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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 04:11

Une femme essaie une burqa dans un magasin afghan, en octobre 2009 (Marius Arnesen/Flickr)

Minishort et niqab : balade de « niqabitch » dans Paris

Nous avons toutes les deux une petite vingtaine d'années, et bien que l'une de nous soit musulmane, nous ne nous sentons pas directement concernées par le vote de la loi anti-burqa (bien que « niqab » soit plus approprié).

Nous avons néanmoins senti le besoin de nous exprimer sur le sujet. On a toujours trouvé cette loi un peu floue, et même s'il est difficile d'avoir un avis tranché sur la question, elle a au moins eu l'avantage de nous faire réfléchir.

Nous n'avons certes pas monté d'association, ni manifesté notre réticence à cette loi en défilant dans les rues, mais plutôt fait le choix de détourner la représentation classique que l'on a du niqab.

Mettre une simple burqa aurait été trop simple. Alors on s'est posé la question : comment réagiraient les autorités face à des femmes portant une burqa ET un minishort ?

On ne cherchait pas à attaquer ou à dégrader l'image des intégristes musulmans -chacun son trip. Mais plutôt à interpeller les élus de la République qui sont allés au bout du vote de cette loi que l'on estime être largement anticonstitutionnelle… Et puis finalement, le LOL c'est bien pour dénoncer non ? (Voir la vidéo)


 


 

Malheureusement, notre promenade dans le quartier des ministères ne nous a fait croiser aucune superstar de la politique nationale, mais on a bien rigolé.

Les citoyens, eux, ont l'air d'apprécier le look ; les policiers sont mi-gênés, mi-enthousiastes ; les pompiers nous klaxonnent… Finalement tout irait bien si le gouvernement s'imprégnait de l'état d'esprit de la rue !

En ces temps troublés, cette loi a légèrement été mise de côté. Eric Woerth et ses acolytes nous ont un peu volé la vedette mais revenons à nos moutons, égorgés dans une baignoire et jetés avec l'eau du bain -ceux qui jusqu'au début de l'été ont fait couler de l'encre et des pixels.

Dark Vador et la liberté d'expression

Autant le dire franchement, se couvrir le visage, prendre l'apparence de Dark Vador au nom de l'islam et de ses préceptes… on ne comprend pas vraiment !

Nous avons ouï dire que la République était un espace de libre expression dans lequel chacun pouvait choisir de s'habiller et de pratiquer sa religion comme il l'entend, tant qu'il ne force personne à adhérer à ses convictions.

Alors qu'on nous explique de quel droit cette femme en niqab croisée hier dans le métro n'aura plus le droit de circuler dans l'espace public au printemps 2011 ? Cette loi est absurde (et semble difficilement applicable) !

Les policiers eux-même sont clairement opposés à cette loi qui ne fera qu'augmenter les tensions sociales dans des quartiers qui pourraient s'en passer.

Hypocrisie des politiques

L'aspect du débat qui nous a le plus interpellé, au-delà de l'injustice qui se dégage de cette loi, c'est l'hypocrisie des hommes politiques français qui agitent le sacro-saint drapeau féministe sous prétexte de défendre ces pauvres femmes voilées de force par leurs sauvages de maris.

C'est très sympa pour elles hein, merci ! Mais a-t-on réellement besoin d'une loi spéciale burqa pour nous rappeler qu'il est interdit de forcer un individu à faire quoi que ce soit contre son gré ? Nous dicter notre façon de nous habiller serait donc devenu le rôle de l'Etat (comme s'ils n'avaient pas d'autres chats à fouetter…)

Les amalgames de Ségolène Royal pendant sa campagne de 2007 nous semblent être une parfaite illustration du flou qui règne autour de ce débat. (Voir la vidéo)


Et, pourquoi est-il si rare d'entendre des réactions de femmes « niqabées » qui se couvrent par choix ?

Relire Max Weber et sa théorie du monopole de la violence physique de l'Etat sur ses citoyens nous a fait réfléchir. Bien que ce rapport de domination des institutions sur le corps soit inhérent à l'Etat moderne tel qu'on le connaît aujourd'hui, il se manifeste généralement avec plus de discrétion et en accord avec les règles en vigueur.

Mais la stigmatisation d'une communauté (en l'occurrence peu nombreuse), qui se profile avec le vote de cette loi, nous semble traduire davantage un besoin démentiel de la République de reprendre le contrôle sur le corps de ses citoyens, que l'application d'un pouvoir légitime dont dispose l'Etat.

Alibi sécuritaire

Au final, la seule justification « acceptable » d'une telle loi serait celle de l'enjeu sécuritaire. Il est effectivement facile de se cacher derrière une burqa pour commettre un crime. On peut penser au « niqabraquage » d'août.

Mais ces personnes auraient-elles pensé à se couvrir d'un voile plutôt que de mettre une cagoule si le débat sur la loi ne battait pas son plein à ce moment-là ?

Ailleurs sur le Web

http://www.rue89.com/2010/09/30/minishort-et-niqab-balade-provoc-dans-paris-avant-la-loi-168779

Burqa : les policiers non plus ne veulent pas d'une d'interdiction

Une femme essaie une burqa dans un magasin afghan, en octobre 2009 (Marius Arnesen/Flickr)

 

Pour ceux qui seront chargés d'appliquer une telle loi, il sera très difficile de verbaliser les contrevenantes.

Au chapitre burqa, on a déjà beaucoup débattu de l'opportunité d'une interdiction fondée sur la dignité humaine, de la constitutionnalité de la chose, ou encore de l'instrumentalisation politique d'une loi façonnée pour moins de 2 000 personnes. Mais on a peu entendu ceux qui seraient chargés d'appliquer l'interdiction qu'espère le gouvernement. Les syndicats de police n'ont d'ailleurs pas été entendus par la commission parlementaire qui planchait sur l'interdiction.

Or, du point de vue de la police, la prohibition du voile intégral est loin de tomber sous le sens. Les députés ont commencé, ce mardi 11 mai, l'examen de la résolution parlementaire, soit le premier acte avant les débats, prévus en juillet, sur le texte de loi par lequel le gouvernement entend interdire explicitement la burqa en France en dépit du Conseil d'Etat.

Sans surprise, chaque interview démarre par une précaution oratoire. En substance : si la loi passe, ils l'appliqueront -le métier, en somme. Mais, une fois expédié ce parachute attendu, les réactions sont autrement mitigées.

C'est sans doute aller un peu vite en besogne que gager que tous les commissariats ne bruissent que de ce débat-là. Toutefois, la question va gagner en vigueur, dans les commissariats comme sur le Net.

Pas tellement parce que ces fonctionnaires de terrain jugeraient le phénomène marginal. Si les représentants syndicaux relativisent, les gardiens de la paix sur le terrain, eux, jugent plutôt que la burqa progresse. Ainsi, cet agent, qui tient à l'anonymat mais travaille depuis six ans à Roubaix (dans le Nord) :

« On croise clairement de plus en plus de voiles intégraux. Dans cette ville, d'ailleurs, tout est halal. »

Même son de cloche dans la banlieue lyonnaise :

« Même si le rythme est aléatoire, la population est métissée, et ça augmente. Mais nous n'avons pas spécialement affaire à ce public. »

Les maris s'emportent

Il n'est pas encore interdit de se promener en France revêtu d'un voile intégral. Toutefois, même à l'heure actuelle, une femme à qui un fonctionnaire de police réclame ses papiers ne peut s'y soustraire. Sur le terrain, la réalité n'est pas toujours aussi fluide, d'après ce gardien de Roubaix :

« Récemment, nous sommes arrivés dans un appartement où la femme portait une burqa noire avec la grille. Ça s'est plutôt bien passé avec elle lorsque nous lui avons demandé de montrer son visage pour comparer à la pièce d'identité. Mais son mari s'est énervé, comme souvent dans ces cas-là. »

Qu'ils se disent ouvertement hostiles à la loi ou pas, tous doutent de l'« applicabilité » de la chose. Pour un brigadier du Rhône, « le sujet est beaucoup trop sensible, trop politique » :

« On parle de liberté individuelle, je ne vois pas comment déterminer que le mari contraint sa femme. C'est l'intimité des foyers. Ce n'est pas à nous de déterminer s'il s'agit de contrainte, de choix religieux ou de provocation. »

A une nuance près pour ce collègue qui a sept ans de service à son actif :

« Au volant, d'accord, car c'est dangereux. Avec une burqa, on a des problèmes de visibilité. Mais dans la rue, je ne trouve pas ça très grave. »

Des refus, des insultes, de l'outrage, de la garde à vue

Moins grave en tous cas qu'un embrasement du climat dans certains quartiers :

« Dans 90% des cas, ça va partir au clash. On va avoir énormément de refus, qui vont dégénérer en insultes, donc en outrages. Donc un délit, suivi d'une garde à vue, avec les familles devant le commissariat. Ça va prendre des proportions énormes. Or, on a justement des consignes dans certaines zones où l'on nous dit de lever le pied pour éviter que ça pète. »

Sur le Net, certains fonctionnaires de police relèvent ce qu'ils regardent comme « une absurdité » :

« Déjà, mettre un timbre-amende [une amende] pour une contravention au code de la route devient de plus en plus difficile dans certains endroits alors un timbre amende pour un niqab… Je tiens à mon boulot et à ma vie, donc je pense que je m'abstiendrai ! »

Même son de cloche un peu plus loin :

« C'est inapplicable. Je ne me vois pas verbaliser une femme voilée d'une burqa. Avec tout ce qui pourrait suivre après : émeute, convocation chez les bœufs, garde à vue, déchaînement médiatique et associatif… »

L'impact médiatique revient très vite chez ces gardiens de la paix dont certains regrettent l'absence de formation sur l'islam. Ce policier de Tourcoing dit en avoir « ras le bol » de l'image que charrient les policiers :

« Du fait d'une certaine volonté politique, on n'est plus là que pour verbaliser. Si on nous dit de l'appliquer, on le fera mais on en a assez d'entendre toujours qu'on est des racistes. C'est d'autant plus absurde que pas mal de policiers vivent avec des personnes d'origine maghrébine ! »

Photo : une femme essaie une burqa dans un magasin afghan, en octobre 2009 (Marius Arnesen/Flickr)

► Article modifié le 12 mai 2010 à 16h45 pour préciser que les syndicats de police n'ont pas été entendus par les députés.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

http://www.rue89.com/2010/05/11/burqa-les-policiers-non-plus-ne-veulent-pas-dune-dinterdiction-151058

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Published by Eva R-sistons - dans Humour
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commentaires

eva R-sistonsDonner l'e 15/11/2010 00:08



Hélas Dominique, tu as raison ! eva



Dominique 17/10/2010 06:45



Il s'agit clairement d'une persécution religieuse dirigée contre l'islam et s'inscrivant dans le contexe général d'islamophobie présent en Europe actuellement.Il s'agit d'une loi décidée
personnellement  par le président sioniste de la France NS de type fasciste visant à favoriser le choc des civilisations pour le plus grand profit d'Israël acculé et qui ne peut désormais
trouver sa survie que dans la guerre éternelle.



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