac + 5 vont de stage en stage en attendant leur premier CDD (voir Laura, 27 ans, Bac + 5, emploi précaire assuré), le seul moyen d’obtenir un « bon job » lorsque l’on débute consiste à faire jouer ses relations, ou plutôt celles de ses parents. Dans ce type de situation, mieux vaut habiter dans le triangle Neuilly-Auteuil-Passy que dans le « 9-3 »…
  
Nous avons vu avec quelle efficacité l’équipe présidentielle a concrétisé le slogan « travailler plus pour gagner plus » de 2007. Ne doutons pas un seul instant que les mêmes efforts seront déployés à compter de 2012 pour mettre en œuvre cette belle promesse.
  
  
4- Refaire de l’école de la République, l’école de la Nation en faisant la promotion des valeurs de la connaissance, du mérite et du respect
  
Tiens, qu’ont fait nos ministres de l’Éducation nationale depuis quatre ans, si ce n’est tout le contraire ? Il faut dire que, pour promouvoir les « valeurs de la connaissance », notre Prince-Président est imbattable : sa « sortie » sur La princesse de Clèves est encore dans toutes les mémoires et illustre à merveille l’engagement de la Droite populaire de « mettre en valeur notre patrimoine, assurer la démocratisation culturelle à l’école, dans les universités », comme elle l’affirme sur son site.
  


Pour une analyse plus complète de ce dossier, nous vous proposons de relire le billet de J.P. Brighelli, À vendre : Éducation nationale, mauvais état, mais fort potentiel, ainsi que la « feuille de route » donnée au ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, et exposée dans Derrière l’écran de fumée.
  
Quant au mérite et au respect, Sarkozy n’a jamais hésité à s’engager pour montrer l’exemple aux jeunes générations. Particulièrement remarquable fut son intervention au Salon de l’agriculture en 2007 où un visiteur, moins enthousiaste que les autres, fut aussitôt l’objet de l’attention présidentielle.
  



Beau début de bilan, n’est-ce pas ? Mais décortiquer les réussites de Sarkozy, c’est un peu comme manger trop de chocolat : on s’en dégoûte vite et les hauts-de-cœur deviennent insupportables. Nous continuerons donc cette analyse dans un prochain billet.
  
  
Lundi

© La Lettre du Lundi 2011

 

 

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