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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 07:16

Treizième jour de grève du zèle en soutien au mouvement pour les retraites : c’est parti pour plumedepresse-Midi.

 

 

S’il est un syndicat qui parle clair, c’est bien Solidaires : « Woerth ressort la vieille litanie du « besoin de pédagogie » pour que tout le monde comprenne les « bienfaits » de la réforme ! La réalité, c’est l’inverse : l’immense majorité de la population a très bien compris de quoi il s’agit, et rejette ce projet de loi réactionnaire. Nous ne voulons pas travailler plus longtemps, nous faire voler nos retraites, pour qu’actionnaires, banquiers et patrons s’en mettent encore plus dans les poches ! Trois millions et demi dans les rues, des secteurs en grève reconductible, les étudiant(e)s et lycéen(ne)s qui se mobilisent… nous sommes dans une phase nouvelle de la lutte commencée il y a plusieurs mois. Pour éviter cette extension du mouvement, le gouvernement avait une solution : retirer son projet de loi. Il refuse, choisit l’épreuve de force pour défendre les intérêts de la classe sociale qu’il représente, celle de la minorité de possédant(e)s qui entend tout diriger, et s’accaparer la grande majorité des richesses produites par tous. (…)  C’est le blocage du pays qu’il faut organiser pour imposer le retrait de cette réforme injuste. Ne pas se faire voler des années de temps libre, ca vaut bien quelques journées de grève ! »

 Nous sommes pleinement en accord : oui, l’UMP défend évidemment les privilégiés. Mais n’oublions pas que, parmi ces derniers, il y a aussi… ses membres élus eux-mêmes et leur régime très spécial de retraite ! « Ici pas de départ à 65 ou 67 ans, rappelle l’historien et journaliste Vincent Quivy sur Rue89. Non. Jusqu’à récemment, le parlementaire pouvait toucher sa retraite dès 55 ans, à 60 ans désormais. Surtout, le député ou le sénateur a l’immense avantage de pouvoir bénéficier du « taux plein » (plus de 5 000 euros) après seulement 22 ans de (double) cotisation. Mais ce n’est pas tout. L’élu sexagénaire a en effet le droit de toucher sa retraite tout en travaillant à temps plein. On l’a vu récemment avec les ministres les plus âgés du gouvernement Fillon qui cumulaient, jusqu’à ce que le scandale les pousse à y renoncer, leur salaire ministériel (14 000 euros) et leur retraite de député. (…) non seulement l’ancien parlementaire peut cumuler salaire et retraite, mais il peut aussi cumuler les retraites. La loi considère que les différentes fonctions électives constituent des activités différentes. Et donnent donc droit à des retraites différentes. (…) Ajoutons, c’est un détail, que ses retraites d’élu local sont exonérées d’impôt et de CSG. Des privilèges que, visiblement, l’exécutif paraît peu pressé de faire disparaître. Et que les parlementaires ne semblent pas trouver injustes. La pénibilité de la charge et la précarité de l’emploi sont, sans rire, mis en avant par bien des élus. » Cet article date du 12 octobre dernier. Et si

 

Vincent Quivy constate que « l’exécutif paraît peu pressé », c’est que s’est déroulé à l’Assemblée nationale le 9 septembre un épisode très peu médiatisé : « Le député Verts François de Rugy soutient l’amendement 249 rectifié, relate Rue89. Késaco ? Tout simplement, un article additionnel au projet de loi sur la réforme des retraites. Un texte très court qui prévoit la chose suivante : «Le gouvernement présente au parlement, avant le 31 décembre 2010, un rapport établissant la situation des régimes spécifiques de retraite des membres du gouvernement et des parlementaires et définissant les conditions d’un alignement rapide et effectif de la situation de leurs régimes spécifiques sur le régime général, visant notamment à un encadrement strict des pensions reversées, tant dans leurs possibilités de cumuls que dans leurs montants.» Le député Vert François de Rugy insiste pour que le régime très spécial des parlementaires fasse l’objet d’une réforme, interdisant le cumul de cette retraite avec d’autres traitements : «J’espère que l’Assemblée nationale saura prendre ses responsabilités. Le bureau de l’Assemblée, d’ailleurs sous la pression d’un certain nombre de débats externes, a pris les siennes. Je souhaite que ses conclusions aillent dans le sens d’un alignement sur le régime général. Nous plaiderons en tout cas, pour notre part, dans ce sens.» Réponse du rapporteur de la commission des affaires sociales, le député UMP de la Moselle Denis Jacquat : «S’agissant du point qui vient d’être évoqué, je rappelle que, sous la présidence de Bernard Accoyer, une réflexion est menée par le bureau de l’Assemblée nationale. Le sujet qui vient d’être soulevé entre, je le pense, dans les attributions de ce dernier, qui établira des règles. Attendons ses conclusions. Nous sommes, comme je l’ai dit tout à l’heure, pour l’exemplarité. Nous n’avons rien à cacher à ce propos. Je suis, par conséquent, défavorable à cet amendement.» Rien à cacher, mais il est urgent d’attendre. Une position partagée par le ministre du Travail et de la Solidarité qui refuse, lui aussi, d’endosser une réforme pourtant si ardemment défendue lorsqu’il s’agit du commun des mortels. Eric Woerth esquive : «Le régime des parlementaires relève, quant à lui, du bureau de l’Assemblée et de ses règles de fonctionnement. Je pense aussi qu’il convient d’évoluer en la matière. J’ai demandé à plusieurs reprises aux parlementaires de s’en saisir et de modifier leur régime de retraite.» Fin de la discussion, amendement rejeté. Les parlementaires ont gagné quelques mois de répit, sans passer par la case manif. » Voici le texte de l’amendement dont l’UMP n’a pas voulu : « Nos concitoyens supportent de plus en plus difficilement l’idée selon laquelle leurs élus et représentants bénéficieraient, dans leurs rémunérations comme dans la gestion de leurs droits sociaux, de dispositions dérogatoires du droit commun. Les différents systèmes mis en place pour sécuriser l’exercice de responsabilités politiques demandent à être harmonisés, afin que l’ambition légitime de permettre à chacune et chacun de s’investir dans les affaires publiques ne soit plus perçue comme une tentative de créer ou laisser perdurer des privilèges indus. » Eh bien si, ils perdureront ! Serrez-vous la ceinture, citoyens, il faut faire des efforts, nous disent-ils… L’éternel « fais ce que je dis, pas ce que je fais ».

 

 

http://www.plumedepresse.net/cette-reforme-des-retraites-qui-epargne-celle-des-parlementaires/

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