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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 04:20

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Centre d’analyse stratégique : 5 pistes vers la dépopulation

 

 

 

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Par Christine Bierre

 

 

« Des chercheurs on en trouve, des trouveurs on en cherche ! » avait lâché un jour Charles de Gaulle, de mauvaise humeur, au CNRS. Cette phrase convient à merveille au dernier rapport publié conjointement par le Centre d’analyse stratégique du Premier ministre (CAS) et par la Direction général de trésor : « France 2030 : cinq scénarios de croissance », qui propose, sans sourciller, de réorienter notre appareil industriel vers la croissance verte.

Ces propositions, censées répondre à la crainte « d’un déclin durable » qui surplomberait notre pays, « soucieux de maintenir son rang de cinquième puissance mondiale », illustrent, au contraire, l’absence totale de volontarisme de nos élites, et leur soumission la plus abjecte aux orientations économiques imposées par la finance folle qui nous conduit à la perte depuis une trentaine d’années.

Rendu public quelques jours après les propositions du Conseil scientifique du gouvernement allemand en matière de changements environnementaux globaux (WBGU), et celles du dernier rapport du très discrédité GIEC (Groupement international d’experts en climat), préconisant tous deux une économie mondiale à 80% décarbonnée, et denucléarisée, d’ici 2050, le rapport CAS/DGT apparaît comme la version française de cet effort international, fortement dopé par la finance spéculative, pour construire une nouvelle « bulle verte » dont les conséquences seront une chute brutale de la population mondiale.

Chargé d’évaluer l’impacte de la crise sur l’économie française et les portes de sortie à cette crise, ce rapport, bien que reconnaissant que la crise a été avant tout « d’origine bancaire et financière », n’envisage aucune rupture avec la financiarisation qui a conduit à la crise. Ses scenarios n’envisagent que le choix entre une politique monétaire accommodante ou restrictive, préférant les scénarios du milieu du chemin.

Rien sur la nécessité de rétablir un contrôle public sur l’émission monétaire via le retour à des Banques centrales publiques ; rien non plus sur la nécessaire mise en faillite contrôlée des instruments toxiques qui continuent à plomber les bilans des banques, alors que le rapport note « au cours des deux dernières décennies (…) la forte montée de l’endettement des agents privés ». Pas un mot, enfin, sur la nécessité urgente de séparer les banques d’affaires spéculatives, des banques des dépôts et de crédit, et des compagnies d’assurance, pour éviter le « too big to fail », ainsi que les conflits d’intérêts entre spéculateurs et épargnants (Loi Glass-Steagall).

S’interdisant une réforme en profondeur du système financier visant à rétablir le crédit productif public, clé des 30 glorieuses après la guerre, les scénarios de sortie de crise, sont plombés par un crédit largement insuffisant et plus coûteux, en raison du renforcement des critères de Bâle 3, et de l’endettement des banques.

Retour à l’âge de pierre

Le rapport reconnaît ensuite l’« infléchissement » de la productivité globale des facteurs de la France – « la part de marché de l’Allemagne dans le haut de gamme est le triple de celle de la France (le double pour l’ensemble des produits) » — et le fait qu’elle doit « renforcer ses gains de productivité », si elle veut « conserver une place de premier ordre dans l’économie mondiale », tout en maintenant son système de haute protection sociale.

Mais là où l’incompétence devient criminelle, est lorsque ce rapport prétend que pour y arriver il suffirait « d’opérer une réorientation de [notre] appareil productif » vers les technologies d’information et de la communication (TIC) et la croissance verte qui se traduira par une violence chute du niveau de vie. « Un nouveau souffle » serait ainsi donné aux TIC, en les réorientant vers la santé – utilisation de 3 dimensions et d’Internet dans le télé-diagnostique — ou vers les « réseaux intelligents », censés pouvoir gérer les flux des énergies renouvelables totalement décentralisés avec des clients produisant de plus en plus leur propre demande ! Les TICs pourraient permettre une meilleure surveillance environnementale et efficacité énergétique, appliqués aux nanotechnologies elles pourraient modifier les matériaux et réduire l’emprunte écologique des processus industriels. Interfaces « cerveau-machines », chimie verte, médicaments de biosynthèse, voilà quelques une des applications prévues pour les TICS.

Pour ce qui est de la « croissance verte », elle serait la bénéficiaire d’un processus de « destruction créatrice » schumpéterien des énergies fossiles, ouvrant la voie à la création directe et indirecte des emplois verts ; l’économie va « verdir » aussi, grâce au transfert vers la croissance verte des subventions publiques actuellement destinées aux secteurs liés aux énergies fossiles, qui passeraient ainsi à la trappe. A hauteur de 2% du PIB mondial, comme le demande le Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE 2011), ces investissements pourraient atteindre 1300 milliards de dollars par an en moyenne.

Voici la porte de sortie préconisée par le rapport du CAS/DGT dans ces deux meilleurs scenarios de sortie de crise, le scénario 4 de « croissance soutenue et soutenable » et le scénario 5 qui complète les hypothèses du scénario 4, en le dopant d’une « politique volontariste » d’emploi public, qui permettrait, selon les auteurs, de passer de 1.300.000, dans le scénario 4, à 1.800.000, dans le scénario 5.

Changement de style de vie

Mais, toute cette réorientation de l’appareil de production vers la croissance verte ne permettrait d’atteindre, reconnaît Vincent Chriqui, Directeur du CAS, dans différentes interventions publiques, que 50% des objectifs « climat » souscrits par la France pour atteindre 20% d’énergies renouvelables d’ici 2020. Les autres 50% devront venir d’un changement de notre style de vie.

Et c’est là que les auteurs sont, soit incompétents, soit des menteurs ; car ils prétendent que ces mesures n’entraineront pas une « décroissance ». Que la Direction du trésor, connue pour son tropisme financier et comptable, ne voit en quoi ces politiques se traduiront par une décroissance, n’a rien d’étonnant. Tel n’est pas le cas cependant des polytechniciens à la tête du C.A.S, censés connaître les lois élémentaires de la physique.

Car, pour faire face aux besoins essentiels –nous ne parlons pas ici d’une consommation hédoniste – d’une population française et mondiale en pleine croissance ainsi que des générations à naître, avec un filet social adéquat, il faut des énergies dont la densité de flux permette une capacité de travail (rendement physique) beaucoup plus grande que celles que nous avons actuellement. Avec 0.57gr de combustible de Fusion et 1.86 gr d’uranium, on produit la même quantité d’énergie qu’avec 6.15 tonnes de charbon !

Or, avec les renouvelables c’est le chemin inverse que l’on fait. L’énergie solaire est tellement diffuse que même si on pouvait convertir tous les rayons arrivant à la surface de la terre, elle ne permettre d’alimenter, dans la seule journée, que deux ampoules de 100 w par m2. Et, pour ce qui est du rapport éoliennes au nucléaire : une éolienne produit 2 mW d’électricité, un tiers du temps, comparé à 1400 mW pour une centrale nucléaire, 98% du temps. Ainsi, tout ingénieur qui se respecte sait qu’une économie fondée sur les renouvelables ne peut porter qu’une population de l’ordre de 1 à 2 milliards d’individus sur la planète.

C’est là, que les propositions du CAS sont tout aussi criminelles que celles de M. Schellnhuber et du GIEC !

Finance folle, le carburant de la bulle verte

Ce n’est pas étonnant donc que derrière cette nouvelle poussée de fièvre de croissance verte, on trouve la finance folle, à la recherche de profits rapides dans une nouvelle bulle, dans un contexte de disette budgétaire qui ne permet pas d’investissements lourds.

En Allemagne, c’est Deutsche Bank et notamment son vice-président, Caio Koch-Weiser, qui font souffler les vents de cette nouvelle bulle. En France aussi, la finance s’est mise depuis un certain temps à la très juteuse « croissance durable ». Parmi les participants au groupe de travail « Croissance potentielle » à l’origine du rapport CAS/DGT on trouve non seulement des hauts fonctionnaires et des économistes, mais aussi des cadres des stratégies de marché des sociétés financières telles Euler Hermès, numéro un mondial de l’assurance crédit, dont la société mère Allianz est très impliquée dans la croissance verte, ainsi que la première banque du monde, HSBC, et sa filiale HALBIS capital management.

HSBC est aussi l’un des sept groupes financiers mondiaux, avec le Crédit Agricole, Standard Chartered, Swiss Re, F & C Asset Management, et BNP Paribas à avoir créé une ONG, Groupe Climat, pour investir sa puissance financière dans les secteurs choisis par le rapport du CAS/DGT : réseaux intelligents, stockage de CO2, voitures électriques, bourse carbone, etc. Autour du Groupe climat s’est crée aussi le Groupe d’investisseurs dans le changement climatique (IIGCC) qui rassemble plus de 70 acteurs financiers parmi les plus importants au monde, notamment des fonds de pension. 10 mille milliards d’euros est la puissance de tire affiché par ce groupe qui a utilisé le Forum de Davos 2011 pour lancer le message suivant : « investisseurs, compagnies énergétiques et gouvernements », unissez-vous pour organiser la grande « révolution énergétique » dont les besoins globaux serait de 46 000 milliards de dollars !

Face aux tenants de ce nouveau moyen-âge, il est temps pour ceux pour qui le mot France veut dire amour de la découverte, éducation pour tous, progrès technologique et essor démographique de se mobiliser avec nous pour défendre cette conception de la nation !.

 

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http://www.solidariteetprogres.org/Centre-d-analyse-strategique-5-pistes-vers-la-depopulation_07745

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