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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 21:07
Y a-t-il encore quelqu’un qui pense aux agriculteurs ?
"Labourage et Pâturage sont les deux mamelles de nos pays"

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Christian Sébenne
Tribune libre de Vigile
jeudi 26 août 2010      

"Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France"

Sully, ministre et ami du Roi Henri IV


C’est par cette phrase magnifique, éculée par quatre siècles de bons et loyaux services, que les petits écoliers français découvraient encore dans les années 1960 - 1970 leurs racines paysannes aujourd’hui reléguées aux oubliettes. Le double sens de cette expression donnait par là même du travail à tout un monde et donnait surtout à tout un pays l’assurance de sa subsistance.


A l’ère industrielle et même post-industrielle, que reste-t-il des bases agricoles sur lesquelles plusieurs pays se sont bâtis ? On Oublie facilement la contribution à la richesse collective de cette agriculture prospère, constamment innovante, tant par un travail de sélections des meilleures races, des semences les plus productives, ou dans l’utilisation de la génétique et des techniques de productions à la pointe. Les peuples se sont toujours essuyés dédaigneusement les pieds sur ceux qui les nourrissent.


De par le monde, les reproducteurs Charolais, Limousin ou Salers ont fait la preuve incontestable de leurs qualités de vitesse de croissance, rendement en viande et rusticité si bien définis dans ce critère des années soixante "leaner meat, faster gain". Les variétés de semences céréalières se sont améliorées là aussi au fil des siècles, fruit d’un travail d’observation et de besogneux qui pour ingrat qu’il était, ne fut jamais récompensé à sa juste valeur, alors que le "Club des cent quintaux à l’hectare" dépasse depuis longtemps ces rendements, et que le pain quotidien n’a de signification que pour les quelques survivants des turpitudes de l’époque 1940/45 où se sustenter était un "sport national" dont l’enjeu était les fameux tickets de rationnement.


En France, si se nourrir est devenu un droit à part entière, tout comme les allocations familiales ou la sécurité sociale, les politiques qui ont eu en charge les rênes de ce pays se sont mobilisés pour la norme des 35 heures de travail/semaine, des congés payés, et principalement et surtout des droits pour tous les immigrés, en oubliant jusqu’à l’existence même de ceux qui les maintenaient en vie, à savoir les paysans.


On a fait tout un plat d’une trentaine de suicides à la société de téléphonie Orange - France - Telecom, pour monter en épingle l’esclavage moderne de ces travailleurs hier encore bardés d’une sécurité mur à mur, et passé sous silence le suicide de 850 agriculteurs, je dis bien plus de 850 exploitants agricoles, qui durant l’année 2009 se sont supprimés après avoir atteint le bout du rouleau, victimes de conditions hyper stressantes, d’un système qui ne profite qu’aux grandes surfaces qui vivent sur leur fond de roulement à flux tendu, et qui paient à 80, voire à 120 jours ces adorables "cul terreux", et livré à un système bancaire dont les pratiques dévoyées précipitent le monde à la rue. Et la même chose se répète dans les campagnes québécoises.


Les agriculteurs ne sont que des "vide seaux" qui font fausse note dans le décor, on veut bien les voir une fois par an, au Salon de l’Agriculture à Paris ou au Calgary Stampede pour le divertissement des rodéos et autres "chuck wagon races" pourvu qu’ils travaillent au minimum 80 heures par semaine. Le message qu’on leur adresse est " t"es rien qu’un plouc, tu pues la bouse, et fais de l’air" pour ne pas dire autre chose, tout en permettant qu’une bande d’ignares, des écolos "baba cool" viennent leur donner des leçons sur ce qu’est le respect de la nature. Pourtant, qui nourrit qui ? C’est la misère qui se fout de la charité !


En cette période troublée, émaillée par des scandales à répétitions et la corruption de nos élites dirigeantes, il serait temps, si l’on veut encore demain manger à notre faim, de se souvenir de la "sagesse paysanne", et que "Labourage et pâturage demeurent les deux mamelles de nos pays", il serait grand temps de prendre en considération les souffrances et la détresse d’un monde agricole qui comme les oiseaux, se cachent pour mourir dans un silence sidéral aux conséquences irréversibles et incalculables. Où se trouve donc la véritable loyauté de nos dirigeants, qu’il s’agisse tout aussi bien de John James CHAREST ou de Nicolas SARKÖZY de NAGY-BOSCA ?

 

Christian SÉBENNE

 

http://www.vigile.net/Labourage-et-Paturage-sont-les.

 

Voir aussi :

Les agriculteurs et l'agriculture se meurent... Qui en parle ? Personne !

 

agriculture-copie-2.jpg

 

 

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commentaires

Jean 03/12/2011 10:33


Les paysans ont encore le sens de l'honneur et du travail comme moyen d'existence. Alors ils s'imaginent que du côté des financiers, des grands groupes industriels, du gouvernement, le bon sens
finira par apparaître. Ils s'imaginent que la loyauté est une valeur possible de la part de nos dirigeants...


Mais, lorsqu'ils prennent conscience qu'ils ne sont plus considérés à leur juste valeur, ils se retirent dans le silence éternel. Pendant ce temps les riches continuent de faire la fête autour de
festins issus du travail de ceux qui sont desespérés...

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