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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 01:54
L'affiche d'une candidate au Sénat, à Bogota. Crédits photo : AP








En Colombie,
scrutin test
pour l'après-Uribe 


 

Par Patrick Bèle
12/03/2010 | Mise à jour : 21:29 

L'affiche d'une candidate au Sénat, à Bogota. Crédits photo : AP

Les paramilitaires ont les moyens d'influer sur les élections législatives de dimanche.

Maria Fernanda Valencia a promis de poser nue dans la revue Soho si elle est élue au Parlement colombien. Des affiches disposées dans les rues de Bogota montrent cette jolie blonde au regard coquin vêtue d'une seule veste de smoking et perchée sur de hauts talons. Elle est candidate à la députation pour le Parti radical.

Cette légèreté ne saurait dissimuler l'importance du scrutin qui se déroule dimanche en Colombie : ces législatives et sénatoriales sont les premières consultations depuis que la Cour constitutionnelle a décidé de barrer la route, fin février, à un troisième mandat présidentiel d'Alvaro Uribe. Un choc pour les Colombiens qui sont, aujourd'hui, plus de 70 % à lui accorder leur confiance. Mais peut-être un ballon d'oxygène pour la vie politique du pays, bouleversé par les méthodes souvent manichéennes du président colombien. De nouvelles alliances pourraient se dessiner à la lumière des ré­sultats qui seront connus lundi.

Le scrutin de dimanche constituera aussi un test pour la politique de «sécurité démocratique » chère au président Uribe. Depuis 2002, l'armée et la police mènent une campagne sans pitié contre les guérillas (Farc et ELN) et plus de 30 000 paramilitaires, coupables d'innombrables massacres, se sont démobilisés. Selon le général Arango, sous-directeur de la police, «ces élections seront les moins violentes que la Colombie a connues». Jorge Alberto Restrepo, du Cerac (Centro de recursos para la analisis de conflictos) confirme : «La violence des Farc reste un risque, mais ce n'est plus un risque stratégique.» La Mission d'observation électorale (MOE) estime, dans une étude publiée cette semaine, que si les risques de violence ont diminué, ceux de fraudes électorales sont en hausse. «Les groupes armés, paramilitaires et guérillas, n'ont pas renoncé à influencer les élections. Mais leurs activités dans le narcotrafic leur donnent des ressources suffisantes pour remplacer les armes par l'argent», commente Jorge Alberto Restrepo. Il estime que 420 municipalités pourraient connaître des violences, soit une baisse de 27 % par rapport à 2007. Les fraudes pourraient toucher 576 municipalités contre 328 en 2007.

 

Députés inculpés 

Ces élections permettront aussi de mesurer l'impact sur l'électorat du scandale de la «parapolitique», les liens entre les paramilitaires et les politiques. Plusieurs dizaines de députés sont sous le coup d'une inculpation pour association de malfaiteurs. De nombreuses listes présentées par les partis pour les élections de dimanche comprennent des personnes liées directement ou indirectement à ces affaires : 13 pour le parti de la U (parti uribiste), 11 pour le Parti conservateur, 6 pour Alas, 5 pour Cambio radical, 5 pour le Partido radical. Seules les listes du Partido verde, du Polo democratico et de Compromiso ciudadano, du candidat à la présidentielle Sergio Fajardo, échappent à la «contamination».

Un parti nouvellement créé, le PIN, semble, lui, une pure émanation de la «parapolitique». Selon l'hebdomadaire Semana, sa composition s'est décidée à la prison de la Picota de Bogota, où sont détenus les principaux acteurs du scandale. «La situation est réellement préoccupante, analyse Leon Valencia de la fondation Nuevo Arco Iris. La justice fait son travail, mais les partis politiques ne prennent pas leurs responsabilités.» Pour Leon Valencia, la tête de l'État montre depuis près de cinq ans une indulgence coupable vis-à-vis des délinquants de la parapolitique. «Nous espérons que ce scrutin de dimanche, à la faveur du départ d'Uribe, marquera un sursaut démocratique, explique Leon Valencia. Si Compromiso ciudadano et Partido verde obtiennent des sièges, si Polo augmente sa représentation au Parlement, cela voudra dire que nous sommes vraiment entrés dans l'après-Uribe.»

 http://www.lefigaro.fr/
http://www.marcfievet.com/article-colombie-les-elections-46581062.html

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Published by Eva R-sistons - dans Elections
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