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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 14:29

 

Biologie du sol : agriculture intensive chimique = mort lente

vendredi 15 juin 2007.

Auteurs :

 

Article multimédia sur la mort des sols, l’abus des substances chimiques et le "nouveaux langage" qui va avec :

L’état des sols, cela concerne les agriculteurs a voir absolument :
http://www.dailymotion.com/video/x1ds9p_alerte Après cette vidéo, le commentaire d’un surfeur : [1]


"Je suis élève ingénieur agronome diplômé en novembre. Bien sûr, il y a certains des propos(de la vidéo) un peu réactionnaires, bien sûr il est facile de dire que nous mourrons tous des pesticides, de dire que nos dépenses maladies augmentent ce qui n’a aucun rapport".(petit mot de l’auteur chimiste : Si il y a un rapport car nous stockons ces toxiques dans nos graisses et notre foie, détails de toxicologie ici :

 [2] Il n’empêche que la grosse majorité de ce qui est dit est vrai. Le progrès technique a permis de multiplier par 4 les rendements des grandes cultures depuis les années 60, notamment en augmentant les pesticides et les passages de tracteurs ce qui présente des coûts irréversibles pour la nature comme l’effondrement de la biodiversité et le compactage des sols, responsable de l’érosion et des inondations. C’est également vrai que cette érosion galopante détruit les sols et qu’à terme les sols ne seront plus cultivables. Et ce n’est je pense pas comme j’ai pu le lire, alarmiste de le dire, il s’agit simplement d’énoncer des faits sur lesquels les chercheurs du monde entier s’accordent.


Commentaire auteur : Plus que de reconnaitre ces problèmes criants des solutions doivent être trouvées parmi l’agriculture raisonnée, biologique, biodynamique si nous voulons survivre. Mais ceci est différent de l’Agrobusiness, c’est sur, qui vous tue doucement.... à vous de choisir !


Les nécro-technologies ou industries des sciences de la vie qui alimentent justement cet agrobusiness : Voici un autre document super important a voir !


Les sciences de la vie sont en fait des industriels de la biologie Fabriquant de fongicide, pesticide, nematocide... Les pétrotomates : fuel lourd + engrais....+appareils + main d’oeuvre marocaine. Explication de la culture hydroponique... Il faut déconstruire ce langage. Vocabulaire trompeur mais cet agrobusiness va se crasher lors du peak-oil probable qui va venir( cela se compte en années...). http://www.dailymotion.com/video/x204jp_interview-de-jeanpierre-berlan

 

Une fiche sur le film se trouve sur le site de Voir & Agir, http://voiretagir.com/fiche_film.php ?id=28


Pour ceux qui sont intéressés, il y a une interview plus complète de Claude bourguignon, microbiologiste des sols et ses travaux, ici.


L’écologie et Juppé, qui n’a pas tenu a son poste par ailleurs :

http://www.dailymotion.com/Lipietz2007/video/x271g0_lecologie-selon-juppe


Hubert Reeves parles d’énergie et d’agriculture : « Sciences sans conscience n’est que ruine de l’âme. » (Rabelais)
Hubert Reeves illustre parfaitement cette citation. Astrophysicien et président de la ligue Roc, Mr Reeves a apporté à NATURAVOX des éléments de réflexion.

http://www.dailymotion.com/fr/cluster/politics/featured/video/x28ivk_hubert-reeves-une-journee-au-senat


un beau diaporama

http://www.dailymotion.com/video/x26r8t_conscience-evolution


[1] le 14 juin 2007 par "cos_x" sur dailymotion.

[2] LES EFFETS POTENTIELS DES PESTICIDES SUR LA SANTÉ

5.1 La recherche scientifique qui fait état des répercussions des pesticides sur la faune indique que ceux-ci agissent sur la reproduction, la croissance, le développement neurologique, le comportement, ainsi que sur le fonctionnement des systèmes immunitaires et endocriniens51. Même si les études sont généralement effectuées sur des animaux exposés à des concentrations plus élevées que l’exposition réelle que subissent les humains, les experts se réfèrent aux conclusions de ces études pour extrapoler les effets sur la population humaine car il est difficile, voire impossible, de démontrer quels sont les effets des pesticides sur les êtres humains. Les données sur la toxicité de la faune ont mis en évidence que les individus immatures (stades pré-natal et post-natal) ont tendance à afficher une sensibilité accrue aux pesticides, que ces effets pouvaient se manifester plus tard au cours de leur vie et qu’ils pouvaient même se transmettre d’une génération à l’autre. Les effets potentiels des principaux groupes chimiques de pesticides sont décrits dans ce chapitre au moyen d’exemples de données sur la toxicité portant sur la faune.

Effets aigus et chroniques

5.2 L’exposition aux pesticides peut occasionner des effets aigus ou chroniques sur la santé. Les effets aigus (ou à court terme) se produisent généralement tout de suite après une forte exposition à des pesticides et sont bien documentés. Les travaux de M. Pierre Mineau, chercheur au Service canadien de la faune d’Environnement Canada, ont démontré qu’un insecticide peut tuer instantanément. De fait, certains insecticides utilisés sous forme granulaire, tel le carbofurane et le terbufos, sont hautement toxiques pour les oiseaux qui les prennent pour des petits cailloux avalés afin d’aider la digestion. Le témoin a expliqué devant le Comité qu’un seul granule de carbofurane52 peut causer la mort instantanée d’un oiseau de petite taille. Dans le cas du terbufos, le taux de mortalité est d’environ 50 p. 10053.

5.3 L’effet chronique, quant à lui, se développe sur une longue période de temps, persistant plusieurs années après l’exposition initiale. L’effet peut être relié à une exposition à long terme ou répétée d’un pesticide à faible dose, ou à une exposition à dose élevée pendant un court laps de temps. Les effets chroniques des pesticides sur la santé sont typiquement le cancer, la perturbation du développement du fœtus et de l’enfant et le dérèglement des systèmes reproducteur, endocrinien, immunitaire et/ou nerveux central (effets neurotoxiques)54. L’identification de plusieurs effets à long terme est controversée à cause de l’inconsistance des recherches et des contradictions entre les études actuelles, ainsi qu’en raison des lacunes dans les données. Il est donc difficile d’avancer une preuve permettant de lier de façon concluante les pesticides à certains états de santé, comme l’a mentionné devant le Comité le Dr Kelly Martin de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement : Lorsqu’on examine les observations, on se rend compte qu’elles forment tout un méli-mélo. Il y a probablement 300 études qui portent sur différentes conséquences pour les humains, mais il est difficile de lier celles-ci aux pesticides et d’essayer d’isoler l’influence des pesticides parmi tous les produits auxquels les humains sont exposés. Il faut tenir compte du tabagisme, des boissons alcoolisées et de toutes les autres choses qu’on peut examiner dans des études55.

Tous ces facteurs déconcertants n’empêchent pas ce même témoin de s’inquiéter des répercussions des pesticides sur la santé. Même si les preuves sont limitées, les hypothèses émises par le corps scientifique sont suffisamment éloquentes pour justifier d’autres recherches

 

Le Dr Martin a rajouté : Je dirais qu’on est inquiet. Les preuves sont limitées, mais elles suscitent beaucoup d’inquiétude. Ce n’est pas comme la leucémie et le lymphome, pour lesquels les preuves sont assez bonnes pour qu’on agisse. On craint aussi que les pesticides ne causent le cancer du sein56.

 

Mme Merryl Hamond des Citoyen(nes) pour les alternatives aux pesticides, a également fait part de ses inquiétudes au Comité : De nombreuses études publiées dans des revues médicales et épidémiologiques prestigieuses et faisant l’objet d’examen par les pairs signalent des liens indéniables entre les pesticides chimiques et de graves conséquences pour la santé, notamment — je vais parcourir la liste rapidement : bouleversement endocrinien et problèmes de fertilité ; malformations congénitales ; tumeurs au cerveau et cancer du cerveau ; cancer du sein ; cancer de la prostate ; leucémie infantile ; cas multiples de cancer dans certaines collectivités ; cancer gastrique ou de l’estomac ; difficultés d’apprentissage ; lymphome non hodgkinien ; lymphome malin du chien, et divers autres effets aigus [...]57.

Les effets des organochlorés

Quelques organochlorés connus : aldrine ; chlordane ; DDT ; dieldrine ; lindane ; mirex ; toxaphène.

5.4 Le Comité a appris lors de ses travaux que même si, globalement, les pesticides d’un même groupe risquent de provoquer les mêmes types d’effets (annexe 3.2), chaque pesticide doit être étudié sur une base individuelle, car chacun peut avoir des effets différents selon ses caractéristiques intrinsèques.

 

Prenons dans un premier temps les organochlorés, qui ont été caractérisés par trois propriétés, soit la persistance, la liposolubilité et la volatilité. Ces substances ne se décomposent pas facilement dans les écosystèmes et, en raison de leur haute solubilité dans les matières grasses, elles ont tendance à s’accumuler dans les tissus de certaines espèces de mammifères. Les contaminants peuvent ainsi atteindre des concentrations élevées dans les tissus des prédateurs qui se situent au sommet de la chaîne alimentaire. C’est ce qu’on nomme le phénomène de bio-amplification. Au Canada, le cormoran à aigrettes, un prédateur qui se nourrit de poisson, sert d’indicateur national du niveau des organochlorés rémanents car il est largement réparti dans le sud du pays et, plus particulièrement, dans les régions d’intense activité humaine58. Par ailleurs, même si la plupart des organochlorés les plus rémanents et les plus bio-accumulables ont été interdits en Amérique du Nord et en Europe il y a plus de 20 ans, certains organochlorés sont encore utilisés dans les pays en développement car ils sont peu coûteux et très efficaces contre les insectes porteurs de maladies. Puisqu’ils sont transportés dans l’atmosphère et dans l’eau, on les retrouve aussi au Canada où l’on a observé des traces d’organochlorés dans le lait maternel59.

 

5.5 Les organochlorés sont responsables d’une diminution de la fertilité chez les oiseaux et de l’amincissement des coquilles d’œufs. Le Comité a aussi appris des témoins que les organochlorés sont soupçonnés d’aggraver certaines affections chroniques telles que le cancer, l’affaiblissement du système immunitaire ainsi que le dérèglement des fonctions hormonales et du système nerveux. Les organismes suivants ont fait état de cette préoccupation : le Fonds mondial pour la nature, l’Association canadienne des troubles d’apprentissage, l’Institut canadien de la santé infantile, l’Association canadienne de santé publique, le Sierra Club du Canada, le Canadian Environmental Defence Fund, le Collège de médecine de famille de l’Ontario, l’Association canadienne du droit de l’environnement, l’Association canadienne des médecins pour l’environnement et la Conférence circumpolaire inuit.

 

Les effets sur la santé d’un pesticide bio-accumulable et rémanent*

La dieldrine, un insecticide du groupe des organochlorés, a été commercialisée dans les années 1950. On l’utilisait au Canada en agriculture et en foresterie, dans le secteur industriel et pour les besoins domestiques. L’utilisation de la dieldrine a été restreinte au début des années 1970 lorsqu’on a constaté ses effets sur la santé, et ce produit n’est plus homologué aujourd’hui. Même si la dieldrine n’est plus utilisée dans plusieurs pays, sa rémanence dans l’environnement a mené les scientifiques à étudier ses effets à long terme sur la santé. Une substance ayant une demi-vie de 182 jours est considérée rémanente ; selon les évaluations, la demi-vie de la dieldrine varie entre 182 jours et 7 ans.

 

Outre les effets de la dieldrine lors d’exposition aiguë ou à court terme, on soupçonne que celle-ci a des impacts chroniques sérieux :

*

La dieldrine mime les hormones naturelles et perturbe ainsi le système hormonal ou endocrinien. * Certains scientifiques ont observé un effet de synergie lorsque la dieldrine est mêlée à d’autres pesticides. Par exemple, le chlordane augmente le potentiel de la dieldrine à agir comme perturbateur du système endocrinien. * La dieldrine, comme d’autres perturbateurs du système endocrinien, pourrait jouer un rôle dans le développement du cancer du sein. * La dieldrine pourrait affecter le système nerveux central ainsi que le foie.

* Synthèse réalisée à partir des articles scientifiques cités dans le présent rapport.

 

Les effets des organophosphorés et des carbamates

Quelques organophosphorés connus : chlorpyrifos ; diazinon ; glyphosate ; malathion. Quelques carbamates connus : carbofurane ; aldicarbe ; carbaryl.

5.6 Les organophosphorés et les carbamates, contrairement à leurs prédécesseurs, les organochlorés, ont une demi-vie dans l’environnement relativement courte. Nombre de ces produits, qui incluent des fongicides et des herbicides aussi bien que des insecticides, ont toutefois un très large rayon d’action. Autrement dit, ils tuent des espèces non visées en plus des espèces visées. Cette caractéristique a un effet négatif sur la chaîne alimentaire et sur les habitats fauniques et, par conséquent, cela a un impact indirect sur des espèces qui mangent certaines proies ou utilisent les habitats touchés. Les organophosphorés et les carbamates, des produits très courants aujourd’hui, sont identifiés par leur fonction : ce sont des inhibiteurs de la cholinestérase60. Cela signifie qu’ils tuent en interférant avec une enzyme essentielle à la transmission nerveuse. Au Canada, parmi la trentaine de pesticides homologués qui peuvent empoisonner les oiseaux sauvages, la plupart sont des organophosphorés et des carbamates61. Si leur faible rémanence dans l’environnement présente des avantages, cela veut également dire qu’il faut appliquer l’insecticide plus d’une fois durant la saison de croissance, ce qui accroît le danger d’exposition pour la faune.

 

L’organisme des mammifères est beaucoup plus efficace que celui des oiseaux en ce qui a trait à la détoxication des organophosphorés et des carbamates. Ainsi, les oiseaux sont 100 fois plus sensibles que les mammifères au diazinon, un insecticide commun62. Pour ce qui est des impacts sur la santé humaine, on croit que les composés organophosphorés inhibent les enzymes essentielles au bon fonctionnement du système nerveux central, provoquant notamment des étourdissements, et parfois des spasmes pouvant mener au décès63. Plusieurs effets chroniques des carbamates sont également rapportés, tels que la réduction du nombre de spermatozoïdes, la diminution de la fertilité et la réduction de l’hémoglobine64.

 

Les effets des herbicides phénoxy et des pyréthroïdes

Quelques herbicides phénoxy connus : 2,4-D ; 2,4,5-T ; dichlorprop ; mécoprop. Quelques pyréthroïdes connus : cyperméthrine ; deltaméthrine

5.7 Alors que le mode d’action des herbicides phénoxy sur les plantes est bien connu, il est mal compris sur les mammifères. On soupçonne que ce groupe de pesticides stimulerait l’apparition de cancer, retarderait le développement du fœtus, favoriserait les mutations et d’autres maux65, mais les études sont rares. On a également rapporté que l’exposition intense à ces herbicides pouvait causer une affection du système nerveux périphérique. Les recherche effectuées sur les animaux de laboratoire n’ont, par contre, pas pu démontrer ce phénomène66.

 

5.8 Les pyréthroïdes synthétiques inhibent la conduction de certains minéraux à l’intérieur des cellules nerveuses des parasites et bloque la transmission des impulsions nerveuses. Les effets des pyréthroïdes synthétiques sur l’être humain sont encore très mal connus67, mais certaines sources mentionnent, tout au plus, que ces pesticides peuvent provoquer des irritations68. Souvent, les pyréthroïdes sont jumelés à d’autres ingrédients actifs.

 

5.9 Le Comité est conscient des facteurs déroutants qui entravent les recherches scientifiques concernant les effets chroniques des pesticides sur l’être humain. La recherche sur la faune est précieuse, car elle donne une idée des risques potentiels courus par la population humaine. Cela dit, les membres du Comité ont appris que même les données résultant d’études sur les mammifères présentent parfois des lacunes ; mentionnons, entre autres, la méconnaissance qui entoure le mode d’action des herbicides phénoxy sur l’organisme des mammifères ou le manque de connaissances sur les effets à long terme des pyréthroïdes synthétiques. Cette réalité laisse entrevoir que d’autres groupes chimiques de pesticides sont probablement mal connus eux aussi. Le Comité s’inquiète de l’état de santé de l’environnement et de la population canadienne et, dans cette perspective, il presse le gouvernement de promouvoir ce type de recherche, qui est essentielle à une meilleure compréhension des effets des pesticides. Le Comité recommande que le gouvernement finance la recherche sur les groupes chimiques de pesticides dont le mode d’action et les effets chroniques sur l’être humain sont encore mal connus, notamment le groupe des pyréthroïdes synthétiques et celui des herbicides phénoxy.

 

Les modulateurs endocriniens

5.10 La question des modulateurs endocriniens a été soulevée à plusieurs reprises pendant les témoignages devant le Comité. Certaines substances artificielles peuvent provoquer des modifications du système hormonal ou endocrinien. On leur donne le nom de « modulateurs endocriniens ». En perturbant la sécrétion hormonale, ces substances provoquent un déséquilibre physiologique. Chez l’être humain par exemple, l’obésité, le diabète, la décalcification des os peuvent être la conséquence d’un tel déséquilibre du système hormonal.

 

On divise les perturbateurs du système endocrinien en trois catégories :


1) les substances mimétiques, qui, en induisant les mêmes réactions chimiques que les hormones naturelles, sont reconnues par l’organisme comme si elles étaient réellement des hormones ;

2) les substances paralysantes, qui empêchent l’entrée des hormones naturelles dans les cellules en bloquant le récepteur de ces dernières ;

3) les substances déclencheuses, qui provoquent des réactions inhabituelles et anormales dans les cellules69.


5.11 Plusieurs pesticides figurent sur la liste des substances chimiques soupçonnées d’avoir des effets sur le système hormonal, qui a été préparée par le groupe Endocrine Disrupter Resource Center (EDRC), créé par the Institute for Agriculture and Trade Policy (IATP) des États-Unis (voir l’annexe 5.1). La moitié des substances mentionnées dans cette liste font partie du groupe des organochlorés. Selon l’organisme américain, il ne suffirait que de concentrations infimes (parties par billion) dans l’organisme humain pour que ces produits touchent le système endocrinien. Actuellement, les scientifiques sont divisés quant à l’ampleur du problème. La plupart croit que des recherches plus approfondies sont essentielles à une bonne compréhension du phénomène des modulateurs endocriniens.

 

Certains d’entre eux croient que la plupart des substances étudiées semblent avoir au moins un faible impact sur les mammifères (incluant l’être humain). D’autres pensent que les modulateurs endocriniens toucheraient surtout le fœtus et le développement de l’enfant. Finalement, certains chercheurs suggèrent que l’ampleur des effets pourrait varier selon une multitude de paramètres.

 

5.12 L’opinion à ce sujet du Fond mondial pour la nature est que plus la recherche sur les modulateurs endocriniens avance, plus les scientifiques constatent l’ampleur des problèmes de santé dont ces produits sont probablement responsables : Environ 60 p. 100 de la quantité de pesticides — il s’agit de pesticides agricoles — utilisée aujourd’hui aux États-Unis, dont la liste est presque identique à celle du Canada, sont des perturbateurs du système endocrinien [...] Ces chiffres sont tirés de publications scientifiques révisées par des pairs et de rapports gouvernementaux. La liste de ces pesticides continue de s’allonger à mesure que les résultats de nouvelles recherches sont publiés70.

 

Les pesticides soupçonnés d’agir comme modulateurs endocriniens seraient associés au développement du cancer du sein, de la prostate et des testicules, à l’endométriose, à un développement sexuel anormal, à une réduction de la fertilité mâle, à des dommages des glandes thyroïdes et pituitaires, à la diminution du système immunitaire et à des problèmes liés au comportement. Une étude canadienne publiée dans le Canadian Medical Association Journal, qui a fait état en 1999 d’une augmentation du taux de cancer des testicules de 2 p. 100 par an (60 p. 100 au cours des trente dernières années), a suggéré la pollution comme en étant une des causes principales71. Les résultats d’une autre étude supposent que l’enfant, particulièrement au stade fœtal, serait le membre le plus vulnérable de la population aux effets des pesticides72. Dr Kelly Martin a déclaré : La perturbation du système endocrinien constitue donc un problème important. Les études sur les animaux montrent bien que le pénis ne se développe pas normalement ou qu’on obtient quelque chose qui se situe entre le pénis et le clitoris chez les animaux qui sont exposés à des pesticides. Chez les enfants, on a observé des taux accrus de cryptorchidie, malformation congénitale caractérisée par l’absence des testicules dans le scrotum par suite de leur rétention dans la cavité abdominale, et par un nombre anormal de spermatozoïdes. Nous savons que cela existe dans la société en général. C’est un problème très important, mais il est très difficile d’établir un lien avec les pesticides. Faute d’argent, les études n’ont pas été menées. Mais les études sur les animaux ont certes cerné ce problème très important, et beaucoup de gens exercent des pressions pour qu’on fasse davantage d’observations chez les humains à cet égard73.

 

Recherche sur les modulateurs endocriniens

5.13 Au Canada, dans le cadre de la nouvelle Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), le gouvernement doit effectuer des recherches sur les substances qui perturbent le système hormonal74. Un groupe de travail interministériel axe ses travaux sur les modulateurs endocriniens et se compose de représentants de cinq ministères fédéraux : Ressources naturelles, Environnement, Pêches et Océans, Agriculture et Agroalimentaire, et Santé. Environ 2,5 millions de dollars par an sont alloués à la recherche sur les perturbateurs du système endocrinien, tant au sein du gouvernement que dans le milieu universitaire75. Mme Theo Colborn a rappelé au Comité que le Canada a été un précurseur de la recherche sur les modulateurs, notamment grâce au Service canadien de la faune, dont les travaux ont démontré le phénomène de la perturbation du système endocrinien chez les animaux. Ces résultats ont ouvert la voie à la communauté scientifique mondiale, qui étudie aujourd’hui la question des composés actifs dans l’environnement en fonction de la population humaine. Mme Colborn a insisté pour que le Canada poursuive ses investissements dans ce type de recherche76. Le témoin a déploré cependant le fait qu’il n’existe toujours pas de protocole permettant de dépister de façon précise les effets des perturbateurs du système endocrinien sur la croissance du fœtus.


5.14 Dans un autre ordre d’idées, le Comité s’inquiète sérieusement du manque de ressources financières pour la recherche qui est ressorti des témoignages. Outre le problème général des réductions budgétaires touchant la recherche en environnement (dont le programme de recherche sur les POP mentionné au chapitre 4), la recherche sur la faune en général est elle aussi victime d’un manque de ressources financières. Ce problème a été soulevé par M. Pierre Mineau : Trouver une preuve de la mortalité d’oiseaux entraîne des enquêtes et des recherches systématiques et intensives dans les zones traitées, ainsi que des analyses chimiques et biochimiques. Le coût de ces opérations dépasse les ressources du Service canadien de la faune. Nous parlons ici d’études qui peuvent coûter entre 125 000 $ et 1 million de dollars pour chaque méthode d’utilisation77.

 

5.15 Le Comité partage les préoccupations exprimées par les témoins quant à l’absence de protocole spécifique et à la diminution des ressources financières. Il presse le gouvernement de maintenir ses programmes de recherche et de leur assurer un financement adéquat à long terme. Le Comité recommande que le gouvernement renforce ses programmes de recherche sur les modulateurs endocriniens, notamment en finançant sur une base permanente et de façon adéquate : 1) la recherche sur la faune ; et 2) l’élaboration d’un protocole spécifique pour le dépistage des effets des modulateurs endocriniens sur la santé humaine.


ANNEXE 5.1

Perturbateurs du système endocrinien connus et présumés
Polluants très répandus dont on a signalé des effets perturbateurs sur la reproduction et le système endocrinien

Organohalogénés persistants Dioxines et furanes BPC PBB Octachlorostyrène Hexachlorobenzène Pentachlorophénol

Pesticides 2,4,5-T 2,4-D alachlore aldicarbe amitrole atrazine bénomyl bêta-HCH carbaryl chlordane cyperméthrine DBCP DDT DDT- métabolites dicofol dieldrine endosulfan esfenvalerate éthylparathion fenvalérate lindane heptachlore h-époxyde kelthane képone malathion mancozèbe manèbe méthomyl méthoxychlore métirame métribuzine mirex nitrofène oxychlordane perméthrine pyréthroïdes de synthèse toxaphène transnonachlore oxyde de tributylétain trifluraline vinclozoline zinèbe ziram

Phénols penta-à nonyl-

Bisphénol A

Phthalates Di-éthylhexyl phthalate (DEHP) Butyl benzyl phthalate (BBP) Di-n-butyl phthalate (DBP) Di-n-pentyl phthalate (DPP) Di-hexyl phthalate (DHP) Di-propyl phthalate (DprP) Dicyclohexyl phthalate (DCHP) Diethyl phthalate (DEP)

Dimères et trimères de styrène

Benzo(a)pyrène

Métaux lourds

Cadmium Plomb Mercure

Polluants très répandus dont on a signalé une affinité pour les récepteurs hormonaux et donc soupçonnés de pertuber la reproduction et le sytème endocrinien

2,4-dichlorophénol diéthylhexyl adipate benzophénone N-butyl benzène 4-nitrotoluène

 

NOTES

Cette liste de perturbateurs du système endocrinien présumés provient de plusieurs sources dont :

* Colborn, T. et C. Clement (1992). Chemically Induced Alterations in Sexual and Functional Development : The Wildlife/Human Connection, Princeton (NJ), Princeton Scientific Publishing. * Colborn, T., F. von Saal and A.M. Soto (1993). Developmental Effects of Endocrine-Disrupting Chemicals in Wildlife and Humans, Environmental Health Perspectives, vol. 101, no 5. * Lyons, G. (1995). Phthalates in the Environment, Fonds mondial pour la nature, R.-U. * Ministry of Agriculture, Fisheries and Food (1995). Effects of Trace Organics on Fish, Phase II, Foundation for Water Research, R.-U.

Tous les corps chimiques actuellement reconnus comme perturbateurs endocriniens sont aujourd’hui très répandus dans l’environnement ; certains se rencontrent dans des produits de consommation courante, et beaucoup sont présents aujourd’hui dans les tissus humains.

Source : Endocrine Disrupter Resource Center, site Web, janvier 1999.

 

51 Association canadienne du droit de l’environnement, Ébauche — Regulating Pesticides to Protect Children’s Health, 1er décembre 1999, 94 p. ; Environnement Canada, site Web, Substances perturbatrices du système endocrinien présentes dans l’environnement, La Voie verte, janvier 2000.

52 La forme granulaire du carbofurane est interdite au Canada.

53 Témoignages, réunion no 12, le 2 décembre 1999.

54 M. Butterfield et D. Rosenberg, Exposure : Environmental Links to Breast Cancer, projection de film, Ottawa, octobre 1998 ; Michael Gilbertson, « Linking Water Quality to Wildlife and Human Health », Focus, Commission mixte internationale, novembre 1998, p. 18-19 ; Graham W. Chance et Eef Harmsen, « Les enfants sont différents : les contaminants de l’environnement et la santé des enfants », Revue canadienne de santé publique, volume 89, supplément 1, mai-juin 1998, p. 10-14 ; A. Pernille, P. Grandjean, T. Jorgensen, J.W. Brock, H.B. Hartvig, « Organochlorine exposure and risk of breast cancer », Lancet, 352(9143), 1998, p. 1816-1820.

55 Témoignages, réunion no 11, le 1er décembre 1999.

56 Ibid.

57 Témoignages, réunion no 10, le 30 novembre 1999.

58 Environnement Canada, site Web, « Les organochlorés rémanents », S et E Bulletin, janvier 1998.

59 S. A. Briggs, Basic Guide to Pesticides : Their Characterisitics and Hazards, Rachel Carson Council, 1992, 283 p.

60 Exception faite du glyphosate.

61 Environnement Canada, site Web, « Les pesticides et les oiseaux sauvages », Service canadien de la faune, Faune de l’arrière-pays, La Voie verte, novembre 1999.

62 Ibid.

63 Institut canadien de la santé infantile, mémoire présenté au Comité ; Association canadienne de la santé publique, Concept d’utilisation des pesticides favorisant la santé publique au Canada, mémoire présenté au Comité.

64 S. A. Briggs, Basic Guide to Pesticides : Their Characterisitics and Hazards, Rachel Carson Council, 1992, 283 p.

65 Ibid.

66 Toronto Public Health Environmental Protection Office, Pesticides : A Public Health Perspective, Technical Report, le 30 octobre 1998.

67 U.S. Geological Survey, site Web, novembre 1999.

68 Université du Nebraska, site Web, Pesticide Education Resources, février 2000.

69 The Endocrine Disrupter Resource Center, site Web, janvier 1999.

70 Témoignages, réunion no 5, le 17 novembre 1999.

71 B. Evenson, « More men suffer testicular cancer : Something Strange is Going On », National Post, le 26 janvier 1999, p. A1.

72 Toronto Public Health Environmental Protection Office, Pesticides : A Public Health Perspective, Technical Report, le 30 octobre 1998.

73 Témoignages, réunion no 11, le 1er décembre 1999.

74 Environnement Canada, site Web, « De nouveaux fonds pour mettre en œuvre la nouvelle Loi canadienne sur la protection de l’environnement », La Voie verte, le 14 septembre 1999 ; Environnement Canada, site Web, « Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) : une loi renforcée pour le prochain millénaire », La Voie verte, le 14 septembre 1999.

75 Témoignages, réunion no 2, le 2 novembre 1999.

76 Témoignages, réunion no 5, le 17 novembre 1999.

77 Témoignages, réunion no 12, le 2 décembre 1999.

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