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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 04:25
La Chronique Agora
 

 

Philippe Béchade


 

(..) Les cours ont subitement replongé lorsque les opérateurs ont appris par une dépêche en provenance d'Athènes qu'à l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire, Georges Papandreou confirmait son projet de référendum si décrié et espérait toujours obtenir un vote de confiance du Parlement grec.

Un pari hautement risqué qui a été jugé avec une sévérité extrême par les marchés -- en particulier par l'entourage d'Angela Merkel qui parle de "folie" et de "trahison" -- car la majorité dont il estime disposer pourrait déjà ne plus exister.

Selon les dernières rumeurs en provenance d'Athènes, au moins trois députés de la coalition au pouvoir pourraient faire défection d'ici vendredi, jour du vote de confiance. Au lieu de 153 voix, le Premier ministre grec ne disposerait plus que de 150 voix sur 300, soit une marge de sécurité absolument nulle.

George Papandreou assume pleinement le risque de se voir désavoué... et peut-être appelle-t-il une telle issue de ses voeux depuis mercredi dernier : les accords de Bruxelles signifient également la mise sous tutelle de son pays.

Quel rôle pourrait-il désormais y jouer ? Quel jugement l'histoire portera-t-elle sur l'homme qui a accepté le démantèlement de la souveraineté de son pays par Bruxelles, le FMI et surtout l'Allemagne, sans le moindre espoir de retour de la croissance et de la prospérité avant -- qui sait -- une bonne décennie ?

 

De quelle légitimité dispose-t-il pour sceller le sort de son pays. Cela, ne l'oublions pas, va déboucher sur une période de privation, de moyen-âge social et de désespoir qu'aucune population sur cette terre n'accepterait si la démocratie l'autoriserait encore à dire non.

Consulter le peuple sur un choix d'avenir aussi crucial, ne s'agit-il pas précisément d'un bon usage de la démocratie, même si la date de l'annonce et l'effet de surprise (délibéré, et pour embarrasser qui ?) soulève beaucoup de questions ?


▪ Les marchés n'y vont pas par quatre chemins

et rejettent aussi bien le principe que le timing.


Ils ne considèrent que le scénario catastrophe d'une Grèce privée de majorité d'ici 72 heures, devenant ingouvernable et sombrant dans le chaos social. Cela déboucherait mécaniquement sur une faillite : mise en échec des accords de Bruxelles et risque de contagion de la crise des dettes souveraines à l'Italie, où les taux à 10 ans ont franchi le cap des 6,3% mardi.


Il est à peu près certain que Christine Lagarde, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy tentent encore -- au moment où vous lisez ce paragraphe -- de dissuader M. Papandreou de mener à bien son "projet fou" de vote de confiance et de référendum. Cependant, le communiqué publié mardi soir vers 21h50 démontre qu'il n'a pas l'intention de faire machine arrière et assume par avance les règles du jeu démocratique qui peuvent le mener à une démission à la veille du G20.

Voilà le genre de cadeau d'adieu dont les participants au sommet de Cannes -- et son hôte, Nicolas Sarkozy -- se passeraient volontiers.


▪ Wall Street tente de prendre la mesure des incertitudes immenses qui pèsent une fois de plus (une fois de trop ?) sur la Zone euro. Elles se sont traduites par une envolée du VIX de 18%, à 35,25, contre un score de 25 48 heures auparavant -- soit une envolée de 40% depuis la veille du week-end.

Les risques pour la cohésion de la Zone euro et la croissance mondiale sont bien réels selon Fitch. Par ailleurs, la faillite de la Grèce serait un indiscutable "évènement de crédit" pour l'ensemble des agences de notation, ce qui entraînerait le déclenchement automatique des CDS.

Ce serait la pire des hypothèses pour le secteur bancaire, déjà assommé la veille par la faillite de MF Global... laquelle pourrait en précéder de nombreuses autres.


Nous pouvons parier que la thématique des nationalisations ne va pas tarder à revenir sur le devant de la scène économique... ainsi que celle des Eurobonds dont l'Allemagne ne veut toujours pas entendre parler.

Mais nous faisons le pari qu'elle pourrait changer d'avis si la Grèce décidait de s'exclure de la Zone euro... bien convaincue que l'Allemagne a tout fait pour l'acculer à cette solution !


Le sommet de Cannes va-t-il ouvrir les yeux de ceux qui croient encore à l'irréversibilité des traités mais également de la construction européenne ?

 

Retrouvez-nous en ligne sur :
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